Actualités du marché des devises

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oct. 05, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La santé du président américain et la poursuite des négociations post-Brexit soulagent les marchés

Les nouvelles positives ce weekend sur l'état de santé du président américain ainsi que l'annonce d'une prolongation d'un mois des négociations commerciales post-Brexit font souffler ce matin un vent d'optimisme sur les marchés des changes. Le dollar (1,1750 $) et le yen (124 ¥) sont en fort recul face à l'euro tandis que plusieurs devises émergentes comme le rand sud-africain (19,25 ZAR) ou pétrolières comme la couronne norvégienne (10,89 NOK) poursuivent leur rebond correctif consécutif aux importantes pertes subies le mois dernier. Le dollar australien (1,6350 A$) ne profite pas de ce répit en matière de volatilité et demeure stable. Un attentisme des acteurs de marché en amont de la publication combinée mardi matin des conclusions de la réunion monétaire de la RBA et la présentation du nouveau budget australien peut expliquer cette inertie. L'accentuation des restrictions sanitaires en Europe se poursuit et pénalise ce matin la paire EUR/CHF qui reste confortement positionné entre 1,07 et 1,08 ₣. La livre sterling fait quant à elle du sur-place au-dessus du support de 0,9060 £ et surveille les nouveaux développements sur le volet du Brexit. Le rouble russe (92,0 RUB) reste sous pression face aux tensions militaires qui se poursuivent entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. En cette semaine de Golden week, les marchés chinois sont fermés, ce qui pourrait soit modérer la volatilité sur le yuan ou bien en accentuer les mouvements en cas de pressions unilatérales et fortes faute de liquidités importantes. Le taux EUR/CNH est en légère hausse ce matin et consolide sa position au-dessus de la barrière de 7,90 ¥  qui fait office de support depuis 4 mois.

EUR

Europe : Déflation et euro fort font-ils bon ménage ? (EUR) - Les premières estimations d'inflation de septembre publiées vendredi dernier en Zone Euro ont mis en lumière une accentuation surprise de la dynamique annuelle des prix (-0,3% A/A vs. consensus -0,2% et -0,2% en août) et un recul de l'indice sous-jacent excluant les produits alimentaires et énergétiques de 0,6% A/A à 0,4% alors que les marchés tablaient sur un rebond à 0,8%. C'est la première fois depuis 5 ans que l'on observe une telle contraction des prix en Zone Euro, ce qui devrait raviver les débats actuels autour d'une nouvelle action de la Banque Centrale Européenne (BCE). Balayés d'un revers de main par Christine Lagarde le mois dernier, les risques déflationnistes en Europe sont bien réels et ne doivent pas être sous-estimés. En effet, cette nouvelle contraction des prix intervient dans un contexte de retour du coronavirus en Europe et accentuation des risques sanitaires qui tendent davantage à favoriser l'épargne que la consommation. La question de la valeur actuelle de l'euro et l'impact potentiellement négatif sur les prix provoqué par sa récente forte revalorisation sont sujets à débat. Le chef économiste de la BCE, Philip Lane, avait publiquement soulevé cet aspect le mois dernier, ne manquant pas au passage de provoquer quelques frayeurs parmi les acheteurs de la devise européenne. On sait depuis la semaine dernière et la publication d'un rapport de l'agence Reuters qu'il existe actuellement des tensions au sein du comité directeur de la banque centrale sur l'orientation à donner à la politique monétaire. Certains militent pour de nouvelles mesures de soutien quand d'autres préfèrent temporiser prétextant que les récents progrès économiques ne justifient pas de nouvelles actions. La publication ce jeudi des Minutes de la BCE devrait clarifier l'équilibre des forces en présence au sein de la banque et donner quelques précisions sur la probabilité d'observer à court terme de nouvelles mesures accommodantes en Europe, et sous quelle forme. La question de la valeur actuelle de l'euro qui potentiellement inconforte quelques responsables monétaires au regard de la dynamique baissière actuellement visible sur les prix est un débat à suivre. Les sorties publiques programmées ce mardi du gouverneur central (C. Lagarde) et chef économiste (P. Lane) de la BCE pourraient mettre dans la lumière cette problématique et alors créer de nouvelles secousses sur l'euro. Si la devise européenne a profité du soupçon d'optimisme qui s'est déversé la semaine dernière sur les marchés des changes pour stopper sa chute et consolider sa position face au dollar au-dessus de la barrière de 1,17 $, d'importants risques baissiers restent présents. Le contexte sanitaire reste toujours dégradé en Europe et l'accentuation du nombre de contamination pousse les autorités publiques à considérer de nouvelles restrictions sanitaires. La peur d'un reconfinement en Europe et d'un coup d'arrêt de la reprise en cours de la conjoncture économique en Europe pèse sur la demande en euro, et au contraire constituent des arguments justifiant une nouvelle correction.

USD

Etats-Unis : Une course à la Maison Blanche chamboulée ? (USD) - L'annonce vendredi matin du test positif du président Donald Trump au COVID-19 a quelque peu troublé les marchés financiers. Les spéculations autour de l'état de santé du dirigeant américain et les répercussions potentielles sur le scrutin présidentiel qui se tiendra dans moins d'un mois vont bon train et dominent les échanges sur les marchés des changes. Se conduisant à nouveau comme une valeur refuge, le dollar a profité de l'agitation générale pour se renforcer vendredi dernier et perd ce lundi matin du terrain après l'annonce d'une sortie d'hospitalisation ce jour du locataire de la Maison Blanche. Malgré l'émergence de débats sur un éventuel report du scrutin du 3 novembre en cas de détérioration de la santé du président américain, il est très peu probable que ce scénario se produise. Cela nécessiterait un vote au Congrès or les divisions visibles au sein des deux chambres parlementaires ne devraient pas favoriser un accord commun sur cette question. La procédure apparaît d'autant plus compliquée que les bulletins ont déjà été imprimés et que certains votes anticipés ont déjà eu lieu. Néanmoins, en cas de retrait prématuré de Donald Trump, les grands électeurs républicains se verraient alors dans l'obligation de sélectionner un nouveau candidat pour représenter le parti en novembre. Si la communication officielle du président américain se veut rassurante, les marchés restent néanmoins très attentifs à la manière dont la maladie évolue dans les prochains jours. Ils suivront également les négociations sur un nouveau plan de relance aux Etats-Unis qui pourraient s'accélérer sous l'impulsion de ce récent évènement. Très en retard dans les sondages, et peu mis en valeur durant le premier débat de la campagne qui s'est tenu la semaine dernière et la maladie récemment contractée, le président américain aurait sérieusement besoin d'une bonne nouvelle à mettre à son crédit pour tenter de renverser l'opinion. Un accord sur un nouveau plan de soutien à l'économie américaine pourrait être le catalyseur recherché. Une telle annonce serait bien accueillie par les investisseurs, ce qui  pourrait paradoxalement valoir au dollar quelques pertes. Les Minutes de la Fed publiées mercredi soir et le débat entre candidats à la vice-présidence des Etats-Unis programmé dans la nuit de mercredi à jeudi seront les deux évènements majeurs à suivre cette semaine qui sera très réduite en matière de publications économiques.

GBP

Royaume-Uni : Les négociations se poursuivent contre vents et marées (GBP) - Si matériellement les progrès restent modestes et les divergences toujours très importantes entre britanniques et européens, les deux camps se laissent encore un mois pour tenter de trouver un accord qu'ils estiment tous les deux comme possibles. Les négociations se poursuivront donc cette semaine du côté de Londres et Bruxelles à une cadence cette fois plus rythmée. L'échéance autrefois fixée au 15 octobre, date du Conseil de l'Union Européenne, est décalée mais elle reste néanmoins un rendez-vous important. Les européens espèrent à cette date que les positions des uns et des autres soient clarifiées et qu'un compromis soit en bonne voie sur les principaux points d'achoppement, à savoir la pêche, les aides d'Etat et la frontière nord irlandaise. Du côté des marchés, l'espoir d'un accord prédomine et maintient à flot la livre sterling; laquelle s'est appréciée de 2% face à l'euro depuis son point bas touché en milieu de mois dernier. Les pressions haussières sur la devise britannique sont néanmoins modestes, pour ne pas dire limitées, car si l'espoir subsiste il existe tout autant de risques que les négociations échouent d'ici la fin du mois. Le taux EUR/GBP se reprend légèrement ce matin mais reste pour le moment sous le seuil de 0,91 £. Outre la question du Brexit, la livre sterling sera également sensible à l'évolution des conditions sanitaires au Royaume-Uni ainsi qu'à la publication ce vendredi des statistiques mensuelles de PIB, d'activité industrielle et de la balance commerciale au mois d'août.


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