Actualités du marché des devises

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oct. 02, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Pas d'accord sur la relance aux Etats-Unis et un président américain positif au COVID : des marchés de nouveau face à leurs incertitudes

L'espoir suscité la veille autour de la possible signature d'un plan de relance aux Etats-Unis s'estompe ce matin alors que des désaccords persistent entre la majorité et l'opposition démocrate, notamment sur le montant d'une nouvelle aide. À ce sentiment de déception s'ajoute les incertitudes liées à l'annonce ce matin de la positivité du président américain au COVID-19 et sa mise en quarantaine immédiate, laquelle intervient à un mois de l'élection présidentielle. En Europe, la pandémie continue de progresser et pousse les autorités politiques à envisager de nouvelles restrictions plus strictes. C'est donc un sentiment d'aversion au risque qui domine ce matin et régit la volatilité sur les marchés des changes. Le dollar (1,17 $) et surtout le yen (123 ¥)  sont en hausse face à l'euro tandis que les devises pétrolières sont lourdement pénalisées par une contraction de presque -4% des prix du pétrole. Les devises émergentes effacent quant à elles une partie des gains engrangés la veille. La livre sterling est stable à 0,91 £ et semble attendre les conclusions de la rencontre programmée ce vendredi entre les deux négociateurs en chef britannique et européen dont dépend la poursuite ou non des négociations lors des deux prochaines semaines. L'euro qui est en difficulté ce matin face aux devises dites refuges sera attentif à la publication en fin de matinée des premières estimations d'inflation de septembre en Zone Euro (11h00). Si le consensus table sur un niveau stable de la croissance annuelle de l'indice de prix (-0,2% A/A), l'accentuation de pressions déflationnistes en Europe dans un contexte actuel de regain de vigueur de la pandémie pourrait renforcer les spéculations de nouvelle intervention à venir de la BCE. Dans l'après-midi, ce sont sur les chiffres de l'emploi américain (14h30) que les regards seront braqués. De meilleurs résultats que prévu pourraient redonner un peu de baume au cœur aux investisseurs et atténuer quelque peu ce sentiment d'aversion au risque qui domine les échanges.

USD

Etats-Unis : L'emploi pour compenser la déception causée par les chiffres industriels et l'absence d'accord sur la relance ? (USD) - Cette après-midi, les regards seront braqués sur les chiffres de l'emploi américain au mois de septembre, le dernier rapport publié avant l'élection présidentielle du 3 novembre. Le consensus table sur une progression plus modeste que les précédents mois du marché du travail aux Etats-Unis, ce qui constituerait une nouvelle preuve du ralentissement de la dynamique de reprise dans le pays. En effet, hier les données macroéconomiques ont fait part d'un léger ralentissement surprise de l'activité industrielle au mois de septembre (indice ISM) et d'une contraction plus importante que prévu des revenus des foyers américains (-2,7% M/M) en août après un rebond observé le mois précédent. Concernant l'emploi, pour la première fois en 5 mois, le consensus estime que l'économie américaine a créé moins de 1 Mln de nouveaux postes en septembre (consensus : +850k), ce qui devrait déboucher sur une baisse modeste du chômage de 8,4% à 8,2%. Sauf surprise et résultats bien au-dessus des attentes, le président Donald Trump pourra difficilement utiliser ce rapport à son crédit comme argument de campagne pour défendre un bilan économique très contrastée et largement influencé par la pandémie mondiale. Pourtant les progrès sur l'emploi sont les rares rayons de soleil qui sont récemment donnés à voir à l'actuel résident de la Maison Blanche qui enchaîne les mauvaises nouvelles. Très largement distancé dans les sondages par son rival démocrate Joe Biden, le président n'a semble-t-il pas réellement réussi à retourner l'opinion lors du premier débat de campagne qui s'est tenu mardi soir dans l'Ohio. L'indice RealClear Politics qui agrège les différentes enquêtes d'opinion publiées aux Etats-Unis indiquaient hier un écart de 7,2 pts entre les deux candidats, soit le plus haut niveau observé depuis le 13 septembre dernier. Testé positif ce matin au COVID-19 et forcé à la quarantaine, le président Donald Trump ne peut pas non plus s'enorgueillir d'un accord au Congrès sur un plan de relance puisque des divergences persistent entre le Trésor et la chef de file démocrate au sein de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, concernant le montant total et le contenu de ce nouveau plan. Les démocrates ont voté hier à la chambre basse du Congrès un plan d'aide de 2,2 Trn$ mais celui-ci ne devrait très vraisemblablement rejeté par un Sénat à majorité républicaine. Si un accord est toujours possible, on n'en prend pas forcément la voie comme il l'était pourtant sous-entendue mercredi soir. Le camp démocrate va étudier la proposition faite par le Trésor d'un plan d'aide évalué à 1,6 Trn$ afin d'évaluer les prochaines étapes à suivre. Plus on se rapproche du scrutin présidentiel et plus la probabilité d'un accord se réduit, une perspective qui semble plus dommageable pour l'exécutif actuel dans la course à la Maison Blanche. L'optimisme général est à nouveau en berne ce matin après une séance la veille dominée par l'espoir d'un accord budgétaire aux Etats-Unis. Remonté la veille à hauteur de 1,1750 $, le taux EUR/USD se contracte en direction de la barrière de 1,17 $. Une dynamique similaire s'observe sur la paire EUR/JPY qui s'éloigne ce matin du seuil de 124 ¥ qu'il avait approché en clôture jeudi. Dans un contexte d'aversion au risque, de bons chiffres de l'emploi aux Etats-Unis pourraient étonnement être favorables aux deux paires EUR/USD et EUR/JPY, les investisseurs pouvant l'interpréter comme un signe rassurant concernant l'état de la conjoncture globale. Les devises pétrolières se déprécient vivement sous l'impact ce matin d'une nouvelle contraction de presque -4% des prix du pétrole tandis que les devises émergentes cèdent elles-aussi du terrain face à l'euro.

GBP

Royaume-Unis : L'Union Européenne prend ses dispositions en cas d'infraction de Londres et fait à nouveau vaciller la livre sterling (GBP) - N'ayant pas été entendu par Londres sur sa requête de retirer avant la fin septembre son texte de loi sur les marché intérieur dont certaines clauses sont susceptibles de remettre en question les engagements inscrits dans l'accord de sortie, l'Union Européenne a officiellement lancé une procédure d'infraction et envoyé jeudi aux autorités britanniques une lettre de mise en demeure. Si Bruxelles précise que cela ne remet pas en cause les négociations commerciales en cours, elle prend néanmoins ses dispositions et prépare le terrain au cas où les deux parties ne parviennent pas à trouver un accord commun. Les autorités européennes répondent à ce qu'elles considèrent comme une violation du droit international si jamais Londres était amenée à légiférer sur le protocole irlandais inscrit dans l'accord sur le Brexit qu'elle a signé en janvier dernier. Les investisseurs ont réagi négativement à la nouvelle qu'ils ont interprété comme un nouvel obstacle potentiel à la conclusion d'un accord rapide. Au regard des tensions palpables des dernières semaines et des divergences importantes entre les deux camps, cette annonce ne vient absolument pas apaiser la situation quand bien même si Bruxelles se défend de vouloir déstabiliser les pourparlers en cours. La livre sterling a cédé jusqu'à presque -1% en séance jeudi face à l'euro et touché à cette occasion un point bas à 0,9156 £ avant de se reprendre un peu en fin de journée et de retracer vers le seuil de 0,91 £. Ce vendredi, le dernier cycle de négociation entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne se clôturera par une rencontre entre les deux négociateurs en chef, Michel Barnier du côté européen et David Frost du côté britannique. Les deux représentants doivent à l'issue de cette réunion décider s'il y a eu assez de progrès cette semaine pour se lancer dans un marathon de négociation de 2 semaines jusqu'au prochain Conseil européen qui se tiendra les 15 et 16 octobre prochain. Il apparaît peu probable à ce stade que les discussions soient stoppées sans que l'on ait tout tenté jusqu'à la dernière seconde, néanmoins si c'était le cas la nouvelle provoquerait alors une réaction négative des marchés et déclencherait très probablement d'importantes pressions vendeuses sur la livre sterling. À cette occasion, nous pourrions voir la paire EUR/GBP tenter de se rapprocher du seuil de 0,93 £ qui fait office de seuil de résistance majeure depuis 4 ans.

GBP

PECO : Un rebond correctif des devises d'Europe de l'Est qui se confirme (CZK, PLN, HUF) - Profitant jeudi de l'optimisme général autour de l'annonce possible plan de relance aux Etats-Unis - espoir douché ce matin faute de divergences persistantes - les devises émergentes des Pays d'Europe Centrale et Orientale (PECO) ont accéléré leur rebond correctif face à l'euro après les pertes importantes subies le mois dernier. Le zloty polonais que l'on a vu mardi chuter à un creux de plus de 5 mois face à presque 4,60 PLN, a rebondi de +1,2% hier, ce qui porte ses gains à +2,3% sur les 3 dernières séances, un pour clôturer à un pic depuis 8 séances sous 4,48 PLN. La couronne tchèque a enchaîné hier une 3ième séance consécutive de hausse face à l'euro  (+0,8% jeudi) pour un gain cumulé de +1,4%. Le taux a clôturé à un plus bas depuis 9 séances à 26,84 CZK. Quant au forint hongrois, il a été le meilleur performeur de la séance de jeudi par rapport à ses voisins et engrangé un gain de +1,4% face à l'euro. Alors que l'on a vu le taux EUR/HUF titiller en début de semaine ses plus hauts niveaux historiques et la barrière de 366 HUF, il oscille désormais à un creux de 2 semaines à 359 HUF après une chute de -2% sur les 3 dernières séances. L'ascension des devises des PECO est stoppée ce matin par le retour de l'aversion au risque provoquée par l'annonce de la positivité du président américain au COVID-19 et l'absence en parallèle d'accord budgétaire aux Etats-Unis sur un nouveau plan de relance. Le regain de forme de ces devises s'apparente à un rebond correctif relatif à un contexte moins volatil (marchés actions moins nerveux) et des niveaux de valorisation relativement bas. Il ne faut pas pour autant négliger les risques et incertitudes qui ont pénalisé ces devises le mois dernier, à savoir la dégradation de la situation sanitaire en Europe occidentale et un risque de reconfinement qui pourrait représenter un important manque à gagner pour des économies très majoritairement exportatrices et dépendantes de la demande de ses voisins de l'Ouest. Les récentes tensions politiques récemment observées entre Bruxelles et les autorités polonaises et hongroises concernant les conditionnalités du plan de relance sont aussi un facteur à surveiller très attentivement.


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