Actualités du marché des devises

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sept. 29, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'euro profite du rebond des actions pour se rapprocher de 1,17 $ en attendant le premier débat de la présidentielle américaine

Il y a une certaine continuité avec la séance de la veille en termes de volatilité sur les marchés des changes. La prolongation en Asie du rebond des marchés actions - même si les gains sont très modestes - favorise les prises des risques et soutient la demande en euro face aux devises refuges traditionnelles (USD & JPY) ainsi que le rebond correctif des devises cycliques qui ont récemment subi d'importantes pertes telles que les devises océaniennes (AUD, NZD) et nordiques (NOK, SEK). Les devises émergentes restent quant à elle toujours sur la défensive, et tout particulièrement les devises d'Amérique Latine et d'Europe de l'Est. La livre sterling reste pour le moment toujours orienté à la hausse mais voit sa progression ralentie par l'absence pour le moment de nouveaux catalyseurs et développements positifs sur le Brexit alors que débute officiellement ce mardi à Londres un nouveau cycle de négociations bilatérales entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne. La séance de mardi sera rythmée par la publication des indices de sentiment économique en Zone Euro (11h00), les premiers chiffres d'inflation en Allemagne (14h00) et l'indice Conference Board de confiance des ménages aux Etats-Unis (16h00). L'évènement majeur de la journée se déroulera dans la nuit, il s'agit du premier télévisé de la présidentielle américaine entre Donald Trump et son rival démocrate et grand favori des sondages Joe Biden. Il n'est pas impossible que l'attentisme des acteurs financiers américains en amont de ce duel fasse les affaires de l'EUR/USD qui reprend ce matin la direction de 1,17 $ sous l'impulsion du rebond prolongé des marchés boursiers.

USD

Etats-Unis : Premier débat de la présidentielle américaine (USD) - Dans la nuit de mardi à mercredi (03h00 heure française) se tiendra le premier débat télévisé de la présidentielle américaine entre le président sortant Donald Trump et son rival démocrate Joe Biden. Ce dernier est le grand favori des sondages et dispose d'une très large avance sur son opposant avant le premier affrontement de ce soir. Depuis des mois, l'ex-vice-président de Barack Obama se maintient à un niveau stable et élevé dans les intentions de vote, et n'a pas pour le moment connu d'effet de déperdition comme on peut parfois le voir au cours d'une campagne électorale. Cette première joute verbale face à l'actuel président sera l'occasion de se tester et tenter d'asseoir sa crédibilité au poste de président. Très en retard dans les sondages et miné par les révélations hier du New York Times sur le très faible niveau d'impôt payé ces 15 dernières années, l'actuel résident de la Maison Blanche devrait très probablement se montrer agressif ce soir pour tenter de déstabiliser son adversaire et combler son retard. Si l'élection ne devrait à priori pas se jouer sur le débat de ce soir - deux autres sont prévues d'ici le 3 novembre prochain - il sera néanmoins interessant de voir si le rapport de force évolue après cette première joute verbale entre les deux principaux candidats. En 2016, on avait vu que le dollar avait commencé à être plus sensible au contexte politique et aux sondages d'opinion juste après l'organisation du premier débat, à l'époque entre Hillary Clinton et Donald Trump. Si l'écart entre les deux prétendants au bureau ovale était amené à se réduire dans les prochains jours/semaines, le dollar pourrait alors pâtir de la montée des incertitudes autour de l'issue finale du scrutin.

EUR

Zone Euro : Echos de tensions au sein de la BCE, Christine Lagarde se veut rassurante  (EUR) - L'agence d'information Reuters a révélé lundi l'existence de tensions au sein de la Banque Centrale Européenne (BCE) concernant l'évaluation des risques économiques en Zone Euro. Alors que la région fait actuellement face à une seconde vague de contamination bien plus importante que la précédente, des divergences au sein du comité directeur de la banque centrale,  déjà entrevues à la fin du mandat de l'ancien président Mario Draghi en 2019, refont surface concernant l'approche monétaire à avoir. Un groupe dit de "faucons" rejette l'idée d'augmenter à nouveau le programme de rachats d'actif (PEPP) déployé spécifiquement durant la pandémie (taille globale de 1350 Mds$), insistant sur le fait que les projections de croissance publiées par la BCE en septembre sont trop pessimistes et minimisent le rebond de l'activité entrevu cet été. Un autre groupe dit de "colombes" milite pour une approche plus interventionniste et une communication moins ambigue concernant les risques que font porter la pandémie et la récente appréciation de l'euro sur la croissance. Le rapport publié par Reuters révèle que ces tensions ne sont pas récentes et étaient déjà observables lors de la dernière réunion monétaire de septembre. Interrogée sur le sujet, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, s'est voulue rassurante et considère le débat comme plutôt sain. En réalité, si ces divergences étaient amenées à s'intensifier, elles pourraient venir paralyser l'action de la banque et par conséquent déstabiliser des marchés financiers habitués ces dernières années à un soutien inconditionnel de la part des banquiers centraux en temps de crise. Lagarde l'a d'ailleurs répété lundi, la BCE se tient prête à ajuster sa politique monétaire pour assurer un retour de l'inflation vers son objectif de long terme de 2%. En réalité, la présidente sera-t-elle capable de faire le lien entre les deux groupes qui s'opposent si la situation sanitaire était amenée à empirer en Europe dans les prochains mois ? Depuis hier, le doute subsiste. Si l'euro a peu réagi à la nouvelle, ce dernier prêtant une oreille plus attentive au rebond des marchés actions, il pourrait être dans le futur une victime collatérale du manque d'unité au sein de la BCE. Après un repli de -1,8% en 6 séances et un creux de 2 mois touché la semaine dernière à presque 1,16 $, le taux EUR/USD a enregistré un rebond correctif pour remonter juste au-dessus du seuil de 1,1650 $. Le taux EUR/JPY a suivi la même dynamique et clôturé la première séance de la semaine juste au-dessus du seuil de 123 ¥.

GBP

Royaume-Uni : Une volonté commune de trouver un accord mais des divergences qui subsistent (GBP) - Si on s'en tient à la communication officielle des deux camps, britanniques et européens, il existe une réelle volonté commune de trouver un accord commercial et publiquement on considère ce scénario comme toujours possible. C'est notamment ce qu'a de nouveau affirmé lundi la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen. Dans les faits, la tâche s'avère plus que jamais très compliquée sachant qu'il reste un peu moins de 3 semaines d'ici le prochain Conseil de l'Union Européenne (15-16 octobre) au cours duquel les dirigeants européens espèrent avoir un projet d'accord final. La visite lundi du ministre britannique du bureau du cabinet, Michael Gove, a confirmé l'existence d'importantes divergences entre les deux camps. Parmi elles, le maintien des clauses, contre l'avis de Bruxelles, au sein du projet de loi sur le marché intérieur au Royaume-Uni qui en cas d'absence d'accord final avec l'Union Européenne permettrait à Londres de revenir sur l'engagement formulé dans l'accord sur le Brexit qui l'oblige à instaurer des contrôles douaniers aux frontières entre la Grande Bretagne et l'Irlande du Nord. Les quotas de pêche et les subventions publiques britanniques restent également deux points d'achoppement majeurs qui bloquent depuis plusieurs semaines les négociations. Une lueur d'espoir existe néanmoins révèle le journal britannique The Times qui révèle ce matin que Bruxelles a adouci sa position initiale et semble désormais prêt à travailler sur un projet d'accord final sans attendre un consensus sur l'ensemble des points de contentieux. Côté européen, on semble ne pas vouloir prendre la responsabilité d'un possible échec des négociations et refoubler d'efforts dans la dernière ligne droite pour éviter un divorce brutal. Les marchés veulent croire que ce qui semblait il y a encore quelques semaines impossible est au contraire toujours possible. La livre sterling s'est significativement appréciée lundi face à l'euro et au dollar jusqu'à toucher un pic de 3 semaines face au premier (point bas recensé à 0,9020 £ sur le taux EUR/GBP) et d'une semaine face au second (point haut recensé à 1,2925 $ sur le taux GBP/USD). Les propos hier du gouverneur central britannique Andrew Bailey expliquant que les taux négatifs n'étaient pas un outils que la banque centrale comptait déployer de manière imminente ont également soutenu la devise britannique. Alors qu'un nouveau cycle de négociations bilatérales entre britanniques et européens débute ce mardi à Londres et se concluera vendredi matin par une rencontre entre les deux négociateurs en chef Michel Barnier (UE) et David Frost (R-U), la livre sterling pourrait connaître une semaine très agitée. Toujours orientée à la baisse, le taux EUR/GBP doit encore confirmer son détachement à l'égard de la barrière de 0,91 £ contre laquelle il reste au contact. Une cassure nette vis-à-vis de cette barrière pourrait alors entraîner une correction plus importante du cours de change en direction de ses plus bas niveaux de l'été situés autour de 0,8850-0,8900 £. Il faudra pour cela que les attentes de progrès matériels autour d'un accord se matérialisent.

RUB

Marchés émergents : pas de répit pour les devises émergentes - Le rebond des marchés actions lundi n'a pas profité aux devises émergentes, plus particulièrement celles d'économie très dégradée par la pandémie mondiale. Preuve que les acteurs de marché ne sont pas totalement rassurés et restent mesurés dans leurs prises de risque. Les devises d'Amérique Latine ont été particulièrement sous tension à cause de nouvelles tensions sur la dette argentine relatives à la montée de craintes sur une possible insolvabilité de l'Etat. Le peso argentin a cédé jusqu'à -2,8% en séance lundi face à l'euro avant de combler ses pertes en fin de journée et clôturé sur un repli de "seulement" -0,8% aux portes du seuil de 89,0 ARS. Le real brésilien a cédé -2% face à l'euro et clôturé la séance à un plus bas depuis plus de 4 semaines à plus de 6,60 BRL. Le rouble a chuté hier à un nouveau plus bas cette année et aussi plus bas depuis plus de 4 ans, le taux EUR/RUB oscillant désormais tout près du seuil de 93,0 RUB. La livre turque continue sa glissade et bat jour après jours des niveaux historiquement bas. Le taux EUR/TRY s'échange ce matin à 9,15 TRY.


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