Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

sept. 21, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Les nerfs des marchés commencent à craquer face à la seconde vague européenne : le yen et le dollar préféré à l'euro et la livre sterling

  • La recrudescence de cas de coronavirus en Europe et les réponses apportées par les autorités publiques pour contenir la pandémie continuent d'agiter les marchés. Le spectre d'un reconfinement est on ne peut plus présent à l'esprit des acteurs de marché qui commencent à intégrer progressivement l'idée que le scénario de reprise en "V" auquel ils s'accrochent depuis plusieurs mois est de plus en plus compromis. Les nerfs se tendent et la confiance s'évapore d'où le retour de prises de décision où la sécurité est privilégiée au rendement. Résultat, l'euro est sur la défensive face aux devises refuges traditionnelles (USD, JPY & CHF) tandis que la livre sterling accentue son repli de la fin de semaine dernière et tape à la porte du seuil de 0,92 £. Le fort recul des cours du pétrole (plus de 2% ce matin) se répercutent sur les devises liées au pétrole comme la couronne norvégienne qui retombe à un plus bas depuis 2 mois (10,85 NOK) ou encore le rouble qui oscille ce matin sur ses plus bas niveaux depuis 4 ans à plus de 90,0 RUB. Globalement, dans la lignée de la séance de vendredi, les devises émergentes prolongent leur repli. Le yuan s'en sort plutôt bien et menace de repasser sous le seuil symbolique de 8,0 ¥ face à l'euro, la devise réagissant positivement à une décision d'une Cour de justice américaine suspendant l'interdiction d'utilisation de l'application chinoise WeChat sur le territoire américain et l'officialisation d'un accord de rachat de l'application chinoise TikTok par l'américain Oracle.
  • Cette semaine : Triple dose de Jerome Powell, premiers indicateurs PMI de septembre, résultats électoraux en Italie, débats monétaires au Royaume-Uni & réunions monétaires en pagaille - L'un des évènements majeurs de la semaine sera la publication en milieu de semaine en Zone Euro, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis des premiers résultats d'activité du mois de septembre dans le secteur privé. Ce sera à nouveau l'occasion d'évaluer la teneur et la solidité de la reprise en cours. L'attention des acteurs de marché est principalement tournée vers l'économie européenne où l'on observe une seconde vague de contamination se propager. Tous signaux de fléchissement de la croissance en Zone Euro pourraient être préjudiciables à l'euro. Une semaine après la réunion de la Fed et de la Banque d'Angleterre, on sera attentif aux interventions cette semaine des gouverneurs centraux américains et britanniques qui auront l'occasion de clarifier les récentes décisions. Andrew Bailey (BoE) interviendra mardi matin et reviendra sur la question des taux négatifs abordée par la Banque d'Angleterre la semaine dernière. Jerome Powell (FED) interviendra trois jours consécutifs, entre mardi et jeudi, devant les membres du Congrès américains et reviendra sur le nouveau cadre monétaire poursuivi par la banque centrale américaine, lequel devrait déboucher le maintien des taux à leur niveau actuel pendant au moins 3 ans. Au Royaume-Uni, on continue de suivre les développements sur le volet du Brexit et plus particulièrement les discussions au Parlement autour du vote du projet de loi sur le marché intérieur qui offrirait au gouvernement britannique le pouvoir de revenir sur l'accord de sortie signé en janvier dernier. L'adoption de cette loi viendrait fragiliser les négociations bilatérales avec l'UE, et du coup possiblement raviver de nouvelles pressions vendeuses sur la livre sterling. Outre les indicateurs PMI, l'euro sera également sensible sur ce début de semaine aux annonces politiques faites pour contrer l'avancée du virus ainsi qu'aux résultats des élections municipales italiennes qui se sont tenus le weekend dernier et dont le résultat final pourrait fragiliser la coalition PD-M5E en place. Une victoire de la coalition de droite menée par la Ligue du Nord pourrait en effet générer de nouvelles turbulences politiques en Italie, et potentiellement créer un peu de nervosité parmi les acheteurs d'euro. À suivre également les annonces monétaires dans les pays nordiques (Suède & Norvège), en Europe de l'Est (Hongrie & République Tchèque), en Suisse ou encore en Turquie.
  • Situation sanitaire : La confirmation d'une seconde vague de contamination en Europe perturbe les marchés, mais pas l'euro (EUR) - La montée des inquiétudes dans les discours des dirigeants politiques européens face à la recrudescence des cas de Covid-19 en Europe depuis la fin de l'été s'accompagne d'un durcissement des mesures de restriction sanitaire. Si pour le moment aucun responsable n'ose prononcer le mot interdit de "reconfinement", cette option reste sur la table si jamais la situation devait encore se dégrader davantage. Que ce soit en Espagne, en France ou même au Royaume-Uni, on cherche pour le moment des alternatives pour endiguer la pandémie tout en évitant d'affaiblir l'économie plus qu'elle ne l'est déjà actuellement. C'est sur ce point précis que les investisseurs sont sensibles. Les marchés anticipent depuis des mois un rebond rapide de l'économie mondiale d'où les craintes que le fort rebond de l'activité entrevu depuis mai soit stoppé net en cas de refermeture forcé de l'économie. Face à ce constat, on continue d'observer d'importants mouvements correctifs sur les marchés actions, notamment aux Etats-Unis où sous l'impulsion d'une nouvelle contraction des valeurs technologiques les principaux indices à Wall Street ont enchaîné vendredi une 3ième séance de repli. C'est au total une perte de -2,4% en trois séances que l'on observe sur l'indice principal S&P 500 et -4,4% sur l'indice de valeurs technologiques Nasdaq. De ces secousses émanent un sentiment d'aversion au risque qui se répand sur les marchés des changes. Le yen a de nouveau gagné du terrain face à l'euro vendredi et clôturé sous le seuil de 124 ¥ pour la 1ière fois depuis le 29 juillet dernier. Avec un gain total de +1,6% engrangé la semaine dernière, le yen a enregistré sa meilleure performance hebdomadaire depuis 14 semaines. L'EUR/USD tangue mais pour le moment ne rompt pas et se maintient au-dessus de la barrière de 1,18 $. Le taux a limité les pertes vendredi malgré la montée des risques liés au coronavirus en Europe et la publication aux Etats-Unis d'une hausse plus importante que prévu de l'indice Michigan de confiance des ménages. Le taux de change amorce la semaine sur la défensive et reste toujours sous la menace d'une correction face à l'accumulation de facteurs défavorables en Europe. Plongé dans un état de torpeur depuis 2 semaines au sein d'un couloir de prix étroit de 1,1750 - 1,1900 $ (+/- 1,3%), l'EUR/USD pourrait ne pas rester calme éternellement. Surtout pas si les pressions vendeuses sur les indices boursiers s'intensifient. La livre sterling n'a pas la même résistance que l'euro face à la progression de la pandémie en Europe. Très endommagée jeudi par l'émergence de nouvelles spéculations monétaires après que la Banque d'Angleterre a ouvert la porte à un recours de taux négatifs, la livre a de nouveau plié face à l'euro vendredi et glissé en direction de 0,92 £ en réponse au durcissement des mesures sanitaires dans le nord-est de l'Angleterre.
  • Emergent : Nouvelles turbulences sur devises émergentes face au repli de Wall Street - Trop c'est trop ! En marge d'une 3ième séance consécutive de repli des indicateurs boursiers américains, plusieurs devises émergents ont subi de vives secousses. Tout particulièrement les devises des économies les plus fragilisées par la pandémie mondiale. Le real brésilien a ainsi lourdement chuté de -2,7% face à l'euro vendredi et enregistré sa pire performance en séance depuis presque 3 mois. Le rand sud-africain a lui cédé presque -1% face à l'euro (19,3 ZAR) alors qu'on l'avait vu plus tôt en journée remonter à un pic de 2 mois face à la devise commune à presque 19,0 ZAR. Le rouble est retombé à proximité de ses plus bas niveaux depuis 4 ans face à l'euro vendredi, non loin du seuil symbolique de 90,0 RUB qui fait office de "plancher" à la devise russe. Le peso mexicain a lui chuté de plus de 1% et s'est ainsi écarté d'un pic de 3 mois touché en début de séance vendredi à 24,65 MXN. Plus étonnant, la livre turque n'a pas été concernée par les nouvelles secousses visant les marchés émergents et est restée très stable vendredi (-0,1% à 8,95 TRY). Après perdu plus d'un tiers de sa valeur cette année face à l'euro et chuté à un plus bas historique, il est possible que la devise turque ait trouvé un seuil plancher à travers la barrière de 9,0 TRY. L'avenir nous dira si cette hypothèse se confirme.

Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.