Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

sept. 18, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'euro tient bon malgré l'augmentation de restriction en Europe, la livre sterling tente de tourner la page de la Banque d'Angleterre

On assiste pour le moment à une séance très calme sur les marchés des changes, le spectre d'un reconfinement en Europe semblant geler les positions et contenir toute marque d'enthousiasme face au rebond de plus de 2% des marchés actions chinois. L'euro continue de tenir tête au dollar (1,18-1,19 $) et au yen (124 ¥) et est peu impacté par la dégradation de la situation sanitaire en Europe. Après un bref coup d'arrêt provoqué par la Banque d'Angleterre, la livre sterling (0,91 £) tente de surfer ce matin sur de meilleures ventes au détail que prévu au Royaume-Uni (+0,8% M/M vs. consensus +0,7%) pour reprendre son rebond correctif. On assiste à un rebond de la devise néo-zélandaise (1,75 NZ $) ce matin en réaction aux commentaires du ministre des Finances qui voient des améliorations des perspectives économiques dans le pays, ce qui fait croire ce matin que la banque centrale (RBNZ) pourrait le cas échéant éviter de réduire ses taux en territoire négatif l'année prochaine comme il l'est actuellement anticipé par les marchés monétaires. À suivre ce vendredi la publication des statistiques de ventes au détail au Canada (14h30) et les indices préliminaires Michigan sur la confiance des ménages américains (16h00).

GBP

Banque centrale : la Banque d'Angleterre fait un pas de plus vers des taux négatifs et calme les ardeurs de la livre sterling (GBP) - Qui dit condition exceptionnelle dit dispositif exceptionnel. La Banque d'Angleterre n'a pas procédé hier au moindre ajustement de ses outils monétaires ; les taux directeurs restant inchangés à 0,1% tout comme le plafond du programme de rachats d'actif à 745 Mds£ ; néanmoins le compte rendu de la réunion monétaire de septembre témoigne d'une réflexion actuelle sur les taux négatifs. Les dommages économiques causés par la pandémie au Royaume-Uni auxquels pourraient s'ajouter prochainement ceux d'une éventuelle rupture sans accord avec l'Union Européenne poussent les banquiers centraux à sérieusement considérer le recours à cette politique initialement dite non-conventionnelle que l'on a vu cependant se démocratiser au cours des dernières années. D'abord au Japon, puis en Suisse, en Zone Euro et en Suède. Les spéculations sur les marchés monétaires ne se sont pas fait attendre et en réaction à la publication du communiqué officiel de la BoE on observait une anticipation de première baisse de taux de -10pbs en mai 2021 et une autre similaire en novembre 2021 (source Bloomberg). Observant un rebond correctif depuis le début de la semaine, la livre sterling a stopper nette son ascension en réponse aux anticipations de baisse de taux au Royaume-Uni l'année prochaine et a mis fin à une série de trois séances consécutives de hausse (gain cumulé de +1,6%). Le taux EUR/GBP, que l'on voyait depuis mercredi tenter de s'installer sous le seuil de 0,91 £, a finalement consolidé sa position au-dessus de cette barrière. Les pressions baissières sur la livre ont dégonflé en fin de journée en écho à l'entretien d'Ursula von der Leyen donné au journal Financial Times dans lequel la présidente de la Commission Européenne dit qu'elle croit toujours un accord post-Brexit possible malgré les tensions récentes. Le projet de loi sur le marché intérieur est quant à lui toujours sur de bon rails pour être adopté par le Parlement. Boris Johnson a réussi à calmer les esprits rebelles au sein de son parti en concédant que son gouvernement ne ferait aucune action remettant en cause l'accord sur le Brexit sans en demander l'autorisation au préalable au Parlement. Cette concession sera-t-elle suffisante à faire bouger les lignes et convaincre les européens de rester à la table des négociations. On n'en est pas certain. Néanmoins, on est plus à un rebondissement près sur ce volet.

EUR

Situation sanitaire : L'OMS s'inquiète de la recrudescence de la pandémie en Europe, les marchés voient d'un mauvais œil de nouvelles restrictions (EUR) - Alors que l'Europe enregistre ce mois-ci des niveaux records de contamination au COVID-19, l'Organisation Mondiale de la Santé s'est dit très inquiète hier du niveau "alarmant" de diffusion du coronavirus dans cette zone géographique. Face à la recrudescence du virus, les autorités européennes s'apprêtent à prendre de nouvelles mesures de restriction. C'est le cas au Royaume-Uni où après l'interdiction des réunions à plus de 6 personnes de nouvelles restrictions entrent ce vendredi en vigueur dans le nord-est de l'Angleterre. Les lieux de divertissement dans cette région devront fermés entre 22h00 et 05h00 et seul un service à table sera autorisé dans les bars. En Espagne également, la région de Madrid devrait dans les prochains jours annoncée de nouvelles mesures pour stopper la progression du virus, le recours au reconfinement partiel de certaines zones pourrait être décidé. Le ministre de la santé français, Olivier Véran, a communiqué jeudi sur de nouvelles actions et évoqué la possible fermeture des bars et restaurants dans plusieurs grandes villes du pays comme Marseille et Lyon. Les marchés voient d'un très mauvais œil la perspective d'un reconfinement en Europe qui imposerait un coup d'arrêt dans la dynamique de reprise observée par l'économie depuis le mois de mai. Si pour l'heure ces inquiétudes ne se reflètent que très modérément sur la valeur de l'euro, celui-ci est néanmoins davantage confrontée cette semaine à des pressions baissières qu'à des pressions haussières face aux devises dites refuges telles que le dollar, le yen ou encore le franc suisse. Le taux EUR/USD réussit à s'accrocher au seuil de 1,18 $ malgré une petite frayeur hier et un décrochage en séance asiatique à un creux de 5 semaines de 1,1735 $. Même constat pour la paire EUR/JPY que l'on avait vu enchaîner trois séances consécutives de recul sur le début de semaine et qui après une chute momentanée à un creux de 7 semaines à 123,30 ¥ a finalement réussi à effacer ses pertes pour clôturer la séance de jeudi dans le vert au-dessus du seuil de 124 ¥. Le taux EUR/CHF a également clôturé positivement la séance d'hier à 1,0760 ₣ après avoir pourtant dangereusement approché le seuil de 1,07 ₣ ou un niveau qu'il n'a plus touché depuis 2 mois.

TRY

Turquie : La livre turque n'en finit plus de dégringoler (TRY) - Un recul de -35% depuis le début de l'année face à l'euro (-27% face au dollar) et un nouveau plus bas historique atteint hier à plus de 8,95 TRY  (7,56 TRY face au dollar), c'est la triste performance de la livre turque qui paye à la fois les dommages collatéraux provoqués par la crise sanitaire sur l'économie en Turquie mais aussi la perte de confiance des investisseurs étrangers à l'égard du pays. L'influence du président Recep T. Erdogan sur la banque centrale turque a fait émerger d'importants doutes sur la capacité de cette dernière de prendre les actions adéquats, et sans considération politique, pour soutenir l'économie et combattre une inflation galopante (12%). La recrudescence de la pandémie à travers le monde qui heurte fortement les secteurs du tourisme et du voyage - lesquels représentaient en 2018 12% du PIB de la Turquie - ainsi que la hausse des tensions entre la France et la Turquie autour de la découverte de gisements de gaz naturel en méditerranée ne favorisent pas un rebond de la devise dont la glissade actuelle semble pouvoir continuer un certain temps.


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.