Actualités du marché des devises

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sept. 17, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La Fed donne de l'air au dollar, le rebond correctif de la livre sterling mis au défi par la Banque d'Angleterre

Le dollar est à la fête au lendemain de la réunion de la Fed où aucune nouvelle mesure de soutien a été annoncée et la projection de croissance pour 2020 a significativement été révisée à la hausse. Le rebond correctif de la livre sterling semble s'atténuer alors que les regards sont aujourd'hui braqués sur la Banque d'Angleterre qui pourrait ouvrir la porte à de nouvelles mesures de soutien alors que le spectre d'un échec des négociations sur le Brexit menace l'économie britannique. Le yen accentue son rebond face à l'euro et enchaîne ce matin une 4ième séance consécutive de hausse qui l'envoie à un pic de 7 semaines à hauteur de 123,5 ¥. Le statu quo mêlé à une tonalité optimiste de la part de la Banque du Japon dans sa communication ce matin semble soutenir la devise japonaise. Le dollar australien est étonnement stable (1,62 A$) et ne semble pas profiter de l'annonce ce matin en Australie d'une baisse surprise du chômage (6,8% vs. 7,5% en juillet). Le rand sud-africain perd du terrain ce matin face à l'euro sur fond de craintes de voir cette après-midi une baisse de taux surprise de la part de la banque centrale sud-africaine (SARB).

USD

Banque centrale : la Fed annonce une période d'au moins 3 ans de taux bas et lie sa politique monétaire à l'inflation (USD) - Comme on pouvait s'y attendre, la réserve fédérale américaine a maintenu ses taux directeurs inchangés dans une fourchette de 0,00-0,25% et n'a pas fait de nouvelles annonces en matière d'injection de liquidités. Les marchés s'y étaient résolus et attendaient avant tout plus de précisions concernant l'orientation monétaire de la Fed (forward guidance) ainsi que l'évaluation faite par la banque centrale des perspectives économiques américaines à la lueur des nouvelles projections publiées en marge de la réunion de septembre. Comme plusieurs de ses homologues avant lui, Jerome Powell a décrit un choc économique finalement moins important que prévu cette année grâce à une reprise robuste de l'activité après la période de confinement mais a mis en garde contre un rebond plus modeste de l'économie l'année prochaine. Désormais, la banque américaine table sur une contraction de -3,7% en 2020 contre -6,5% précédemment estimé en juin et un rebond de +4% en 2021 et +3% en 2022 contre respectivement +5% et +3,5% anticipés auparavant. L'optimisme de la banque centrale américaine ne se résume pas uniquement à la croissance mais touche aussi l'emploi. Cette dernière se veut moins pessimiste qu'elle ne l'était en juin dernier concernant le chômage qui devrait finalement être à la fin de l'année bien plus bas que prévu à 7,6% contre 9,3% préalablement anticipé en juin. Les estimations pour 2021 (5,5% vs. 6,5) et 2022 (4,6% vs. 5,5%) sont également révisées à la baisse. L'économie aura besoin d'un soutien prolongé de la Fed durant cette période de convalescence, mais aussi de nouveaux efforts de la part des autorités publiques dont les efforts durant la crise ont grandement contribué à amortir le choc causé par la pandémie. Le gouverneur central envoie ici un message au Congrès où les négociations entre démocrates et républicains pour mettre en place un nouveau plan de relance sont dans l'impasse depuis maintenant plusieurs semaines. Grandement attendu sur la stratégie monétaire désormais poursuivie par la réserve fédérale depuis l'annonce le mois dernier d'un changement d'approche plus tolérant à l'égard de l'inflation, le gouverneur central a confirmé que la banque centrale maintiendrait les taux à leur niveau actuel tant que l'inflation ne se sera pas stabilisée au-dessus de son objectif de long terme de 2%. Ce dernier n'a toutefois pas donné plus de précisions concernant le degré de tolérance que la banque se fixe en cas de hausse de l'inflation bien au-dessus du ce seuil. Quoi qu'il en soit, une très large majorité des membres du FOMC (13 sur 17) ne voit pas de première hausse de taux avant 2024 d'après les nouvelles projections monétaires publiées hier (Dot Plot). Là encore, il s'agit d'un ajustement par rapport aux estimations faites en juin où à l'époque les banquiers centraux misaient sur une période de taux bas d'au moins 2 ans. Faute de nouvelles mesures de la part de la Fed hier et compte de l'importante réévaluation à la hausse des projections de croissance américaine pour cette année, le dollar se renforce face à l'ensemble de ses pairs dont l'euro contre lequel il a touché ce matin un pic depuis 5 semaines à 1,1735 $. Le mouvement de repli de la paire EUR/USD amorcé mercredi après-midi s'intensifie ce matin mais les pressions baissières semblent buter pour le moment sur la barrière de 1,1750 $. Alors que l'effet "Fed" devrait se dissiper au cours de la journée, on surveillera les réactions du taux de change aux estimations finales d'inflation publiées en fin de matinée en Zone Euro (11h00) ainsi qu'à la multitude de rapports macroéconomiques publiés en début d'après-midi (14h30) aux Etats-Unis. Parmi eux, on suivra attentivement l'enquête d'activité économique de la Fed de Philadelphie, les permis de construire, les mises en chantier et les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage.

GBP

Banque centrale (bis) : la Banque d'Angleterre face au spectre du Brexit (GBP) - La nouvelle réunion ce jeudi de la banque centrale britannique intervient au moment même où de nouvelles tensions apparaissent entre britanniques et européens concernant leur future relation économique. Les négociations commerciales sont au point mort depuis le dévoilement la semaine dernière d'un projet de loi au Royaume-Uni qui pourrait empiéter sur les engagements listés dans l'accord de sortie signé par Londres et Bruxelles en janvier dernier. Alors que la perspective d'une absence d'accord trouvé d'ici la fin d'année grossit au fil des jours, la Banque d'Angleterre est dans une position délicate et se doit de communiquer aux marchés sa stratégie au cas où ce scénario se matérialise. Dans le contexte de crise actuel, la perte des avantages économiques dont disposait jusqu'à présent le Royaume-Uni grâce à sa présence au sein du marché commun et de l'union douanière européenne (privilège que le pays gardera d'ici la fin de la période de transition qui se termine au 31 décembre) pourrait vivement ralentir la dynamique de reprise de l'économie britannique. À cet égard, un nouveau caillou est par ailleurs venu s'insérer dans la chaussure britannique puisque les Etats-Unis veulent interférer sur le dossier du Brexit. Le candidat démocrate à la présidentielle américaine et grand favori des sondages, Joe Biden, a lis en garde le Royaume-Uni qu'un projet d'accord de libre-échange avec les Etats-Unis pourrait être remis en cause si jamais le gouvernement britannique était désigné coupable de violation de traités internationaux. L'Union Européenne ne pouvait pas rêver d'un meilleur soutien dans sa cause qui consiste à faire pression sur le gouvernement de Boris Johnson pour qu'il abandonne ce projet de loi. Le premier ministre britannique mise beaucoup sur l'obtention d'un accord commercial avec son partenaire américain une fois en dehors de l'UE, aussi cette menace - bien qu'elle soit faite par un simple candidat et non un dirigeant officiel - ne peut pas laisser le camp britannique insensible. Pour l'heure le chef de l'Etat reste inflexible et maintient son projet de faire passer cette loi sur le marché intérieur qui vise à permettre à tous les pays au sein du Royaume-Uni (y compris l'Irlande du Nord) à librement commercer entre eux. Hier, ce dernier a toutefois consenti de faire un compromis et d'inclure au texte un amendement qui offre un droit de veto au Parlement si jamais le gouvernement prend la moindre disposition revenant sur l'accord sur le Brexit. Il n'est pas certain que cela soit suffisant pour satisfaire les européens et les convaincre de poursuivre les discussions en vue de trouver un accord commercial d'ici le 15 octobre prochain. Officiellement, Johnson se dit convaincu que cela reste encore possible, néanmoins l'accroissement des divergences entre les deux camps observés ces dernières semaines semblent offrir peu d'espoir qu'une issue positive se réalise. Dans ce marasme ambiant, la livre sterling poursuit son rebond correctif et vient d'enchaîner trois séances consécutives de hausse face à l'euro pour un gain cumulé de plus de 1,5%. La devise a désormais effacé 40% des pertes subies la semaine dernière (-3,9%) et oscille désormais à un pic d'une semaine à hauteur de 0,91 £. Malgré ce rebond, on ne peut qu'être résolument prudent concernant l'orientation de la devise britannique dont la fragilité reste palpable. La Banque d'Angleterre pourrait justement calmer les ardeurs de la livre si jamais elle ouvrait la porte cette après-midi (communiqué à 13h00) à de nouvelles mesures de soutien. Une large majorité d'économistes est convaincue que la banque centrale devrait au moins réhausser le plafond de son programme de rachats d'actif de 100 Mds£ d'ici la fin d'année. Sur les marchés monétaires, les investisseurs anticipent une baisse de taux à horizon 6 mois. De telles actions auraient très certainement pour conséquence de déclencher de nouvelles pressions baissières sur la livre sterling.

ZAR

Banque centrale (ter) : les banquiers centraux sud-africains face à un choix difficile (ZAR) - La banque centrale sud-africaine publiera en milieu d'après-midi (15h00) le compte rendu de sa nouvelle réunion monétaire. Le consensus économique anticipe que la banque devrait maintenir son taux principal inchangé à 3,5%, néanmoins c'est un scénario qui n'est pas partagé par tous. Sur les 25 économistes sondés par l'agence Reuters, 15 seulement misent sur un statu quo tandis que 10 d'entre eux anticipent une baisse de taux de 25pbs. Il est vrai que la contraction record de l'économie sud-africaine au second trimestre (-16,4% T/T) et le manque de traction de l'activité de crédit dans le pays malgré une réduction de 300 pbs des taux directeurs depuis le début de l'année présupposent que les banquiers centraux doivent faire encore plus d'efforts pour relancer l'économie. Ils peuvent se le permettre puisque l'inflation ne représente pas un danger pour le moment, celle-ci demeurant dans la partie basse de la fourchette d'objectif de 3-6% fixée par la banque. Le rand doit-il craindre de nouvelles pressions baissières ? Déjà peu attractif aux yeux des investisseurs en raison de ses fondamentaux économiques très dégradés et des turbulences politiques qui secouent le pays, le rand pourrait vaciller si les rendements obligataires rétrécissent. Depuis le point bas historique atteint mi-août face à l'euro à plus de 20,7 ZAR, la devise sud-africaine s'est renforcée de plus de 7% face à l'euro et clôturé mercredi à son plus haut niveau depuis près de 8 semaines à 19,20 ZAR. La devise sud-africaine est sur la défensive ce matin et abandonne plus de -0,5% face à l'euro en amont de la publication des résultats de la réunion de la SARB.


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