Actualités du marché des devises

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sept. 10, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Un œil sur les projections de la BCE, un autre sur la réunion exceptionnelle entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne

Le rebond des marchés actions, hier aux Etats-Unis et ce matin en Asie, offre un peu de baume au cœur aux investisseurs qui craignaient revivre des troubles comparables à celles vécues au mois de mars au plus fort de la crise. L'euro en profite pour rebondir face à une majorité de ses pairs malgré la BCE qui délivrera en début d'après-midi les conclusions de sa nouvelle réunion monétaire (communiqué à 13h45 et conférence de presse à 14h30). Si on attend aucune annonce majeure, les investisseurs seront attentifs aux nouvelles projections économiques publiés par la banque ainsi qu'au moindre commentaire sur l'euro dont la forte valorisation fait débat en Europe où des pressions déflationnistes sont observées. La livre sterling contient les pressions baissières mais reste très fragile alors que les relations entre britanniques et européens sont de plus en plus tendus et que les négociations commerciales semblent au bord de la rupture. La réunion exceptionnelle organisée ce jeudi à la demande de Bruxelles sonne comme le rendez-vous de la dernière chance. On aura un œil également ce jeudi sur les indicateurs PPI ainsi que sur les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage aux Etats-Unis (14h30) qui sert chaque semaine de baromètre de l'état de l'économie américaine dans cette phase de reprise. Toujours de l'autre côté de l'Atlantique, on suivra la présentation au Congrès d'un nouveau plan de relance proposé par le camp Républicain.

EUR

Réunion de la BCE : nouvelles projections et commentaires sur l'euro surveillés (EUR) - La nouvelle réunion monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE) ne devrait à priori déboucher sur aucune annonce majeure au niveau de des taux d'intérêt ou encore en ce qui concerne les deux programmes de rachat d'actif actuellement actifs (PEPP et APP). Ce n'est pas tant que les incertitudes ont disparu, au contraire elles restent très importantes, que le manque de leviers d'action dont la banque dispose pour soutenir l'économie qui l'oblige à être magnanime dans ses interventions. L'attention se portera principalement ce jeudi sur les nouvelles projections économiques de la banque qui seront une actualisation des estimations précédemment réalisées en juin dernier. Ces données viendront alimenter les débats sur la reprise en Zone Euro et donneront quelques indications sur la stratégie monétaire qu'entend déployer la banque centrale dans les prochains mois. Au regard des risques économiques qui restent importants en raison du maintien de la propagation du virus et de l'absence pour le moment de solutions pour l'éradiquer, il est très fortement probable que la BCE fasse preuve de prudence dans sa communication et renouvelle à cette occasion à maintenir un dispositif monétaire exceptionnel afin d'accompagner la reprise de l'activité dans la région et le retour de la croissance. De ce fait, la banque devrait laisser la porte ouverte au recours de nouvelles mesures de soutien dans le futur tout en restant délibérément flou afin de ne pas se retrouver pieds et poing lié à un engagement qu'elle ne pourrait pas tenir ou dont le timing d'intervention ne serait pas opportun. Il paraît évident qu'un fort ajustement à la baisse des projections de croissance et d'inflation en septembre s'accompagnerait de nouvelles spéculations autour d'une probable nouvelle intervention de la BCE avant la fin d'année. Un tel scénario viendrait apeurer les acheteurs d'euro et au contraire réveillerait les vendeurs. La question du retour de pressions déflationnistes en Zone Euro au mois d'août (inflation à -0,2% selon les estimations préliminaires publiées) pourrait être l'occasion de nouveaux débats au sein du comité directeur sur la nécessité d'intervenir à nouveau à court terme et assouplir davantage les conditions monétaires. Le défi qui se pose à la banque est comment intervenir à moindre coût ? Cibler l'euro et sa récente forte valorisation comme étant un obstacle à la reprise et un catalyseur actuellement défavorable à l'économie pourraient être une option. La publication ces dernières semaines de nombreux articles dans les médias suggérant un inconfort de la BCE face à un euro fort, une thèse qui a trouvé écho dans les récents propos du chef économiste de la banque centrale qui a confirmé que la valorisation de la devise commune "comptait" et donc était surveillée par les décideurs européens. Les investisseurs seront très sensibles aux commentaires de la BCE sur l'euro, le moindre signal suggérant un inconfort de celle-ci face à sa valeur actuelle considérée trop élevée par rapport aux fondamentaux économiques pourrait déclencher un mouvement correctif de la devise. La journée se découpera en trois moments clés : 1) publication du communiqué officiel à 13h45 qui publiera les principales conclusions de la réunion de septembre, 2) conférence de presse de Christine Lagarde à 14h30 dans laquelle le gouverneur centrale européen présentera et commentera les nouvelles projections économiques de la banque, et 3) discours de Christine Lagarde à 19h00 en marge d'un évènement organisé par la banque centrale allemande (Bundesbank). Sur la défensive depuis le début du mois, l'euro que l'on avait vu chuter la veille à un creux de deux semaines face au dollar et au yen s'accroche et rebondit ce matin. Le taux EUR/USD se réinstalle au-dessus de 1,18 $, le taux EUR/JPY au-dessus du taux de 125 ¥.

GBP

Réunion exceptionnelle entre l'UE et le Royaume-Uni pour sauver les négociations commerciales (GBP) - Comme on l'avait évoqué la veille, le Royaume-Uni a présenté hier un nouveau projet de loi sur le marché intérieur qui, s'il est approuvé par le Parlement, offrirait la possibilité au gouvernement britannique de détricoter le protocole de l'accord de sortie signé en janvier dernier avec l'Union Européenne, et donc de revenir sur les engagements inscrits dans un document officiel. Cette nouvelle loi permettrait au Royaume-Uni de subventionner publiquement des produits nord-irlandais sans en demander l'aval à Bruxelles et de ne pas imposer de contrôles douaniers sur les produits irlandais expédiés en Grande Bretagne. Bruxelles n'a pas tardé à réagir et tout de suite réclamer l'organisation d'une réunion exceptionnelle ce jeudi pour obtenir des clarifications sur les intentions britanniques. La validation d'une telle loi signerait très probablement la fin des négociations bilatérales entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne et donc la réintroduction automatique de droits de douaner au 1er janvier prochain. Un tel projet de loi est intenable pour les européens qui par la voix de la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen, dénoncent une violation du droit international et une action vouée à saper la confiance. Si le facteur temps jouait déjà en défaveur d'un possible accord, ce nouveau tournant complique encore davantage les choses. Même si Londres concède d'abandonner son projet de loi, on ne peut préjuger de l'impact sur la confiance que cet épisode aura sur les négociateurs européens. Après avoir enregistré jusqu'à plus de 2% de pertes face à l'euro sur la semaine et touché un creux de 6 semaines face à l'euro mercredi à 0,9130 £, les pressions baissières sur la livre sterling se sont calmées et la devise britannique a légèrement rebondit. Le taux EUR/GBP reste ce matin globalement orienté à la hausse aux portes du seuil de 0,91 £ en attendant l'issue de cette réunion extraordinaire qui sonne comme le rendez-vous de la dernière chance.

NOK

La bourse américaine stoppe sa chute pour le plus grand bonheur des devises cycliques, pétrolières et émergentes - Après une chute vertigineuse de -7% et -11% en trois séances, les indices actions américains S&P 500 et Nasdaq ont vivement rebondi mercredi, le premier enregistrant une hausse de plus de 2% et le second un bond de 3%. Les devises qui avaient le plus souffert de cet épisode de turbulence des bourses américaines ont retrouvé des couleurs et effacé une partie des pertes subies récemment. C'est notamment le cas des devises pétrolières comme la couronne norvégienne (+1% à 10,64 NOK) et du rouble russe (+0,9% à 88,7 RUB) qui ont surfé sur le fort rebond du pétrole (+2,5% pour le Brent et +3,5% pour le WTI), ainsi que des devises émergentes comme le rand sud-africain (+1,7% à 19,6 ZAR) et le peso mexicain (+1,6% à 25,19 MXN).

CAD

La Banque du Canada ne modifie pas sa politique et voit un rebond plus important au T3 (CAD) - Sans surprise la banque centrale canadienne a maintenu son taux directeur inchangé à 0,25%, tout comme ses engagements en matière d'injection de liquidités. Si la banque reconnait qu'au regard des incertitudes persistantes il est nécessaire de conserver un dispositif exceptionnel de soutien à l'économie, elle a néanmoins surpris son auditoire en avertissant qu'elle anticipait désormais un rebond plus important que prévu de l'économie au T3. Pas de quoi non plus sombrer de l'euphorie, le redressement de l'activité succédant à une forte contraction de -11,5% de l'économie au trimestre précédent. Comme son homologue américaine, la banque centrale canadienne semble être désormais engagée dans une approche de maintien des taux à un niveau bas pendant une période prolongée. Une impression qui n'enthousiasme guère les acheteurs de loonie canadien. Le cours EUR/CAD a cédé -0,5% sous l'impulsion du rebond des cours du pétrole mais reste valorisé à plus de 1,55 C$. La proximité de la paire de change avec une barrière support situé à 1,5420 C$ semble contenir les pressions baissières sur celle-ci.


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