Actualités du marché des devises

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sept. 08, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La livre sterling vacille à l'idée d'un "Hard Brexit",  le yuan insensible au projet de "découplage" de Washington

Le début de séance est relativement calme ce mardi matin bien que teinté d'une nuance d'optimisme après la publication ce matin d'une révision à la baisse moins importante que prévu des estimations de PIB au Japon au T2 (-7,9% T/T vs. consensus -8,1% et -7,8% en 1ière estimation). Il y a deux autres régions qui publieront leur chiffre de croissance au T2 ce mardi, il s'agit de la Zone Euro (11h00 / 3ième estimation) et de l'Afrique du Sud (11h30). Ce dernier devrait comme d'autres pays émergents enregistrer une contraction record au second trimestre de -16,5%. L'euro est relativement stable ce matin à 1,18 $ face au dollar, la publication de statistiques commerciales allemandes un peu moins fortes que prévu n'offrant pas de catalyseurs pour permettre à la devise de rebondir. La livre sterling reste sur la défensive et accentue sa chute ce matin, la barrière de 0,90 £ étant clairement en ligne de mire du taux EUR/GBP. Les peurs autour d'un scénario de "Hard Brexit" et d'une absence d'accord entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne enflent depuis les déclarations de ce weekend. Les marchés des changes seront également sensibles au comportement des marchés actions américains que l'on avait quitté la semaine dernière en forte correction. Si le mouvement de repli se prolonge, l'aversion au risque pourrait faire un retour marqué sur les marchés des changes, favorisant alors les devises refuges traditionnelles (USD, JPY & CHF) au détriment des devises cycliques, pétrolières et émergentes.

EURO

Des progrès modestes en Europe qui suggèrent une reprise graduelle (EUR) - Le rebond bien moins important que prévu de la production industrielle allemande en juillet (+1,2% M/M vs. consensus +4,7%) et le maintien de l'indice Sentix de confiance des investisseurs allemands en territoire négatif en septembre (7 mois consécutif) malgré une progression par rapport au mois dernier (-8,0 vs -13,4 en août) semblent confirmer une dynamique de reprise qui perd en vigueur. La route risque d'être longue et sinueuse malgré un fort redémarrage de l'activité à la sortie du confinement. Les investisseurs commencent à intégrer cette idée et l'euro voit les pressions haussières s'atténuer. La devise européenne a une nouvelle fois cédé du terrain face au dollar et au yen, les deux devises du G10 contre lesquelles elle s'est le plus fortement appréciée depuis mai. Le taux EUR/USD se maintient néanmoins au-dessus du seuil de 1,18 $ qui fait office de support du cours de change depuis la mi-août. Le taux EUR/JPY se maintient lui au-dessus de la barrière de 125 ¥.

GBP

Le spectre d'un "Hard Brexit" fait vaciller la livre (GBP) -  Si officiellement un accord commercial entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne reste encore possible, le temps presse urgemment. Le premier ministre britannique se laisse jusqu'au 15 octobre pour trouver un compromis avec l'UE et éviter a réintroduction de barrières tarifaires et non-tarifaires entre les deux régions à partir du 1er janvier prochain une fois la période de transition terminée. Plusieurs points de blocage demeurent et bloquent depuis des semaines les négociations, notamment sur la question de la pêche et de l'accès (réclamé par les européens) aux eaux territoriales britanniques qui comme l'a rappelé hier le négociateur européen, Michel Barnier, est une "prérequis" à tout accord commercial. Les deux autres points d'achoppement majeurs entre les deux camps relèvent des aides et subventions d'Etat sur lesquelles la Commission Européenne n'aura plus de droit de regard une fois le Royaume-Uni hors de l'UE, et sur la question toujours très épineuse des contrôles douaniers aux frontières irlandaises. Sur ce dernier point, les révélations du Financial Times d'un projet de loi britannique, qui devrait être présenté ce mercredi , remettant en cause le protocole de l'accord de sortie signé en janvier et la promesse faite par les britanniques d'instaurer des contrôles selon le code de douane de l'UE aux frontières terrestres et maritimes entre la Grande Bretagne et l'Irlande du Nord, ont littéralement mis le feu aux poudres. Bruxelles a très rapidement réagi et rappelé à l'ordre Londres, soulignant au passage que cette dernière risquait de perdre en crédibilité si elle ne respectait pas ses engagements. Autant dire que le nouveau cycle de négociation qui se déroule cette semaine dans la capitale britannique est sous très haute tension. Une absence de progrès majeurs à la fin de semaine viendrait amenuiser encore un peu plus les maigres espoirs d'entente, et au contraire renforcer un peu plus la conviction des marchés qu'un "Hard Brexit" ou rupture brutale sans accord économique entre le Royaume-Uni et l'UE est inévitable. Face au spectre de la réalisation du second scénario qui, reconnaissons-le, aujourd'hui semble le plus envisageable, la livre sterling a lourdement chuté lundi et abandonné -0,7% face à l'euro et -0,9% face au dollar. Fort de la dégringolade de la devise britannique, le taux EUR/GBP est à nouveau aux portes du seuil de 0,90 £ ou une barrière qu'il n'a plus atteint depuis maintenant presque 2 semaines. Le taux GBP/USD oscille lui-aussi à un plus bas depuis près de 2 semaines à moins de 1,3150 $.

CNY

Donald Trump remet la pression sur la Chine et parle de "découplage" (CNY) - Lors d'une conférence de presse non-programmée en ce jour férié aux Etats-Unis (jour du travail), le président américain en a profité pour détailler son projet d'autonomie vis-à-vis de la Chine, évoquant une volonté de "découplage" économique face au partenaire contre lequel les Etats-Unis enregistrent le plus important déficit commercial (345 Mds$ en 2019). Menaçant donc de réduire les échanges commerciaux directs avec la Chine, le président s'est également montré très critique à l'égard des entreprises américaines qui externalisent leurs activités en Chine. Le discours du président américain est rodé et la rhétorique protectionniste ressemble à s'y méprendre aux discours déjà entendus en 2016 avant sa première élection. On est clairement en présence d'une stratégie de communication à visée électorale de la part du locataire de la Maison Blanche qui cherche à combler son important retard dans les sondages par rapport à son rival démocrate, Joe Biden. L'indicateur RealClear Politics indique actuellement un écart d'un peu plus de 7 points entre les deux principaux candidats en faveur de l'ex-vice-président de Barack Obama aussi il est tentant pour l'actuel chef d'Etat de recourir aux recettes qui ont fait son succès surprise quatre ans auparavant. Cependant, tant que les paroles ne s'accompagnent pas d'actes (ie. sanctions économiques et financières), les investisseurs restent impassibles et ne sourcillent plus à l'évocation de nouvelles tensions potentielles entre les deux principales économies mondiales. Ce n'est pas qu'ils ne sont pas sensibles à ce thème mais ne dit-on pas que la rareté fait la valeur des choses ? Le yuan s'est apprécié hier face au dollar sous l'impulsion de la publication de bonnes statistiques commerciales en Chine venant renforcer la perspective d'un rebond rapide et significatif de l'économie. Le cours USD/CNY est retombé au niveau de 6,83 ¥, tout proche de ses plus bas de l'année et depuis mai 2019 (6,81 ¥). Le taux EUR/CNH s'est également replié lundi et clôturé à son plus bas niveau depuis plus de 6 semaines à 8,07 ¥.


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