Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

sept. 07, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La livre sterling prend peur en amont d'un nouveau cycle de négociations bilatérales UE-UK sous tension

L'atténuation du mouvement correctif des indices boursiers américains observés vendredi soir maintient l'espoir que le mouvement correctif amorcé jeudi dernier est probablement seulement technique et n'aura pas de suite dans le temps. Il faudra attendre demain pour savoir l'orientation des marchés puisqu'aujourd'hui est un jour férié aux Etats-Unis. Ce répit, mais aussi le rebond plus important que prévu de exportations chinoises le mois dernier (+9,5% A/A vs. consensus +7,1%) assurent une dissipation de la nervosité ambiante et nous offrent un début de séance plutôt calme sur les marchés des changes. Le taux EUR/USD est assez stable et oscille à proximité du seuil de 1,1850 $, le rebond bien moins important que prévu de la production industrielle en Allemagne observée ce matin n'offrant pas l'occasion à l'euro d'effacer les pertes accumulées sur la fin de semaine dernière. L'indice Sentix de confiance des investisseurs européens publiés en fin de matinée (11h00) pourrait agiter un peu la séance et la paire de change. Le pétrole reste orienté à la baisse d'où des pressions baissières sur les devises sensibles au cours du brut comme le dollar canadien (1,55 C$), le rouble russe (89,4 RUB) ou le peso mexicain (25,6 MXN). Ce matin, c'et la livre sterling qui est dans tous ses états (voir ci-dessous) et est sur le reculoir alors que débute ce lundi un nouveau cycle de discussions bilatérales britanno-européennes.


GBP

Un nouveau cycle de négociation sous tension (GBP) -  Le nouveau cycle de négociation entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne qui se tiendra à Londres cette semaine n'a pas encore commencé qu'il fait l'objet d'importantes rumeurs et tensions. Cela a commencé ce weekend lors le journal britannique The Telegraph a révélé que la présidente de la Commission Européenne pourrait, lors de son allocution annuelle programmée le 16 septembre prochain annoncer le retrait du négociateur en chef européen, Michel Barnier, pour laisser les dirigeants européens prendre le relais et tenter de conclure un accord. Cette information a depuis été démentie par Paris qui a maintenu sa confiance envers son représentant pour assurer les pourparlers jusqu'au bout. Si tant qu'il y a du temps pour discuter, il y a de l'espoir, la perspective d'un accord trouvé d'ici le 15 octobre et la date du prochain sommet du Conseil de l'UE apparaît de plus en plus compromis. Les autorités britanniques ont clairement fait savoir qu'elles ne comptaient pas modifier leur positions initiale, ne laissant ainsi pas percevoir le moindre signe de faiblesse dans la dernière ligne droite des discussions au risque que celles-ci n'aboutissent pas. Il semblerait que du côté de la Manche on se soit en fait résolu à l'idée d'un échec, ou sinon comment interpréter l'information révélée par le Financial Times dimanche selon laquelle Londres envisagerait un projet de loi qui écraserait les engagements de l'accord de sortie signé avec l'Union Européenne. La confirmation d'un tel projet de loi n'aura d'autres effets que mettre le feu aux poudres et irriter davantage les responsables européens, et surtout les convaincre de ne pas faire la moindre concession à son partenaire. Affaire à suivre. Du côté des marchés, il semble évident que les investisseurs ont déjà intégré l'idée d'un échec des négociations synonyme de retour de barrières douanières l'année prochaine entre le Royaume-Uni et l'UE., d'où la capacité réduite de la livre à se renforcer depuis le déconfinement. Si ce scénario venait à se confirmer, on pourrait même voir réapparaître des pressions baissières sur la livre et un possible retour du taux EUR/GBP dans un couloir 0,90-0,92 £. À contrario, la moindre bonne surprise et élan d'espoir d'une issue positive encore possible déclencheraient un rebond significatif de la devise britannique. Il faudra alors pour la livre être capable de franchir le rempart de 0,8850 £, ou une barrière qui fait office de support du taux EUR/GBP depuis mi-mai. Ce lundi matin, le taux EUR/GBP remonte à un pic d'une semaine à 0,8950 £ et semble pâtir des incertitudes en amont de la reprise des discussions commerciales bilatérales.

USD

L'emploi booste le dollar (1) (USD) - Le consensus de marché était plutôt optimiste concernant les chiffres de l'emploi américain du mois d'août même si une certaine dose de prudence prédominait après les données décevantes du rapport ADP (créations d'emploi dans le privé) publiés en amont. Avec 1,37 Mln de créations d'emploi le mois dernier contre 1,40 Mln anticipé, et surtout un recul du chômage de 10,2% à 8,4% (consensus 9,8%) et une hausse des salaires de +0,4% M/M (consensus : 0,0%), ce rapport sur l'emploi s'est révélé finalement encore bien meilleur qu'espéré.  Surfant sur les bons résultats de la semaine et notamment les signaux d'accélération de l'activité dans l'industrie, le dollar a consolidé ses gains face à l'euro vendredi mais s'est une nouvelle fois heurté à la barrière de 1,18 $. Franchi pour la deuxième fois en deux séance (point bas recensé à 1,0779 $ vendredi), ce seuil a bien résisté aux pressions qui s'exerçaient sur lui et maintenu le taux EUR/USD à flot. L'atténuation du mouvement correctif des bourses américaines vendredi soir avant un weekend prolongé de trois jours aux Etats-Unis (marchés américains fermés ce lundi en ce jour du Travail) a probablement contribué à atténuer le mouvement haussier sur la devise américaine.

CAD

L'emploi booste le dollar (2) (CAD) - Comme son homologue américain, le dollar canadien a été vivement stimulé vendredi par la publication de solides chiffres de l'emploi au Canada. Bien que les créations d'emploi se soient révélées un peu inférieures aux attentes (+246k vs. 275k anticipé), tout comme le chômage (10,2% vs. 10,1% anticipé et 10,9% en juillet), l'amélioration visible et significative du marché du travail chez le voisin du nord des Etats-Unis a été un argument suffisant pour déclencher de nouveaux achats de devises canadiennes. Surtout, ces chiffres tombent à pic alors que se profile mercredi 9 septembre une nouvelle réunion monétaire de la Banque du Canada. Un renforcement des fondamentaux économiques pourrait conforter les banquiers centraux à conserver une approche attentiste et ne pas considérer de nouvelles mesures accommodantes à court terme malgré un contexte économique global toujours dégradé. Le dollar canadien a enregistré vendredi un rebond de plus de +0,6% face à l'euro pour venir tutoyer ses plus hauts niveaux depuis 7 semaines à hauteur de 1,5450 C$. Cette barrière semble jouer le rôle de support et constituer un obstacle dans l'ascension du loonie face à l'euro. La hausse de la volatilité sur les marchés boursiers américains et le mouvement correctif observé sur les prix du pétrole ; source énergétique dont le Canada est un exportateur net ; est un autre catalyseur majeur qui limite l'ascension de la devise canadienne. Cette dernière aura peut-être l'occasion de franchir ce cap cette semaine en marge de la nouvelle réunion de la Banque du Canada (9 septembre). Une inflexion optimiste du lange de la banque centrale pourrait donner une nouvelle opportunité aux acheteurs de CAD de faire leur retour sur les marchés des changes.


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.