Actualités du marché des devises

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août 07, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Des marchés secoués des frictions commerciales et géopolitiques avant les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis

Qui dit premier vendredi du mois dit emploi américain, et c'est donc tout naturellement vers les Etats-Unis que tous les regards seront tournés en début d'après-midi (14h30). Alors que de multiples signaux semblent indiquer un ralentissement net du redémarrage de l'activité aux Etats-Unis sous l'impact du coronavirus, les investisseurs espèreront lire dans les nouvelles statistiques du marché du travail américain de juillet des éléments qui pourront quelque peu les rassurer sur l'état de santé de la première économie mondiale. Si cette dernière ne rassure pas, cela ne pourra que renforcer la dynamique baissière observée depuis maintenant plus d'un mois sur le dollar. Ce matin, ce n'est pas tant l'économie américaine que le retour de nouvelles tensions entre la Chine et les Etats-Unis qui secoue les marchés des changes. On peut aussi y associer la nouvelle dispute commerciale qui a éclaté jeudi entre les Etats-Unis et le Canada sur l'aluminium comme élément qui pèse ce vendredi sur l'appétit au risque des marchés. Cela fait la part belle au dollar (1,18 $), au yen (125 ¥) et au franc suisse (1,08 ₣) qui tous les trois se renforcent ce matin face à l'euro. Le yuan au contraire est sur la défensive face au dollar mais reste stable face à la devise commune (8,25 ¥) . Le dollar australien cède également du terrain face à l'euro ce matin (1,64 A$). Ces nouvelles frictions sino-américaines prennent le pas sur la publication à nouveau en Zone Euro de bons indicateurs économiques. L'Allemagne publie en effet ce matin un rebond record (depuis 1991) de la production industrielle en juin (+8,9% M/M) et le plus fort rebond sur mois des exportations depuis 1971 (+14,9%). Des résultats qui ne feront que confirmer l'attractivité de l'euro à court et moyen terme. Au sein de l'univers des émergents, on observe toujours une livre turque (8,64 TRY) en chute libre et un rand sud-africain (20,8 ZAR) qui pâtit vivement de la hausse de la volatilité sur les marchés. Les devises liées au pétrole comme le RUB (87 RUB) ou le peso mexicain (26,6 MXN) sont aussi en difficulté ce matin.

Des tensions commerciales et un nouvel épisode de la rivalité sino-américaine qui déstabilisent les marchés ce vendredi (JPY, USD, CNY, CAD) : L'annonce jeudi soir du président américain de la signature d'un décret qui interdit sous 45 jours les transactions vers deux entreprises chinoises spécialisées dans les technologies, ByteDance propriétaire de l'application mobile TikTok très populaire aux Etats-Unis et Tencent propriétaire de l'application mobile WeChat, marque le passage d'un nouveau échelon dans les tensions qui opposent les Etats-Unis à la Chine. Prétextant une menace pour la sécurité nationale, Donald Trump continue de mettre la pression sur la Chine et renforce ainsi sa stature de parangon protecteur de l'économie américaine à quelques mois d'un scrutin présidentiel décisif. Une stratégie électorale qui semble porter ses fruits puisque dans les sondages Donald Trump comble petit à petit son retour sur son principal rival démocrate, Joe Biden. Alors qu'il y a encore quelques semaines l'écart moyen était encore de 9pts en faveur de l'ex-vice-président d'Obama, il n'est aujourd'hui plus que de 6pts d'après l'indicateur RealClear Politics. Outre les nouvelles frictions avec la Chine, les Etats-Unis ont également annoncé hier, par la voix de son président, l'instauration de nouveaux droits de douane sur l'aluminium canadien seulement un peu plus d'un mois après l'entrée en vigueur du nouvel accord de libre-échange nord-américain (USMCA) entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique. Washington accuse son voisin du nord de ne pas respecter l'accord et d' "inonder" le marché américain avec son aluminium avec une statistique d'une hausse supposée de 87% des imports sur un an à l'appui. Un chiffre contesté par Ottawa qui a d'ores et déjà annoncé des mesures de rétorsion en retour contre les Etats-Unis. Ces nouvelles turbulences secouent quelque peu les marchés des changes ce vendredi matin et la réduction de l'appétit au risque des acteurs de marché font le bonheur du dollar et du yen qui se renforcent tous les deux face à l'euro. Le premier retrace sous le seuil de 1,1850 $ en attendant la publication cette après-midi des nouveaux chiffres de l'emploi en juillet, tandis que le second revient à hauteur du seuil de 125 ¥ au lendemain de sa chute à un creux de 15 mois à 125,6 ¥. Le dollar canadien est relativement stable ce matin face à l'euro après avoir chuté la veille au niveau de 1,58 C$, non loin de ses plus bas niveaux de l'année (1,60 C$). Le yuan est sur la défensive ce matin et voit d'un mauvais œil la nouvelle escalade de tensions entre Pékin et Washington. La devise recule face au dollar (6,97 ¥) mais reste pour le moment relativement stable face à l'euro (8,25 ¥).

USD

L'emploi et l'absence de relance n'aide pas le dollar (USD) : Bien que les nouvelles inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage se soient révélées bien en-dessous des attentes (1,18 Mln vs. consensus 1,41 Mln) et s'avèrent être le plus faible volume observé depuis mi-mars, les investisseurs n'ont pas pour autant démontrer un grand enthousiasme à la lecture de ce rapport. Celui-ci montre également que pour la 20ième semaine consécutive plus de 1 Mln de personnes se sont enregistrés sur les registres du pôle emploi américain pour demander des aides et que plus de 31 Mln de citoyens sont officiellement sans emploi aux Etats-Unis. Une réalité qui témoigne d'une reprise heurtée aux Etats-Unis et qui met surtout en exergue la nécessité économique de prolonger au plus vite le programme d'aide au chômage pour soutenir la consommation et éviter un risque de défaut chez les particuliers. Pour autant, on observe peu de progrès dans les négociations actuelles entre républicains et démocrates concernant la constitution d'un nouveau plan de relance, les deux camps se rejetant la faute quant à l'incapacité de trouver un compromis. Face à l'impasse actuelle, Donald Trump menace de quitter la table des négociations et d'actionner directement sans passage par le Congrès des aides destinées aux Etats et administrations locales. Cette idée a été confirmée hier par le Secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, sans pour autant qu'il précise le montant total d'aides que la Maison Blanche est prête à distribuer. Face un marché de l'emploi toujours dégradé et l'absence pour le moment d'accord bipartite sur la relance, le dollar a passé une nouvelle séance sur la défensive face à ses principaux pairs dont l'euro. La paire EUR/USD a une nouvelle fois titillé la barrière de 1,19 $ et touché à l'occasion un nouveau pic annuel à 1,1915 $ avant de retracer en fin de journée et clôturer sous cette barrière qui parvient pour le moment assez bien à repousser ses assauts.

GBP

Des marchés partagés face à l'optimisme de la BoE (GBP) : Nombreux parmi les acteurs de marché ont été surpris hier de la communication de la Banque d'Angleterre dont la tonalité générale s'est avérée plus optimiste qu'il ne l'était anticipé. La révision à la hausse des projections de croissance pour cette année de -14% à -9,5% couplée à la révision à la baisse des projections de chômage ont mis en lumière des dommages causés par cette crise finalement moins importants qu'initialement prévu par la banque centrale en mai dernier. L'effet de surprise digéré, les investisseurs ont fait preuve d'un enthousiasme mesuré et refusent pour le moment de s'emballer, notant au passage la forte révision à la baisse des projections de croissance pour 2021 (+9% vs. +15% estimé en mai) qui signale une reprise attendue moins rapide et robuste que prévu. Par ailleurs, aux yeux des marchés ces nouvelles projections ne prennent pas forcément en compte le risque d'une seconde vague qui pourrait se matérialiser cet automne ou encore les répercussions néfastes d'une absence d'accord commercial entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne, scénario vers lequel on se dirige tout droit. Les risques autour de l'économie britannique sont encore importants aussi une nouvelle intervention de la BoE cette année n'est pas à négliger. La banque n'a pas fermé la porte à cette option hier, sans toutefois nécessairement l'appuyer. Seule bonne nouvelle pour les acheteurs de livre, les banquiers centraux britanniques ne semblent pas réellement intéressés à l'idée de recourir à des taux négatifs, le recours à de nouvelles injections de liquidités sous forme de rachats d'actif pourrait être prioritisé en cas de nouvelles mesures de soutien. La livre s'est très modestement raffermie face à l'euro jeudi, échouant à s'installer sous le seuil de 0,90 £ qui fait office de support du taux EUR/GBP depuis maintenant 4 semaines. Donc malgré quelques lueurs d'espoir partagées hier par la banque centrale, les investisseurs sont toujours aussi réticents à se tourner vers la devise britannique. Cela semble confirmer qu'à l'avenir il faudra davantage de catalyseurs positifs sur les perspectives politiques, économiques et sanitaires au Royaume-Uni pour observer un renversement de sentiment.

TRY

La livre turque bat record sur record... de bas niveau (TRY) : La devise turque s'est dépréciée jeudi de près de -3% face à l'euro ce qui porte ses pertes à -16% depuis la fin mai. La devise bat actuellement record sur record de niveau bas touchant un creux hier à 8,66 TRY. Les dommages économiques causés par la crise du coronavirus en Turquie qui est très dépendante du tourisme mais aussi le haut niveau d'inflation (11%) qui pèse sur le pouvoir d'achat des ménages, ou encore les faibles volumes de réserves de change de la banque centrale pour défendre sa devise et la défiance des marchés sur l'indépendance de la banque centrale depuis le renvoi du précédent gouverneur central par le président Recep Tayyip Erdogan l'année dernière sont autant de facteurs qui expliquent la lourde chute de la devise turque. Hier la banque centrale turque a indiqué qu'elle déploierait des actions pour contenir la dépréciation de la devise alimentant au passage les spéculations sur les marchés autour d'une possible hausse de taux. Au regard de la faiblesse de l'économie turque et surtout de l'opposition du président aux hausses de taux, des doutes subsistent sur la réelle capacité et volonté de la banque centrale de durcir les conditions monétaires.


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