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Actualités du marché des devises

août 05, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Un regain d'appétit au risque nourri par les spéculations d'un accord américain sur un plan de relance et l'annonce d'une rencontre Chine/USA

Un regain d'appétit au risque se fait ressentir sur les marchés des changes qui ne semblent pas du tout affectés par les évènement de la veille au Liban. Les anticipations d'un accord probable autour d'un nouveau plan de relance aux Etats-Unis, lequel est toujours en phase de négociation, mais aussi d'une nouvelle lecture ce matin de signaux confirmant une reprise vigoureuse de l'économie en Europe à travers la publication des estimations finales des enquêtes d'activité PMI dans les services en juillet semblent influencer les prises de décision des investisseurs. L'euro continue de dominer le dollar sur fond de divergences économiques entre l'Europe et les Etats-Unis. La devise américaine est également pénalisée par la forte chute des rendements obligataires alors que les taux 10 ans ont approché hier d'un plus bas historique (0,51%). La livre sterling montre des signes de nervosité à l'approche de la réunion de la Banque d'Angleterre de jeudi et pâtit également de la montée des craintes au Royaume-Uni quant à un probable retour du coronavirus cet automne/hiver. Le dollar australien prolonge le rebond amorcé la veille après la réunion de la RBA malgré le nouveau pic record de contamination enregistré hier dans la province de Victoria malgré les mesures de confinement mises en place. L'annonce hier par les médias américains d'une rencontre programmée autour du 15 août entre la Chine et les Etats-Unis pour faire le point sur l'accord commercial de Phase 1 signé en janvier dernier semble rassurer les investisseurs d'une volonté commune des deux camps à préserver leur relation commerciale malgré les tensions apparues ces dernières semaines. Le yuan se renforce ce matin face à l'euro et au dollar. Autre devise qui connaît un rebond ce matin, c'est le rand qui tente de mettre fin à 6 séances consécutives de repli et s'écarter de ses plus bas historiques. Outre les estimations finales des enquêtes PMI dans le secteur des services publiés ce matin en Europe et cette après-midi aux Etats-Unis, on aura un regard attentif aux résultats du rapport ADP américain (14h15), ou le premier des trois rapports sur l'emploi publiés cette semaine aux Etats-Unis.

GBP

La livre sterling s'agite avant la réunion de la Banque d'Angleterre (GBP) : La devise britannique a cédé mardi -0,1% (1,31 $) face au dollar américain et -0,4% face à l'euro (0,90 £) sur fond de nervosité des acheteurs en amont de la réunion monétaire de la Banque d'Angleterre (BoE) ce jeudi mais aussi d'inquiétudes face à la menace d'une seconde vague de contamination au Royaume-Uni. Sur ce second point, une étude menée conjointement par l'Université Collège de Londres et l'Ecole et l'Université de Londres spécialisée dans les domaines de santé publique et maladie tropicale et publiée mardi dans la revue scientifique The Lancet indique que sans la mise en place d'un système de dépistage et de traçage du virus à grande échelle, la réouverture des écoles et le retour des personnes au travail pourraient provoquer une seconde vague de contamination d'une magnitude entre 2,0 et 2,3 fois supérieur à la précédente. C'est la première fois qu'une étude scientifique quantifie le risque de nouvelle propagation du virus au Royaume-Uni d'où les réactions d'inquiétude que sa sortie a suscité hier sur les marchés. Le gouvernement britannique étudie actuellement un plan de défense en cas de retour du virus sur le territoire, lequel inclurait, selon les échos parus dans la presse, un possible reconfinement de Londres. Le cas échéant, ce serait un véritable coup de frein à la reprise amorcer par l'économie britannique qui viendrait définitivement entériner la perspective d'observer cette année au Royaume-Uni la pire récession depuis 300 ans et possiblement réduire les perspectives de rebond l'année prochaine. À ce sujet, les marchés seront très attentifs demain aux nouvelles projections publiées par la Banque d'Angleterre, lesquels prédisaient en mai dernier une contraction de -14% cette année et un rebond de +15% en 2021. Au regard du contexte actuel et des risques qui pèsent sur l'économie britannique, la banque centrale pourrait revoir à la baisse son scénario de reprise en "V" et probablement ouvrir la porte à de nouvelles mesures accommodantes dans un futur proche. Pour une majorité d'observateurs, la BoE devrait augmenter d'ici la fin d'année son plafond de rachats d'actif qui avait été déjà relevé en mai dernier à 745 Mds£. Le consensus actuel table sur un nouveau plafond fixé à 800 Mds£ d'ici décembre. L'autre question qui se pose et sur lequel les investisseurs seront très vigilants, c'est le recours ou non par la banque de taux négatifs. On sait que le sujet fait l'objet depuis plusieurs mois de débats au sein du comité directeur mais pour le moment rien ne laisse transparaître une volonté de l'organisation monétaire de les introduire pour la première fois de son histoire. On devrait avoir quelques indices sur le sujet dès demain (communiqué publié à 08h00). Il est certain que d'importantes pressions baissières sur la livre pourraient ressurgir si jamais la BoE entrouvrait cette perspective.

USD

Toujours pas d'accord sur le plan de relance au Congrès, le dollar perd patience (USD) : Après un modeste rebond lors de la première séance de la semaine, le dollar est retombé hier dans ses travers et reste sur la défensive ce matin face à l'euro (1,18 $) alors qu'un accord sur le nouveau plan de relance se fait toujours attendre. La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le chef du camp démocrate au Sénat, Chuck Schumer, ont à nouveau rencontré mardi plusieurs hauts responsables de la Maison Blanche dont le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, mais pour le moment aucun accord n'a été trouvé concernant la composition et les modalités d'un nouveau plan de relance. Si Wall Street reste positif, ce n'est pas le cas du dollar qui commence à perdre patience et qui reste pénalisé par la réduction des taux réels aux Etats-Unis. Les rendements obligataires des bons du Trésor américain ont chuté mardi à leur plus bas niveau (0,5130%) depuis le plus bas historique touché le 9 mars dernier (0,4980%). Les pressions risquent de s'accentuer sur le dollar dans les prochains jours alors que se profile ce vendredi le très attendu rapport sur l'emploi au mois de juillet. Avant cela, deux autres rapports sur la marché du travail seront publiés, un premier ce mercredi portant sur les créations d'emploi dans le privé en juillet (rapport ADP à 14h15) et un second jeudi qui est tout bonnement le traditionnel rapport hebdomadaire sur les inscriptions aux allocations chômage. Toute mauvaise nouvelle sur le front de l'emploi servirait d'arguments aux investisseurs pour accentuer leurs positions vendeuses en dollar alors qu'à l'inverse de bons résultats offriraient un peu de répit à la devise américaine lui permettant de souffler.

ZAR

Rien ne va plus pour le rand (ZAR) : Lourdement pénalisée par les risques autour de la pandémie qui ne désenfle pas et menace la reprise de l'économie mondiale, et en premier lieu de la conjoncture en Afrique du Sud qui est à ce jour le 5ième pays du monde le plus touché en nombre de cas recensés de coronavirus (plus de 500k), la devise sud-africaine vient d'enchaîner 6 séances consécutives de repli face à l'euro pour une perte cumulée de plus de 6%. Le mouvement de repli s'élève même à plus de 8% sur les deux dernières semaines, le rand touchant hier un plus bas depuis 3 mois face à l'euro à plus de 20,50 ZAR, non loin de son plus bas historique touché le 6 avril dernier (20,91 ZAR). La contraction toujours très importante des ventes de voiture dans le pays (-29,6% A/A en juillet) et la publication lundi d'une performance moins importante que prévu du secteur industriel en juillet ont largement entamé la confiance des investisseurs quant à l'état de santé du pays. La devise fait une pause dans sa chute et remonte modestement à 20,35 ZAR.

ARS

L'Argentine trouve un accord avec ses créanciers, sans effet sur le peso (ARS) : Après plusieurs mois de longues et âpres négociations,  le gouvernement argentin a finalement trouvé un accord in-extremis hier avec ses créanciers concernant le rééchelonnement et la restructuration d'une tranche de 66 Mds$ de sa dette émise sous législation étrangère. Les deux partis se sont accordés sur une décote à hauteur de 46% (54 $ remboursé sur une tranche de 100 $) et un nouveau calendrier de remboursement qui débutera en janvier 2021. Malgré cet accord qui a été accueilli avec grand enthousiasme par le président argentin Alberto Fernandez, lequel évoque désormais un "horizon dégagé" pour le pays, l'Argentine doit maintenant s'atteler à renégocier son crédit auprès du FMI (44 Mds$) et réduire son endettement (dette totale = 90% du PIB) le tout en faisant face à une récession qui s'étend et une inflation galopante, mais aussi des élections de mi-mandat en 2021 à l'issue incertaine. Le peso argentin continue de creuser vers des niveaux de plus en plus bas, et s'échange ce matin à plus de 72,5 ARS face au dollar américain et presque 86,0 ARS face à l'euro.


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