Actualités du marché des devises

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juil. 24, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Le yuan s'affole des nouvelles tensions sino-américaines,  le dollar pénalisé par les inquiétudes sur l'emploi

  • Les marchés se réveillent ce vendredi en observant de nouvelles tensions entre la Chine et les Etats-Unis après l'annonce par Pékin d'une fermeture du consulat américain localisé à Chengdu. Le yuan (8,15 ¥) et le dollar australien (1,64 A$) battent de l'aile, tout comme le dollar qui se voit rattrapé par la montée des inquiétudes autour d'un possible fléchissement de la reprise économique aux Etats-Unis. La hausse inattendue du nombre d'inscriptions aux allocations chômage la semaine dernière - la première depuis mars - ainsi que le report du dévoilement du plan de relance au Sénat ont profondément déçu les marchés et accentué la dynamique baissière sur la devise américaine qui oscille désormais à un plus bas depuis septembre 2018. Cela fait la part belle au taux EUR/USD qui ne cesse de grimper et fluctue désormais à plus de 1,16 $. Si l'euro est au beau fixe, il passera néanmoins un test important ce matin à l'occasion de la publication des résultats des premières enquêtes PMI au mois de juillet (10h00). Des signaux montrant une accélération de la reprise en Europe pourraient alors accentuer la dynamique de diversification des investisseurs au profit de l'euro par rapport au dollar. La livre sterling reste apathique face au risque grandissant d'une absence d'accord commercial entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne, lequel se voit renforcé après une semaine de pourparlers qui n'a donné lieu à aucun progrès majeur sur le dossier. La nouvelle hausse record de ventes au détail au Royaume-Uni publiée ce matin n'a pas eu de réels impacts sur la livre sterling qui s'échange toujours à plus de 0,91 £ face à l'euro. La publication ce matin des enquêtes PMI au Royaume-Uni au mois de juillet (10h30) pourrait susciter plus de réactions. Si les devises refuges traditionnelles (CHF & JPY) se voient renforcées par le climat de tensions entre la Chine et les Etats-Unis, les devises émergentes sont au contraire pénalisées.
  • L'économie américaine montre des signes de faiblesse au plus mauvais moment (USD) : Comme chaque jeudi depuis le début de la crise, les yeux des investisseurs sont rivés sur les chiffres des inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis dans l'optique de percevoir des signaux sur l'état de santé du marché de l'emploi, et donc de l'économie américaine dans son ensemble. Lors de la semaine se clôturant au 18 juillet, on compte 1,42 Mln de nouvelles demandes d'aide à l'emploi, un chiffre en hausse par rapport à la semaine précédente (1,31 Mln) auquel ne s'attendait pas le consensus (1,30 Mln). Surtout il s'agit de la première progression sur une semaine de cette statistique depuis le mois de mars, ce qui met fin à une série de 15 semaines consécutives de recul du nombre d'inscriptions. Sachant que le volume était déjà très élevé et quasiment deux fois supérieurs à son niveau avant la pandémie, cette progression du nombre de demandes d'aide à l'emploi - même si très modeste - semble traduire un ralentissement de la reprise aux Etats-Unis que l'on avait pourtant vue très forte en mai et juin à la sortie de la période de confinement. La recrudescence du virus aux Etats-Unis et la réintroduction de restrictions sanitaires dans certains Etats sont clairement des facteurs pénalisants pour l'activité, tout comme l'assèchement progressif des aides fédérales de soutien à l'économie. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell n'a finalement pas présenté hier, comme il était initialement espéré, de proposition sur une nouveau plan de relance censé avoisiner un montant total de 1000 Mds$. Le Trésor américain n'aurait pas été insensible au rapport sur l'emploi publié hier et aurait réclamé du temps supplémentaire pour réajuster la proposition initiale avant qu'elle soit présentée au Congrès. Un choix qui s'est attiré les foudres du camp démocrate alors que le temps presse puisque plusieurs programmes de soutien, notamment auprès des personnes au chômage, arrivent à échéance à la fin du mois. Finalement, le nouveau plan de relance pourrait n'être présenté que lundi prochain, ce qui accentue davantage d'absence d'accord au Congrès avant la fin des programmes d'aide au moment même où l'économie américaine en éprouve le plus grand besoin. Les marchés actions ont négativement réagi aux signes peu rassurants sur l'emploi et l'indice principal S&P 500 a cédé jeudi -1,2%. Le dollar a quant à lui enchaîné une 5ième séance consécutive de baisse face à un panier de devises pour une perte cumulée de -1,7% et une clôture hier à son plus bas niveau depuis septembre 2018. Le cours EUR/USD en profite pour prolonger son ascension et ainsi franchir le seuil de 1,16 $ pour la 1ière fois depuis septembre 2018. Le cours enregistre un rebond de +7% depuis la mi-mai et de +1,9% sur les 5 dernières séances.
  • Pékin réplique à Washington et Mike Pompeo renouvelle ses critiques contre la Chine (CNY) : Les autorités chinoises n'ont pas tardé à répliquer après l'épisode de la fermeture forcée de l'ambassade chinoise à Houston au Texas pour des faits présumés d'espionnage. Ce matin, on apprend que Pékin a ordonné la fermeture du consulat américain localisé à Chengdu pour ce qui est selon le communiqué officiel publié par la Chine " une réponse légitime aux mesures déraisonnables des Etats-Unis". Cela s'apparente davantage à une réplique symbolique aux conséquences réduites alors que des rumeurs évoquaient initialement les consulats américains de Wuhan et de Hong Kong comme cibles potentielles. Si cela avait été le cas, cela aurait eu davantage de résonnances politiques compte tenu de la présence d'une importante communauté de ressortissants américains au sein ces deux hubs économiques. Cela dénote néanmoins d'un nouveau cap franchi et du retour d'une "guerre froide" entre les deux principales puissances économiques mondiales. Les tensions pourraient encore s'intensifier davantage si l'on en croit la stratégie non-officielle actuellement déployée par la Maison Blanche qui semble être d'accentuer au maximum la pression sur la Chine en amont des élections de novembre afin d'offrir un élan de popularité au président Donald Trump et lui permettre de combler son important retard dans les sondages par rapport à son principal rival démocrate Joe Biden. Le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, a de nouveau tiré à boulet rouge contre la Chine hier à l'occasion d'un discours centré les relations sino-américaines et a comparé le pays à une "tyrannie" dont il faut "triompher" au nom du "monde libre". Les esprits s'échauffent du côté américain et chinois et l'on peut craindre que la situation dérape si l'un des deux camps franchit une ligne rouge. Le yuan n'est pas insensible à ces nouvelles frictions et chutent ce matin à un creux de plus de 2 semaines face au dollar à plus de 7,02 ¥. Face à l'euro, le yuan oscille actuellement à un plus bas depuis le mois d'août 2014 à hauteur de 8,15 ¥.
  • Des négociations sur le Brexit qui stagnent et une économie britannique qui pourraient "rester coincée" (GBP) : Le nouveau cycle de négociation cette semaine entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne n'a débouché sur aucune avancées majeures, une absence de progrès qui fait craindre une absence d'accord avant la fin de la période de transition qui arrive à son terme à la fin de l'année. C'est du moins le sentiment partagé par le négociateur européen Michel Barnier qui à la sortie de cette semaine de pourparlers juge qu'un accord est "peu probable". En parallèle, un membre du comité exécutif de la Banque d'Angleterre, Jonathan Haskell, a lui fait part de ses inquiétudes à l'égard de l'économie britannique qu'il craint de voir "rester coincée" et ne pas décoller rapidement. Selon lui, il serait imprudent de vouloir réouvrir trop rapidement l'économie sachant qu'une hausse des cas de contamination aurait un impact sur la confiance des ménages et leur consommation. La situation sanitaire s'étant stabilisée au Royaume-Uni, on assiste pour l'heure à un véritable effet de rattrapage au niveau de la consommation domestique puisque pour le second mois consécutif les ventes au détail ont enregistré en juin une croissance à deux chiffres (+13,9% M/M vs. +12,3% en mai), un nouveau record qui surpasse le précédent acquis en mai dernier et qui se révèle bien au-dessus des attentes initiales du marché (consensus : +8,0%). Cela n'a néanmoins pas de réelle résonnance ce matin sur la valeur de la livre qui continue de glisser doucement face à l'euro et s'échange à plus de 0,91 £. Concentrés davantage sur les perspectives économiques du pays, les investisseurs restent relativement inquiets face à la perspective probablement inévitable d'un "Brexit dur" et de la réintroduction de barrières douanières l'année prochaine entre le Royaume-Uni et l'UE, mais aussi la capacité réelle de l'économie britannique à se redresser. La publication en milieu de matinée (10h30) des premiers résultats des enquêtes d'activité du secteur privé au mois de juillet donnera une évaluation un peu plus précise de l'état de santé actuelle de l'économie britannique et possiblement susciter un peu plus de réactions que les chiffres de ventes au détail publiés un peu plus tôt.
  • Le rand pénalisé par la montée des inquiétudes sur l'économie et une nouvelle baisse de taux en Afrique du Sud (ZAR) : La publication jeudi de chiffres décevants de l'emploi aux Etats-Unis a eu une résonnance sur l'ensemble des marchés financiers, les investisseurs y voyant là un signe évident d'une probable reprise plus modeste que prévu de l'économie américaine. Un cas particulier qui présage pourtant d'une tendance plus globale. Mêlé à cela l'accentuation des tensions géopolitiques entre la Chine et les Etats-Unis, et on a là un cocktail parfait d'éléments défavorables au scénario de reprise en "V" auquel s'accroche les marchés actions. L'appétit au risque s'est détérioré jeudi au gré du repli des marchés boursiers qui se voient replonger dans les doutes sur la question de la reprise. Si l'environnement global était plutôt donc défavorable aux valeurs émergentes, le rand sud-africain a subi une double peine hier avec l'annonce d'une nouvelle baisse de taux - la 5ième cette année - de la part de la banque centrale sud-africaine. Le taux principal est réduit de 25pbs à 7%, soit un nouveau plus bas historique (depuis 1998). Il pourrait s'agir de la dernière mesure d'assouplissement monétaire opérée par la banque cette année si l'on en croit ses projections même si rien n'est ancrée dans le marbre compte tenu de la dégradation des perspectives économiques du pays. En effet, à l'occasion de cette réunion la banque a publié des projections de croissance révisées à la baisse pour la période 2020-2022. Le rand a lourdement chuté jeudi de -1,4% face à l'euro et clôturé à son plus bas niveau depuis plus de 2 semaines au-dessus du seuil de 19,30 ZAR.

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