Actualités du marché des devises

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juil. 23, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Les marchés des changes accueillent d'un haussement d'épaule les tensions sino-américaines, le dollar continue de glisser

  • Les jours se suivent et se ressemblent sur les marchés des changes : le dollar continue de glisser, l'euro continue de s'apprécier face aux devises refuges comme le yen et le franc et la livre sterling reste sur la défensive. L'appétit au risque continue de dominer sur les marchés des changes qui ne semblent pas, ou très peu, impactés par le nouvel épisode de tensions survenu entre la Chine et les Etats-Unis concernant la fermeture forcé du consulat chinois localisé dans la ville de Houston au Texas. La bourse de Shanghai finit dans le rouge mais limite néanmoins les pertes (-0,5%) tandis que le yuan se reprend. Le dollar enchaîne ce matin une 5ième séance consécutive de repli et continue de souffrir d'une dynamique de diversification de la part d'investisseurs qui reprennent goût pour le risque. Cela fait les faveurs de la paire EUR/USD que l'on revoit taper à la porte de 1,16 $, ou ses plus hauts niveaux depuis octobre 2018. Le yen reste sur la défensive et oscille désormais à un plus bas depuis plus d'un an face à l'euro mais compte néanmoins sur la présence d'un palier majeur situé à 124 ¥ pour freiner sa chute face à l'euro. Au sein de l'univers des émergents, les devises d'Europe de l'Est (PLN, HUF  & CZK) apparaissent comme les grands gagnants ces derniers jours de l'optimisme des acteurs de marché. La couronne tchèque est à cet égard revenu sur ses plus hauts niveaux depuis mars face à l'euro (26,3 CZK). La livre britannique ne parvient pas, quant à elle, à relever la tête (0,91 £) et contenir la poussée de l'euro. Alors que les négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l'UE ne progressent pas, Londres fait face à un nouvel obstacle de taille, à savoir la montée d'un sentiment indépendantiste en Ecosse. Le premier ministre Boris Johnson se rendra ce jeudi dans le pays avec l'objectif de contrer cet élan.
  • Une affaire d'espionnage et de nouvelles tensions entre américains et chinois (CNY, JPY) : Imbroglio totale hier aux Etats-Unis où l'on a appris que les autorités avaient forcé la Chine à fermer son consulat à Houston - un des cinq consulats chinois localisés en terre américaine - pour des faits présumés d'espionnage. Craintes réelles ou nouveau coup de pression de la Maison Blanche ? Pour Pékin, la deuxième option semble évidente et constitue à ses yeux une violation du droit international. Les autorités chinoises ont d'ores et déjà promis des représailles et si l'on en croit un éditorialiste affilié au parti communiste chinois, il se pourrait que le consulat américain localisé à Hong Kong soit ciblé. Il s'agit là d'un énième épisode de tensions entre américains et chinois qui n'en sont plus à leur première provocation ou tentative de déstabilisation. On note néanmoins un accentuation ces dernières semaines d'une rhétorique agressive contre la Chine, une offensive que l'on pourrait croire à visée électorale alors que l'on est quasiment à 3 mois du scrutin présidentiel aux Etats-Unis et que le président en place, Donald Trump, est clairement à la traîne dans les sondages. L'indicateur du du site RealClear Politics qui intègre les résultats des différentes enquêtes d'opinion fait état actuellement d'un écart moyen sur les deux dernières semaines de près de 9pts à la faveur du candidat démocrate Joe Biden. Les marchés des changes semblent désormais rodés à ce jeu politique et ces échanges tendus entre les deux géants économiques qui jusqu'à présent n'a débouché sur aucune action susceptible d'avoir des répercussions économiques majeures, au niveau bilatéral mais aussi global. Preuve en est, le peu d'impacts qu'ont eu ces nouvelles frictions sur les marchés des changes, pourtant généralement très sensible aux remous commerciaux et géopolitiques. Si le yuan a connu un petit coup de mou hier, il se reprend ce matin face au dollar (7,0 ¥) et à l'euro (8,1 ¥) et tente d'effacer ses pertes de la veille. Il faut dire aussi que la paire EUR/CNH est montée très haut mercredi - en partie en raison aussi d'une poussée de l'euro - et a touché un pic depuis 2014 à plus 8,12 ¥. Le taux EUR/JPY poursuit sa folle ascension et s'appuie sur l'appétit au risque qui reste dominant actuellement sur les marchés des changes. La paire culmine ce matin à son plus haut niveau depuis 14 mois au-dessus du seuil de 124 ¥. On observe toutefois une résistance qui s'exerce ce matin au niveau de cette barrière, ce qui semble ralentir la progression du cours de change. Il faudra surveiller tout de même les réactions des marchés au discours sur la Chine que donnera ce jeudi le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, grand habitué des tirades offensives et critiques contre la Chine.
  • Le dollar n'en finit plus de glisser (USD) : La devise américaine est en passe actuellement d'enregistrer une 5ième séance consécutive de repli face à un panier de devises, ce qu'on l'avait déjà vu faire fin mai/début juin lorsque cette dernière avait chuté de presque -4% en un peu plus de deux semaines. Bis repetita ? Pour le moment les pertes cumulées depuis vendredi dernier avoisinent les -1,5% et ramènent le dollar tout près de ses plus bas de l'année touchés au mois de mars. Celui-ci pâtit clairement de la montée d'optimisme des acteurs de marché sur les recherches en cours autour d'un projet de vaccin contre le coronavirus ainsi que d'une dynamique de diversification de la part d'investisseurs qui n'hésitent pas à rééquilibrer leur portefeuille avec d'autres devises que du dollar, notamment de l'euro, alors que l'on observe une amélioration des perspectives économiques dans certaines régions du monde. Qui plus est, la présence active du virus aux Etats-Unis qui a enregistré mercredi un pic de contamination depuis 5 jours avec presque 70k de nouveaux cas recensés en une journée n'est pas un élément qui joue en faveur du dollar, tout comme la compression des écarts de rendements entre les taux américains et ceux d'autres économies développées qui pendant longtemps a fait la force de la devise américaine. Dans le marasme actuel, on note néanmoins une lueur d'espoir qui pourrait aider le dollar à enrayer sa glissade actuelle. La Maison Blanche et les sénateurs républicains se sont entendus hier sur les principaux axes d'un nouveau programme de relance qui devrait s'élever à environ 1000 Mds$. Le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell devrait dévoiler ce jeudi ce nouveau plan et ainsi officiellement ouvrir les débats au Congrès sur ce nouveau programme de soutien à l'économie qui viendrait ainsi compléter un premier plan d'aide de 3000 Mds$ voté en mars dont certains programmes arrivent à échéance à la fin du mois de juillet (allocations exceptionnelles au chômage) ou sont déjà proche de leur capacité maximale (prêts aux PME). Des négociations à rallonge et l'absence d'accord avant le 31 juillet, date à laquelle arrive à échéance le Care act ou le programme d'aide aux travailleurs sans emploi, pourraient vivement décevoir les marchés et asséner un nouveau coup derrière la tête du dollar. La devise sera attentive à la publication cette après-midi des nouvelles statistiques hebdomadaires aux allocations chômage aux Etats-Unis (14h30) qui donneront de nouveaux éléments sur la dynamique de résorption du chômage dans le pays, lequel reste encore très élevé (plus de 17 Mln de personnes inscrites officiellement dans les registres à mi-juillet).
  • L'euro bat record sur record (EUR) : On n'arrête plus la devise européenne qui apparaît clairement revigoré par l'accord européen trouvé mardi matin sur le budget et le plan de relance. Depuis l'annonce, la devise européenne a enchaîné deux séance consécutives de hausse et en passe d'en ajouter une troisième à son compteur (rebond en cours) pour un gain cumulé de plus de 1%. Surtout après avoir franchi mardi la barrière symbolique de 1,15 $ pour la 1ière fois depuis janvier 2019, le taux a consolidé ses gains et s'est offert hier une pointe à 1,16 $, ou son plus haut niveau touché depuis le mois d'octobre 2018. Si le seuil de 1,16 s'est avérée hier une marche un peu trop grande pour l'EUR/USD, le maintien de pressions haussières observées ce matin sur la paire de change laisse à penser que cet obstacle pourrait être franchi très rapidement. Le passage des 1,15 $ confirmé, le prochain palier clé se situe désormais à 1,18 $ qui a constitué un seuil de résistance sur l'EUR/USD pendant tout le second semestre 2018. Attention tout de même aux possibles mouvements correctifs à court terme puisqu'au regard des indicateurs techniques, le taux apparaît clairement en situation de surachat et donc est exposé à des prises de bénéfices de la part d'investisseurs souhaitant tirer profit des niveaux très élevés de l'euro en attendant des points d'entrée plus attractifs. La moindre mauvaise nouvelle, aussi bien en provenance d'Europe qu'au niveau global, pourrait servir de prétexte à une correction. Cela pourrait venir ce jeudi des échos en provenance du Parlement européen qui fera une première de la proposition de budget et sur l'accord de relance qui ont été approuvé un peu plus tôt cette semaine par les 27 dirigeants des pays membres de l'UE. Un ajustement majeur réclamé sur le plan de relance pourrait susciter quelques réactions négatives sur les marchés financiers.

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