Actualités du marché des devises

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juil. 22, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'euro et le dollar australien rient, la livre et le yen pleurent

  • L'euro et le dollar australien brillent, la livre fait grise mine et le yen coule doucement. C'est ainsi que l'on pourrait résumer grossièrement le sentiment sur les marchés des changes. Après le franchissement la veille de la barrière symbolique de 1,15 $, le taux EUR/USD poursuit son ascension et titille le seuil de 1,1550 $ ce matin. Les investisseurs continuent d'afficher leur préférence à l'euro par rapport au dollar sur fond de contraste entre l'Europe et l'Amérique au niveau sanitaire et sur la mise en forme de la relance. La livre sterling est à nouveau fragilisée ce matin alors que le spectre d'un "Hard Brexit" et d'un possible échec des négociations commerciales entre les britanniques et les européens refait surface. L'optimisme reste dominant sur les marchés alors que la course au vaccin fait rage et révèle de premiers résultats prometteurs. Le dollar australien en profite pour revenir tutoyer ses plus hauts de l'année tandis que le yen prend une direction diamétrialement opposée et s'approche doucement de ses plus bas niveaux de l'année face à l'euro. Il y aura peu d'indicateurs économiques à suivre ce mercredi sinon les statistiques de ventes de maisons existantes aux Etats-Unis (16h00) et les chiffres d'inflation au Canada (14h30). On continue de suivre d'un œil attentif les négociations aux Etats-Unis sur la mise sur pied d'un nouveau plan de relance, tandis qu'en Europe les investisseurs scruteront la participation de la présidente de la BCE C. Lagarde à un direct organisé par le Washington Post (15h15).
  • L'euro à un plus haut depuis janvier 2019 (EUR) : L'alignement des étoiles était parfait. Alors même que les européens annonçaient mardi un accord historique sur un plan de relance de 750 Mds€ obtenu après quatre longs jours de pourparlers, de l'autre côté de l'atlantique on apprend que les négociations entre la Maison Blanche et le Congrès sur un nouveau plan de relance patinent. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, s'est d'ailleurs dit peu optimiste sur la possibilité qu'un projet de loi soit signé avant la fin de la semaine prochaine alors même que le programme d'aide à l'emploi (Care Act) arrive à échéance le 31 juillet prochain. Au regard du nombre très important de personnes au chômage dans le pays (17,3 Mln de personnes officiellement inscrites dans les registres de demande d'allocation chômage à la date du 11 juillet). Voir le visage d'une Europe unie face à la crise et à l'inverse une Amérique désordonnée face à la recrudescence du virus sur le territoire américain a conforté les investisseurs à accentuer les achats en euro au détriment du dollar. Le taux EUR/USD a ainsi enregistré mardi sa 3ième séance consécutive de hausse pour un gain cumulé de +1,3% et a surtout bondi au-dessus de la barrière de 1,15 $ pour la 1ière fois depuis le mois de janvier 2019. La paire de change enregistre actuellement de près de 7% depuis la mi-mai et le dévoilement du plan de relance commun franco-allemand de 500 Mds€, première étape d'une réflexion européenne sur la reprise qui a débouché sur l'accord d'hier. Le cap des 1,15 $ franchi, le défi pour l'euro est d'abord de consolider sa position au-dessus de cette barrière clé et ainsi confirmé qu'il ne s'agit pas d'un coup d'éclat sans lendemain. Le palier des 1,15 $ confirmé, la devise européenne pourrait ensuite s'attaquer à celui de 1,18 $ (seuil dernièrement touché en septembre 2018) à condition que la reprise se confirme et s'accélère en Europe sans que s'observe le retour d'une seconde vague dans la région. La publication sur cette fin de semaine des premiers indicateurs PMI de juillet en Zone Euro (enquêtes d'activité dans le secteur privé) sera un bon test pour l'euro et ses niveaux actuels de valorisation.  Aux Etats-Unis, la dégradation de la situation sanitaire (+4% des nouveaux cas de contamination, +64 700 cas recensés mardi) et l'approche des élections présidentielles américaines en novembre constituent selon nous deux facteurs qui pèsent sur la demande en dollar.
  • Le Royaume-Uni commence à se résoudre à une absence d'accord sur le Brexit (GBP) : C'est une information rapportée par le journal britannique The Telegraph, le gouvernement britannique commencerait à perdre espoir quant à la possibilité d'obtenir un accord commercial avec l'Union Européenne avant la fin de la période de transition qui prend fin au 31 décembre 2020. Selon le quotidien, sur la base d'informations obtenues de la part de source gouvernementale, les autorités britanniques se basent actuellement dans leurs travaux sur l'hypothèse que la future relation commerciale entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne sera régie selon les règles définies par l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Si Londres répète qu'elle reste favorable à un accord avec les européens, celui-ci ne peut se faire à n'importe quel prix. La question de l'accès aux zones de pêche situées dans les eaux territoriales britanniques que les européens réclament reste un point d'achoppement majeur entre les deux camps sur lequel Londres n'est pas prêt à faire de compromis. Alors que Boris Johnson avait fait de sa cause l'obtention d'un accord bilatéral d'ici la fin du mois de juillet, l'accélération des pourparlers ce mois-ci n'a pour l'heure donné lieu à aucune avancée majeure. Les deux équipes de négociation sont actuellement à Londres cette semaine pour tenter de trouver un terrain d'entente, et se retrouveront la semaine prochaine à Bruxelles pour un nouveau cycle officiel de discussion. La perspective probable d'un échec des négociations et de la réintroduction en janvier prochain de droits de douane entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne n'emballent pas particulièrement les investisseurs. La livre sterling souffre d'un réel déficit d'intérêt, lequel est d'autant plus important lorsque comparé à l'euro qui, lui, jouit en ce moment d'une cote de popularité qui ne fait que grimper. Le taux EUR/GBP reste pour l'heure solidement positionné au-dessus de la barrière de 0,90 £ et menace à tout moment de tenter une percée au-dessus du seuil de 0,91 £, lequel a été testé à de multiples reprises entre la fin de la semaine dernière et le début de cette semaine. Quand bien même si la devise britannique est faiblement cotée, la moindre mauvaise nouvelle du côté britannique pourrait servir de prétexte à de nouveaux mouvements vendeurs sur la livre. Attention tout de même à ne pas négliger un fort rebond de la devise britannique à la moindre éclaircie notable sur le volet du Brexit.
  • Un vaccin prêt avant la fin de l'année ? Les européens s'y préparent (JPY, AUD, émergents) : Alors que la course au vaccin contre le coronavirus bat son plein et que l'on observe au fil de semaines des résultats prometteurs au niveau des tests cliniques opérés sur l'Homme des différents projets privés ou semi-privés de recherche d'une solution contre la pandémie, l'agence d'information Bloomberg révèle que le régulateur européen en matière de médicaments révèle qu'un premier vaccin pourrait être approuvé d'ici la fin de l'année 2020. S'il y a encore beaucoup de travaux à réaliser, l'Agence Européenne du médicament veut se préparer à cette éventualité afin que tout projet de vaccin soit approuvé en quelques jours une fois finalisé. La hausse d'optimisme parmi les acteurs de marché sur l'accélération des travaux de recherche sur un vaccin susceptible d'éradiquer le virus et favoriser une reprise de l'économie mondiale se répercute massivement sur les marchés des changes. Le dollar australien a ainsi connu une journée faste mardi et bondit de plus de +0,9% face à l'euro pour clôturer à un pic de 6 semaines sous 1,62 A$. Le taux EUR/AUD accentue son repli ce matin et approche désormais ses plus bas niveaux de l'année à 1,61 A$. À l'inverse, le yen est vivement pénalisé par ce contexte et coule ce matin à un plus bas depuis 6 semaines face à l'euro à plus de 123 ¥. Plusieurs devises émergentes ont bien performé mardi et amplement profité de la bonne humeur des investisseurs face aux progrès sur le vaccin et l'annonce de l'accord européen. Les devises d'Europe de l'Est et le réal brésilien (+2,3% à 5,96 BRL) ont particulièrement bien performé de cet élan positif.

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