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juil. 16, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Réactions mitigées aux chiffres de croissance en Chine,  l'euro garde un œil sur la BCE et un autre sur Bruxelles

  • C'est une impression mitigée que laisse la lecture ce matin des chiffres de croissance chinoise au second trimestre. Si on note un large rebond de l'économie grâce entre autres à la bonne performance du secteur industriel, la reprise apparaît inégale en raison d'une demande intérieure qui reste dégradée, et donc résolument fragile. Le repli ce matin des actions chinoises (-4,5%) favorise ce matin un léger rebond du dollar américain et du yen face à l'euro, néanmoins la tendance générale reste globalement haussière au niveau de la devise européenne. L'euphorie ressentie hier sur les marchés actions américains et européens par les nouvelles rassurantes sur les tests cliniques de projet de vaccin contre le coronavirus restent vivaces et favorisent les prises de risque. Les révélations ce matin par l'agence Bloomberg que selon certaines sources proches du président américain, ce dernier ne serait pas favorable à accentuer les tensions avec la Chine contribuent également à rassurer les marchés. Il s'agit là à priori d'un environnement favorable à l'euro qui continue de profiter amplement du contraste observé en matière de situation sanitaire entre la Zone Euro (risque pour le moment maitrisé) et les Etats-Unis (vive recrudescence du virus). Attention à ce que l'embellie ne soit pas perturbée par des vents contraires en provenance d'Europe alors que se profilent ce jeudi une réunion monétaire de la Banque Centrale Européenne (conclusion de la réunion à 13h45 et conférence de presse de C. Lagarde à 14h30) et surtout sur cette fin de semaine (vendredi & samedi) un Sommet européen extraordinaire en marge duquel un compromis sera recherché entre pays européens sur le programme de relance de 750 Mds€ proposé par la Commission Européenne. On n'attend pas grand-chose aujourd'hui de la part de la BCE qui selon les propos rapportés du gouverneur central C. Lagarde en "a fait assez" pour le moment. Les regards se tournent donc vers Bruxelles où l'apparition de divergences politiques entre pays européens et le rejet en fin de semaine du plan de relance pourraient réveiller quelques spectres du passé et causer des maux de tête aux acheteurs d'euro.
  • L'économie chinoise rebondit vivement... mais inégalement (CNY) : Après avoir enregistré au premier trimestre sa pire contraction depuis au moins 1992 (-9,8% T/T), l'économie chinoise rebondit fortement au second trimestre (+11,5% T/T), et bien plus qu'attendu (consensus = 9,6% T/T). Portée par un rapide et fort démarrage de l'industrie - 4ième hausse consécutive de la dynamique annuelle de la production industrielle qui enregistre en juin sa meilleure performance de l'année (+4,8% A/A vs. consensus +4,7% & 4,4% en mai) - mais aussi par une timide reprise des exportations (+0,5% A/A en juin) d'après les statistiques parues ce mardi, l'économie chinoise confirme être sur la bonne voie du redressement, et une bonne gestion à priori de la pandémie. Néanmoins, on ne peut pas dresser ce matin un constat totalement idyllique de l'état de santé de la Chine malgré ses résultats. La nouvelle contraction inattendue de la dynamique annuelle de croissance des ventes au détail (-1,8% A/A vs. consensus +0,3% & -2,8% en mai) - la 5ième consécutive - sonne comme un rappel d'une reprise fragile car non homogène. La faiblesse de la demande intérieure trahit une confiance toujours dégradée des ménages chinois face à la menace sanitaire, et donc une consommation domestique bien loin de ses niveaux pré-crise. On tire le même constat en ce qui concerne les investissements urbains dont la croissance annuelle reste en juin en contraction même s'il faut reconnaître un aplanissement graduel de cette dynamique depuis le creux touché en février (-3,1% A/A vs. consensus -3,3% & -6,3% en mai). Il y a donc globalement des signes rassurants à la lecture ce matin des chiffres de croissance en Chine, mais pas de quoi sauter au plafond. La reprise s'annonce davantage une course de fond qu'un sprint, et la vérité du jour n'est pas forcément celle du lendemain. Surtout en l'absence pour le moment de vaccin contre le coronavirus qui laisse le monde suspendu au risque d'une seconde vague de contamination. La bourse de Shanghai fait grise mine (-4,5%) et enchaîne ce matin une 3ième séance consécutive de baisse pour la 1ière fois depuis mai pour une perte cumulée qui approche les -7%. La magnitude du repli traduit en partie la "surchauffe" récente observée sur les marchés actions chinois (+17% sur le début du mois). Les investisseurs ne semblent pas totalement convaincus par ces résultats qui confirment une dynamique de reprise encore fragile et potentiellement renversable face aux incertitudes qui prédominent. Outre les risques sanitaires, il ne faut pas exclure les risques géopolitiques auxquels pourraient être mêlés la Chine dans les prochaines semaines/mois et qui pourraient impacter la confiance des acteurs économiques locaux et extérieurs. Le président chinois a bien conscience des enjeux et tente ce jeudi, par le biais d'une lettre publiée dans les médias chinois, de rassurer les investisseurs et entreprises étrangères actuellement présents en Chine en s'engageant à maintenir un environnement favorable aux affaires dans le pays. Après un rebond la veille, le yuan est sur le reculoir ce matin face au dollar (7,0 ¥) et face à l'euro (7,98 ¥).
  • L'enthousiasme des marchés boursiers et l'espoir d'un vaccin font vaciller le franc (CHF) : L'euphorie observée hier sur les marchés boursiers, notamment aux Etats-Unis où porté par les bons résultats trimestriels de la banque Goldman Sachs (croissance record de +93% de ses bénéfices en matière de courtage) et les résultats positifs obtenus par les test cliniques du projet de vaccin contre le coronavirus menés par la firme de biotechnologies Moderna l'indice principal américain S&P 500 a très brièvement touché un pic depuis février (3238 pts), a clairement eu une résonnance sur les marchés des changes. Le franc suisse a subi les dommages collatéraux de cette hausse d'enthousiasme hier des investisseurs et cédé -0,6% face à l'euro. Il s'agit de la 4ième séance consécutive de repli du franc suisse qui cumule une perte totale de -1,6% face à l'euro sur cette période, soit son plus fort repli depuis près de 3 ans. Le cours EUR/CHF a pour la seconde fois en deux mois franchi hier sa moyenne mobile 200 jours (1,0735 ₣), un évènement généralement considéré comme un signal haussier par les cambistes et observateurs des marchés des changes. La précédente fois c'était au début du mois de juin et le taux EUR/CHF avait par la suite atteint un pic annuel à plus de 1,09 ₣ avant de corriger et retracer en direction de 1,06 ₣. La seconde fois sera la bonne ? Pas certain, le taux EUR/CHF ne maintiendra sa tendance haussière que si on n'observe aucun écueil ou mauvaise surprise de la part de la BCE ce jeudi ou encore des négociations européennes qui se tiendront sur cette fin de semaine concernant le plan de relance. L'absence de compromis entre pays européens pourrait faire office de douche froide pour les investisseurs européens et venir mettre à mal la bonne performance récente de l'euro, au profit du franc suisse notamment.
  • Les banquiers centraux s'accordent sur le maintien de taux bas pendant une longue période de temps (CAD, GBP, USD ) : Ils ont été plusieurs responsables monétaires à s'exprimer sur le sujet mercredi et tous s'accordent à penser qu'il est préférable de maintenir les taux d'intérêt à un niveau proche de zéro pendant une période prolongée de temps afin de soutenir une reprise durable de l'économie mondiale. En marge de sa réunion monétaire de juillet, la Banque du Canada a pour la première fois abordé publiquement hier le sujet en soutenant l'idée qu'une reprise intégrale prendra deux ans. En parallèle, le gouverneur central canadien a balayé d'un revers de main la perspective de recourir à des taux négatifs indiquant qu'il ne pouvait pas aller plus bas que le niveau actuel (0,25%) auquel sont les taux d'intérêt canadiens. En prenant position pour une longue période de taux très bas, la BoC imite sa consœur américaine qui en juin dernier a laissé entendre dans ses projections monétaires que les taux directeurs américains (0,00-0,25%) devraient restés inchangés jusqu'à au moins fin 2022. Ce scénario tient la corde, d'autant plus à la lecture des extraits du Livre Beige de la Fed publié mercredi soir qui note une reprise molle de l'activité aux Etats-Unis sous l'impulsion des mesures de déverrouillage de l'économie mais surtout des perspectives incertaines au regard du flou qui entoure la durée de cette crise sanitaire. Le rapport met également en exergue le fait que de nombreux emplois ont été maintenus grâce aux aides gouvernementales, aussi l'arrivée à terme en août du programme de soutien aux PME (Paycheck Protection Program) fait craindre une nouvelle hausse du chômage en l'absence d'accord au Congrès pour prolonger et augmenter ce soutien. Du côté de la Banque d'Angleterre, on a entendu le même son de cloche de la part du gouverneur central Andrew Bailey qui selon plusieurs médias aurait indiqué hier aux députés britanniques que les taux d'intérêts devraient probablement demeurer à un niveau bas pendant longtemps. Après avoir chuté mardi à son plus bas niveau depuis 3 mois face à l'euro à plus de 1,55 C$, le dollar canadien s'est bien repris hier et bondi de +0,6% (1,54 C$) sous l'impulsion notamment d'un fort rebond des cours pétroliers (+2%) et de l'absence de commentaires de la part de la banque centrale suggérant une réduction à court terme des taux d'intérêt à un niveau négatif. La livre sterling avait vivement accueilli la hausse plus importante que prévu de l'inflation au Royaume-Uni en juin mais les pressions haussières se sont progressivement atténuées en cours de journée, maintenant ainsi la devise britannique à proximité du seuil de 0,91 £ face à l'euro et ses plus bas niveaux depuis mars. Le dollar américain a enregistré une nouvelle séance de repli face à l'euro et chuté à un plus bas depuis 4 mois face à l'euro à plus de 1,14 $. Outre l'environnement global de marché qui demeurait hier plutôt favorable à l'euro qu'au dollar, la devise américaine pâtit également de la montée des inquiétudes autour de la conjoncture américaine face à la recrudescence du coronavirus aux Etats-Unis. La multiplication des commentaires inquiets de la part de responsables monétaires américaines est peu rassurante et pèse actuellement sur l'attractivité du dollar qui n'offre plus des rendements aussi importants que dans le passé par rapport aux autres devises.
  • Un pétrole sur ses plus hauts niveaux depuis 4 mois fait décoller la couronne norvégienne (NOK) : L'optimisme des marchés ressenti hier sur l'élaboration d'un vaccin contre le coronavirus a soutenu la thèse d'un redressement rapide de l'économie mondiale, et donc de la demande en pétrole. Les prix du brut ont bondi de plus de 2% mercredi en Europe et aux Etats-Unis pour venir tutoyer leur plus haut niveau depuis mars (seuil de 44 $ frôlé par l'indice Brent). La couronne norvégienne s'est servie de ce rebond des cours pétroliers comme d'un tremplin pour prendre son élan et bondir de plus de +1,1% face à l'euro. Il s'agit de sa meilleure performance en séance depuis près de 2 mois qui renvoie la couronne à un pic de presque 5 semaines face à l'euro (10,58 NOK). La devise norvégienne n'a pas été la seule à bénéficier de ces conditions favorables liées au pétrole puisque le dollar canadien (1,54 C$) ou encore le peso mexicain (25,5 MXN) se sont également renforcés mercredi. Le rouble russe a été l'exception qui confirme la règle et continuer la glissade amorcée en début de semaine pour revenir à hauteur de ses plus bas niveaux depuis 2 mois à plus de 81,0 RUB

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