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juil. 15, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'euro freine des quatre fers avant la BCE, l'espoir d'un vaccin prend le dessus sur les tensions sino-américaines

  • À la veille de la réunion monétaire de la Banque Centrale Européenne, l'euro montre quelques signes de fébrilité face à l'ensemble de ses pairs, aussi bien devises développées et émergentes, à l'exception notable du dollar américain. Le sentiment général est globalement optimiste ce matin après la publication d'informations encourageantes sur les résultats préliminaires du projet de vaccin élaboré par l'entreprise Moderna qui a annoncé mardi qu'elle débuterait le 27 juillet la dernière phase de ses tests cliniques sur des individus. Néanmoins, les investisseurs restent toujours très sensibles au bras de fer entre les craintes face au coronavirus et l'espoir de reprise rapide de l'économie mondiale.  Les banquiers centraux réajustent peu à peu leur discours optimiste des dernières semaines face à la recrudescence de la pandémie dans le monde et la réintroduction de mesures de restriction sanitaire dans plusieurs pays qui avaient déjà procédé un peu plus tôt dans l'année une phase de déconfinement. Après les mises en garde de responsables monétaires américains, c'est la Banque du Japon qui sème le trouble sur les scénarios de reprise en procédant ce matin à une révision à la baisse de ses projections de croissance. On suivra attentivement les nouvelles projections de la Banque du Canada cette après-midi (16h00), ainsi que la participation de la banque dans la dynamique de reprise (extension du programme QE ?). Ce matin, on assiste également à un rebond de la livre sterling qui grâce à l'appui à de meilleurs chiffres d'inflation que prévu au Royaume-Uni se rattrape de sa glissade de la veille et s'écarte de la barrière de 0,91 £. Le dollar australien (1,63 A$) surfe sur les espoirs de vaccin, tout comme le yuan chinois, et accueillent d'un haussement d'épaule les nouvelles tensions sino-américaines. Les nouvelles sanctions adressées hier par Washington contre Pékin apparaissent davantage symboliques que dommageables, et n'affectent pas pour l'heure le moral des investisseurs.
  • La Fed émet des réserves sur la reprise face à la recrudescence du virus aux Etats-Unis (USD) : Ils sont plusieurs membres de la banque centrale américaine à s'inquiéter depuis des semaines de la nouvelle vague de contamination de coronavirus aux Etats-Unis qui obligent certains Etats à réintroduire des mesures de restriction sanitaire. Dernier en date, la Californie qui a instauré mardi la fermeture des bars, restaurants et tout espace public clos dans 30 comtés. Il faut dire que la région, avec l'Alabama et la Floride a enregistré hier le pire bilan meurtrier sur une journée depuis le début de la pandémie. Aux yeux de la membre du comité exécutif de la réserve fédérale américaine, Lael Brainard, il existe un nuage épais d'incertitude sur la reprise. Plusieurs membres ont d'ailleurs suggéré que les projections économiques établies par la banque lors de la réunion de juin ne prenaient globalement pas en compte l'éventuel déferlement d'une seconde vague de contamination dans le pays. Il y a donc de quoi nourrir quelques craintes quant à la magnitude et la célérité du rebond de l'économie américaine censé s'observer dès le 3ième trimestre d'après les propos tenus par le gouverneur central américain le mois dernier. Les doutes émis publiquement par les responsables américains renforcent l'idée d'un scénario du maintien d'une politique monétaire très accommodante pendant une longue période du temps, et donnent à cet égard encore plus de crédit à la projection de la Fed en juin de conserver les taux directeurs inchangés - actuellement entre 0,00% et 0,25% - au moins jusqu'à fin 2022. Ce n'est pas la publication mardi d'un faible rebond des prix à la consommation aux Etats-Unis en juin après 3 mois consécutifs de hausse (+0,2% M/M pour l'indice sous-jacent dont la dynamique de croissance annuelle reste stable à un plus bas depuis 9 ans) qui change la donne. Dans ce contexte, la politique de diversification des investisseurs et de perte d'intérêt graduelle à l'égard du dollar prend tout son sens. La devise américaine reste à proximité de ses plus bas niveaux depuis quatre mois face à un panier de devises, et plus particulièrement face à l'euro (1,14 $).
  • Washington met la pression sur Pékin et ravive les peurs de conflit (JPY, CNY) : Le président américain Donald Trump a officiellement signé mardi un décret retirant le statut de partenaire économique préférentiel à Hong Kong et un projet de loi sanctionnant tout individu ou entité (privée ou publique) ayant un lien avec la répression des libertés à Hong Kong. Si cette mesure vise en premier lieu des personnes, elle pourrait également viser les banques ayant un lien avec des autorités chinoises et/ou hongkongaises accusées aux yeux de la justice américaine de réprimer les libertés individuelles et les droits démocratiques au sein de l'ancienne colonie britannique. En marge de ces annonces, le président américain a fermé la porte à tout idée de nouvel accord commercial avec la Chine, ni même de rencontre avec son homologue chinois pour tenter d'aplanir la situation. Un peu plus tôt dans la journée, les Etats-Unis avaient déjà durci le ton vis-à-vis de la Chine en considérant, par la voix du secrétaire d'Etat Mike Pompeo, comme illégale la revendication chinoise de souveraineté en mer de Chine méridionale. La relation entre Pékin et Washington se tend chaque semaine un peu plus et fait craindre à tout moment un débordement. Néanmoins, on reste pour le moment dans un exercice d'intimidation sans dégâts matériels majeurs pour l'un des deux pays qui n'ont, aussi bien l'un que l'autre, pas d'intérêt à amorcer un conflit économique dans le contexte de crise dans lequel nous sommes. Une remise en cause éventuelle de l'accord de phase 1 signé en janvier serait hautement préjudiciable et ne manquerait pas de semer le trouble à travers les marchés financiers, mais pour l'heure cette éventualité n'est pas considérée a rappelé mardi Donald Trump. Ni même d'ailleurs l'éventualité de briser le lien historique entre le dollar américain et la devise de Hong Kong, mesure qui a pourtant été soumise au locataire de la Maison Blanche ont rapporté certaines sources proches du dossier. S'il faut toujours garder un œil attentif à ce dossier, tant que les vagues ne se transforment en rouleau, il n'y a pas de raison de s'inquiéter outre-mesure. Cela explique pourquoi le yen n'a pas réellement réagi à ce nouvel épisode de tensions sino-américaines, mais au contraire cède du terrain face à l'euro depuis le début de la semaine sur fond d'optimisme autour de la découverte d'un prochain vaccin contre le coronavirus. Le taux EUR/JPY reste en phase ascendante - laquelle dépasse plus de 1% depuis le début de la semaine - et a touché ce matin à un pic de 5 semaines à plus de 122 ¥ après la décision ce matin de la Banque du Japon de réviser à la baisse ses projections économiques tout en maintenant ses taux inchangés (-0,1%). Après un repli la veille et un retour au-dessus de la barrière de 7,0 ¥ face au dollar américain, le yuan rebondit ce matin malgré la seconde séance consécutive de repli de la bourse de Shanghai (-0,3%). La devise chinoise se reprend également face à l'euro après avoir chuter la veille à un creux de 4 semaines à 7,99 ¥.
  • L'économie britannique montre des signaux de retard à l'allumage (GBP) : Après une contraction record de -20,3% en avril, l'économie britannique a enregistré un modeste rebond de +1,8% en mai, soit bien en-dessous de l'estimation de 5,5% anticipée par le consensus. Malgré la très bonne performance des ventes au détail sur ce mois-ci et de l'effet de rattrapage provoqué par l'assouplissement progressive des mesures de restriction sanitaire au Royaume-Uni, l'économie britannique a du mal à redémarrer. Si l'industrie et la construction ont connu une belle progression en mai - respectivement +6,0% M/M et +8,2% - le secteur des services peine à se redresser et a connu un rebond de "seulement" +0,9% de son activité en mai. Les restrictions visant les bars et les restaurants qui se sont prolongées jusqu'à début juillet expliquent très probablement cette contre-performance ou les difficultés de ce pan de l'économie qui pèse plus de 70% du PIB total du pays. En parallèle à la publication de ces données macroéconomiques, l'organisme public rattaché au Trésor, le Bureau de responsabilité budgétaire (OBR), a publié mardi un rapport indiquant que le Royaume-Uni était en passe d'enregistrer une contraction d'au moins 10% cette année (scénario le plus optimiste), et donc connaître sa pire récession depuis 300 ans. L'organisme insiste sur les risques de hausse du chômage dans le pays, lequel pourrait bondir à 10% dans le meilleur des cas ou jusqu'à plus de 13% dans un scénario plus pessimiste. Ces projections ne tiennent pas compte des récentes annonces de mesures de relance formulées la semaine dernière par le ministre britannique des finances, Rishi Sunak, et d'une extension des dépenses budgétaires de 30 Mds£ pour accompagner la reprise. Néanmoins, au regard de l'ampleur des dommages collatéraux causés par la pandémie sur l'économie britannique, on peut questionner si la somme consacrée à la reprise de l'économie sera suffisante. La livre sterling a plutôt mal réagi à cette série de "mauvaises nouvelles" et abandonné -0,5% face à l'euro pour revenir tutoyer ses plus bas niveaux de ces trois derniers mois et la barrière de 0,91 £. La glissade de la livre sterling se stoppe temporairement ce matin grâce à l'appui de chiffres d'inflation qui s'avèrent meilleurs que prévu au Royaume-Uni (rebond de l'indice de prix sous-jacent de +0,2% vs. cons. -0,1%).
  • Le dollar canadien se montre nerveux avant la Banque du Canada (CAD) : À la veille de la décision monétaire de la banque centrale canadienne, première réunion sous la présidence du nouveau gouverneur central Tiff Macklem, le dollar canadien a chuté et clôturé à un plus bas depuis plus de 3 mois face à l'euro, au-dessus de la barrière de 1,55 C$. Si aucune intervention n'est attendue de la part de la banque au niveau des taux directeurs, les marchés surveillent toute annonce de possible hausse du programme de rachats d'actif poursuivi par la BoC. En effet, dans un contexte de reprise et de hausse des déficits publics, les investisseurs surveillent quels efforts entend faire la banque centrale pour financer la relance de l'économie canadienne. Un engagement de "soutien illimité" similaire à celui fait de la Fed aurait pour effet de rassurer les marchés, alors qu'à l'inverse un "soutien restreint" ou jugé "insuffisant" par les investisseurs pourraient avoir des effets néfastes sur la devise canadienne et accentuer son repli. La décision de la banque centrale est attendue en milieu d'après-midi (16h00) et sera suivie par une conférence de presse du gouverneur central


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