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Actualités du marché des devises

juil. 02, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La quête d'un vaccin stimule des marchés   en attendant l'emploi en Zone Euro & aux Etats-Unis

  • La séance de jeudi sera clairement dominée par les réactions autour des chiffres de l'emploi en Zone Euro (11h00) et aux Etats-Unis (14h30). En raison de la fermeture demain des marchés américains à la veille des célébrations du jour de l'indépendance (4 juillet), exceptionnellement ce mois-ci les statistiques mensuelles officielles sur l'emploi américain seront publiées un jeudi, en même temps par ailleurs que les statistiques hebdomadaires d'inscription aux allocations chômage. Les données du cabinet américain de ressources humaines ADP ont indiqué hier une large hausse des créations d'emploi dans le privé (un peu moins de 3 Mln) ce qui laisse à penser que l'on pourrait également observer une importante hausse dans les statistiques officielles. L'enjeu de ces deux rapports sera néanmoins de savoir si la hausse supposée des créations d'emploi en juin sera supérieure à celle de mai comme l'anticipe le consensus (3,0 Mln vs. 2,5 Mln en mai) et à quelle dynamique se réduit le nombre de chômeurs actuellement enregistrés dans les statistiques officielles, lequel était de 19,6 Mln la semaine dernière. Il est difficile d'anticiper les réactions à venir sur les marchés des changes sachant que des chiffres décevants aux Etats-Unis pourraient aussi bien déplaire aux acheteurs de dollar que raviver un sentiment d'aversion au risque généralement bénéfique au billet vert. À l'inverse, des chiffres de l'emploi au-dessus des attentes viendraient renforcer les anticipations de reprise en "V" de l'économie mondiale que l'on observe actuellement sur les marchés actions américains, et aussi bien doper le dollar que les devises cycliques et émergentes. La situation sanitaire reste étroitement surveillée même si ce matin c'est toujours l'optimisme autour d'un futur vaccin qui prédomine et soutient un rebond de l'euro face aux valeurs refuges (CHF, JPY & USD). À surveiller également, les tensions entre la Chine et les Etats-Unis qui pourraient monter d'un cran alors que le Sénat américain va étudier ce jeudi un projet de loi de sanctions contre les banques chinoises, lequel a reçu un soutien unanime lors de son passage hier devant les membres de la Chambre des représentants.
  • De bons résultats économiques et des nouvelles encourageantes autour d'un vaccin ravivent le goût pour le risque (USD, devises émergentes) : On a assisté à un net regain d'appétit au risque chez les investisseurs durant la séance américaine en réaction à la publication des enquêtes d'activité ISM montrant un rebond plus important que prévu de l'industrie américaine en juin, laquelle connait sa plus forte croissance depuis 14 mois sous l'effet notable de la levée des mesures de verrouillage dans le pays. Ce sentiment s'est par la suite vu renforcé par la communication par la firme pharmaceutique américaine Pfizer de résultats encourageants obtenus à l'occasion des premiers essais cliniques du projet de vaccin contre le coronavirus réalisé en collaboration avec la société allemande BioNTech. Les marchés sont très sensibles à la course au vaccin qui permettrait de stopper l'avancée du virus et d'assurer un environnement propice à un redressement de l'économie. Face à ces nouvelles, l'indice VIX aussi appelé "indice de la peur" des investisseurs américains a chuté mercredi à son plus bas niveau depuis 3 semaines, la bourse américaine a quant à elle enchainé une seconde séance consécutive de hausse pour venir clôturer à un pic depuis une semaine. La publication dans la soirée du compte rendu de la réunion monétaire de la réserve fédérale américaine en juin a provoqué peu de réactions sinon confirmé le sentiment des acteurs de marché. Les déclarations de la banque centrale indiquant qu'elle utiliserait tous les outils possibles pour empêcher un déclin de l'économie ont confirmé la thèse du maintien de taux très bas - proche de zéro - pendant une longue période de temps (jusqu'à 2023 d'après les dernières projections de la Fed réalisées en juin). Le dollar, qui fonctionne depuis le début de cette crise comme une valeur dite refuge, a mal vécu ce regain d'optimisme chez les investisseurs et a cédé un peu de terrain face à l'euro mercredi (1,1250 $). Parallèlement au repli du dollar, on a assisté à un net rebond de nombreuses devises émergentes qui avait vivement été pénalisées ces dernières séances par le contexte d'aversion au risque très pesant qui dominait. C'est le cas du réal brésilien (+2,6% à 5,98 BRL), du rand sud-africain (+1,6% à 19,18 ZAR) ou encore du peso mexicain (+0,8% à 25,7 MXN).
  • Record de nouveaux cas de contamination dans le monde (JPY, CHF) :  Mercredi, on a enregistré plus de 196k de nouveaux cas d'infection de COVID-19 dans le monde, soit un record depuis le début de cette crise sanitaire. Les Etats-Unis ont aussi enregistré un record avec plus de 50k recensés hier. Une recrudescence du virus qui oblige les autorités fédérales américaines à prendre de nouvelles mesures restrictives ou tout simplement mettre sur pause leur projet de déconfinement. En Californie a été décidé mercredi la fermeture des bars, restaurants, cinéma et salles de sport dans 19 comtés tandis que dans l'Etat de New York a été reporté la décision de laisser les restaurants accueillir des clients en intérieur (réouverture initialement fixée au 6 juillet). Malgré les échos positifs entendus hier autour des travaux menés pour élaborer un traitement contre le coronavirus, celui-ci pourrait ne pas être disponible cet hiver a mis en garde l'université d'Oxford qui travaille avec le groupe pharmaceutique britanno-suédois AstraZeneca sur son propre projet de vaccin. La crainte d'une deuxième vague pourrait donc perdurer et venir freiner la reprise. C'est du moins ce qui est redouté par les acteurs de marché. Dans un contexte toujours aussi incertain, les devises refuges traditionnelles continuent d'avoir la cote auprès des investisseurs qui les sollicitent pour parer à un éventuel retournement de marché et nouveau mouvement de panique au sein des marchés boursiers mondiaux. Le franc suisse a bondi furtivement en cours de séance mercredi à un pic de 5 semaines face à l'euro à 1,0610 ₣ avant de retracer en fin de journée à 1,0640 ₣ consécutivement au regain d'appétit au risque visible lors de la séance américaine. Le taux EUR/JPY a amorcé hier un début de glissade sous le seuil de 121 ¥ mais a réussi à limiter les pertes et se repositionne ce matin au niveau de ce seuil.
  • Angela Merkel douche les espoirs sur le Brexit (GBP) : La chancelière allemande a calmé les ardeurs des marchés et indiqué hier qu'il n'y avait pour l'heure pas de progrès significatifs dans les discussions en cours entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne concernant leur future relation économique. Si elle voit un accord avec Londres toujours possible d'ici cet automne, la chef d'Etat allemand a néanmoins demandé, lors d'un discours délivré devant les membres du Parlement allemand, aux européens de se préparer à un possible échec des négociations. Les deux camps s'apprêtent à intensifier les pourparlers cet été et se rencontraient pour la première fois en physique cette semaine depuis le début de la crise sanitaire. La livre sterling n'a guère été impressionnée par ces déclarations et a prolongé le rebond amorcé mardi pour clôturer à son plus haut niveau depuis presque 2 semaines face à l'euro, tout juste au-dessus de la barrière de 0,90 £. La devise britannique continue pleinement de profiter d'une liquidation des positions vendeuses sur la livre face à l'euro mais reste néanmoins toujours très attentive aux développements concernant les négociations commerciales post-Brexit. Outre la relation entre Londres et Bruxelles, on surveille également les tractations en cours avec le Japon dont on espère la signature d'un accord commercial bilatéral d'ici la fin du mois de juillet.
  • La couronne norvégienne a le sourire et l'affiche (NOK) : Contrairement à son homologue suédois (10,5 SEK) qui est resté de marbre hier face à l'annonce par la banque centrale d'une augmentation de son programme de rachats d'actif destiné au soutien de l'économie, la couronne norvégienne a bondit de 1% face à l'euro mercredi sous l'impulsion d'un rebond des cours pétroliers mais aussi de résultats encourageants en provenance de l'industrie norvégienne qui réduit sa contraction en juin. Le taux EUR/NOK a clôturé hier à son plus bas niveau depuis presque 2 semaines au niveau du seuil de 10,7 NOK. Ce matin, la paire de change reste orientée à la baisse et enregistre actuellement sa 4ième séance consécutive de repli pour une perte cumulée de -2%. Un support situé au niveau de 10,65 NOK pourrait constituer un obstacle et freiner la dynamique baissière actuellement visible sur le cours de change.
  • L'optimisme du ministre des finances polonais est sans effet sur le zloty (PLN) : En dépit des déclarations optimistes faites hier par le ministre polonais des finances pour qui une reprise de l'économie en forme de "V" apparaît, selon lui, comme le scénario le plus probable au regard des récentes données macroéconomiques domestiques publiées, le zloty a vivement décroché face à l'euro mercredi. La devise polonaise a cédé plus de -0,7% et clôturé à son plus bas niveau depuis 5 semaines face à l'euro au-dessus du seuil de 4,47 PLN. Dans un contexte de reflux des craintes et de regain d'intérêt des investisseurs pour les devises émergentes, le zloty a probablement souffert de la concurrence avec ses voisins dont le ratio rendement/risque est plus attractif.

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