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Actualités du marché des devises

juil. 01, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Une séance d'observation pour débuter le trimestre ?  Le dollar sensible aux premières tendances sur l'emploi


  • La première séance du 3ième trimestre débute dans le plus grand des calmes, l'aversion au risque reste néanmoins dominante en raison des inquiétudes persistantes autour de la recrudescence du virus au sein des économies développées et des craintes de nouvelles tensions entre la Chine et les Etats-Unis. L'application de nouvelles mesures de re-confinement - pour le moment seulement localement - au sein de certaines économies majeures comme au Royaume-Uni hier (ville de Leicester) ou encore aux Etats-Unis (certains Etats du sud concernés) demeure une source de préoccupation importante pour les investisseurs qui voient là un possible facteur susceptible de freiner la reprise en cours. Ces inquiétudes restent néanmoins mesurées pour le moment comme en témoigne le fort rebond mardi des marchés actions américains (+1,5%). Sur les marchés des changes, les devises refuges gardent la côte, et plus spécifiquement le dollar et le franc suisse qui continuent d'être privilégiés à l'euro. Les signaux encourageants de l'économie chinoise, à nouveau observés ce matin à travers les résultats de l'enquête d'activité Caixin, permettent d'atténuer légèrement le pessimisme général. Ce mercredi pourrait être une séance d'observation avant la publication jeudi des chiffres officiels de l'emploi aux Etats-Unis et en Zone Euro. La publication cette après-midi des résultats du rapport ADP sur l'emploi dans le secteur privé américain (14h15) pourrait nous donner un avant-goût et une première tendance. La publication des estimations finales des indicateurs PMI manufacturier en Zone Euro (10h00) et de l'indice ISM manufacturier aux Etats-Unis (16h00) seront à suivre.
  • L'euro s'accroche mais manque clairement de catalyseurs (EUR) : L'euro a passé la majeure partie de la journée de mardi dans le rouge face au dollar, testant à cette occasion ses plus niveaux depuis 4 semaines et la barrière de 1,12 $ (point bas recensé hier à 1,1189 $). Finalement, la paire EUR/USD a une nouvelle fois trouvé les ressources pour ne pas plonger et se maintenir au-dessus de ce support majeur. Cette dynamique, que l'on observe depuis maintenant deux semaines, n'est pas anodine et dénote un manque clair de catalyseurs haussiers sur l'euro. S'il est vrai que l'environnement de marché actuel - peu propice aux prises de risque face à la recrudescence du coronavirus dans le monde - n'est pas vraiment favorable à la devise européenne, il ,ne faut pas non plus négliger l'absence de nouveaux éléments favorables sur lesquels l'euro pourrait s'appuyer pour rebondir significativement. Après avoir observé un rebond modeste des indices de confiance en Zone Euro lundi, hier ce sont les chiffres d'inflation européens qui ont laissé une impression mitigée. Il est vrai que l'on note une accélération de la dynamique annuelle des prix à la consommation en Zone Euro de 0,1% à 0,3% en juin alors que le consensus tablait sur une croissance stable ce mois-ci, il n'y a pas non plus de quoi sauter au plafond. Après avoir suscité beaucoup d'espoirs sur la possibilité d'un rebond plus rapide que prévu, l'économie européenne semble de plus en plus montrer des signes d'un redémarrage graduel. Un scénario qui, s'il se matérialise, ne favorise pas une nouveau rallye important de l'euro à court terme. Si l'EUR/USD a réussi à limiter les dégâts, à l'inverse la paire EUR/CHF a de nouveau connu une séance difficile et clôturer le trimestre à 1,0640 ₣, non loin de ses plus bas niveaux en juin (1,0626 ₣). Les investisseurs garderont les yeux fixés sur les fondamentaux ce mercredi, et notamment les chiffres de l'emploi en Allemagne (09h55) et l'estimation finale de l'enquête d'activité de juin dans le secteur manufacturier en Zone Euro (10h00). Ce matin, on assiste à une bonne surprise et un rebond record des ventes au détail en Allemagne (+13,9% M/M). Cela ne semble pas tellement impressionner les acheteurs d'euro qui ont déjà vu lors des semaines précédentes des dynamiques similaires au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. On assiste à un effet de rattrapage consécutif à une vive contraction, aussi ce résultat, aussi impressionnant soit-il, n'est pas constitutif en soi d'une tendance. Ce matin, l'euro reste fragile et sur la défensive face aux devises refuges traditionnelles, à savoir le dollar, le yen et le franc suisse.
  • Boris Johnson prend ses distances avec l'héritage des conservateurs (GBP) : En soi, le discours du premier ministre britannique n'a apporté aucune nouvelle information que l'on ne savait déjà en termes de mesures de relance. Boris Johnson a confirmé une hausse des dépenses publiques de 12 Mds£, laquelle avait déjà été annoncée en mars lors de la présentation du nouveau budget, et une enveloppe de 5 Mds£ d'investissements en infrastructure destinés à la rénovation et la construction de routes, hôpitaux et écoles. Cette dernière mesure faisait déjà la une de tous les médias mardi matin avant même l'allocution du chef du gouvernement britannique. Donc rien de neuf à priori, mais un peu quand même. En renouvelant ses engagements à engager l'Etat dans la relance de l'économie du pays sans se soucier de la hausse de la dette publique et des déficits, Boris Johnson tranche avec la ligne de conduite historique du parti conservateur qui prône l'austérité et la recherche d'équilibre fiscal. En dépit d'une dette publique qui dépasse aujourd'hui les 100% du PIB au Royaume-Uni (une première depuis 1963), le premier ministre n'entend pas relâcher l'effort et semble vouloir accompagner la reprise, quel qu'en soit le coût. Cette "distanciation politique" avec l'héritage de sa formation politique est plutôt vue comme un bon signe par les acteurs de marché - du moins pour le moment - car l'économie britannique a clairement besoin actuellement d'un soutien important des autorités politiques et monétaires pour se redresser. Après avoir chuté lundi à son plus bas niveau depuis 13 semaines, la livre sterling a enregistré un beau rebond face à l'euro (+0,9%) et est revenu se repositionner à hauteur du niveau de 0,9050 £. Les prises de bénéfices et clôture de position de fin de mois et de trimestre ont eu une influence non négligeable dans ce rebond de la livre qui vient de vivre un mois de juin mouvementé. La devise reste très fragile en l'absence de signaux positifs sur le front commercial, économique et sanitaire. Le re-confinement mardi de la ville de Leicester et de son agglomération (environ 600 000 habitants) invite à la prudence, et laisse craindre une pause dans le processus de déverrouillage du pays si jamais d'autres foyers de contamination apparaissent dans les prochains jours et/ou semaines. En ce qui concerne les négociations en cours avec l'Union Européenne, on observe pour le moment aucune avancée majeure. Pire encore, le négociateur européen en chef, Michel Barnier, a rejeté mardi la proposition britannique qui sollicitait le maintien de passeports européens pour l'ensemble de l'industrie des services financiers. Le risque d'une relocalisation massive des activités et effectifs de banques internationales basées Londres vers des pays de l'UE est présent. Au niveau de l'économie, on a eu la mauvaise surprise d'assister mardi matin à une révision à la baisse des chiffres de croissance au 1er trimestre au Royaume-Uni de -2,0% T/T à -2,2%, ce qui est tout simplement la pire performance enregistrée depuis 41 ans. Alors que l'on suivra ce matin la publication de l'estimation finale de l'enquête d'activité du mois de juin dans le secteur manufacturier britannique, la livre reperd du terrain face à l'euro et le taux EUR/GBP se rapproche à nouveau du seuil de 0,91 £.
  • L'économie chinoise envoie des signes encourageants  CNY) : Les résultats des enquêtes officielles d'activité en Chine au mois de juin publiés mardi avaient déjà indiqué des signaux encourageants d'accélération de l'activité, aussi bien dans le secteur manufacturier que celui des services. Ce matin, l'enquête privé Caixin signale également une accélération de l'activité du secteur industriel qui enregistre en juin sa meilleure performance sur les 5 derniers mois. Ce rebond est un signe positif, surtout que le consensus misait plutôt sur une décélération de la croissance dans ce secteur. Malgré ces signes encourageants de reprise de l'économie chinoise, les acheteurs de yuan restent relativement muets et la devise demeure assez stable ce matin, aussi bien face à l'euro que face au dollar. Le spectre de nouvelles tensions à venir entre Pékin et Washington effraie vivement les investisseurs. Les autorités chinoises ont en effet annoncé mardi qu'elles allaient engager des mesures de rétorsion contre les Etats-Unis en réponse au retrait par la Maison Blanche du statut spécial initialement accordé à Hong Kong. Du côté américain, la mise en vigueur mardi de la loi de sécurité nationale au sein de l'ancienne colonie britannique fait également craindre de nouvelles sanctions. Les acteurs des marchés des changes surveillent avec grande attention ce dossier. Le yen, le yuan et le dollar australien apparaissent comme les devises les plus sensibles à ce thème.
  • Pas de retour en arrière envisagé par la banque centrale suédoise ? (SEK) : Ce matin, la Riksbank dévoilera les conclusions de sa réunion monétaire et devrait, à priori, maintenir ses taux directeurs inchangés à 0%. Première banque centrale à avoir mis fin à une politique de taux négatifs en décembre dernier, celle-ci ne semble pas envisager un retour en arrière malgré la crise actuelle. Comme nombreuses de ses consoeurs, elle devrait privilégier le recours à des rachats d'actif pour maintenir les taux d'intérêt à un niveau bas et stimuler la demande. On suivra attentivement la communication de la banque et sa stratégie pour apporter un soutien appuyé à l'économie. La couronne suédoise, qui a bondi de plus de 7% face à l'euro entre mi-mars et début juin, marque quelque peu le pas depuis quelques semaines et apparaît pénalisé par le retour d'un sentiment d'aversion au risque relatif à l'apparition de la menace d'une seconde vague de contamination dans le monde. Oscillant depuis 3 semaines dans un couloir étroit de prix de 10,5-10,6 SEK, le taux EUR/SEK pourrait enregistrer un rebond significatif en cas de discours très prudent de la banque centrale ou mesures accommodantes surprises de cette dernière.


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