Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

juin 30, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Le dollar teste un pic d'une semaine avant l'audition de J. Powell, la livre sterling attentive au "New Deal" de B. Johnson

  • La première journée de la semaine s'est soldée par un net rebond de l'euro en marge de la rencontre entre la chancelière allemande A. Merkel et le président français E. Macron mais aussi la nouvelle chute de la livre sterling qui continue de vivement souffrir des incertitudes soulevées par la crise et l'après-Brexit. Malgré un nombre de nouveaux cas de contamination en baisse ce lundi dans le monde (~+161k), la menace d'une seconde vague reste omniprésente et pèse sur les prises de décision. Les mises en garde hier de l'OMS pour qui "le pire pourrait encore venir" ne laisse aucune place possible à tout type de relâchement. Ce mardi, on assiste à une séance pour le moment très calme dans laquelle les valeurs refuges tirent leur épingle du jeu et se renforcent modestement. Le dollar teste notamment ce matin ses plus hauts niveaux depuis une semaine.
  • Nouveau rebond de l'industrie chinoise en juin (CNY) : Les enquêtes officielles d'activité indiquent ce matin un rebond plus important que prévu de l'activité manufacturière en Chine au mois de juin (50,8 vs. cons. 50,4 et 50,6 en mai). En ce qui concerne les services, la croissance de l'activité n'avait pas été observée aussi forte depuis 7 mois. C'est plutôt un résultat rassurant qui confirme que la dynamique de reprise ne faiblit pas, mais au contraire tend à s'accélérer. Le yuan s'apprécie vivement face à l'euro ce matin (+0,4%) et remonte à un pic d'une semaine à moins de 7,93 ¥. Face au dollar, la devise chinoise remonte à son plus haut niveau sur les 4 dernières séances à moins de 7,07 ¥. Habituellement très sensible à l'état de santé de l'économie chinoise, le dollar australien s'apprécie mollement ce matin pour revenir à hauteur du seuil de 1,6350 A$.
  • Jerome Powell (Fed) & S. Mnuchin (Trésor) entendus sur la relance (USD) : Le gouverneur central et le secrétaire au Trésor tiendront ce mardi une audition devant une commission de la Chambre des représentants (18h30). Dans cette allocation dont les premiers extraits ont été divulgués hier, le banquier central américain devrait évoquer un rebond plus rapide que prévu de l'économie tout en insistant sur le caractère très incertain de la reprise. Comme déjà évoqué lors de la précédente réunion monétaire de juin, pour Powell un rétablissement total de l'économie ne pourra se faire tant que la confiance ne sera pas revenue. La clé d'un rebond durable reposera sur la capacité du pays à maintenir la pandémie sous contrôle mais aussi des autorités politiques à poursuivre aussi longtemps que nécessaire leur politique de soutien. À cet égard, il sera intéressant d'avoir les impressions de S. Mnuchin concernant la mise en place d'un nouveau plan de relance que la Maison Blanche a promis avant la fin du mois. La situation sanitaire reste très incertaine et lundi les Etats-Unis ont enregistré pour le 5ième jour consécutif plus de 40k nouveaux cas de contamination (44,7k exactement ou le second plus haut bilan depuis le début de la pandémie). Face à la propagation du virus sur le territoire plusieurs états ont décidé de réimposer des mesures de restriction partielles. Depuis dimanche, la Californie a décrété une nouvelle fermeture des bars et restaurants dans 7 comptés de l'Etat dont la ville de Los Angeles, et lundi une décision similaire a été prise en Arizona. Le retour de mesures de verrouillage aux Etats-Unis pourrait, si elles se généralisent, venir apporter un important coup de frein à l'économie américaine et au rebond actuellement amorcé. Un tel scénario pourrait venir fragmenter l'attractivité du dollar qui a globalement navigué ces derniers mois sous la pavillon de "valeur refuge", c'est à dire progressant lors de périodes d'incertitude et reculant lors de périodes d'optimisme. Cela n'est pas encore le cas et le dollar continue de se nourrir des peurs que provoquent l'expansion de la pandémie auxquels se mêlent quelques espoirs autour d'un nouveau plan de relance dans le pays. La devise américaine enregistre ce matin une 5ième séance consécutive de hausse face à un panier de devises pour atteindre un pic d'une semaine à presque 97,7.
  • Un rebond plus graduel que prévu en Zone Euro ? (EUR) : L'indice de confiance publié lundi en Zone Euro a progressé bien moins qu'il ne l'était anticipé par le consensus (75,7 vs. cons. 80,0 et 65,7 en mai). Surtout, l'indice n'a retracé qu'un tiers de la chute subie sur la période mars-avril, ce qui laisse à penser que malgré l'euphorie provoqué par les signaux de reprise rapide de l'activité dans la région, on reste encore bien loin d'un retour à la normale. L'omniprésence du virus tend à peser sur la confiance des acteurs économiques ; aussi bien les entreprises que les ménages ; et donc sur leur capacité à consommer. Le rebond de l'économie européenne pourrait donc s'avérer plus graduel que ne laissait à penser la courbe en "V" dévoilée la semaine dernière à l'occasion de la publication des premières enquêtes d'activité PMI du mois de juin. L'euro reste bien ancré dans un couloir de fluctuation de 1,12-1,14 $ mais peine néanmoins à se trouver une nouvelle direction. Malgré les propos de soutien adressés hier par le ministre allemand des finances, Olaf Scholz, à l'égard des actions menées par la BCE, lesquels sont dirigés vers les juges de la Cour constitutionnelle allemande qui avaient questionné en mai dernier la légitimité du programme de rachats d'actif de la banque centrale, l'euro peine à amorcer un nouveau rebond. Tant que résidera une certaine nébuleuse autour du plan de relance européen et son adoption, il apparaît difficile pour la devise européenne de se renforcer davantage. On risque donc de devoir attendre jusqu'à la mi-juillet et le Sommet européen extraordinaire du 16 et 17 juillet pour éventuellement revoir l'euro titiller ses plus hauts niveaux de l'année et le seuil de 1,14 $. Le manque de vigueur de l'euro s'explique d'autant plus que le climat de prudence imposé par les peurs autour d'un risque de seconde vague de coronavirus dans le monde ne lui est pas réellement favorable, les investisseurs préférant solliciter le dollar, le yen ou encore le franc suisse dans ce contexte. La devise européenne sera sensible ce mardi à la publication des premiers chiffres d'inflation du mois de juin de Zone Euro (11h00 / consensus 0,1% A/A vs. 0,1% en mai), lesquels pourraient accuser un net rebond si l'on se réfère à la progression bien plus importante que prévu des prix à la consommation observée lundi en Allemagne. De nouveaux signaux encourageants de renforcement de l'économie pourraient être bénéfiques à l'euro, ou du moins lui offrir les forces nécessaires pour se maintenir au-dessus du support de 1,12 $ qui semble à nouveau en danger ce matin.
  • Un plan de relance à la Roosevelt pour le Royaume-Uni (GBP) : Le premier ministre britannique a fait savoir hier que le plan de relance qu'il annoncera ce mardi s'inspirera du "New Deal" opéré par le président américain Franklin D. Roosevelt après la crise de 1929. Pour redémarrer une économie très lourdement impactée par le "désastre", selon Boris Johnson, du coronavirus, le chef du gouvernement entend doubler les investissements publics et maintenir des aides aux ménages et aux entreprises. Les infrastructures et l'emploi seront les deux principaux axes de la stratégie de reprise économique définie par le gouvernement. La somme de 5 Mds£ a déjà été communiquée par les autorités britanniques, et sera consacrée à divers projets d'investissement dont la rénovation d'hôpitaux, la construction de routes et d'écoles. On attend dans le discours de mardi, davantage de détails sur les mesures et leviers de soutien à l'emploi et au renforcement de la compétitivité des entreprises. Pour financer cette relance, le gouvernement entend lever de la dette sur les marchés et a annoncé à cette occasion lundi une nouvelle augmentation de son programme d'émission obligataire de l'ordre 50 Mds£, ce qui porte désormais à 275 Mds£ la somme totale qui sera empruntée sur la période avril-août ou le double du montant levé lors de la précédente année fiscale 2019-2020. Ces annonces n'ont, semble-t-il, pas réellement convaincu les acheteurs de livre sterling puisque cette dernière a de nouveau connu une journée difficile. Après sa lourde chute de vendredi dernier, la devise britannique a de nouveau été la cible d'importantes pressions baissières, chutant à son plus bas niveau depuis 13 semaines face à l'euro (pic recensé à 0,9176 £ sur la paire EUR/GBP) et depuis 4 semaines face au dollar (creux recensé à 1,2249 $ sur la paire GBP/USD). Le démarrage d'un nouveau cycle de discussion lundi entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne pour définir un accord commercial avant la fin de l'année a ravivé quelques inquiétudes autour d'une possible échec synonyme de retour de barrières douanières en 2021 entre les deux régions. Ce mardi est la date limite pour Londres pour éventuellement réclamer une extension de la période de transition, mais sauf surprise les autorités britanniques ne devraient pas en faire la requête. Cela a pour conséquence directe de confirmer ce que l'on sait déjà : le temps est compté pour trouver un accord. La livre est assez stable ce matin malgré la révision à la baisse des estimations de croissance au T1 au Royaume-Uni (-2,2% T/T vs -2,0% en 1ière estimation), il faudra donc surveiller de possibles réactions en marge des annonces qui seront faites par Boris Johnson.

Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.