Actualités du marché des devises

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juin 25, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La recrudescence du virus menace la reprise, le dollar profite d'un retour de l'aversion au risque

  • Sous couvert d'incertitudes autour de l'économie et du commerce mondial mais aussi à l'égard de la situation sanitaire, un sentiment d'aversion au risque s'est déversé sur les marchés des changes et a très largement impacté la volatilité ce mercredi. Le dollar, qui restait sur deux séances consécutives de repli, a été le grand gagnant de la journée, en compagnie du franc suisse . Louées pour leur profil de "valeur refuge", les deux devises ont accueilli une hausse de la demande de la part d'investisseurs de plus en plus inquiets face au retour du coronavirus dans certaines régions où l'on pensait qu'il avait été maitrisé. L'Allemagne a du reconfiner hier 600 000 habitants au sein du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, l'Australie vient d'enregistrer ce matin la plus forte hausse de cas d'infections depuis 2 mois et au Royaume-Uni les autorités médicales mettent en garde contre un risque de seconde vague alors même que le pays s'apprête à instaurer un assouplissement des règles de distanciation sociale début juillet. Aux Etats-Unis, on s'inquiète vivement de la présence active du virus sur le territoire - pic de 2 mois du nombre d'infections (38k mercredi) - au point que les autorités évoquent une projection de 180k décès d'ici début octobre, soit une hausse de 45% par rapport au bilan actuel. La révision à la baisse des projections de croissance du FMI pour cette année et l'année prochaine - contraction en 2020 de -4,9% vs. -3,0% estimé en avril et rebond en 2021 de 5,4% vs. 5,8% - n'a pas été en soi surprenante, d'autant plus que la projection pour 2020 se révèle moins pessimiste que celle formulée par l'OCDE la semaine dernière (-6% pour 2020). Néanmoins, ces annonces ont hier alimenté un sentiment de défiance générale. Les révélations également par l'agence d'information Bloomberg d'un possible projet américain de taxes douanières contre l'Europe qui pourrait impacter 3,1 Mds$ de produits ont également pesé sur la confiance des investisseurs et ravivé quelques craintes d'un retour de conflits commerciaux, lesquels pourraient très largement fragiliser la reprise. Les devises dites cycliques et liées au commerce mondial (AUD, SEK) se sont dépréciées hier, au même titre que les devises pétrolières victimes, elles, d'une large correction des cours du pétrole (-5%). Les devises émergentes n'ont pas échappé non plus à cette montée des incertitudes et subi quelques mouvements correctifs, de plus ou moins forte ampleur.
  • Si l'aversion au risque semble quelque peu de se dégonfler ce matin sur les marchés des changes, ce sentiment reste néanmoins dominant en raison des inquiétudes qui demeurent autour du coronavirus. La hausse des cas d'infection en Asie est préoccupante, toutefois en Chine le risque de seconde vague semble pour le moment contrôlé (19 cas recensés sur le territoire dont 13 à Pékin). Les acteurs de marché resteront très attentifs à l'évolution de la situation sanitaire dans le monde sachant qu'une recrudescence de la pandémie pourrait obliger les autorités à faire machine arrière et imposer de nouvelles restrictions. La reprise économique, dont les marchés louaient jusqu'à présent la vigueur, en serait forcément impactée. D'un point de vue macroéconomique, les regards seront principalement tournés vers les Etats-Unis où seront publiés cette après-midi les statistiques de commandes de biens durables, les inscriptions hebdomadaires aux allocation chômage et les estimations finales de croissance au 1er trimestre (14h30). De bons résultats pourraient redonner un peu de baume au cœur à des investisseurs très inquiets. Au niveau monétaire, les marchés tablent sur une nouvelle baisse de 25pbs du taux directeur en Turquie à 8,0% (13h00).
  • Remonté mardi à un pic d'une semaine à plus de 1,13 $, le taux EUR/USD a de nouveau fait la bascule et chuté sous cette barrière sous l'impulsion d'une hausse de la demande en dollar. Malgré une hausse plus importante que prévu de l'indice de confiance des ménages allemands ce matin (-9,6 vs. cons. -12 et -18,9 en juin), le taux de change reste sur la défensive prenant la direction de 1,12 $. De bons résultats de l'économie américaine pourraient paradoxalement aider l'EUR/USD à réduire ses pertes si cela suppose un regain d'optimisme général des acteurs de marché à l'égard de la conjoncture globale.
  • Le taux EUR/CHF est lui aussi sur la défensive, non loin du support de 1,0650 ₣ qui jusqu'à présent a réussi à stopper les pressions baissières s'exerçant sur la paire de change. La paire de change reste sous la menace d'un repli sous cette barrière en cas de regain de nervosité observé sur les marchés actions et sur les cours des matières premières, notamment du pétrole.
  • Le taux EUR/GBP a bondi hier en cours de séance à un nouveau pic de 3 mois à plus de 0,9070 £ en réaction aux déclarations des autorités médicales britanniques avertissant contre un risque de seconde vague au Royaume-Uni. Cela intervient au lendemain des annonces gouvernementales d'un assouplissement à partir du 4 juillet d'un certain nombre de mesures restrictives qui doit permettre à l'économie de repartir. On craint chez les investisseurs un possible retour en arrière et une phase de déconfinement plus graduelle que prévu au Royaume-Uni, ce qui aurait pour conséquence de freiner le redémarrage de l'économie. La paire de change reste stable ce matin et parvient pour le moment à dompter les pressions haussières qui s'exercent sur elle pour osciller à hauteur de 0,9050 £.
  • Les devises pétrolières, la couronne norvégienne et le peso mexicain en tête, ont subi d'importantes pertes lors de la séance de mercredi en raison principalement de la contraction des cours du pétrole qui voient d'un mauvais œil un possible ralentissement de la reprise causé par une seconde vague de contamination. Si on a déjà vu le taux EUR/NOK sur des niveaux plus élevés que ceux touchés hier, on ne l'avait néanmoins pas vu clôturer aussi haut (10,88 NOK) depuis un mois.
  • Pénalisé par les inquiétudes autour de l'économie et du commerce, le dollar australien a cédé un peu de terrain face à l'euro néanmoins la présence d'un seuil de résistance situé à 1,64 A$ a de nouveau freiné l'ascension de la paire EUR/AUD.  La devise australienne ne subit pas réellement le contrecoup de la hausse des cas d'infection recensés ce matin en Australie. Celle-ci semble plus sensible au volet commercial, et notamment l'évolution de la relation tendue entre Pékin et Washington.
  • Sans raison particulière, le rouble russe a bondi de plus de 1% face à l'euro ce matin pour toucher un pic de 3 semaines à moins de 76,5 RUB. La devise a très rapidement retracé et effacé ses gains pour revenir osciller en début de séance européenne non loin de ses niveaux de la veille à plus de 78,0 RUB.
  • Sur les marchés émergents, le forint hongrois continue de chuter après la baisse de taux surprise opérée mardi par les autorités monétaires. Le taux EUR/HUF touche ce matin un pic de 5 semaines à plus de 353 HUF. Le réal brésilien a été victime d'une rechute et a décroché hier de plus de -3% face à l'euro pour retoucher le seuil de 6,0 BRL. Une nouvelle fois la devise brésilienne fut victime de sa faible attractivité dans un environnement de marché peu propice aux prises de risque. Le rand sud-africain oscille sur ses plus bas niveaux depuis un mois face à l'euro à plus de 19,6 ZAR, lui aussi victime d'un désintérêt des investisseurs alors que la situation sanitaire en Afrique du Sud ne cesse de se dégrader et qu'un nouveau pic de contamination a été atteint hier dans le pays (5700 cas).

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