Actualités du marché des devises

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juin 22, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'euro amorce la semaine sur une note positive  malgré des incertitudes persistantes autour de la pandémie

  • Après une séance asiatique en demi-teinte, les marchés boursiers européens ouvrent en légère baisse tandis que dans le même temps les cours du pétrole marquent une pause après être revenues la semaine dernière à un pic de 4 mois (Brent à 42 $). La peur d'une seconde vague reste omniprésente et influe sur les prises de décision alors que l'on continue à observer une hausse préoccupante des cas de contamination aux Etats-Unis (nouveau record journalier dans l'Etat de Californie, progression important en Floride également) tandis qu'en Australie l'état de Victoria a annoncé de nouvelles restrictions après la découverte de nouveaux foyers d'infection dans la région. En Chine, la situation semble se stabiliser, ce qui vient quelque peu contrebalancer les inquiétudes des investisseurs. L'annonce également ce matin d'un choix de la Maison Blanche de reporter toute action de sanctions contre la Chine concernant le traitement des communautés ouïghours est positivement accueilli par les acteurs de marché . Il n'y a pas besoin d'ajouter de l'incertitude à un environnement déjà très incertain. En Europe, en l'absence de signaux avant-coureurs de regain de vigueur du virus, le déconfinement se poursuit graduellement avec l'Espagne qui a rouvert depuis dimanche ses frontières aux pays de l'espace de Schengen et la France qui rouvre les écoles et les cinémas ce lundi. L'euro se reprend modérément face à ses principaux pairs après avoir subi une vive correction sur les deux dernières semaines. L'engouement autour de la devise européenne semble se tarir en l'absence de nouveaux catalyseurs justifiant de nouveaux achats. L'absence vendredi dernier d'accord entre pays européens autour du plan de relance a fait naître quelques frustrations et largement contribué à appuyer cette correction. Si la situation sanitaire reste étroitement surveillée, la question de la reprise reste toujours prépondérante et garde une forte influence sur le sentiment des marchés. L'attention se portera cette semaine principalement sur la publication mardi des premiers résultats des enquêtes d'activité PMI du mois de juin qui permettront de jauger si le rebond observé en mai était un simple "effet de rattrapage" ou bien le signal d'une réelle dynamique de redressement. Le dévoilement par le FMI ce mercredi de ses nouvelles projections de croissance sera aussi un élément clé dans l'évaluation de la reprise, à savoir sa vigueur, sa célérité et ses divergences géographiques. Au Royaume-Uni, le dévoilement cette semaine (date non communiquée) par le gouvernement de la stratégie de déconfinement qui entrera en vigueur début juillet sera un moment clé pour les observateurs d'une livre sterling victime d'une rechute la semaine dernière après la réunion de la Banque d'Angleterre.
  • L'euro, que l'on a vu vivement corrigé ces deux dernières semaines face aux traditionnelles devises refuges (CHF, JPY & USD), sera également très attentif au potentiel nouveau conflit qui pourrait survenir entre la Banque Centrale Européenne et la justice allemande concernant les modalités des programmes d'assouplissement quantitatif auxquels les banquiers centraux ont recours depuis 2015 pour assurer une quantité suffisante de liquidités sur les marchés et des conditions de crédit favorables. Les réactions à la publication ce jeudi des Minutes de la réunion du 4 juin 2020 au cours de laquelle la BCE a décidé d'augmenter son programme d'urgence de rachats d'actif lié à la pandémie (PEPP) de 600 Mds€ pour atteindre un total 1350 Mds€, seront très suivies. Dans ce compte rendu, la banque centrale devrait expliciter cette décision et les conditions d'une telle opération dans un but non-dissimulé d'éviter de s'attirer les foudres de la justice allemande qui en mai dernier a remis en question la légitimité de tels programmes (PEPP non ciblé à l'époque par la cour constitutionnelle de Karlsruhe). Les juges allemands ont fixé à août l'échéance à laquelle les banquiers centraux européens doivent fournir leurs justifications concernant le montant de plus de 2Trn€ injecté entre 2015 et 2019 sous peine d'interdire la participation de la Bundesbank (banque centrale allemande) à ce programme. Si la BCE a rappelé que les décisions de justice nationales n'avaient pas d'autorité sur ses actions, il s'agit néanmoins d'un cas épineux malvenu en cette période de crise. Comme si cela n'était pas suffisant, il s'est ajouté depuis la semaine dernière une plainte de la formation d'extrême-droite allemande (AfD) contre le Parlement et le gouvernement fédéral pour tenter de stopper la participation de la Bundesbank au PSPP, qui selon la formation politique ne rentre pas dans le mandat de la banque. Pour le moment cette situation ne semble pas inquiéter outre-mesure les marchés, néanmoins les acheteurs d'euro ne seront pas insensibles aux éventuelles critiques faites en marge de la publication des Minutes de la BCE. Un regain d'inquiétude des investisseurs autour de la continuité du programme de rachats d'actif mis sur pied par la BCE pour accompagner la reprise économique de la Zone Euro pourrait générer quelques remous et accentuer le mouvement correctif actuel sur l'euro.
  • L'euro amorce la semaine du bon pied. Le taux EUR/USD remonte ce matin au-dessus de la barrière de 1,12 $ après avoir ponctué la semaine dernière sur une chute à un plus bas depuis 2 semaines (1,1175 $). Le taux EUR/JPY se reprend et tente ce matin de repasser la barrière de 120 ¥ alors que la paire de change reste sur un repli de -3,5% sur les deux dernières semaines. Après avoir clôturé la semaine dernière à son plus bas niveau ce mois-ci (1,0640 ₣) , le taux EUR/CHF remonte très difficilement ce matin à hauteur de son ancien support de 1,0650 ₣.
  • Après avoir clôturé la semaine dernière à un pic de presque 3 mois au niveau de 0,9050 £, le taux EUR/GBP se replie légèrement ce matin en écho aux rumeurs de nouvelles mesures de soutien après les déclarations faites ce weekend dans la presse par le ministre des finances britannique Rishi Sunak. Une baisse de la TVA - actuellement à 20% vs seuil minimum de 15% au sein de l'UE - a d'ailleurs été évoquée par ce dernier comme une option à ne pas négliger. De telles annonces pourraient venir donner un coup de fouet à une devise britannique qui en a bien besoin et dont la valorisation est clairement décotée. Il reste à savoir quels sont les réels leviers d'action du gouvernement britannique alors que l'on observe déjà un endettement public à un niveau supérieur à la production annuelle de richesse (> 100% du PIB), une situation à laquelle on n'avait plus assisté dans le pays depuis 57 ans. Les observateurs de la livre suivront également avec attention les annonces faites cette semaine par le gouvernement concernant le plan de déconfinement dont les premières mesures entreront en vigueur début juillet. La règle de distanciation sociale de 2 mètres devrait vraisemblablement être ajustée afin de relancer la consommation et intensifier le redémarrage de l'économie. Le Royaume-Uni est l'un, sinon le dernier pays d'Europe où les règles de restriction sont encore les plus fortes, ce qui explique en partie le désamour actuel des marchés pour la livre. Un sursaut de cette dernière pourrait s'observer cette semaine en cas de vague de soulagement/d'espoir autour d'une reprise qui se fait (enfin) en action.
  • Le dollar australien vit une séance très agitée. Après avoir courbé l'échine en séance asiatique en réaction aux annonces de nouvelles mesures de restriction en Australie, la devise a réussi à inverser la dynamique et enregistre actuellement un rebond face à l'euro. La réduction des inquiétudes autour d'une possible seconde vague en Chine ainsi que l'optimisme général autour d'un redémarrage rapide de l'économie mondiale et le report de sanctions américains contre la Chine soutiennent les achats de dollar australien. Aperçu à presque 1,6450 A$ en Asie, le taux EUR/AUD s'échange ce matin à moins de 1,63 A$.
  • On avait vu le taux EUR/SEK clôturer la semaine dernière à un pic d'un mois à presque 10,60 SEK sous l'effet des incertitudes autour du risque d'une seconde vague de contamination à l'échelle globale et des répercussions potentielles que celle-ci pourrait causer sur la reprise. La progression du virus en Suède, où les autorités ont décidé de ne pas appliquer de mesures de restriction comme ses voisins européens, peut également expliquer les soubresauts de de la couronne.  La devise suédoise se reprend ce lundi alors que s'observe des signaux de détente sur les marchés des changes,  le taux EUR/SEK se replie au niveau de 10,55 SEK.
  • Les investisseurs continuent de se tenir à distance des devises émergentes au regard des nombreuses incertitudes qui demeurent. Du fait de la présence active du virus en Amérique du Sud, les devises de la région restent particulièrement dégradées. Le real brésilien perd un peu de terrain ce matin et s'échange à 5,95 BRL face à l'euro. Le rand sud-africain recule également et tutoie ses plus bas niveaux depuis un mois à 19,5 ZAR face à l'euro. Le yuan recule face à l'euro après avoir clôturé vendredi dernier à son plus haut niveau en juin (7,91 ¥).

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