Actualités du marché des devises

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juin 18, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La livre sterling sous la menace de nouvelles mesures de la Banque d'Angleterre, la crainte d'une seconde vague s'atténue

  • Malgré des signes suggérant une reprise plus rapide que l'on n'aurait pu le penser de l'économie mondiale - dernier exemple en date, la note de conjoncture de l'INSEE en France qui constate un redémarrage plus fort que prévu depuis la mi-mai - c'est un sentiment de peur qui transpire actuellement des marchés des changes. Peur à la fois d'une seconde vague qui oblige les autorités politiques à reconfiner comme on peut l'observer actuellement en Chine et dans la capitale Pékin. Peur également face aux tensions géopolitiques qui émergent (Corée du Nord vs. Sud, Chine vs. Inde) et menacent de déséquilibrer l'ordre mondial. Peur aussi que le prolongement de mouvements de contestation sociale aux Etats-Unis, à Hong Kong ou encore en France fragilise des économies actuellement en crise. Face à ce constat, les acteurs de marché sollicitent vivement les devises dites "refuges" en tant que couverture naturelle pour réduire leur exposition au risque. Le yen japonais et le franc suisse sont sur une pente ascendante et ont tutoyé hier leur plus haut niveau au mois de juin (vs. EUR). Le dollar continue de bien performer et est en ce moment préféré à l'euro, la devise américaine continuant de surfer sur les bons résultats économiques publiés cette semaine aux Etats-Unis (ventes au détail) alors que son homologue européenne souffre, elle, d'une réduction des spéculations d'un possible accord trouvé cette semaine entre les dirigeants européens concernant le plan de relance.  Aucune réelle tendance se dessine ce matin, la séance asiatique se révélant plutôt calme. Seul le dollar australien montre quelques signes de faiblesse après la publication de chiffres de l'emploi décevants. Les regards seront principalement tournés ce jeudi vers le Royaume-Uni où sera publié à la mi-journée les conclusions de la nouvelle réunion de la Banque d'Angleterre (13h00) et où se déroulera une rencontre entre le premier ministre Boris Johnson et le président français Emmanuel Macron en visite ce jeudi à Londres pour les commémorations de l'appel du 18 juin du Général de Gaulle. L'occasion pour les deux dirigeants d'aborder le thème épineux de l'après-Brexit et des négociations commerciales qui pour le moment patine. Trois autres réunions monétaires sont également à suivre ce jeudi, en Suisse, en Norvège et en Russie.
  • Le taux EUR/USD a enchaîné une seconde séance de repli mercredi et n'a dû son salut qu'à la présence de la barrière de 1,12 $ qui n'a pas cédé malgré les pressions baissières qui s'exerçaient hier sur la paire de change. Le contexte d'aversion au risque mêlé aux bons résultats économiques observés cette semaine aux Etats-Unis offre un terreau favorable à une revalorisation du dollar qui en profite pour effacer les importantes pertes subies depuis la seconde moitié du mois de mai. Le sursaut du dollar tranche avec le manque de vigueur de l'euro qui semble actuellement en "panne d'essence" ou de catalyseurs pour rebondir à nouveau. Il fait peu de doutes actuellement, si l'on en croit les différents échos entendus ces derniers jours dont les commentaires de la chancelière allemande Angela Merkel, qu'il est peu probable que les dirigeants des 27 membres de l'UE parviennent à trouver sur cette fin de semaine un accord mutuel sur le plan de relance proposé par la Commission Européenne. Des négociations semblent nécessaires pour tenter de gommer les nombreuses divergences qui existent entre les pays, et au mieux on peut s'attendre à un accord d'ici juillet juste avant la trêve estivale. Ce matin, la paire de change est relativement stable et oscille à hauteur du seuil de 1,1250 $. Deux facteurs pourraient venir troubler le calme de la paire de change : 1) la publication aux Etats-Unis dans l'après-midi des inscriptions hebdomadaires à pôle emploi et d'une enquête de la Fed de Philadelphie (14h30) qui pourraient déclencher un nouveau rebond du dollar si les résultats confirment une reprise en cours, et 2) d'éventuelles avancées sur le volet du Brexit en marge de la rencontre B. Johnson/ E. Macron qui seraient vues d'un bon œil par les acheteurs d'euro. On continue de surveiller en parallèle la situation sanitaire aux Etats-Unis où certains Etats enregistrent des hausses inquiétantes de cas de Covid-19, ainsi que l'agitation politique autour de la publication du livre polémique d'un ancien conseiller de Donald Trump dont les premiers échos sortis dans la presse évoquent notamment une demande de soutien formulée par le président américain auprès de son homologue chinois pour assurer sa réélection en novembre prochain.
  • La livre sterling pourrait connaître une séance très agitée en marge de la réunion monétaire de la Banque d'Angleterre (BoE) qui devrait, selon toute vraisemblance, annoncer une augmentation cette après-midi (13h00) de son programme quantitatif (QE) à hauteur de 100 Mds£ (consensus), lequel passerait ainsi de 645 à 745 Mds£. Les marchés n'attendent pas de nouvelle baisse de taux en juin, estimant que la banque centrale britannique devrait probablement se garder quelques munitions au cas où la situation économique était amenée à se dégrader davantage. Les investisseurs seront très sensibles à la communication de la banque concernant ses leviers d'action et notamment sur la question des taux négatifs, une option que la banque ne semble pas exclure et qui est actuellement débattue. Peu à l'aise dans un environnement d'aversion au risque, la livre sterling a réussi tant bien que mal cette semaine à résister aux pressions baissières qui menacent de la faire glisser au-dessus du seuil de 0,90 £ face à l'euro. Cette barrière pourrait être à nouveau testée, voire brisée, si d'aventure la BoE opérait une hausse plus importante que prévu de son QE et/ou ouvrait la porte à une prochaine baisse de taux. Un rebond de la livre vers le niveau de 0,89 £, voire en dessous si viennent s'ajouter des signaux encourageants sur le Brexit, n'est pas à exclure si la banque centrale surprenait les marchés en opérant un statu quo de sa politique monétaire ou augmentant moins que prévu son programme de rachats d'actif.
  • Après un bond de +0,8% sur les deux dernières séances face à l'euro et être revenu à hauteur de ses plus hauts niveaux ce mois-ci (1,0650 ₣), le franc suisse perd du terrain ce matin en marge de la décision monétaire de la Banque Nationale Suisse (BNS). Le consensus de marché n'anticipe pas de changements majeurs de la part de la banque centrale concernant sa politique monétaire, le taux directeur principal devrait à priori être maintenu à son plus bas historique de -0,75%. Ce n'est pas tant sur leurs actions que sur leur communication que les banquiers centraux helvètes sont attendus ce matin. Une rhétorique appuyée contre la (trop) forte valorisation du franc pourrait être interprétée comme une volonté de la part de la banque de continuer à agir activement sur les marchés des changes pour affaiblir la devise.
  • Le yen fait une pause dans son ascension et se stabilise au-dessus de la barrière de 120 ¥ face à l'euro alors que les craintes autour d'une seconde vague s'atténue légèrement après la publication ce matin d'une baisse du nombre de nouveaux cas recensés en Chine (28). Les acteurs restent néanmoins très prudents face à l'évolution de la situation sanitaire et des tensions géopolitiques dans le monde. L'attentisme en parallèle observé sur les marchés actions ne favorise pour le moment pas une correction sur la devise.
  • Le dollar australien cède un peu de terrain face à l'euro et glisse tout doucement vers le niveau de 1,64 A$ alors que les chiffres de l'emploi publiés ce matin en Australie montrent une hausse du chômage en mai à son plus haut niveau depuis 18 ans (7,1% vs. 6,2% en avril). Pour le second mois consécutif, le pays enregistre de fortes destructions d'emploi, celles-ci s'élèvent à -228k en mai après 594k en avril.
  • La couronne norvégienne recule ce matin face à l'euro pour la première fois de la semaine en amont de la publication ce matin de la décision monétaire de la Norges Bank. On n'attend pas d'annonces majeures de la part de la banque centrale qui a réduit son taux directeur à 0% le mois dernier. Les marchés seront attentifs aux éventuelles annonces concernant de nouvelles mesures envisagées par la banque pour soutenir l'économie, à savoir le recours à des taux négatifs ou à des rachats d'actif.
  • Comme il l'était anticipé par les marchés, la banque centrale brésilienne a réduit mercredi son taux directeur de -75pbs à 2,25%, soit un nouveau plus bas historique. En parallèle, la banque a laissé la porte ouverte à d'autres baisses de taux dans le futur pour venir appuyer un redémarrage de l'économie qui est lourdement impactée par la pandémie actuelle. Le Brésil apparaît à cet heure comme le principal foyer de contamination du virus et demeure le second pays le plus impacté du monde, juste derrière les Etats-Unis. Le real brésilien, que l'on observe sur une pente glissante depuis la semaine dernière, n'a pas vraiment réagi aux annonces hier de la CRB. Au contraire, la devise a fait une pause dans sa chute pour se stabiliser à hauteur de 5,9 BRL face à l'euro.
  • Le taux EUR/CNH tutoie ses plus bas niveaux depuis 2 semaines et teste la barrière de 7,95 ¥ alors que les marchés spéculent sur de nouvelles mesures de soutien de la part de la banque centrale chinoise. Après avoir passé une bonne partie de la séance dans le rouge, les marchés actions chinois ont inversé la vapeur pour clôturer la journée dans le vert. Ce regain d'optimisme se répercute légèrement sur le yuan qui profite également du manque d'entrain cette semaine des acheteurs d'euro.

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