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juin 17, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Le cœur balance entre des signes encourageants de reprise et des incertitudes qui s'accroissent

  • La multiplication des signaux de rebond de l'économie est encourageante néanmoins il ne pourra avoir de reprise complète tant que la pandémie ne sera pas contrôlée, a indiqué hier le gouverneur central américain Jerome Powell lors de son audition semestrielle devant les membres du Sénat. Cette approche prudente du banquier central américain reflète l'état d'esprit des marchés en ce moment. En effet, le cœur balance entre soulagement à la lecture d'une nette amélioration des indicateurs macroéconomiques comme hier le rebond de l'indice ZEW de sentiment des investisseurs allemand à un pic de 14 ans ou encore la performance record des ventes au détail aux Etats-Unis en mai (+17,7% M/M), et inquiétude à l'égard du risque de seconde vague en Chine et aux Etats-Unis mais aussi de l'émergence de nouvelles tensions géopolitiques entre les deux Corées et entre la Chine et l'Inde. Si hier ce sont les considérations économiques qui l'ont emporté sur les considérations sanitaires et politiques, les rôles pourraient s'inverser dans les prochains jours et/ou semaines. La réalité de la veille n'est pas forcément celle du lendemain et les interrogations autour d'un possible retour du virus pourraient ressurgir et chambouler la dynamique des marchés. Sur les marchés des changes, les acheteurs de dollar ont positivement accueilli hier les bons résultats économiques publiés hier aux Etats-Unis et n'ont guère été surpris par la communication de Powell dont la teneur était relativement similaire aux propos prononcés la semaine dernière en marge de la réunion monétaire de la Fed. Les marchés ont préféré le yen et le franc suisse au dollar australien, preuve ici que l'environnement n'est pas totalement enclin aux prise de risques. La livre sterling a timidement relevé la tête grâce à l'appui de développements positifs sur le Brexit. Les devises pétrolières ont tenu bon puisque les cours pétroliers sous l'impulsion d'un rebond de 3% des cours pétroliers. Les devises émergentes ont évolué en ordre dispersé mais globalement été sur la défensive.
  • C'est probablement l'environnement global et l'évaluation par les marchés des risques sanitaires et géopolitiques comme potentielle menace de la reprise qui devraient influencer la volatilité sur les marchés des changes ce mercredi. Parmi les indicateurs conjoncturels à suivre aujourd'hui, on suivra la publication des indicateurs d'inflation au Royaume-Uni (08h00), en Zone Euro (révision / 11h00) et au Canada (14h30). Aux Etats-Unis, le gouverneur central Jerome Powell tiendra une seconde audition publique , cette fois devant les membres de la Chambre des représentants (18h00). Il est fort probable que la tonalité du discours soit prudente et en ligne avec les récentes communication aussi, sauf élément nouveau, cette intervention pourrait avoir un impact très modeste sur les marchés. À suivre également, le rapport mensuel de l'OPEP qui relatera le degré d'assiduité des pays exportateurs de pétrole à respecter les quotas journaliers de production qu'ils se sont imposés pour stimuler les prix.
  • Le taux EUR/USD fait littéralement le yo-yo autour de la barrière de 1,13 $. Mardi, sous l'impulsion d'un regain d'intérêt des investisseurs pour le dollar après la publication de ventes au détail record et très largement au-dessus des attentes du consensus (+17,7% M/M vs. cons. +8%), mais aussi d'une progression de la production industrielle (+1,4% M/M) et manufacturière (+3,8% M/M) en mai, le taux EUR/USD a vivement corrigé jusqu'à atteindre un creux en séance à 1,1230 $ avant de retracer pour finalement clôturer à 1,1260 $. Les échos autour d'un nouveau plan d'investissement de 1 Trn$ que souhaite mettre en place la Maison Blanche ont également vivement stimulé la demande de dollar. Toutefois, prudence à ne pas céder à l'emballement général a laissé entendre mardi le gouverneur central américain pour qui une reprise ne sera pas complète tant que les citoyens ne sont pas convaincus que la pandémie est sous contrôle. S'il est vrai que les signaux actuels de rebond de l'économie sont très encourageants, il pourrait s'agir simplement d'un effet de rattrapage post-confinement qui pourrait se voir menacé par éventuelle une seconde vague de contamination à travers le pays. Si à l'échelle nationale la progression du virus reste modeste (+1% des cas d'infection mardi, en ligne avec la moyenne journalière de 1,1%), la situation sanitaire dans certains Etats inquiète, notamment en Floride et au Texas (pic atteint hier en nombre de cas). Dans ce contexte, le sursaut du dollar pourrait n'être que temporaire, et ce matin d'ailleurs le taux EUR/USD tentait de repartir à la hausse et de regagner le seuil de 1,13 $.
  • Si les marchés ont montré peu de signes d'inquiétude à l'égard de la hausse récente du nombre de cas en Chine et plus particulièrement dans la capitale, au contraire ils voient d'un mauvais œil les mesures de restriction prises en grande pompe par les autorités chinoises pour contenir tout risque de nouvelle vague. L'annulation de milliers de vols au départ et à l'arrivée de Pékinfait craindre une nouvelle fermeture du pays qui semble à nouveau prendre la voie du confinement. Les investisseurs suivent d'un oeil attentif l'évolution de la situation sanitaire en Chine, laquelle pourrait avoir un impact sur l'ensemble de l'économie mondiale. La demande pour les valeurs refuges traditionnelles que sont le yen japonais et le franc suisse reste soutenu, le premier s'échangeant à moins de 121 ¥ face à l'euro et le second à un peu plus de 1,07 ₣.  
  • La livre sterling se renforce légèrement face à l'euro mais cela reste pour l'heure très timide, le taux EUR/GBP oscillait toujours ce matin à plus de 0,8950 £. Les échos positifs entendus mardi sur le Brexit et une volonté mutuelle de la part des autorités britanniques et européennes à faire des compromis pour trouver un accord, ainsi que les bons chiffres de l'emploi (chômage stable à moins de 4%) n'ont néanmoins pas suffi à raviver la flamme des investisseurs pour la devise britannique. L'approche de la réunion monétaire de la Banque d'Angleterre ce jeudi (probable annonce d'une augmentation du programme d'assouplissement quantitatif) mais aussi l'environnement de marché actuel qui se veut très prudent au regard des risques sanitaires et géopolitiques en nette hausse semblent constituer pour le moment un frein aux prises d'achat en livre sterling. Le recul ce matin de l'inflation au Royaume-Uni à un plus bas depuis presque 4 ans de 0,5% pénalise légèrement la livre qui reperd à nouveau du terrain contre l'euro (0,8970 £).
  • Nous avons assisté mardi à un sursaut du dollar canadien qui est revenu se repositionner au centre de son couloir de fluctuation de 1,51-1,54 C$ face à l'euro, bien aidé à la fois par le rebond des cours du pétrole et les bons résultats de l'économie américaine, premier partenaire commercial du Canada. Il y a cette séance deux éléments à suivre qui pourraient venir influencer la volatilité du dollar canadien, à savoir la publication dans l'après-midi des statistiques d'inflation du mois de mai attendues en forte progression par le consensus (+0,7% M/M vs. -0,7% en avril), mais aussi la publication du rapport mensuel de l'OPEP.
  • Le dollar australien reste assez stable depuis deux séances au-dessus du seuil de 1,63 A$ face à l'euro, les acheteurs apparaissant quelque peu confus par les signaux contradictoires de reprise et d'augmentation des risques sanitaires et géopolitiques. La devise est très sensible à l'évolution de la situation à Pékin mais aussi aux tensions qui ressurgissent entre l'Australie et la Chine concernant la gestion de cette crise.
  • En marge du statu quo opéré mardi par la banque centrale polonaise - taux directeur maintenu à 0,1% - le gouverneur central a fait part de ses inquiétudes quant à la vigueur récente du zloty en cette période de crise. Résultat, la devise polonaise enregistre un repli de presque -1% face à l'euro depuis hier et oscille ce matin sur ses plus bas niveaux de la semaine à plus de 4,45 PLN.
  • Le real brésilien (5,9 BRL) enregistre un repli de plus de -4% face à l'euro depuis le début de la semaine et de près de -9% depuis le point haut enregistré le 8 juin dernier. La dégradation de la situation sanitaire dans le pays - record du nombre de cas de contamination en 24h avec près de 35k cas confirmés - et les anticipations d'une nouvelle baisse de taux conséquente de -75pbs ce mercredi de la banque centrale brésilienne pèsent lourdement sur la devise.

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