Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

juin 16, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Le soutien des banques centrales chasse,  les peurs d'une seconde vague

  • La semaine avait débuté avec pertes et fracas sur fond d'inquiétudes autour d'un risque de seconde vague de contamination en Chine et aux Etats-Unis, mais cette nervosité ambiante s'est progressivement dissipée en cours de journée au point que les principaux indices boursiers ont clôturé dans le vert en Europe et aux Etats-Unis. Et ce matin en Asie, on assiste à un important rebond des marchés financiers après avoir enregistré lundi leur pire séance depuis le mois de mars. Comment expliquer ce retournement de sentiment ? Cela tient en plusieurs raisons, à savoir la non-accélération des cas d'infection aux Etats-Unis, les nouvelles mesures de déverrouillage de l'économie en Europe ou encore l'annonce par la Fed qu'elle débutera son programme de rachats de titres d'entreprise ce mardi 16 juin. La décision ce matin de la Banque du Japon d'augmenter son programme d'aide aux entreprises fait écho aux annonces la veille de de la banque centrale américaine et renforcent l'optimisme général. Les échos optimistes entendus sur le volet du Brexit en marge de l'entretien lundi entre Boris Johnson et plusieurs hauts responsables européens contribuent également à atténuer les craintes des investisseurs et chasser le sentiment d'aversion au risque que l'on avait vu s'installer depuis jeudi dernier. Attention à ne pas céder à un trop plein d'enthousiasme alors que l'on observe ce mardi de possibles nouvelles tensions à venir entre les deux Corées. L'euro en profite pour effacer ses pertes de la fin de semaine dernière face aux valeurs refuges traditionnelles (CHF & JPY) et face au dollar américain. Le dollar australien accueille favorablement le reflux des peurs des acteurs de marché ainsi que le fait que la banque centrale exclut pour le moment la perspective de taux négatifs (Minutes de la RBA). La livre rebondit ce matin et se remet à rêver d'un accord possible entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne. Du côté des devises émergentes, on s'efforce de panser les plaies (importantes) de la veille.
  • Le taux EUR/USD a plutôt bien résisté à l'environnement d'aversion au risque lundi matin avant de faire un retour en trombe au-dessus de 1,13 $ (+0,6% lundi) sous l'effet d'une dissipation des inquiétudes générales autour du risque d'une seconde vague de contamination mais aussi optimisme face au déverrouillage progressif de l'économie en Europe. La paire restait sur deux séances consécutives de perte et un repli de 1%, mais cela est quasiment effacé ce matin puisque cette dernière consolide ce matin sa position. Si les marchés accueillent favorablement l'accélération des mesures de déconfinement en Europe qui pourrait permettre à la région de redémarrer plus vite que prévu, ils sont tout aussi enjoués de voir quelques signes de progrès dans les négociations britanno-européennes. Cela participe à venir renforcer le crédit accordé à l'Europe très souvent considérée, à juste titre, comme une zone de turbulence. La paire de change aura l'occasion de prolonger son rebond à condition que : 1) les conditions de marché ne se dégradent pas, 2) la confiance des investisseurs allemands reste à un niveau élevé (indice ZEW à 11h00), et 3) le gouverneur central américain renouvelle son approche prudente à l'égard des perspectives économiques américaines à l'occasion de son audition semestrielle devant les membres du Sénat (16h00). Parmi les autres facteurs à suivre ce mardi, on aura également un œil attentif aux statistiques de ventes au détail (14h30) et de production industrielle (15h15) au mois de mai aux Etats-Unis. Ce sera ainsi l'occasion d'évaluer si un rebond de l'activité, observé à travers les derniers chiffres de l'emploi, se confirme.
  • Après avoir flirté avec ses plus bas niveaux depuis 3 mois, la livre sterling se reprend bien ce matin et remonte à hauteur de 0,8950 £ face à l'euro. L'entretien hier entre le premier ministre Boris Johnson et plusieurs hauts responsables européens, dont la présidente de la Commission Européenne, semble avoir porté ses fruits. Les deux camps semblent décidés à faire des compromis pour tenter de conclure un accord commercial d'ici la fin de l'année et l'arrêt de la période de transition qui assure aujourd'hui le maintien temporaire de Londres au sein du marché commun européen. Pour le premier ministre britannique les positions des deux camps ne sont pas aussi éloignées que cela et un accord est selon lui envisageable d'ici juillet. Si on peut légitimement émettre quelques doutes sur ce timing, cela dénote néanmoins d'une volonté du côté britannique d'accélérer les choses. Les négociations bilatérales reprendront à partir du 29 juin, cette fois de manière plus concentrée qu'une rencontre toutes les 3 semaines il était le cas jusqu'à présent. Pas d'emballement sur ce dossier qui nous offre depuis 4 ans moults rebondissements, néanmoins pour la première fois depuis longtemps un pas mutuel l'un vers l'autre est fait, ce qui ne peut être qu'une bonne nouvelle. Les chiffres de l'emploi publiés ce matin au Royaume-Uni n'ont pas eu d'impacts positifs sur la livre. D'un côté, on peut se réjouir de voir que contrairement à ce qui était anticipé par le consensus, l'économie britannique n'a pas détruit d'emplois en avril (+6k vs cons. -83k) et a conservé un taux de chômage stable (3,9% vs. cons 4,7%). Les mesures de chômage partiel appliquées par le gouvernement semblent avoir fonctionné et limité les licenciements néanmoins on peut s'inquiéter du recul de la croissance des salaires qui chute en avril à son plus bas niveau depuis septembre 2014 (1,0% en rythme annuel). Avec un pouvoir d'achat plus limité, la consommation des ménages pourrait se voir réduite.
  • Le yen et le franc ont vivement corrigé face à l'euro hier et restent tous deux en repli ce mardi matin alors que l'environnement global se veut moins averse au risque. Le taux EUR/JPY a fait son retour depuis la veille au-dessus du seuil de 121,5 ¥ et prend clairement la direction ce matin de la barrière de 122 ¥. Le statu quo de la Banque du Japon sur ses outils monétaires traditionnels (taux directeurs, politique d'encadrement de la courbe de taux, QE) a peu surpris les marchés. Au contraire le soutien renforcé aux entreprises via une hausse du programme d'aide de 75 000 à 110 000 Mds¥ contribue à renforcer le sentiment des investisseurs, et par conséquent faire fléchir la demande globale en yen. Quant au taux EUR/CHF, après une petite frayeur en début de séance lundi il a finalement consolidé sa position au-dessus du seuil de 1,07 ₣ et parvient ce matin à franchir le seuil de 1,0750 ₣ contre lequel il avait buté la veille.
  • On avait vu le taux EUR/AUD bondir lundi matin à un pic de 2 semaines à plus de 1,65 A$, il a depuis réussi à inverser la vapeur et retracer vers les niveaux de 1,6350 A$. Si la dissipation des inquiétudes autour d'une seconde vague de contamination a clairement contribué au rebond de la devise australienne, la publication ce matin du compte rendu de la réunion monétaire de la RBA au mois de juin contribue à soutenir cette dynamique. On y lit que la banque est prête à accroître son programme de rachats d'actif si besoin et qu'elle n'entend pas remonter ses taux en l'absence de progrès significatifs au niveau de l'emploi et de l'inflation. Le fait que la banque continue d'exclure pour le moment l'option de recourir à des taux négatifs est une bonne nouvelle pour le dollar australien dont l'attractivité aurait pris un coup en cas de spéculations renforcées autour de ce scénario.
  • Le taux EUR/CAD a une nouvelle fois titillé lundi la barrière de 1,54 C$ qui fait office de seuil de résistance depuis 2 mois et demi. L'annonce par le premier ministre canadien qu'il hésitait à rouvrir les frontières avec les Etats-Unis, qui sont le premier partenaire commercial du pays, a jeté un petit coup de froid. Si le taux recule légèrement ce matin, on pourrait à nouveau voir cette semaine de nouvelles tentatives d'expansion de la paire de change alors que se profile la publication mercredi des nouvelles statistiques d'inflation et vendredi de ventes au détail au Canada.
  • La couronne norvégienne a enregistré jusqu'à -1,5% de pertes en séance lundi face à l'euro et a touché à cette occasion un creux de 3 semaines à plus de 11,0 NOK. Néanmoins, c'est sur un rebond de +0,5% que la devise nordique a clôturé la séance grâce à l'appui d'un rebond des cours du pétrole stimulé par l'évanouissement des risques autour d'une possible seconde vague de contamination. L'EUR/NOK reprend sa marche en arrière et se rétracte ce matin sous le seuil de 10,75 NOK.
  • Le zloty polonais a enregistré hier un important rebond face à l'euro (+0,6%) et clôturé à son plus haut niveau depuis 8 séances à 4,4130 PLN sur fond de réduction des spéculations de nouvelle baisse de taux en Pologne. Le gouverneur central a très clairement fermé la porte à cette hypothèse, selon lui réduire à nouveau les taux d'intérêt de leur niveau déjà historiquement bas (0,1%) pourrait déstabiliser le secteur financier.
  • Les devises émergentes, si l'on exclut les devises des pays d'Europe Centrale et Orientale (PECO), ont été les grandes perdantes de la journée de lundi. Le réal brésilien a notamment cédé -2,7% face à l'euro (5,84 BRL), le rand sud-africain -1,1% (19,4 ZAR), la livre turque -0,9% (7,74 TRY), le rouble russe -0,8% (78,9 RUB), le peso mexicain -0,6% (25,1 MXN) et le yuan -0,5% (8,0 ¥). Elles pansent leur plaie ce matin et profite d'un environnement moins averse au risque pour tenter de rebondir modestement.

Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.