Actualités du marché des devises

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juin 12, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Seconde vague de contamination et ascenseur émotionnel

Une large correction des bourses qui profite au dollar

  • Quel carnage ! Alors que l'on évoquait en début de semaine le redémarrage en trombe des marchés actions qui en l'espace de moins de 3 mois avaient réussi à effacer à combler une large partie des pertes subies en février-mars, hier ils ont vivement piqué face au retour dans l'actualité des risques d'une seconde vague de contamination. La hausse importante des nouveaux cas d'infection dans plusieurs Etats américains inquiète vivement des investisseurs qui voient là poindre la menace d'un nouveau verrouillage de l'économie qui viendrait encore accentuer un peu plus la récession que nous sommes en train de vivre. Les marchés actions américains ont chuté de près de 6% jeudi et connu leur pire séance depuis 12 semaines, tandis qu'en Europe les pertes ont oscillé entre -4% et -5%. Les prix du pétrole ont quant à eux chuté de près de -8%. L'ampleur de la correction interroge fortement sachant que pour le moment les signaux de recrudescence du virus sont très récents et surtout localisés. Les marchés jouent-ils à se faire peur après s'être (un peu trop) emballé sur un scénario de reprise rapide de l'économie mondiale ? Il est fort possible que l'on ait pris conscience que l'on peut être monté un peu trop haut trop vite malgré la présence d'importantes incertitudes et zones d'ombre par rapport aux effets durables de cette crise. Le mouvement baissier semblait perdre un peu de son ampleur ce matin en Asie , néanmoins tous les indices sont ce matin dans le rouge. Au niveau des marchés des changes, la montée des peurs arrive à point nommé pour un dollar en perdition depuis plusieurs semaines. Fort de son statut de valeur refuge, il a de nouveau donné de la voix hier et vivement rebondi. Le yen et le franc suisse n'ont pas été en reste et également fait l'objet d'une forte demande de la part d'investisseurs apeurés. Les devises cycliques, pétrolières et émergentes ont quant à elle connu une journée noire et enregistrées d'importantes pertes, parfois bien supérieures à -1%.
  • Le mouvement de panique va-t-il se prolonger ou au contraire s'évanouir aussi vite qu'il est arrivé ? Cela sera l'enjeu de cette dernière séance de la semaine. Le recul des bourses asiatiques ce matin semble confirmer que la confiance est rompue et que les investisseurs sont à nouveau sensibles à l'évolution du virus à travers le monde, et principalement au sein des économies développées. Sur le plan des données économiques, l'attention se portera ce matin sur l'importante série de statistiques publiée au Royaume-Uni incluant entre autres les chiffres de PIB au mois d'avril, la production industrielle et la balance commerciale. Les statistiques de production industrielle en Zone Euro (11h00) et les premières estimations de l'indice Michigan de confiance des ménages aux Etats-Unis (16h00) seront également attentivement observés par les acteurs de marché.
  • Deuxième vague ou non, les décideurs américains n'ont aucunement l'intention de refermer le pays. C'est le message délivré hier par la Maison Blanche face à la montée des craintes d'un nouveau verrouillage de l'économie aux Etats-Unis en cas de recrudescence du virus sur le territoire. Il reste à voir néanmoins si cette position est tenable dans le cas où la situation sanitaire venait à s'aggraver. La gestion de cette crise jouera probablement un rôle important dans le résultat de l'élection présidentielle de novembre prochain, aussi pour l'exécutif il sera important de trouver le bon équilibre entre risques humains et risques économiques. S'il a très largement profité de cette crise grâce à son statut de valeur refuge et de réserve, le dollar pourrait voir les rôles s'inverser si d'aventure les Etats-Unis étaient le seul pays à devoir se reconfiner, ou au moins imposer de nouvelles mesures de restriction pour contenir le virus. Pour le moment rien de tout cela, la devise américaine a retrouvé un peu d'éclats jeudi dans ce mouvement de panique générale des bourses mondiales. Le taux EUR/USD est retombé à 1,13 $ alors même qu'il avait franchi le seuil de 1,14 $ quelques heures plus tôt en marge de la réunion de la Fed. Tout va très vite, c'est un véritable ascenseur émotionnel que viennent de vivre les marchés.
  • La Commission Européenne doit revoir sa copie. C'est du moins ce que réclame le groupe de Visegrad (Pologne, République Tchèque, Hongrie et Slovaquie) en échange de son vote en faveur du plan de relance européen de 750 Mds€. Selon ces pays de l'Est, le programme d'aide dans sa forme actuelle n'est pas assez équitable, notamment vis-à-vis des plus petites nations ou de celles qui ont le mieux géré la pandémie. Affichant un front uni, les pays d'Europe centrale et orientale (PECO) posent donc leur condition et mettent la pression sur Bruxelles pour procéder à des ajustements d'ici le Conseil de l'Union Européenne programmé la semaine prochaine (18 & 19 juin). Rien n'est donc acté et de nouveaux rebondissements pourraient être observés sur ce dossier. Le maintien d'une zone d'ombre empêche l'euro de venir contester au dollar son statut de valeur refuge d'où le mouvement correctif de la veille sur l'EUR/USD. Le repli pourrait s'intensifier dans les prochains jours si les divergences politiques font planer un risque de rejet du plan et donc nouveau retard dans le déploiement des aides économiques aux pays les plus impactés.
  • Ascenseur émotionnel également pour la paire EUR/CHF qui en l'espace de quelques jours est passé du niveau de 1,09 ₣ à moins de 1,07 ₣.  Les pertes sur la semaine avoisinent les -2% et la paire de change a clôturé jeudi à son plus bas niveau depuis 2 semaines (1,0666 ₣). Autre devise refuge, le yen a lui aussi enregistré hier une 4ième séance consécutive de hausse face à l'euro et clôturé sous le seuil de 121 ¥. Ce matin, les deux paires EUR/CHF et EUR/JPY tentent de rebondir, mais le mouvement reste timide.
  • Depuis quelques mois, on observe des difficultés pour la livre sterling à bien performer lors de période d'aversion au risque comme celle d'hier. Au regard des risques qui planent au-dessus du Royaume-Uni (récession, Brexit, gestion sanitaire), les investisseurs se montrent très prudents à l'égard de la devise britannique et frileux à prendre des positions dans une devise qui offre à ce jour peu de garanties. C'est dans ce contexte que l'on voit le taux EUR/GBP frapper à nouveau à la porte du seuil de 0,90 £ qu'il ne parvient pas à franchir durablement depuis maintenant plus de 2 mois. Les chiffres décevants publiés ce matin illustrant une contraction un peu plus forte que prévu de l'économie britannique en avril de -20,4% (consensus -18,4%) et une contraction similaire de la production industrielle sur cette période (-20,3% M/M) alimentent de nouvelles pressions baissières sur la livre sterling.
  • Le dollar australien a cédé -1,4% jeudi face à l'euro, soit sa pire séance sur les 2 derniers mois. La forte contraction des bourses mondiales n'est pas étrangère à ce repli de la devise qui avait très largement bénéficié du vif redressement des marchés actions ces dernières semaines pour atteindre un pic de 5 mois sur ce début de semaine à moins de 1,61 A$. Le taux EUR/AUD est actuellement à son plus haut niveau sur le mois de juin aux portes du seuil de 1,65 A$.
  • Pas insensible à la forte chute des cours du pétrole, la couronne norvégienne, qui comme le dollar australien fut l'une des devises qui a le plus bénéficié de l'effet de décompression des bourses,  a chuté de presque -3% hier face à l'euro. Il s'agit là de la plus forte chute en séance enregistré depuis le 20 mars dernier au moment où le choc de marché lié au coronavirus approchait un pic. Le taux EUR/NOK oscille ce matin à un pic de 2 semaines à hauteur de 10,85 NOK.
  • Les devises émergentes n'ont pas été insensibles à la chute des marchés actions, bien au contraire elles ont vivement souffert d'un reflux de la demande de la part d'investisseurs soucieux de réduire leur exposition aux risques. Le rand sud-africain a chuté de plus de -3% face à l'euro pour revenir se positionner très largement au-dessus de la barrière de 19,0 ZAR (clôture à 19,4 ZAR). Le peso mexicain a lui aussi cédé plus de -3% face à l'euro (25,7 MXN = plus bas depuis 3 semaines), la devise étant victime d'un double fardeau, l'aversion au risque et la chute des cours du pétrole. Le rouble a lui cédé -2% face à l'euro et clôturé jeudi la séance à un plus bas depuis plus de 3 semaines à plus de 79,0 RUB. Le zloty polonais a enchaîné une 3ième séance consécutive de repli et clôturé la séance à un creux de 2 semaines à presque 4,47 PLN. Le yuan a été finalement une des rares devises émergentes à bien s'en tirer et tente de se réinstaller sous la barrière de 8,0 ¥.

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