Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

juin 05, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Trop haut trop vite ? Un euro dopé par la BCE est en passe  d'égaler une série historique

  • Elle était hier très attendue par les marchés, la Banque Centrale Européenne n'a pas déçu. En effet, en annonçant 600 Mds€ de nouvelles injections de liquidités dans le cadre d'une augmentation de son programme d'urgence de rachats d'actif (PEPP), la BCE a dépassé les attentes placées en elle et envoyé l'euro à un pic de 3 mois à plus de 1,13 $. Ces mesures de la banque centrale tombent au lendemain de l'annonce en Allemagne d'un nouveau plan de relance de 130 Mds€ sur deux ans, une simultanéité des décisions qui ravive la flamme des investisseurs pour l'euro qui se mettent à rêver d'une reprise finalement plus rapide en Europe qu'ailleurs. La volatilité hier sur les marchés des changes a été globalement unilatérale car grandement influencée par les réactions post-BCE de l'euro, la devise européenne clôturant en très nette hausse face à l'ensemble de ses pairs, devises d'économies développées et émergentes confondues. En parallèle, nous avons assisté hier à un coup d'arrêt des marchés actions sur fond de prises de bénéfice après avoir atteint mercredi un pic de 3 mois sur les indices boursiers américains et européens. L'impression d'avoir peut-être été trop haut trop vite, c'est le sentiment qui se dégage sur cette fin de semaine en amont de la publication des chiffres de l'emploi aux Etats-Unis et au Canada (14h30). Cela participe à un mouvement correctif assez important au niveau des devises émergentes qui avaient très largement bénéficié sur ce début de semaine du regain d'appétit au risque des acteurs de marché. C'est la double peine pour ces devises car en plus de subir le renforcement de l'euro et elles pâtissent également d'un mouvement de clôture des positions de la part d'investisseurs souhaitant prendre leur profit.

  • Face à la récession inédite qui se dessine cette année en Zone Euro - contraction évaluée à -8,7% ce jeudi par la BCE dans ses nouvelles projections macroéconomiques - la banque centrale européenne a pris hier de nouvelles mesures fortes pour combattre les effets de la crise sanitaire. En augmentant son programme d'aide spécifiquement dédié à la crise (PEPP) de 750 Mds€ à 1350 Mds€, la banque ne s'est pas contentée de réitérer son soutien à l'économie européenne, son action s'inscrit activement dans une dynamique de reprise en Europe. En effet, l'organisation monétaire européen entend développer à travers sa politique d'aide inédite un terreau favorable à un redémarrage rapide de l'activité en garantissant à la fois des conditions financières favorables destinées à stimuler la demande (taux bas) et en stimulant la confiance des investisseurs vis-à-vis de la Zone Euro. Avec un peu de retard à l'allumage, la relance se dessine peu à peu en Europe, les nouvelles mesures des banquiers centraux européens faisant écho à l'annonce la semaine dernière par la Commission Européenne d'un plan d'aide inédit de 750 Mds€. Le spectre d'une crise économique et politique qui planait au-dessus de l'Europe depuis plusieurs mois se dissipe peu à peu, ce qui ne manque pas de stimuler la demande pour l'euro qui tel un phénix renaît aujourd'hui de ses cendres.

  • Bien qu'il ait clôturé au-dessus du seuil de 1,13 $ pour la 1ière fois depuis 3 mois, le taux EUR/USD enchaîne ce vendredi une 9ième séance consécutive de hausse pour un gain cumulé désormais supérieur à 4% et a désormais le seuil de 1,14 $ en ligne de mire. La paire de change est ainsi sur le point d'égaler sa plus longue série de sessions haussières d'affilée de son histoire, un record qui date de 2004 et réalisé à une seule reprise depuis la création de l'euro en 1999. Tous les signaux sont donc au vert et laissent à penser qu'un mouvement correctif pourrait très prochainement survenir sur la paire de change, et potentiellement dès ce vendredi. De bons chiffres de l'emploi - ou du moins pas aussi catastrophique que prévu (consensus : 8,0 Mln de destructions d'emploi en mai & taux de chômage attendu proche de 20%) - pourrait redonner un peu d'air au dollar et l'aider à contenir les pressions haussières sur l'euro. Il y a des raisons de croire en une possible bonne surprise sur le front de l'emploi aux Etats-Unis. Premièrement, les chiffres dans le secteur privé révélés par le cabinet ADP en milieu de semaine étaient bien meilleurs que prévu (-2,8 Mln en mai vs. cons. -9,0 Mln) et deuxièmement on a observé hier un nombre de nouvelles inscriptions hebdomadaires à pôle emploi aux Etats-Unis inférieur à 2 Mln pour la 1ière fois depuis 11 semaines.

  • Parmi les principaux mouvements observés au sein de l'univers du G10 (devises d'économies développées), on relève : 1) l'ascension de la paire EUR/JPY à un pic de 13 mois à plus de 124 ¥, 2) le bond de l'EUR/CHF au-dessus du seuil de 1,08 ₣ et désormais tout proche de ses plus hauts niveaux de l'année (1,0880 ₣), ou encore le retour de la paire EUR/GBP à hauteur du seuil de 0,90 £ ou son "plafond de verre" depuis plus de 2 mois. On surveillera particulièrement la livre sterling alors que l'on attend ce vendredi un bilan des discussions commerciales qui se sont tenues tout au long de la semaine entre britanniques et européens, lesquelles pourraient avoir une incidence majeure sur la poursuite ou non des négociations bilatérales au second semestre et donc sur la future relation économique entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne.
  • Comme un grand nombre de devises, le dollar australien a souffert jeudi du renforcement de l'euro et ainsi cédé -0,5% face à celui-ci pour clôturer au-dessus de 1,63 A$. Ce matin, la devise australienne avait déjà effacé la moitié des pertes de la veille et profité de la bonne séance des bourses asiatiques qui ont globalement fini dans le vert et n'ont visiblement pas été impactée par le repli observé la veille à Wall Street. L'optimisme des marchés autour de la reprise reste dominant tandis que pour l'heure les tensions entre la Chine et les Etats-Unis semblent sur pause, deux facteurs sur lesquels la devise australienne peut s'appuyer pour rester au contact de ses plus hauts niveaux depuis 3 mois (résistance situé à 1,62 A$). La devise sera néanmoins attentive aux éventuels mouvements correctifs importants des bourses européennes et américaines en marge de la publication cette après-midi des chiffres de l'emploi aux Etats-Unis.

  • La contraction de l'économie norvégienne au niveau continental au mois d'avril s'est révélée bien moins importante qu'au mois de mars (-4,7% M/M vs. -6,9%) ce qui laisse à penser que le choc provoqué par la pandémie mondiale a peut-être atteint un pic assez tôt dans le pays et qu'un redémarrage plus rapide que prévu pourrait se matérialiser grâce à l'appui du rebond des cours du pétrole dont le pays est exportateur net. La devise norvégienne poursuit sa dynamique de revalorisation et approche d'un pic de 3 mois à 10,55 NOK.

  • Au sein de l'univers des émergents, ils ont été nombreux à avoir souffert de la comparaison avec l'euro et s'être vivement dépréciés jeudi face à la devise européenne. Le yuan dans sa version non-continentale a ainsi chuté hier à un creux de 20 mois à presque 8,08 ¥, tandis que le real brésilien a lui cédé plus de -2% (5,80 BRL) et le peso mexicain a lui reculé de -1,5% (24,8 MXN). Pour ces deux dernières devises, on peut y lire également un probable effet négatif lié à la propagation de la pandémie en Amérique Latine ces derniers jours. Si le zloty polonais a chuté jeudi en séance à son plus bas niveau de la semaine à plus de 4,45 PLN face à l'euro, la devise tentait d'effacer ses pertes ce matin. Quant au rand sud-africain, malgré un repli hier, la devise reste néanmoins toujours au contact de ses plus hauts niveaux depuis 2 mois et de la zone de 19,0-19,1 ZAR.

Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.