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juin 04, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'ombre de la BCE calme les ardeurs de l'euro

  • Nouvelle journée faste mercredi pour les marchés actions qui, à nouveau rassurés par les signes encourageants de reprise de l'économie, ont enchaîné une 3ième séance consécutive de hausse cette semaine pour atteindre en Europe et aux Etats-Unis un pic de 3 mois. Porté par un sentiment de regain d'appétit au risque mais aussi les discussions autour d'un nouveau plan de soutien de grande ampleur en Allemagne, l'euro a lui aussi prolongé son rebond et enregistré une 7ième séance de hausse consécutive pour atteindre le niveau de 1,12 $ qu'il n'avait plus atteint depuis le 16 mars dernier. Dans cet environnement favorable, les marchés continuent de solliciter les devises émergentes et leurs rendements attractifs au détriment des valeurs refuges traditionnelles qui continuent à dévisser significativement. Les cours du pétrole restent globalement orientés à la hausse et surfent sur les espoirs de reprise néanmoins les pressions haussières se sont quelque peu dégonflées mercredi après des rumeurs d'annulation d'une réunion qu'étaient supposés tenir les membres de l'OPEP et leurs alliés. Après avoir fait un bond à plus de 40 $, l'indice Brent a légèrement retracé en fin de séance, atténuant ainsi la dynamique de revalorisation en cours des devises liées au pétrole comme le rouble russe, le peso mexicain ou encore le dollar canadien. Ce jeudi, tous les regards seront tournés vers la Banque Centrale Européenne dont on espère qu'elle annoncera de nouvelles mesures de soutien sous forme d'injections de liquidités. On gardera également un œil sur la situation aux Etats-Unis et l'évolution des mouvements de contestation sociale après l'annonce hier de poursuite judiciaire contre le policier accusé d'homicide volontaire sur la personne de George Floyd et le désaveu public des choix de Donald Trump de recourir à l'armée contre les manifestants par son propre ministre de la Défense. La relation tendue entre la Chine et les Etats-Unis mérite également d'être surveillée car de nouveaux rebondissements pourraient survenir en réponse à la décision prise hier par Washington d'interdire l'entrée sur son territoire à toute les compagnies aériennes chinoises à partir du 16 juin.
  • Les nouvelles de l'économie sont rassurantes, hier les estimations finales des enquêtes réalisées auprès des directeurs d'achat du secteur privé ont mis en lumière un rebond plus important que prévu de l'activité de l'industrie des services en Zone Euro et au Royaume-Uni. Aux Etats-Unis, l'indicateur ISM du secteur manufacturier a lui aussi enregistré une progression plus importante que ne l'anticipait le consensus au mois de mai (45,4 vs. 41,8 en avril, consensus 44,0) mais reste en néanmoins en contraction. Concernant la situation du marché de l'emploi aux Etats-Unis, les nouvelles sont moins mauvaises qu'on pourrait le croire. En effet, les marchés ont été agréablement surpris de noter "seulement" 2,8 Mln de destruction de postes en mai dans le secteur privé d'après les estimations du cabinet ADP, et non pas 9,0 Mln comme l'anticipait le consensus ou encore 19,6 Mln comme en avril. Même la Banque du Canada y est allée de son message optimisme hier et appuyé l'idée que le plus fort du choc est passé, une thèse très largement partagée aujourd'hui par une grande majorité d'acteurs de marché. Quant à l'annonce en fin de journée d'un accord trouvé au sein de la coalition allemande sur un plan de relance de 130 Mds€ sr 2 ans, elle a également participé à nourrir les spéculations de reprise rapide de l'activité. Misant fermement sur ce scénario, les marchés actions ont lu dans ces indicateurs économiques encourageants des arguments venant valider leurs projections. Sur les marchés des changes, cette vague d'espoir autour de la reprise se matérialise par un net recul de la demande pour les valeurs refuges traditionnelles que l'on avait vu se renforcer significativement au mois de mars et avril au plus fort de la crise. Le dollar, le yen et le franc suisse se sont tous les trois à nouveau vivement dépréciés face à l'euro mercredi à la veille de la réunion de la BCE. Si l'EUR/USD a touché pour la 1ière fois le seuil de 1,12 $ depuis le 16 mars, le taux EUR/JPY a lui franchi le seuil de 122 ¥ pour la 1ière fois depuis le 22 janvier dernier et le taux EUR/CHF a bondi au-dessus de 1,08 ₣ pour la 1ière fois depuis le 14 janvier dernier.
  • L'approche de la réunion de la BCE, qui se déroule ce jeudi 4 juin, ne semble pas faire peur à l'euro, bien au contraire. Les marchés espèrent (et anticipent) une nouvelle action significative de la part de la banque centrale et une augmentation du programme d'urgence de rachats d'actif à hauteur de 500 Mds€ (consensus). Après avoir débloqué une première enveloppe de 750 Mds€ en mars dernier - laquelle pourrait être totalement dépensée dès le mois d'octobre - il est jugé nécessaire que la BCE fasse un nouvel "effort" et participe à la reprise. Elle enverrait ainsi un signal fort et rassurant aux des dirigeants européens qui discutent actuellement les modalités d'un plan de relance inédit de 750 Mds€ qui serait financé au deux tiers par de la dette émise sur les marchés financiers au nom de l'Union Européenne, une première dans l'histoire de l'organisation. Il reste à savoir si la BCE répondra aux (hautes) attentes des investisseurs et ne sera pas échaudée par la décision le mois dernier de la Cour de justice allemande remettant en cause la légitimité de sa politique monétaire et notamment de son programme d'assouplissement quantitatif de près de 3 Trn€ lancé en 2015. Alors que l'EUR/USD vient d'enchaîner 7 séances consécutives de hausse - un fait assez rare pour être noté - pour un gain cumulé de 3%, la paire de change se rétracte légèrement ce jeudi matin à quelques heures de la publication des conclusions de la réunion monétaire de juin (13h45) et de la conférence de presse du gouverneur central européen Christine Lagarde (14h30). Après une telle vague d'enthousiasme et un redressement aussi important, on peut craindre un effet de décompression sur l'euro une fois la décision connue. La déception pourrait également s'emparer des marchés si la banque européenne ne délivre pas, ou pas assez, ce que l'on attend d'elle. L'euro pourrait alors subir d'importants dommages collatéraux et voir une partie de ses récents gains partir en fumée.
  • Nouvelle tentative hier et nouvel échec pour la paire EUR/GBP qui a de nouveau tenter de briser le support de 0,89 £. En l'absence de nouvelles positives sur le front du Brexit et compte tenu de la vigueur actuelle de l'euro, la livre sterling a bien du mal à tenir la dragée haute à son homologue européen. La fin de semaine et l'annonce des conclusions du cycle de discussions commerciales entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne pourraient avoir raison du couloir de 0,89-0,90 £ dans lequel la paire de change est coincée depuis 2 semaines.
  • Sans surprise, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur inchangé à 0,25% ce mercredi mais accompagné cette décision d'une communication teintée d'optimisme. Pour la banque centrale, le scénario le plus extrême pour l'économie canadienne a été évité et à ses yeux le plus fort du choc est désormais passé ce qui devrait permettre un rebond de l'économie dès le 3ième trimestre. Face à l'amélioration des conditions financières, la banque a par ailleurs annoncé une réduction de la fréquence de ses opérations sur les marchés monétaires. Le dollar canadien n'a pas réellement surfé sur cette communication rassurante de la part des banquiers centraux et s'est légèrement rétractée hier face à l'euro. Après avoir flirté en début de semaine avec ses plus hauts niveaux depuis 2 mois et la borne de 1,50 C$, le loonie a glissé mercredi à plus de 1,51 C$ face à l'euro et s'y maintenait ce matin.
  • Le yuan dans sa version non-continentale (offshore) a chuté mercredi à un point bas depuis 9 mois face à l'euro à plus de 8,0 ¥ à cause principalement d'un renforcement de l'euro mais aussi du maintien d'une relation tendue entre Pékin et Washington. La décision hier des autorités américaines d'interdire à partir de juin l'entrée sur son territoire des compagnies aériennes chinoises pourrait entraîner de nouvelles mesures de rétorsion de la part des autorités chinoises et faire craindre une escalade de tensions entre les deux principales économies mondiales.
  • Plusieurs devises émergentes accueillent favorablement ce large regain d'appétit au risque des marchés, surtout celles qui offrent aujourd'hui des rendements obligataires élevés. C'est le cas du rand sud-africain que l'on a vu hier bondir sous le seuil de 19,0 ZAR face à l'euro pour la 1ière fois depuis 2 mois, bien que cette barrière ait eu raison de ces assauts. Le real brésilien poursuit sa convalescence et a réussi a cassé le seuil de résistance de 5,80 BRL contre lequel il butait depuis 6 semaines.

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