Actualités du marché des devises

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juin 02, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Un début de mois sous de bons auspices : les espoirs de reprise l'emportent sur les tensions sino-américaines et aux Etats-Unis

  • La première séance du mois de juin a mis en lumière l'optimisme dominant qui caractérise actuellement les marchés qui croient plus que jamais en une reprise rapide de l'économie mondiale. L'accélération des mesures de déconfinement au sein des pays les plus touchés par le virus et l'absence pour le moment de seconde vague de contamination favorisent en effet un redémarrage de l'activité, au même titre que la poursuite en parallèle d'importantes efforts déployés par les gouvernements et banques centrales en matière de soutien à l'économie. Les premiers indicateurs économiques publiés au mois de mai sont plutôt encourageants et suggèrent en effet que le plus fort du choc est désormais derrière nous. De Chine jusqu'aux Etats-Unis en passant par l'Europe, les enquêtes d'activité dans le secteur manufacturier publiées lundi ont confirmé un rebond le mois dernier confirmant ainsi les effets positifs du déverrouillage de l'économie à cette période. Les investisseurs se montrent (très) confiants quant à un redressement de l'économie ce qui s'est matérialisé lundi par un nouveau rebond des marchés actions en Europe et aux Etats-Unis à un nouveau pic de 12 semaines et par une vive revalorisation des devises cycliques, pétrolières et émergentes. L'euro qui a enregistré en mai sa meilleure performance mensuelle de l'année face au dollar reste quant à lui orienté à la hausse à plus de 1,11 $. Malgré cette bulle d'enthousiasme, on ne peut mettre de côté l'existence de nombreuses incertitudes qui, bien qu'actuellement négligées par les investisseurs, pourraient avoir quelques répercussions dans le futur.
  • Les tensions entre Pékin et Washington restent importantes bien que l'absence jusqu'à présent d'actions concrètes de la part de la Maison Blanche a été plutôt bien accueillies lundi par les marchés. Toutefois, les révélations hier par l'agence Bloomberg d'un arrêt des achats de produits agricoles américains par les entreprises publiques chinoises invitent à rester prudents quant à d'éventuelles conséquences sur l'accord commercial bilatéral conclu en janvier dernier. Aux Etats-Unis, il est encore trop tôt pour parler de guerre civile mais les violentes manifestations qui s'y déroulent depuis presque une semaine inquiètent et font craindre un déploiement de l'armée si l'on en croit les menaces formulées par Donald Trump lundi soir. De tels troubles sociaux pourraient, s'ils se prolongent, avoir des répercussions sur la confiance des ménages et leur consommation sachant que celle-ci est déjà dégradée par la forte montée du chômage dans le pays dont on devrait observer un nouveau record ce vendredi à l'occasion de la publication des chiffres officiels de l'emploi au mois de mai.  Au Royaume-Uni, l'ouverture ce mardi d'un nouveau cycle de discussions entre britanniques et européens sur un accord commercial s'annonce tendu mais au combien crucial car en l'absence de progrès majeurs sur ce dossier Londres pourrait respecter sa promesse et ne pas réclamer de prolongement de la période de transition qui encourt jusqu'à la fin de l'année. En Europe, les yeux sont rivés sur la BCE dont on espère qu'elle annoncera ce jeudi de nouvelles injections de liquidités pour maintenir les taux d'intérêt à long terme sur des niveaux très bas et ainsi permettre aux Etats de s'endetter à bas coût. Néanmoins, la remise en cause le mois dernier par une Cour de justice allemande de la légitimité de son programme de rachats d'actif pourrait inciter la banque centrale à faire profil bas et ne pas opérer de nouvelles mesures en juin, ce qui le cas échéant pourrait endommager le timide regain de confiance des investisseurs pour l'euro. Cela enverrait également un mauvais signal en marge des négociations qui se jouent actuellement entre les 27 pays de l'Union Européenne concernant un plan de relance financé au 2/3 (500 Mds€) par de la dette comme le propose le plan dévoilé la semaine dernière par la Commission Européenne.
  • Après cinq séances consécutives de hausse pour un gain cumulé de plus de 2% et un pic de 10 semaines atteint à plus 1,1150 $, le taux EUR/USD semble marquer une pause ce matin. Le rebond des marchés actions, symbole d'un optimisme retrouvé chez les acteurs de marché vis-à-vis des perspectives économiques, mais aussi les espoirs autour d'un plan de relance européen, qui viendrait dissiper les risques de fragmentation politique au sein de la région, portent actuellement la devise européennes et sont les deux principaux facteurs à l'origine du "réveil" de l'euro. Encore impensable il y a deux semaines, un retour au-dessus de 1,12 $ - seuil qui n'a plus été atteint depuis le 16 mars dernier - apparaît désormais plausible. Il faudra néanmoins probablement attendre la réunion jeudi de la BCE et les décisions prises, ou non, par la banque centrale en matière de soutien à l'économie. Le consensus de marché actuel table sur une injection d'au moins 500 Mds€ pour venir compléter l'enveloppe de liquidités de 750 Mds€ initialement annoncée en mars (plan d'urgence de rachats d'actif) dont on craint qu'elle soit entièrement dépensée d'ici octobre. Si ce volume se révélait inférieur à celui-ci ou bien si banque centrale préférait reporter sa décision à l'été ou à la rentrée de septembre - possiblement échaudée par la décision de Karlsruhe - alors cela serait vécu comme une déception par les acteurs de marché et fort possiblement remettre en cause les récents gains de l'euro. La séance de mardi pourrait être une séance de consolidation en l'absence ce mardi de chiffres économiques majeurs en Zone Euro et aux Etats-Unis. Sauf nouveau développement majeur et défavorable sur le volet sino-américain ou concernant les négociations du plan de relance européen, le taux EUR/USD devrait à priori profiter de l'enthousiasme actuel concernant l'accélération des mesures de déconfinement en Europe et la reprise de l'économie pour se maintenir au-dessus de 1,11 $. Si historiquement, il ne semble pas y avoir de liens directs entre le dollar et les protestations politiques aux Etats-Unis, on garde néanmoins un œil attentif sur l'évolution de la situation qui si elle se détériorer davantage pourrait finir par peser sur le haut niveau de confiance que porte les investisseurs dans la devise américaine.
  • Le taux EUR/GBP est assez stable ce mardi alors que débute aujourd'hui un nouveau cycle de négociation - le 3ième depuis avril - entre britanniques et européens autour d'un futur accord commercial. Les dernières déclarations entendues de part et d'autre laissent planer peu d'espoirs de progrès majeurs cette semaine, chaque partie apparaissant camper sur ses positions et dans l'attente d'un compromis de l'autre. Si la crainte d'un "Brexit dur" ou d'un échec des négociations aboutissant sur la réintroduction de barrières douanières entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne dès le 1er janvier prochain est venue légèrement endommager la valeur de la livre sterling en mai, les effets (négatifs) sont pour le moment restés relativement modestes. Se maintenant depuis 2 semaines au-dessus du seuil de 0,89 £ mais en même temps incapable de casser la barrière de 0,90 £, le taux EUR/GBP semble en position d'attente et observe les nouveaux développements sur le volet du Brexit, mais également le déploiement des mesures de déconfinement au Royaume-Uni ainsi que les débats monétaires concernant l'éventuel recours à des taux négatifs par la Banque d'Angleterre. S'il n'y a aucune assurance pour l'heure qu'une absence d'avancées majeures cette semaine sur le volet commercial aura des répercussions néfastes sur la livre, à l'inverse il apparaît clair que tout signe de progrès ou bien indices ouvrant la porte à un prolongement de la période de transition post-Brexit déclencherait un rebond important de la livre sterling. La livre pourrait profiter sur ce début de semaine d'un effet de soulagement des acteurs de marché face au ralentissement net de l'épidémie dans le pays (plus faible bilan lundi depuis le 23 mars) et l'accélération des mesures de déverrouillage de l'économie britannique en attendant le dévoilement en fin de semaine des conclusions des négociations bilatérales britanno-européennes.
  • Actuellement à un pic de 2 mois après un rebond de presque 5% sur les 4 dernières semaines, le taux EUR/JPY voit actuellement son ascension décélérer à l'approche du seuil de 120 ¥. Si la paire de change profite très clairement de l'enthousiasme actuel qui se dégage autour d'une reprise de l'économie mondiale et d'un large rebond des bourses mondiales, la présence de multiples points d'incertitude à l'horizon tels que les tensions palpables entre la Chine et les Etats-Unis vient atténuer les pressions haussières et oblige le taux EUR/JPY à marquer une pause. Une dissipation de ces "nuages" et un nouveau rebond des marchés actions pourraient offrir l'occasion à la paire de change de rebondir davantage et ainsi venir tester le seuil de 121 ¥ qui fait office de seuil de plafond de verre au-dessus du cours de change depuis 4 mois. On observe actuellement un comportement similaire de la part de la paire EUR/CHF dont l'ascension est actuellement stoppée par un rempart localisé au niveau du seuil de 1,07 ₣.
  • Le dollar australien a vivement rebondi lundi (+1,6% vs. EUR) en amont de la réunion monétaire de la Réserve Bancaire Australienne (RBA) et ainsi atteint un nouveau pic de 3 mois à moins de 1,64 A$. Le consensus misait sur un statu quo de la part de la banque australienne, et cette dernière leur a donné raison ce matin puisque la banque a maintenu son taux directeur inchangé à 0,25%. Cette dernière en a également profité pour évacuer l'idée d'un éventuel recours à des taux négatifs. Malgré une forte détérioration de l'économie australienne durant cette crise, le gouverneur central se veut optimiste et pointe du doigt des progrès qui laissent à penser que le choc subit pourrait être possiblement moins important que ne l'avait initialement estimé la banque australienne. Le dollar australien se voit renforcé ce matin par ce soupçon optimiste en provenance de la RBA et consolide sa position actuelle. Si la devise australienne a également très largement bénéficié hier de l'enthousiasme général autour de la reprise de l'économie mondiale mais aussi du soulagement général face à l'absence pour le moment de mesures de rétorsion de la part des Etats-Unis contre la Chine - ce qui était largement pressenti vendredi dernier - elle n'en reste pas moins attentive à l'évolution de la relation sino-américaine. Les révélations hier d'un arrêt momentané des achats agricoles de la part des entreprises publiques chinoises aux Etats-Unis laissent planer la menace de possibles représailles de Washington. À cet égard, le yuan reste lui toujours en position défensive face à l'euro et oscille actuellement non loin de ses plus bas niveaux depuis début mars à hauteur de 7,93 ¥.
  • Les espoirs autour d'une reprise plus rapide que prévu de l'économie mondiale ainsi que les rumeurs entendues hier quant à un possible prolongement des quotas de production pétrolière de la part des membres de l'OPEP et ses alliés ont déclenché lundi un rebond de +8,5% des cours pétroliers en Europe, l'indice Brent clôturant à cette occasion à son plus haut niveau depuis le 6 mars dernier à plus de 38 $. Le dollar canadien en a profité pour bondir de plus de 1% face à l'euro et clôturé à son plus haut niveau depuis 3 semaines juste au-dessus du seuil de 1,51 C$. Le rouble russe s'est apprécié de +1,4% face à l'euro et clôturé à son plus haut niveau depuis le 6 mars dernier à 76,8 RUBLa couronne norvégienne a elle aussi clôturé à un pic depuis le 6 mars dernier face à l'euro à presque 10,70 NOK.
  • Sur les marchés émergents, le rand sud-africain (19,3 ZAR) et le zloty polonais (4,40 PLN = pic depuis le 13 mars) ont vivement rebondi lundi, ce qui n'est pas le cas de la roupie indienne (84 INR) qui a quelque peu pâtit de l'annonce hier de la dégradation de la note de crédit de l'Inde par l'agence Moody's.

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