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mai 29, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Des marchés optimistes sur la reprise, l'euro poursuit sa mue,  les devises émergentes pénalisées par les tensions autour de Hong Kong

  • Portés par les annonces cette semaine d'un second plan de relance de 1 Trn$ au Japon et de 750 Mds€ au sein de l'Union Européenne, mais aussi par l'accélération du processus d'assouplissement des mesures de restriction dans le monde (à l'exception notable de l'Amérique Latine), les marchés s'emballent et se mettent à rêver à une reprise probablement plus rapide que prévu de l'économie mondiale après le choc inédit subi au 1er semestre. Il faut dire que les premiers indicateurs économiques post-déconfinement donnent quelques signes d'espoir, en témoigne hier le léger rebond des indicateurs de sentiment économique en Zone Euro ou encore le ralentissement du nombre de nouvelles inscriptions à pôle emploi aux Etats-Unis (+2,1Mln = plus faible volume depuis 10 semaines). Fort de cet optimisme, les indices boursiers américains et européens ont bondi hier à leur plus haut niveau depuis 12 semaines, tandis que dans le même temps les prix du pétrole ont progressé de 2-3% (Brent à 35 $). Sur les marchés des changes, c'est l'euro qui a la cote auprès des investisseurs, la devise prolongeant hier le rebond amorcé mercredi après l'annonce du plan de soutien de la Commission Européenne. Contrairement au début de semaine, les devises cycliques et émergentes n'ont pas tiré parti de l'euphorie générale, la faute principalement aux tensions entre la Chine et les Etats-Unis qui se sont intensifiées hier après le vote unanime au Parlement chinois du projet de loi de sécurité intérieure à Hong Kong. Washington a d'ores et déjà annoncé qu'il révoquait le statut économique spécial de l'ancienne colonie britannique et le président s'est dit clairement mécontent de la situation. Donald Trump tiendra ce vendredi une conférence de presse sur la Chine en marge de laquelle des sanctions pourraient être annoncées. Ce matin, le yen se raffermit tandis que le yuan reste sur la défensive face à l'euro. L'euro conserve quant à lui la confiance des investisseurs après la publication ce matin de chiffres de croissance au T1 révisés à la hausse en France (-5,3% T/T vs. -5,8% en première lecture) et d'une contraction bien moins importante que prévu des ventes au détail en Allemagne au mois d'avril (-5,3% M/M vs. consensus -12,0%). Parmi les principaux éléments à suivre ce vendredi, outre la conférence de presse de Donald Trump sur la Chine, on s'attardera sur les chiffres d'inflation en Zone Euro, les indices de prix PCE aux Etats-Unis, les chiffres de croissance au T1 au Canada et aux déclarations en fin d'après-midi du gouverneur central américain Jerome Powell (17h00).
  • On a observé jeudi un léger rebond de l'indice de sentiment économique en mai au sein de la Zone Euro après sa chute le mois dernier à un point bas historique. Si la progression est très modeste (67,5 vs. 64,9) néanmoins cela corrobore avec la thèse dominante selon laquelle le plus fort du choc causé par la pandémie est désormais passé. Porté par un regain de confiance des acteurs de marché, un sentiment très largement renforcé par les annonces de la veille du plan de relance européen de 750 Mds€ mais aussi par les échos venus d'Allemagne concernant de nouvelles mesures de soutien qui pourraient approcher les 100 Mds€, l'euro poursuit sa mue et sa dynamique de revalorisation. L'assouplissement renforcé jeudi des mesures de restriction en France,  effectif au 2 juin, contribue assez nettement à l'optimisme général autour de l'euro. Le ciel se dégage quelque et la situation économique semble sur la voie de l'amélioration. Ce matin, grâce à l'appui d'indicateurs économiques rassurants (ou disons plutôt moins décevants que prévu) en Allemagne et en France le taux EUR/USD franchit la barre de 1,11 $ ce qui ne lui était plus arrivé depuis le 30 mars dernier. Quant au taux EUR/CHF, il reste à proximité de ses plus hauts niveaux depuis près de 3 mois et du seuil de 1,07 ₣. Malgré ce rebond, la prudence reste de mise sachant que d'importantes divergences politiques en Europe - sur le volet de la relance mais aussi celui du Brexit - pourraient très bien marquer l'actualité lors de ces prochains jours et mettre en péril le bon passage de la devise européenne. On suivra avec attention en fin de matinée les premiers indicateurs d'inflation en mai en Zone Euro (11h00).
  • Le vote jeudi par les parlementaires chinois du projet de loi de sécurité intérieure à Hong Kong a provoqué la colère des autorités américaines, lesquels ont confirmé que les conditions au maintien de l'autonomie de l'ancienne colonie britannique n'étaient plus respectées.  La Maison Blanche n'a pas attendu l'issue du vote pour annoncer la révocation du statut économique spécial de Hong Kong et pourrait prendre d'autres sanctions, plus ou moins fortes, contre Pékin. Donald Trump s'exprimera ce vendredi sur le sujet et éclaircira à cette occasion les mesures de rétorsion envisagées contre la Chine. Il est pour l'heure difficile d'anticiper quels seraient les impacts sur les marchés des changes d'un durcissement des lois américaines vis-à-vis de Hong Kong mais on peut légitimement penser que le dollar n'est pas totalement insensible à la situation actuelle. La faiblesse affichée ce matin par la devise américaine, laquelle contraste avec le renforcement du yen (autre valeur refuge de référence) qui lui se nourrit de l'accentuation des tensions sino-américaines, est peut-être un indice déterminant indiquant un impact négatif des récents évènements sur sa valorisation. Hong Kong est en effet un hub financier mondial très important qui fait office de lieu d'implantation en Asie pour de nombreuses firmes américaines. D'après la chambre de commerce américaine (AmCham), 1200 entreprises américains ont des activités sur l'île chinoise et 800 d'entre-elles y ont un bureau ou un siège social régional. Par ailleurs, Hong Kong est le pays avec lequel les Etats-Unis enregistraient le plus large excédent commercial en 2018 (33 Mds$), un avantage qui pourrait partir en fumée en cas de sanctions et règles restrictives vis-à-vis des échanges avec cette région.
  • Le yuan chinois reste sur la défensive après que la banque centrale chinoise a publié ce matin un taux pivot du yuan à un nouveau plus bas depuis 2008 (7,1316 ¥). La devise chinoise pourrait voir les pressions baissières qui s'abattent sur elle depuis le début de la semaine s'accentuer en cas de sanctions américaines, si tant est que celles-ci soient considérées par les marchés comme pénalisantes pour l'économie chinoise. Si la devise chinoise limite les pertes ce matin face au dollar, elle continue de vivement glisser face à l'euro et tutoie ce matin ses plus bas niveaux de l'année à près de 7,93 ¥ pour la version continentale (CNY) et 7,95 ¥ pour sa version non-continentale (CNH). Le yen se nourrit des frictions entre américains et chinois et se renforce modestement face à l'euro ce matin, la paire EUR/JPY retombant sous le seuil de 119 ¥.
  • La livre sterling reste pénalisée par les vives inquiétudes concernant l'issue des négociations commerciales entre britanniques et européens qui semblent actuellement dans une impasse. Heureusement pour la devise britannique, la présence d'un seuil de résistance situé au niveau de 0,90 £ lui permet de limiter les pertes face à l'euro. Toutefois, les pressions qui s'exercent sur la livre restent principalement baissières alors que les déclarations politiques qui se multiplient en amont de l'organisation la semaine prochaine d'un nouveau cycle de discussions bilatérales n'invitent guère à l'optimisme. Jeudi, les propos du commissaire européen au Commerce, Phil Hogan, sous-entendant que Londres avait selon lui probablement déjà abandonné tout espoir d'accord, ont très largement participé à nourrir ce sentiment de défiance.
  • Malgré le rebond des cours du pétrole jeudi, le dollar canadien a cédé -0,7% face à l'euro et oscille ce matin aux abords du seuil de 1,53 C$ en amont de la publication ce vendredi des chiffres de croissance au 1er trimestre au Canada (14h30) dont les investisseurs craignent qu'ils soient décevants (consensus : -10% T/T en rythme annualisé).
  • Les peurs grandissantes à l'égard d'une possible nouvelle dispute entre la Chine et les Etats-Unis qui s'accompagnerait de mesures de rétorsion de part et d'autre se sont répercutées sur les devises émergentes. Ces dernières se sont vivement rétractées hier alors que certaines d'entre-elles venaient d'enchainer plusieurs séances de gains significatifs. Ainsi, le rand sud-africain a cédé -1,4% face à l'euro à 19,4 ZAR, la livre turque a perdu -1,2% à 7,55 TRY et le real brésilien a chuté de plus de -3% à 4,45 BRL. Le zloty polonais que l'on avait vu mercredi bondir à un pic de plus de 2 mois face à l'euro a reculé de -0,6% à 4,45 PLN après la décision surprise de la banque centrale de procéder à une nouvelle baisse de taux de -40pbs à 0,1%.

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