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mai 27, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Des marchés optimistes sur la reprise, l'euro attentif au plan de relance de la Commission Européenne

  • La séance de mardi fut principalement marquée par un sursaut d'optimisme des marchés face à la reprise qui s'amorce dans le monde mais aussi face au recul de la pandémie en Europe et aux Etats-Unis qui se confirme malgré l'assouplissement des mesures de restriction sur les dernières semaines. La bourse américaine a ainsi clôturé à un pic de 11 semaines tandis que les cours du pétrole en Europe (Brent) ont eux aussi flirter avec ses plus hauts niveaux depuis 11 semaines et la barrière de 36 $. Sur les marchés des changes, le regain d'appétit au risque s'est matérialisé par un large rebond des devises cycliques (AUD, NZD), pétrolières (CAD, NOK, RUB) et émergentes (PLN, CZK, BRL, ZAR) au détriment des devises dites refuges telles que le dollar ou le yen. L'enthousiasme général fut néanmoins quelque peu douché en fin de séance américaine après les révélations selon lesquelles la Maison Blanche étudierait des sanctions contre la Chine en marge du projet de loi sur la sécurité intérieure que Pékin veut imposer à Hong Kong. Si le regain d'appétit au risque hier a offert l'occasion à l'euro de retrouver un peu d'éclat et de se renforcer face aux principales devises refuges (USD, JPY & CHF), la devise européenne est sur la défensive ce mercredi matin en amont du dévoilement cette après-midi du plan de relance de la Commission Européenne. Face aux nombreuses divergences politiques entrevues ces dernières semaines au sein de l'Union Européenne concernant le financement d'une aide européenne, on craint du côté des investisseurs que ce nouveau plan ne rencontre pas le succès escompté et accentue de ce fait les fractures dans la région. Le yuan se déprécie mercredi sur fond de rumeurs de dévaluation de la monnaie par les autorités chinoises et peurs d'une escalade de tensions entre Pékin et Washington.
  • L'euro joue-t-il aujourd'hui sa survie ? Pas directement, néanmoins il est vrai que le retard pris par l'Europe à mettre en place rapidement un plan d'aide économique commun face à la crise du coronavirus couplé à la décision de la cour de Karlsruhe contre la BCE ont ravivé ces dernières semaines les peurs de fragmentation de la Zone Euro. Deux visions et deux projets s'opposent actuellement. Celui du couple franco-allemand soutenu par les nations du sud de l'Union Européenne qui propose un plan de 500 Mds€ financé par de la dette externe et redistribué sans contrepartie aux Etats les plus impactés par la crise. Et celui d'un groupe de quatre pays incluant l'Autriche, le Danemark, les Pays-Bas et la Suède qui milite pour des prêts assortis de conditions de remboursement prédéfinis à l'avance. C'est littéralement la fable de "La Cigale et la Fourmi" qui semble actuellement se jouer sous nos yeux. Sauf que dans le cas présent, il faut espérer que "la Fourmi" joué par le groupe des "quatre frugaux" sera plus altruiste et se montrera plus solidaire envers sa collègue "Cigale" (nations du Sud) sinon non seulement la reprise de la croissance pourrait s'avérer plus lente en Europe qu'ailleurs, de nouveaux déséquilibres pourraient émerger (chômage de masse, vague massive de faillite) avec le temps mais surtout un manque de coopération européenne pourrait offrir de nouveaux arguments à un renforcement des courants politiques eurosceptiques dans la région. Lourde est ainsi la tâche de la Commission Européenne qui doit viser juste et trouver l'équilibre parfait entre subventions et prêts afin de répondre aux attentes des deux camps. C'est donc un plan de plus 1000 milliards d'euros qui devrait être annoncé ce mercredi après-midi par Bruxelles et ainsi ouvrir un nouveau cycle de négociation entre les 27 pays membres de l'UE qui mènera à un premier vote à l'occasion de la réunion du Conseil européen programmé les 18 et 19 juin prochain.
  • Après un beau rebond hier, l'euro montre quelques signes de fébrilité ce mercredi avant le dévoilement du plan de relance de la Commission Européenne, preuve que les investisseurs ont saisi les enjeux qui se jouent ici. L'EUR/USD se rétracte et s'écarte ainsi du plafond de 1,10 $ avec lequel la paire de change a une nouvelle fois flirté hier sans toutefois l'atteindre. Le taux EUR/JPY retombe sous le seuil de 118 ¥ qu'il avait franchi la veille et le taux EUR/CHF recule sous le seuil de 1,06 ₣ ce matin. En cas de réactions mitigés face à ce plan et signaux de divergences persistantes entre les Etats européens sur le financement de l'aide européenne, l'euro pourrait revoir surgir d'importantes pressions baissières et faire une rechute. À l'inverse, si une entente est entrevue alors un large effet de soulagement pourrait constituer une rampe de lancement à un nouveau rebond significatif de la devise européenne. La barrière de 1,10 $ pourrait à cette occasion être testée par le taux EUR/USD, lequel n'a franchi ce seuil qu'à une seule reprise depuis le 1er avril dernier.
  • Plusieurs proches du dossier ont révélé hier que la Maison Blanche réfléchirait à des sanctions contre la Chine sous forme de contrôle des transactions et/ou gel des actifs détenus aux Etats-Unis par certains dirigeants et entrepreneurs chinois. Washington étudierait en effet si le projet de loi de sécurité intérieur à Hong Kong dévoilé vendredi dernier par Pékin remet en cause l'autonomie de l'ancienne colonie britannique et la promesse faite par les autorités chinoises de maintenir un principe de "un pays, deux systèmes".  Les Etats-Unis ont voté en novembre dernier une loi appelée "acte de 2019 sur les droits humains et la démocratie à Hong Kong" qui donne le droit à Donald Trump de sanctionner directement la Chine si après étude par l'administration américaine il s'avérait que les droits démocratiques n'étaient pas respectés par les autorités hongkongaises. Le président américain s'est dit très mécontent de la situation actuelle et du projet de loi chinois, laissant ainsi planer la menace de riposte qui pourrait un peu plus fragiliser la relation déjà très fragile entre les deux principales puissances économiques mondiales. Le risque de "Guerre Froide" soulevé par la Chine en cas de pressions accentuées de la part de son partenaire américain et tentative d'ingérence de ce dernier sur le dossier de Hong Kong n'est pas de très bon augure dans le contexte actuel de récession mondiale. Pour le moment, les autorités chinoises n'ont pas commenté les informations sur de possibles sanctions américaines, ni même surenchéri sur la question. Sur les marchés des changes, on suit attentivement ce dossier et les prises de décision semblent pour l'heure gelées en attendant de voir les prochains développements sur ce volet. Ainsi, le dollar australien que l'on a vu bondir hier à un pic de 3 mois face à l'euro voit son ascension stoppée au niveau de la barrière de 1,65 A$. Le yuan offshore se déprécie et chute ce matin à un creux de presque 2 mois face à l'euro à plus de 7,85 ¥ alors que ce matin a émergé des rumeurs de possible dévaluation de la devise par les autorités chinoises en cas de sanctions américaines pour en atténuer les effets.
  • La livre sterling a vivement rebondi hier et tenté une percée sous le seuil de 0,89 £ face à l'euro, une tentative qui a finalement échoué puisque le taux EUR/GBP a fini par retracer ses pertes et remonter au-dessus de cette barrière en fin de séance. Les révélations hier d'une volonté supposée de l'Union Européenne de se rapprocher des positions britanniques concernant la question de la pêche en marge du cycle de négociation commerciale qui se tiendra la semaine du 15 juin prochain ont enthousiasmé les marchés. Un possible compromis permettrait de sortie de l'impasse dans laquelle les négociations bilatérales se trouvent et viendrait chasser les peurs de "Brexit dur" qui ont refait surface ces dernières semaines.  Si ces informations venaient à se confirmer dans les prochains jours/semaines, cela ouvrirait probablement la porte à une revalorisation de la devise britannique.
  • L'optimisme général affiché par les investisseurs hier à l'égard d'une reprise de l'économie mondiale a stimulé (modérément) les cours du pétrole et constitué un tremplin à une large revalorisation des devises des pays exportateurs de pétrole qui anticipent une hausse de la demande en pétrole et donc des futurs revenus. Ainsi, le dollar canadien a progressé à un pic de 2 semaines face à l'euro à presque 1,51 C$ et poursuit son ascension ce matin. La couronne norvégienne a touché un pic depuis 11 semaines face à l'euro à moins de 10,85 NOK. Le rouble russe oscille également à un pic depuis 11 semaines face à l'euro mais bute depuis plusieurs séances sur une barrière située à 77,5 RUB.
  • Parmi les devises émergentes, on note le plus fort rebond journalier depuis 2 mois du zloty polonais qui s'est renforcé de +1,3% mardi face à l'euro pour atteindre un pic de 10 semaines à moins de 4,45 PLN. La couronne tchèque s'est appréciée de +0,7% et atteint hier un pic de presque 3 semaines face à l'euro à 27,0 CZK. Le rand a atteint un nouveau pic de 2 mois mais continue de se casser les dents sur la barrière de 19,0 ZAR qui résiste bien aux coups d'assaut de la devise sud-africaine. Le real brésilien a enregistré hier sa 5ième séance consécutive de hausse face à l'euro pour un gain cumulé de presque 7% sur la période, et atteint à cette occasion un pic de plus de 3 semaines à 5,87 BRL.

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