Actualités du marché des devises

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mai 20, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'euro garde le sourire en amont des Minutes de la Fed, la livre sterling affaiblie par les spéculations de taux négatifs

  • Dans le prolongement de la séance de lundi, l'euro est globalement resté orienté à la hausse mardi face à ses principaux pairs grâce à l'appui d'un indicateur économique (ZEW) montrant une hausse plus importante que prévu de la confiance des investisseurs en Allemagne à un pic de 5 ans. Les pressions haussières se sont néanmoins vite résorbées et les gains sont restés modestes, un voile de doutes s'étant déposé sur les deux volets qui avaient généré beaucoup d'enthousiasme parmi les acteurs de marché lundi. En ce qui concerne le plan de relance franco-allemand de 500 Mds€, des voix discordantes au sein de l'Union Européenne s'opposant à l'idée de subventions et militant pour une aide sous forme de prêt devraient obliger la Commission Européenne à revoir la proposition de Berlin et Paris et de l'ajuster pour tenter de trouver un consensus parmi les 27 membres. Au sujet des premiers essais cliniques réalisés par le laboratoire américain Moderna sur un vaccin contre le Covid-19, un article publié mardi est venu remettre en cause les résultats supposés encourageants dévoilés par l'entreprise. Si la peur n'a pas gagné les marchés, l'optimisme du début de semaine s'est quasiment envolé et la prudence reste plus que jamais à l'ordre du jour. On observe un peu d'attentisme ce matin sur les marchés des changes, la volatilité étant réduite et les prises de décision apparaissant gelées en amont de la publication ce soir des Minutes de la Fed (20h00) qui reviendra en détail sur la réunion monétaire du mois d'avril.
  • Malgré les incertitudes qui entourent le futur plan de relance européen, aussi bien sa forme finale que ses modalités de fonctionnement, l'initiative franco-allemande laisse à penser qu'il y a une réelle volonté parmi les principaux Etats européens d'accélérer les discussions et de trouver urgemment une solution pour venir soutenir économiquement les pays les plus en difficulté. Si la proposition en son état actuel devrait vraisemblablement être ajustée afin de satisfaire l'ensemble des 27 membres de l'Union Européenne, l'idée d'un relais pris par les Etats en matière de soutien devrait enlever un peu de pressions sur les épaules de la Banque Centrale Européenne (BCE) et lui permettre de souffler un peu. Cela pourrait éviter à la banque de moduler son aide et ses injections de liquidités dans le futur, et ainsi lui éviter de s'attirer à nouveau les foudres de la justice allemande. Bien que la BCE clame (à juste titre) son indépendance et la légitimité de sa politique monétaire, la récente décision de justice de la Cour de Karlsruhe questionnant la proportion du plan de rachats d'actifs lancé en 2015 est venue semer le doute sur une capacité d'action désormais plus réduite pour la banque centrale, ou du moins désormais très surveillée. Le taux EUR/USD tient bon et conforte actuellement sa position au-dessus de 1,09 $ toutefois les pressions haussières se révèlent modestes au regard des incertitudes persistantes qui entourent l'officialisation d'un plan de relance européen. Un groupe de pays mené par l'Autriche et les Pays-Bas refusent pour l'heure l'idée d'une relance financée par une extension du budget européen qui reviendrait à une forme déviée de mutualisation de la dette entre pays européens.  La barrière de 1,10 $, qui n'a été touchée qu'à une seule reprise depuis le 1er avril, constitue pour l'heure un plafond pour la paire de change. Ce mercredi, si tous les regards se portent sur les Minutes de la Fed qui seront publiées en fin de journée, l'euro sera toutefois sensible à la publication en fin de matinée des estimations finales d'inflation en Zone Euro (11h00) et surtout à la publication en fin d'après-midi (16h00) des résultats préliminaires de l'indice de confiance des ménages européens au mois de mai. Ce sera ainsi l'occasion d'évaluer si les mesures de déconfinement ont un effet positif, et si oui de quelle ampleur.
  • L'audition réalisée hier en duo au Sénat par le secrétaire américain au Trésor et le gouverneur de la Fed n'aura pas apporté de véritable éléments nouveaux. Jerome Powell a néanmoins tenu à réaffirmer l'engagement de la banque centrale à poursuivre son soutien à l'économie et rassurer sur le fait que cette dernière n'était pas à court d'options. De quoi raviver les spéculations autour de possibles taux négatifs dans le pays (biais négatif pour le dollar) ? Si cette hypothèse est pour l'heure écartée par la Fed, les investisseurs restent toujours très attentifs aux signaux et éléments de langage qui pourraient indiquer le contraire. À cet égard, la lecture ce soir du compte rendu de la dernière réunion monétaire de la banque centrale américaine livrera potentiellement quelques informations clés sur ce volet.
  • Les espoirs autour d'un futur vaccin contre le coronavirus ont été vivement douchés mardi par la publication d'un article du site d'information médicale et de santé STAT révélant que les résultats des premiers essais cliniques menés par le laboratoire de biotechnologie Moderna était insuffisants à démontrer une quelconque efficacité sur le Covid-19. Après avoir bondi vivement en cours de séance sous l'impulsion d'un bon indicateur ZEW en Allemagne, les pairesEUR/JPY et EUR/CHF ont retracé une grande partie des gains acquis en cours de séance - pic recensé respectivement à 118,2 ¥ (pic de 5 semaines) et 1,0660 ₣ (proche d'un pic de 2 mois touché lundi) - pour clôturer finalement à 117,6 ¥ pour le premier et tout juste au-dessus du seuil de 1,06 ₣ pour le second.
  • La livre sterling a repris un peu de vigueur face à l'euro mardi grâce à l'appui non seulement de données sur l'emploi en mars moins mauvaises que prévu (baisse du taux de chômage à 3,9% alors que le consensus misait sur une hausse) mais aussi de la publication par le gouvernement britannique d'un nouveau régime douanier au Royaume-Uni dans le cadre de l'après-Brexit qui apparaît très favorable aux consommateurs. Une nouvelle de bon augure dans cette période de crise. Ce nouveau régime prévoit entre autres d'annuler les taxes douanières inférieures à 2% et de supprimer les droits de douane sur 30 Mds£ d'importations liées aux chaînes d'approvisionnement britanniques. On pourrait y voir là une sorte de main tendue lancée en direction des Etats-Unis avec qui Londres a amorcé ce mois-ci les négociations commerciales autour d'un accord de libre-échange. Malgré ces éléments favorables, la livre sterling rencontre des difficultés à se redresser et continue à s'échanger à plus de 0,89 £ face à l'euro. Les inquiétudes autour d'un "Brexit dur" mais aussi les spéculations monétaires autour de l'introduction de taux négatifs par la banque centrale britannique et enfin la situation sanitaire dans le pays (premier pays européen à compter plus de 40k victimes du Covid-19) contiennent pour le moment toute tentative de rebond de la livre. Ce matin, la devise britannique est sur la défensive après la publication d'indicateurs d'inflation en-dessous des attentes (-0,2% M/M vs. cons. -0,1% pour l'indice de prix principal). La volatilité pourrait encore s'emballer et les pressions baissières s'intensifier si les banquiers centraux britanniques (séance de Q&A à 14h30) laissent la porte ouverte à l'usage éventuel de taux négatifs dans le futur. Sur les marchés monétaires, les spéculations misent sur des taux négatifs dès le mois de juin.
  • Le dollar néo-zélandais enregistre ce matin sa 3ième séance consécutive de hausse face à l'euro pour un gain cumulé de +1,5% et monte ce matin à un pic d'une semaine à 1,7950 NZ$ consécutivement aux commentaires du gouverneur central de la RBNZ indiquant qu'il n'y avait pour l'heure pas de volonté à court-terme de la banque centrale à réduire les taux directeurs en territoire négatif.
  • Les devises d'Europe de l'Est se sont vivement renforcées mardi à la lecture d'une confiance renforcée des investisseurs en Allemagne qui semblent croire que le pire est désormais passé. Très dépendantes de la demande de l'Allemagne et plus particulièrement de son industrie, les économies de pays comme la Pologne, la République Tchèque, la Roumanie ou encore la Hongrie voient de bon augure les signaux d'un éventuel redémarrage rapide de l'activité de son principal partenaire commercial. Le forint hongrois a bondi de plus de +0,8% face à l'euro pour atteindre un pic d'une semaine à 350 HUF.  La couronne tchèque s'est revalorisée de +0,5% face à l'euro et clôturé sous le seuil de 27,5 CZK après avoir tutoyé la semaine dernière ses plus bas de l'année à plus de 27,75 CZK. Le zloty polonais a enregistré quant à lui un rebond plus modeste de +0,3% face à l'euro mais clôturé à un pic d'une semaine sous le seuil de 4,55 PLN.
  • Après une tentative de rebond en fin de semaine dernière, le real brésilien perd à nouveau pied (6,30 BRL) et reste à hauteur de ses plus bas niveaux historiques face à l'euro alors que la situation sanitaire se dégrade significativement au Brésil qui est devenu depuis hier le 3ième pays le plus touché par la pandémie avec plus de 254k de cas d'infection recensés.

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