Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

mai 19, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'euro s'enthousiasme face au plan de relance franco-allemand  & aux espoirs de vaccin

  • La séance de lundi avait débuté sur une note positive grâce à l'intensification des mesures d'assouplissement en Europe mais aussi des cours du pétrole orientés à la hausse, elle s'est finie dans l'enthousiasme général après la publication de résultats encourageants du laboratoire américain Moderna concernant les premiers essais cliniques de son vaccin contre le Covid-19, et surtout l'annonce par le couple franco-allemand d'une proposition d(un plan de relance de 500 Mds€ pour soutenir économiquement la Zone Euro face à cette crise sanitaire. Il n'en fallait pas davantage pour créer un petit effet d'emballement sur les marchés des changes et une vague d'appétit au risque dont a très largement bénéficié l'euro, les devises cycliques, les pétrolières et les émergentes au détriment des valeurs refuges habituelles que sont le dollar américain, le yen japonais ou encore le franc suisse. Malgré une tentative de rebond, la livre sterling est restée sur la défensive alors que le débat autour de taux négatifs au Royaume-Uni s'intensifie. Le yuan demeure aussi fragile et n'a pas profité de cette percée d'optimisme sur les marchés, les nouvelles tensions visibles entre la Chine et les Etats-Unis demeurant un nuage noir à l'horizon dont les investisseurs se méfient fortement.
  • Alors que l'on ne cessait de déplorer ces dernières semaines le manque de coopération en Europe et l'absence d'une réponse commune de la part de l'Union Européenne face à cette crise sanitaire inédite qui menace d'accentuer les fractures (économiques et politiques) dans la région, l'Allemagne et la France ont pris les devants et proposé conjointement lundi un plan de relance de 500 Mds€. Celui-ci consistera en des dotations accordées aux pays européens les plus impactés par cette crise - ce qui implique aucun remboursement de la part des bénéficiaires - sous forme de dépenses budgétaires ciblés. Il sera financé grâce à des emprunts réalisés par la Commission Européenne qui seront garantis par le budget européen. Il s'agit d'un pas vers une mutualisation de la dette entre pays européens puisque chaque pays portera cette nouvelle dette à hauteur de sa contribution budgétaire. Cette somme s'ajoutera à la première enveloppe de 500 Mds€ sous forme de capacité de prêts qui avait été décidée par les ministres des finances européens et doit venir en aide aux pays les plus impactés économiquement par cette crise comme l'Italie ou l'Espagne. Passé l'effet d'annonce et l'enthousiasme suscité par cette proposition du couple franco-allemand, il faut encore que celle-ci reçoive l'aval des 27 membres de l'UE pour pouvoir être officialisé. Une première voix discordante en provenance d'Autriche s'est fait entendre lundi, le pays réclamant des aides sous forme de prêts aux Etats et non de subventions et n'étant pas favorable à une extension du budget européen. Le premier ministre autrichien s'est entretenu sur ce sujet hier soir avec les responsables du Danemark, de la Suède et des Pays-Bas, des pays susceptibles d'organiser une fronde contre le plan franco-allemand. Si rien n'est encore gagné, l'euro a néanmoins positivement réagi face à cette initiative qui pourrait, si elle se matérialise, venir atténuer les risques de fragmentation en Europe. La devise européenne s'est vivement renforcée face aux trois valeurs refuges traditionnelles contre lesquelles elle demeure depuis plusieurs semaines très faiblement valorisée.
  • Le taux EUR/USD a bondi de +0,9% pour remonter au-dessus du seuil de 1,09 $ qui se refusait à lui depuis près de 2 semaines. Le taux EUR/JPY s'est apprécié de +1,1% et clôturé à un pic de 2 semaines juste au-dessus du seuil de 117 ¥.  Le taux EUR/CHF est passé par tous les états puisqu'il a touché lundi en cours de séance un nouveau creux annuel à 1,0506 ₣ avant de vivement rebondir en fin de journée sous l'impulsion d'un raffermissement de l'euro et de clôturer aux portes du seuil de 1,06 ₣.
  • Parmi les évènements majeurs à suivre ce mardi qui viendront tester le bon démarrage de l'euro cette semaine, on s'attardera sur l'indicateur ZEW de sentiment des investisseurs allemands (11h00), et surtout sur l'audition en duo du gouverneur central américain J. Powell et du secrétaire au Trésor S. Mnuchin devant une commission du Sénat (16h00). Ce sera l'occasion pour ces deux responsables de revenir dans les grandes lignes sur les mesures de soutien déployées jusqu'à présent et éventuellement évoquer les outils à disposition pour poursuivre l'aide. La question de taux négatifs aux Etats-Unis pourrait une nouvelle fois revenir sur la table, l'option ayant néanmoins jusqu'ici écartée par le président de la Fed. La dynamique haussière de l'euro face aux devises refuges se prolonge ce matin en attendant le ZEW allemand.
  • La livre sterling avait débuté la séance avec la ferme volonté de rebondir après la correction significative subie la semaine dernière de plus de -2% face à l'euro. La devise britannique n'a pas su profiter de l'euphorie générale hier et a dû à nouveau céder du terrain face à l'euro sur fond de spéculations monétaires autour de l'éventualité que la Banque d'Angleterre considère prochainement une réduction de ses taux directeurs en territoire négatif.  Le taux EUR/GBP en a profité pour tester à nouveau le seuil de 0,8950 £ mais s'est une nouvelle fois cassé les dents sur cette barrière. Alors que cette hypothèse avait été abordée ce weekend par le chef économiste de la banque centrale britannique, un autre membre du comité directeur de la BoE, Silvana Tenreyro, a indiqué lundi que cette option ne devait pas être négligée tout simplement car elle note des effets positifs dans les zones économiques qui y ont eu recours. Si on ne peut pas présumer des futures actions de la Banque d'Angleterre, il semble y avoir en ce moment un débat qui grandit au sein de la banque sur le recours éventuel à des outils monétaires dits non-conventionnels tels que les taux négatifs pour venir soutenir l'économie et tenter d'atténuer les effets d'une récession qui s'annonce cette année historique au Royaume-Uni (projection de -14% par la BoE). Ce matin, la livre trouve un peu de réconfort dans les chiffres de l'emploi au Royaume-Uni qui s'avèrent étonnement bons en mars, le taux de chômage retombant sous le seuil de 4% (3,9%) alors que le consensus misait plutôt sur une hausse à 4,4%.  
  • Les valeurs cycliques telles que le dollar australien (+0,8% à 1,67 A$ face à l'euro) ou le dollar néo-zélandais (+0,9% à 1,8050 NZ$ face à l'euro) ont très largement profité de la vague d'enthousiasme qui a accueilli les annonces du laboratoire américain Moderna concernant les résultats de ses premiers essais cliniques menés sur son vaccin contre le Covid-19. L'espoir qu'une solution au virus soit prochainement trouvé et permette un redémarrage plus rapide que prévu de l'économie mondiale a très largement dominé les échanges hier et poussé les investisseurs à se tourner vers les devises de pays exportateurs de matières premières qui apparaissent comme les probables grand bénéficiaires d'une reprise rapide de la croissance.
  • Les devises pétrolières ont elle-aussi surfé sur le large rebond des cours du pétrole déclenché par l'optimisme autour d'une reprise rapide de l'économie mondiale. Les cours du brut en Europe (Brent) ont bondi lundi de 7% et atteint un pic de 5 semaines à plus de 35 $. La couronne norvégienne s'est revalorisée de plus de +1,1% face à l'euro et atteint un pic de plus de 2 mois à moins de 10,95 NOK. Le rouble russe s'est cassé les dents contre la barrière de RUB 79,0 qui fait office de support au-dessus duquel le taux EUR/RUB oscille depuis 2 mois. Le taux EUR/CAD a chuté de -0,4% mais se maintient au centre du couloir de 1,51 - 1,53 C$ qui encadre ses mouvements depuis maintenant 2 semaines.
  • La nette amélioration du sentiment des investisseurs a enclenché lundi un rebond de nombreuses devises émergentes, notamment du rand (20,0 ZAR), du réal brésilien (6,24 BRL) mais aussi de plusieurs devises d'Europe de l'Est telles que la couronne tchèque (27,6 CZK) ou le forint hongrois (352,5 HUF). La situation n'a néanmoins pas été homogène et certaines devises sont restées sur la défensive. C'est notamment le cas de la roupie indienne (82,5 INR) qui pâtit des inquiétudes des investisseurs face à la propagation du virus en Inde, ou encore du yuan chinois (7,77 ¥ = creux de 2 semaines) qui a cédé -0,7% face à l'euro lundi (-1,1% en cumulé depuis vendredi) alors que d'importantes craintes subsistent quant à une détérioration des relations entre la Chine et les Etats-Unis. Alors que la Maison Blanche maintient ses critiques à l'encontre de la Chine et sa responsabilité supposée dans le déclenchement de cette crise sanitaire, on a appris hier que la place financière américaine Nasdaq comptait durcir ses règles de cotation dans un but non-officiel de restreindre les introductions en bourse d'entreprises chinoises.



Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.