Actualités du marché des devises

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mai 18, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Des marchés d'humeur badine mais attentifs aux nuages noirs à l'horizon,  Les pétrolières se renforcent, le yuan reste sous pression

  • On débute cette nouvelle semaine très calmement sur les marchés des changes, l'optimisme dominant les échanges alors que l'économie mondiale poursuit (très) progressivement son déconfinement et que l'on assiste ce matin à un rebond des prix du pétrole à un pic de 5 semaines. Le sentiment qui domine est que le pire est derrière nous et que la croissance a touché un plancher en avril ce qui donc laisse présupposer un rebond dans les prochains mois/trimestres. À cet égard, on sera on ne peut plus attentif cette semaine à la publication des résultats des premières enquêtes d'activité du mois de mai en Europe (jeudi au Royaume-Uni & vendredi en Zone Euro) et aux Etats-Unis (jeudi). Si on se réjouit (et rassure) du côté des acteurs de marché de voir les principales économies mondiales assouplir leurs restrictions et amorcer progressivement un retour à la normale, des doutes importants subsistants néanmoins sur la capacité de celles-ci à absorber l'ampleur du choc provoqué par la pandémie et redémarrer rapidement et significativement. L'observation ce matin d'une économie japonaise en récession au 1er trimestre alimente ces discussions et minimisent par la même occasion les prises de risque. Par ailleurs, cette impression de calme ne doit pas nous bercer d'illusions quant à l'état d'esprit des acteurs de marché qui restent très prudents dans leurs prises d'initiative (ie. appétit au risque) face aux sources du turbulences qui planent. La semaine dernière, les craintes de nouvelles tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis ont été ravivées par une nouvelle offensive de la Maison Blanche contre le groupe chinois de télécommunication Huawei tandis qu'en Europe le risque de "Hard Brexit" et d'échec des négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne est monté d'un cran après un cycle de discussion qui n'a offert aucun progrès majeur. Ces deux thèmes qui ont très largement orientés la volatilité des marchés des changes en 2019 étaient passés au second plan durant la pandémie de coronavirus. Ils font un retour fracassant dans l'actualité et seront à surveiller. L'absence ce lundi de réponse du gouvernement chinois à la dernière offensive menée par la Maison Blanche contre l'entreprise Huawei est accueilli avec soulagement par les marchés. La livre sterling qui fut l'une des devises qui a le plus sous-performé la semaine dernière reste sur la défensive ce lundi alors que l'on voit percer au Royaume-Uni un nouveau débat sur les taux négatifs.
  • Malgré un choc économique sans précédent actuellement visible aux Etats-Unis (contraction historique des ventes au détail et de la production industrielle observée vendredi dernier), le dollar garde la très large faveur des marchés et voit même son statut de valeur "refuge" ou "sûre" renforcé ce lundi après les propos du gouverneur central américain Jerome Powell qui dans un entretien diffusé ce dimanche nuance quelque peu ses inquiétudes vis-à-vis des impacts de la crise sanitaire aux Etats-Unis . S'il reconnait que l'économie ne pourra pas pleinement redémarrer sans un vaccin, il table néanmoins sur un début de rebond dès le troisième trimestre à condition néanmoins que l'on n'assiste pas à une seconde vague de contamination. Par ailleurs, le gouverneur central américain ne voit pas des similitudes entre la crise actuelle et la Grande Dépression des années 30, la situation "florissante" de l'économie américaine avant la pandémie devrait assurer à ses yeux une reprise plus rapide que prévu. Il met d'ailleurs en garde à cet égard tous ceux qui voudraient "parier contre l'économie américaine" à moyen et long terme. Pour le moment, ce qui est certain c'est que les investisseurs ne tiennent pas à parier contre le dollar dont la valorisation reste pour l'heure assez stable et élevée. Le taux EUR/USDparvient toujours à se maintenir au-dessus de la barrière de 1,08 $ mais continue de faire l'objet de pressions baissières qui tentent de le faire basculer sous cette barrière. La Fed et son gouverneur central seront dans la lumière cette semaine puisqu'on assistera à deux interventions publiques de J. Powell (mardi et jeudi) dont une compagnie du secrétaire au Trésor mardi devant une commission du Sénat américain, mais aussi à la publication du compte rendu de la réunion monétaire du mois dernier (Minutes de la Fed) mercredi soir.
  • Après une chute de plus de -2% face à l'euro la semaine dernière sur fond de retour des inquiétudes autour de l'après Brexit - pire performance hebdomadaire depuis 9 semaines - la livre tente de se redresser ce lundi. Le cours EUR/GBP se maintient à proximité de ses plus hauts niveaux depuis 6 semaine au-dessus du seuil de 0,89 £ et reste globalement orienté à la hausse alors que l'on assiste au Royaume-Uni à l'éclosion d'un nouveau débat sur le recours éventuel par la Banque d'Angleterre à des taux négatifs pour la première fois de son histoire. Si cette politique monétaire dite non-conventionnelle a été écartée par le gouverneur central britannique Andrew Bailey la semaine dernière, on l'a vu réapparaître dans la bouche du chef économique de la banque centrale britannique dans un article publié ce weekend par le journal The Telegraph. Selon le responsable monétaire, il s'agit d'une option qui mérite d'être étudiée. La question devrait à nouveau être abordée ce mercredi à l'occasion d'une session de Q&A en présence du gouverneur central A. Bailey et de plusieurs membres du comité exécutif de la Banque d'Angleterre. Alors que les craintes d'un échec des négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne assurent une nouvelle défiance des investisseurs à l'égard de la livre, celle-ci pourrait se voir renforcer en cas de résultats décevants de la part de l'économie britannique. Cette semaine sera riche en données économiques puisqu'on assistera à la publication (dans l'ordre) des statistiques d'emploi (mardi), d'inflation (mercredi), des premières enquêtes PMI de mai (jeudi) et de ventes au détail (vendredi).
  • Le yen perd un peu de terrain ce matin face à l'euro et le taux EUR/JPY retape à la porte du seuil de 116 ¥ après la publication ce matin d'une contraction de l'économie japonaise au T1 de -0,9%, officialisant ainsi une récession technique dans le pays (deux trimestres consécutifs de croissance négative). Le pire est encore à venir puisque les effets de la crise sanitaire sur l'économie japonaise ne devraient réellement se faire ressentir dans les résultats du second trimestre.
  • Après avoir évoqué une possible rupture des relations commerciales avec la Chine, la Maison Blanche a lancé une nouvelle offensive vendredi dernier contre Pékin en ciblant une nouvelle fois l'entreprise de télécommunication chinoise Huawei. Sous couvert de protection de la sécurité nationale, la Maison Blanche entend couper l'accès au groupe chinois aux semi-conducteurs produits aux Etats-Unis ou dont la fabrication utilise des technologies américaines, une composante essentielle dans la fabrication de ses produits et infrastructures de communication. Si la Chine a vivement critiqué cette décision et enjoint son partenaire américain à stopper ces pressions, la réplique de Pékin reste pour l'heure uniquement verbalece qui a pour effet de rassurer les investisseurs qui craignent une escalade de tensions et une nouvelle dispute commerciale entre les deux plus grandes économies mondiales. Après avoir atteint vendredi dernier un pic depuis plus d'une semaine sous l'impulsion d'un retour vendredi de vives tensions entre la Chine et les Etats-Unis, le taux EUR/AUD corrige ce matin de plus de -0,5% et profite de l'accalmie générale pour retomber sous le seuil de 1,68 A$. Le yuan reste sous pression et approche ses plus bas de l'année face au dollar américain (7,15 ¥). Face à l'euro, la devise chinoise chute pour la seconde séance consécutive et oscille à un plus bas depuis presque 2 semaines à hauteur de 7,72 ¥.
  • Le pétrole continue doucement mais sûrement sa progression et l'indice européen Brent atteint ce matin un pic de 5 semaines à plus de 33$. L'anticipation d'une hausse de la demande mondiale en pétrole sur fond de réouverture progressive des économies mondiales mais aussi la mise en vigueur des nouveaux quotas de production des pays de l'OPEP ce mois-ci participent à un début de rééquilibrage du ratio offre/demande. Les devises pétrolières en profitent pour se renforcer. Les taux EUR/NOK et EUR/RUB testent deux supports majeurs ce matin (barrière formée début mars), le premier celui de 11,0 NOK et le second celui de 79,0 RUB.

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