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mai 13, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Le dollar pris en étau dans le débat sur les taux négatifs, la livre sterling soutenue par de moins mauvais résultats au T1

  • Une vague de bonnes nouvelles est venue agiter les marchés des changes mardi et offert quelques mouvements importants pendant la séance européenne. La publication par la Chine d'une liste de produits américains exemptés de surtaxe a été accueillie comme un signe de paix visant à éteindre les tensions récentes apparues entre les deux principales économies mondiales. De son côté, l'Organisation Mondiale pour la Santé a ravivé l'espoir autour d'un traitement contre le coronavirus après avoir communiqué sur des "résultats positifs" concernant les travaux en cours. Si ces annonces ont nourri un peu d'appétit au risque chez les acteurs de marché, leurs effets se sont progressivement estompés en fin de journée à cause de l'inquiétude toujours dominante d'une possible seconde vague de contamination du virus mais aussi le rejet aux Etats-Unis par le Congrès d'un nouveau plan d'aide de 3 Trn$ porté par le camp démocrate. Le dollar fut le grand perdant de la journée d'hier tandis qu'à l'inverse le yen s'est plutôt bien tenu. La livre sterling a également très fortement souffert et payé un lourd tribut de l'impression de flou qui entoure le plan de déconfinement du gouvernement. Les regards se tournent mercredi vers l'allocution du gouverneur central américain Jerome Powell (15h00) dont on attend l'avis dans le débat actuel concernant le recours à des taux négatifs aux Etats-Unis. On surveille également attentivement la "montagne" de données macroéconomiques ce matin au Royaume-Uni incluant les premières estimations de croissance au 1er trimestre ainsi que les nouvelles statistiques d'activité industrielle.
  • Le dollar a été mis sous pression mardi sous l'impulsion à la fois d'un sentiment de marché renforcé par les annonces de l'OMS et les signaux de détente entre la Chine et les Etats-Unis mais aussi par l'appel par la Maison Blanche au recours à des taux négatifs pour stimuler l'économie. Sur ce dernier point, les banquiers centraux américains apparaissent pour l'heure opposés à cette éventualité, ce qui ne manque pas de faire ressurgir le spectre d'une dispute entre la banque centrale et le gouvernement concernant les mesures de soutien à apporter durant cette crise. Les commentaires cette après-midi du gouverneur central Jerome Powell seront scrutés avec attention par les acteurs de marché, notamment concernant la sensibilité de la Fed à envisager l'usage de taux négatifs dans le futur si les conditions le nécessitent. Le taux EUR/USD a vivement bondi durant la séance européenne et flirté avec le seuil de 1,09 $ (pic enregistré à 1,0884 $), bien soutenu également par la publication mardi de chiffres d'inflation décevant aux Etats-Unis (contraction record de l'indice sous-jacent de prix en avril) traduisant une faible consommation domestique sur le mois d'avril. La paire de change a finalement vu ses gains fondre en fin de séance (clôture sous le seuil de 1,0850 $) alors que de nouvelles inquiétudes sont venus chasser l'enthousiasme général. Contre l'avis du gouvernement, l'expert américain sur les questions de santé, Robert Fauci, a mis en garde le Sénat contre un déconfinement trop rapide de l'économie. Le rejet également au Congrès du nouveau plan d'aide proposé par les démocrates a ravivé hier quelques inquiétudes que des divergences partisanes viennent perturber la relance dans le pays. Pour les républicains, il est préférable d'attendre encore un peu et étudier les effets des premières mesures de soutien mises en place avant d'injecter de nouvelles liquidités.
  • La livre sterling a perdu mardi 1% face à l'euro, soit sa plus forte chute depuis 3 semaines alors que le flou demeure concernant la stratégie de déconfinement au Royaume-Uni. Le rétropédalage réalisé par ce dernier après l'injonction faite dimanche par Boris Johnson à la reprise général du travail cette semaine pour tous citoyens britanniques ne pouvant pas appliquer le télétravail donne l'impression d'une gestion de crise non ou mal préparée. L'annonce hier d'une prolongation de 4 mois jusqu'au mois d'octobre des mesures de chômage partiel dans le pays (prise en charge de 80% du salaire par le gouvernement dans une limite de 2500 £ / mois) contraste totalement avec la volonté affichée dimanche par le gouvernement de reprise rapide de l'activité. Ce sentiment d'une politique de crise conduite à vue par les responsables politiques est d'autant plus inquiétant que le pays est à ce jour le plus impacté en Europe par la pandémie et compte à ce jour selon le dernier bilan presque 33 000 victimes du virus. Les pressions baissières sur la livre se sont également nourries hier des commentaires d'un membre de la Banque d'Angleterre évoquant la probabilité de voir cette année une inflation négative dans le pays, et donc ouvrant le débat autour d'un risque de déflation susceptible de freiner la reprise. Après avoir clôturé la veille à un pic de 6 semaines à hauteur du seuil de 0,8850 £ (seuil de résistance depuis avril), le taux EUR/GBP corrige légèrement ce matin alors que les chiffres publiés ce matin au Royaume-Uni indiquent une contraction moins importante que prévu de l'économie britannique au 1er trimestre (-2,0% T/T vs. consensus -2,5%) grâce notamment à un recul bien moins significatif au mois de mars (-5,8% M/M vs. consensus -8,0%) . Une bonne nouvelle dans le marasme ambiant.
  • Malgré quelques bonnes nouvelles hier, cela n'a pas réellement pesé sur les deux traditionnelles valeurs refuges que sont le yen japonais et le franc suisse. Le taux EUR/CHF reste à proximité de la barrière de 1,05 ₣ alors que la confiance globale des investisseurs à l'égard de l'Europe reste dégradée. Remonté à un pic d'une semaine à plus de 116 ¥, le taux EUR/JPY voit son ascension freinée par la perspective d'une seconde vague de contamination après la découverte de nouveaux cas de contamination en Chine mais aussi en Allemagne et en Corée du Sud, des régions où la progression du virus étaient ces derniers temps très faible.
  • Dans un entretien exclusif donné avant son introduction officiel le 1er juin prochain au poste de gouverneur central de la Banque du Canada, Tiff Macklem a évoqué un scénario de reprise heurtée de la croissance au Canada et minimisé la perspective d'un retour rapide à la normale. Ce dernier semble prêt à prendre le relais de ses prédécesseurs et poursuivre les mesures de soutien à l'économie opérées jusqu'à présent. Le dollar canadien a courbé l'échine mardi et cédé presque -0,9% face à l'euro pour retomber au-dessus du seuil de 1,52 C$ alors que la devise titillait sur ce début de semaine ses plus hauts niveaux des deux derniers mois.
  • Le dollar néo-zélandais chute vivement de plus de -1% ce matin face à l'euro et retombe à un plus bas depuis une semaine à plus de 1,80 NZ$ après l'annonce ce matin par la banque centrale (RBNZ) de doubler son programme de rachats d'actif pour soutenir l'économie de 33 à 60 Mds NZ$. La banque se dit prête à assouplir davantage et utiliser d'autres outils monétaires si nécessaires, une annonce qui alimente les spéculations sur les marchés à terme autour de possibles taux nuls voire négatifs en Nouvelle Zélande d'ici le début d'année 2021.
  • La roupie indienne s'est renforcée mardi et atteint un pic de 8 séances face à l'euro à 81,5 ₹ consécutivement à l'annonce par le gouvernement indien d'un plan de relance massif de de 20 Trn₹ (245 Mds€), soit près de 10% du PIB du pays.

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