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mai 06, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Le yen à un pic de trois ans, le yuan se reprend, l'euro pleure

  • Les marchés sont relativement calmes ce matin mais le sentiment général reste relativement identique à celui de la veille, c'est à dire (très) peu favorable à l'euro. La devise européenne reste fortement pénalisée par la décision d'une Cour de justice allemande remettant en cause le programme de rachats d'actif de la BCE lancé en 2015. Les cours du pétrole se stabilisent ce matin et marquent une pause après l'impressionnant rebond de la veille. Le retour des investisseurs chinois sur les marchés après une période de congés de 5 jours est marqué par un rebond du yuan. La journée s'annonce relativement calme en termes d'annonces politiques et monétaires (réunion monétaire en Pologne) ou données économiques (commandes industrielles en Allemagne, ventes au détail en Zone Euro, enquête ADP sur l'emploi aux Etats-Unis) et l'on pourrait assister aujourd'hui à des comportements attentistes en amont de la réunion de la Banque d'Angleterre jeudi et les chiffres de l'emploi américain vendredi.
  • La décision de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe en Allemagne a fait l'effet d'une bombe sur les marchés financiers et entraîné un fort repli de l'euro face à l'ensemble de ses pairs. Les juges allemands ne remettent pas en cause la légalité du programme de rachats d'actifs (PSPP) de 2,7 Trn€ encore actuellement en vigueur mais questionnent néanmoins son fonctionnement. Ils donnent donc trois mois à la banque centrale pour justifier que l'ampleur de son action est proportionnelle aux effets recherchés, c'est à dire assurer une stabilité des prix autour de 2%. Si légalement la Cour allemande ne peut légiférer sur l'action de la BCE, elle peut au contraire exiger de la banque centrale régionale allemande, la Bundesbank, de stopper les rachats d'actifs réalisés pour le compte de la banque européenne et même de vendre rétroactivement les positions prises. Un tel scénario viendrait très clairement remettre en question ou du moins compliquer la poursuite du PSPP mais pourrait également éveiller quelques craintes quant au maintien du programme d'urgence de rachats d'actif (PEPP) de 750 Mds€ lancé en mars pour lutter contre les effets du coronavirus sur l'économie européenne. Si pour l'heure ce programme n'est pas ciblé par la justice allemande et peut continuer en l'état, ses caractéristiques bien plus souples (suspension de la règle des 33%, dépassement des clés de répartition européenne, autorisation d'actifs dits spéculatifs comme collatéral) pourraient faire l'objet d'une évaluation juridique. L'autre crainte est que face à cette décision de justice, la banque centrale européenne se montre désormais plus frileuse à augmenter ses injections de liquidités pourtant nécessaires à certains Etats européens comme l'Italie pour financer la relance. On l'a vu cette année, sans une action massive des responsables monétaires européens les taux obligataires des pays européens les plus impactés par cette crise sanitaire mais aussi les plus endettés (Italie, Espagne) ont tendance à augmenter significativement. Sans garantie de la BCE, les investisseurs réclament en effet des primes de risque plus élevés en échange d'une détention de titres souverains de pays à l'économie très significativement dégradée, ce qui en retour augmente le coût d'endettement pour des gouvernements à la recherche de capitaux frais pour stimuler une économie actuellement en récession.
  • Après un rebond à plus de 1,10 $ vendredi dernier, le taux EUR/USD a subi un repli de -1,3% sur les deux premières séances de la semaine et est désormais à proximité du seuil de 1,08 $. Le taux EUR/JPY a cédé -0,8% hier et accentue son recul pour atteindre ce mercredi matin un plus bas depuis 3 ans à presque 115 ¥. Paradoxalement, le taux EUR/CHF a fini la séance de mardi dans le vert (+0,1%) alors que l'on aurait pu s'attendre un mouvement baissier. Il faut y voir là derrière une probable action sur les marchés des changes de la Banque Nationale Suisse qui s'efforce de défendre le seuil de 1,05 ₣. La publication ce matin de la plus forte contraction depuis 1975 des commandes industrielles en Allemagne au mois de mars (-15,6% M/M) n'aide pas l'euro à relever la tête, bien au contraire.
  • Si la séance de mardi fut une  journée noire pour l'euro, au contraire les devises pétrolières ont connu une journée faste grâce à un nouveau rebond significatif des cours du pétrole. Aux Etats-Unis, les prix des barils de brut ont bondi de plus de 20% (24,5 $) tandis qu'en Europe les cours ont progressé de presque +14% (31 $). La baisse des craintes autour d'une saturation des capacités de stockage de pétrole aux Etats-Unis couplée à une réduction de l'offre en pétrole sur les marchés relative à l'application en mai des nouveaux quotas définis par l'OPEP et ses alliés mais aussi à une anticipation d'une hausse de la demande sous l'impulsion d'un redémarrage progressif des économies européennes sont à l'origine de ce large rebond des prix. Le dollar canadien a bondi de +0,9% face à l'euro mais s'est cassé les dents sur le support de 1,52 C$ sur lequel la paire EUR/CAD repose depuis près de 2 mois. La couronne norvégienne a progressé de +1,2% face à l'euro et atteint mardi un pic de plus de 3 semaines à moins de 11,10 NOK. Le rouble russe a engrangé 2,0% de gains face à l'euro mais semble rencontré des difficultés à casser la barrière de 80,0 RUB.
  • Profitant à la fois de la faiblesse de l'euro mais aussi de l'enthousiasme général sur les marchés nourri par des prix du pétrole en nette hausse, un déconfinement qui s'accentue en Europe et un reflux temporaire des inquiétudes autour des tensions sino-américaines, le dollar australien se revalorise face à l'euro et enregistre ce matin une 3ième séance consécutive de hausse pour un gain cumulé de presque +2%. La publication ce matin d'une révision à la hausse des statistiques de ventes au détail en Australie qui ont enregistré en mars un pic record de +8,5% M/M participe également au regain de forme de la devise australienne. Le taux EUR/AUD retombe ce matin sous le seuil de 1,68 A$ et se rapproche de ses plus bas niveaux depuis 2 mois touchés la semaine dernière à presque 1,65 A$.
  • Le yuan a quasiment effacé les pertes subies en fin de semaine dernière face à l'euro et monte ce matin à un pic d'une semaine à moins 7,70 ¥. Le mouvement baissier sur la paire EUR/CNH découle aussi bien d'un affaiblissement de l'euro que d'un renforcement de la devise chinoise après la publication ce matin par la banque centrale chinoise d'un taux pivot journalier au-dessus des attentes du marché. Le yuan reste toutefois attentif à la nouvelle "guerre des mots" entre Pékin et Washington qui se rejettent tous deux la responsabilité de la crise sanitaire actuelle. L'apparition de nouvelles tensions sous forme de menaces de mesures de rétorsion viendrait très probablement à nouveau déclencher des pressions baissières sur le yuan.
  • Le zloty est relativement stable ce matin face à l'euro à hauteur de 4,53 PLN en amont de la conclusion cette après-midi (heure non confirmée) de la nouvelle réunion monétaire de la banque centrale polonaise (NBP). Si le consensus économique table sur un statu quo de la banque sur son taux directeur actuellement à 0,5%, on surveillera attentivement toute annonce divergente.


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