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avr. 30, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'espoir d'un traitement et d'actions supplémentaires de la FED chamboulent les marchés des changes... en attendant la BCE

  • La séance de mercredi fut marquée par un sursaut d'optimisme des investisseurs autour d'un traitement contre le Covid-19 après le dévoilement par le laboratoire américain Gilead de résultats encourageants du test clinique réalisé sur son médicament Remdesivir. Parallèlement à cette annonce, nous avons été témoin des inquiétudes de la réserve fédérale américaine(FED) sur les effets à moyen terme de la crise sanitaire sur l'économie américaine, laquelle a enregistré au premier trimestre sa plus forte contraction depuis 2008 (-4,8% T/T annualisée). Les marchés y ont vu le signal non seulement d'un changement de cap monétaire peu envisageable à long terme mais également la porte ouverte à de nouvelles mesures de soutien de la banque dans les prochaines semaines/mois. Une Fed prudente et un renforcement du sentiment des acteurs de marché ont en premier lieu contribué à un repli du dollar, mais également un rebond des devises dites cycliques (AUD & NZD) et une revalorisation assez significative de plusieurs devises émergentes (BRL, ZAR, HUF). Les devises pétrolières étaient aussi à la fête hier après la publication d'une hausse moins importante que prévu des stocks américains et l'annonce par la Norvège qu'elle comptait se joindre aux efforts de l'OPEP - une première depuis 2002 - et réduire sa production journalière de pétrole.
  • Ce matin, les marchés se réveillent avec un sentiment double mêlant à la fois la satisfaction face à une FED solidaire de l'économie américaine et la confirmation d'un rebond significatif des cours du pétrole mais aussi quelques doutes après la publication de résultats mitigés des enquêtes d'activité manufacturière en Chine qui offre un regard plus nuancé sur la reprise dans le pays. La publication ce matin des premiers chiffres de croissance dans de nombreux pays européens (France, Italie, Espagne, Autriche & Zone Euro) mais aussi la réunion de la BCE qui se profile cette après-midi pèsent sur les prises de décision. Il n'y a donc pas d'orientation claire qui se dégage ce matin sur les marchés des changes sinon un euro qui reste stable face à ses principaux pairs (USD, GBP, JPY & CHF), et des devises pétrolières et émergentes qui poursuivent leur rebond correctif.
  • La Fed a sans surprise voté à l'unanimité en faveur d'un maintien de ses taux directeurs à un niveau inchangé proche de zéro (0,00%-0,25%) mais ce n'était pas tant sur ses actions que sur sa communication que la banque centrale américaine était grandement attendue ce mercredi. Intervenant quelques heures après la publication des premières estimations de croissance en 2020 aux Etats-Unis indiquant une contraction de l'économie que l'on n'avait pas vu aussi forte depuis le dernier trimestre de l'année 2008, le gouverneur central Jerome Powell a appelé les responsables politiques à prendre davantage de mesures de soutien pour soutenir la croissance et tenter d'atténuer les effets durables de cette crise sur les capacités de production du pays. Selon lui, il n'est actuellement pas l'heure de s'inquiéter et débattre de la hausse du déficit public aux Etats-Unis, la priorité étant pour l'heure de combattre le virus et ses dommages collatéraux sur l'économie. Pour se faire, le patron de la banque centrale américaine s'engage à continuer d'utiliser tous les moyens et outils à sa disposition pour soutenir l'économie et cela tant que l'on n'aura pas la confirmation d'un rétablissement total du pays. On ne devrait donc pas assister à de changement de cap monétaire avant plusieurs années. C'est du moins le sentiment actuel partagé par une majorité d'économistes selon une récente enquête menée par l'agence Bloomberg qui suggère que les taux directeurs aux Etats-Unis pourraient rester à leur niveau actuel pendant au moins encore 3 ans. Les inquiétudes du gouverneur central américain sur l'état de l'économie et sa capacité de rebond rapide au second semestre ont été accueillis par les marchés comme un preuve évidente que la Fed allait très certainement poursuivre ses mesures de soutien à l'économie pendant une période prolongée de temps, voire les accroître. Le dollar a accentué ses pertes après la réunion de la Fed et cédé finalement -0,5% face à l'euro sur la séance (1,0870 $).
  • Incapable de remonter hier au-dessus de 1,09 $, le taux EUR/USD reste vulnérable et est ce matin à nouveau sur la défensive à cause en grande partie de la faiblesse de l'euro. La devise européenne semble encore secouée par l'annonce de la dégradation surprise mardi de la note de crédit de l'Italie par l'agence de notation Fitch et voit la réunion ce jeudi de la Banque  Centrale Européenne comme une potentielle nouvelle source de déception. Après l'échec des dirigeants européens la semaine dernière à trouver un terrain d'entente sur un plan de relance, il est désormais à la charge de la banque centrale de revêtir le costume de pompier de service et de venir au chevet d'une économie européenne très mal en point comme cela devrait nous l'être confirmé ce matin avec les premiers chiffres de croissance de 2020 (statistiques de la Zone Euro à 11h00). Les premières estimations publiées pour la France sont très largement en-dessous du consensus (-5,8% T/T vs. cons. -3,5%) mais néanmoins en phase avec l'estimation de la Banque de France (-6%). La banque européenne pourrait annoncer en début d'après-midi une hausse de son programme d'urgence de rachats d'actif initialement fixé en mars à 750 Mds€ sachant que cette dernière a déjà vu son bilan grossir de 640 Mds€ depuis la mi-mars. La promesse de nouvelles injections massives de liquidité pourrait calmer les nerfs des investisseurs et sans nouvelles tensions visibles sur les marchés obligataires européens nous pourrions alors assister à un rebond de l'euro au-dessus de 1,09 $, ce qui ne lui est plus arrivé depuis 2 semaines. On suivra donc attentivement le communiqué officiel de la banque centrale publié à 13h45 puis la conférence de presse de la présidente Christine Lagarde qui débutera à 14h30.
  • Le laboratoire américain Gilead a dévoilé mercredi des résultats probants concernant son grand test clinique de son médicament le Remdesivir administré à des patients infectés par le Covid-19. Si l'absence de détails concernant les résultats de cet essai et ses conséquences directes invite à la prudence, la nouvelle a néanmoins été positivement accueilli par les acteurs de marché qui veulent croire qu'un traitement contre le virus pourrait être prochainement trouvé dans les prochains mois. Le sursaut d'espoir des acteurs de marché s'est matérialisé par un redressement modeste de l'euro face au yen (116 ¥) et face au franc suisse (1,0590 ₣) mais à l'inverse un repli face au dollar australien (pic de 9 semaines à moins de 1,66 A$). La devise australienne vient d'enregistrer 3 séances consécutives de hausse face à l'euro pour un gain cumulé de +2%.
  • Le pétrole américain (WTI) a connu une séance faste hier et un rebond de plus de 20% à 15 $ consécutivement à la publication par l'Agence d'information sur l'énergie (EIA) d'une hausse des stocks pétroliers américains en-dessous des attentes (+9,0 Mln vs. cons. +11,7 Mln). L'indice européen le Brent a lui bondi de 10% à 22,5 $en réaction à l'annonce par la Norvège qu'elle comptait réduire sa production journalière de pétrole à hauteur de 250k barils/jour à partir de juin et de 134k barils/jour au second semestre. C'est la première fois depuis 2002 que le pays nordique se joint à l'OPEP et sa stratégie de quota pour stimuler les prix du pétrole, signe qu'il y a une réelle volonté parmi les principaux pays producteurs à s'unir pour sortir de cet environnement de pétrole à bas coût qui pèse lourdement sur les revenus de certains pays. Le dollar canadien en a profité pour atteindre un pic de 8 semaines face à l'euro à moins de 1,51 C$, tout comme le rouble russe à moins de 79,0 RUB. Le peso mexicain a enregistré mercredi un rebond de près de +1,8% face à l'euro et atteint un pic depuis 8 séances à moins de 26,0 MXN.
  • L'annonce hier soir d'une réduction de la note de crédit de l'Afrique du Sud par l'agence de notation Standard & Poor's, laquelle est désormais abaissé encore plus bas en catégorie spéculative, n'a pas de réelle résonnance ce jeudi sur le rand. Après un rebond de plus de 2% mercredi nourri par le regain d'appétit au risque des acteurs de marché provoqué par l'espoir d'un traitement contre le Covid-19, la devise sud-africaine reste légèrement orientée à la hausse ce matin face à l'euro et o scille à un pic de plus de 2 semaines à hauteur de 19,70 ZAR.

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