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avr. 24, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Des divisions européennes qui plombent l'euro,  le pétrole retrouve le sourire

  • Après plus de quatre heures de discussion, les dirigeants européens ne sont pas parvenus sur un accord concernant les modalités d'un plan de relance économique à l'échelle européenne face à la crise du Covid-19. Si les responsables politiques s'accordent sur la nécessité d'intervenir, des divisions subsistent encore concernant la taille mais surtout le mode de distribution de la relance. Quatre pays du nord de l'Europe (Pays-Bas, Autriche, Suède, Danemark) sont opposés à l'idée d'une distribution d'aides financières directes réclamées par l'Italie et préfèrent l'option de prêts. La question d'une levée de capitaux sur les marchés financiers via l'émission d'une dette européenne (corona bonds) avancée par les nations du sud de l'Europe n'est toujours pas à l'ordre du jour, les Pays-Bas et l'Allemagne s'y opposant fermement. Finalement beaucoup d'attentes pour finalement peu de résultats concrets, les dirigeants européens s'accordant à ... se décharger de la tâche encombrante qu'il leur avait été donné et laisser  la Commission Européenne plancher sur une proposition de plan de relance qu'elle doit présenter d'ici le 6 mai prochain. Une réponse qui se fait donc toujours attendre du côté européen et qui ne semble pas prendre en compte la réalité économique désastreuse en Europe une nouvelle fois mise en avant jeudi à travers les résultats d'enquêtes d'activité PMI indiquant une contraction historique du secteur privé en Zone Euro au mois d'avril. Ni même les mises en gardes de la Banque Centrale Européenne qui, par la voix de sa présidente Christine Lagarde, a prévenu que la Zone Euro pourrait connaître une contraction de -15% en cas de réponses trop faibles et trop lentes de ses dirigeants.
  • L'euro a connu une journée jeudi très compliquée et reste ce vendredi sur la défensive, à la fois plombée par l'échec d'un accord trouvé sur un plan de relance européen mais également par des résultats économiques désastreux en Europe qui confirment l'onde de choc sans précédent subie durant cette crise sanitaire. Le taux EUR/USD s'est contracté sous le seuil de 1,08 $ et clôturé à son plus bas niveau depuis un mois. Le taux EUR/JPY a lui glissé et clôturé sous le seuil de 116 ¥ pour la première fois depuis 3 ans. Le taux EUR/CHF est resté étonnement stable malgré la faiblesse de l'euro et parvient toujours à se maintenir juste au-dessus de la barrière de 1,05 ₣.
  • Parmi les autres principales nouvelles de la séance de jeudi, on notera la hausse de 4,4 Mln des demandeurs d'emploi aux Etats-Unis sur la semaine se clôturant au 18 avril, ce qui porte à plus de 26 Mln le nombre de nouveaux chômeurs sur les cinq dernières semaines à cause du coronavirus. Ce chiffre est néanmoins en baisse par rapport aux trois dernière semaines et laisse à penser que le pire est probablement passée. C'est du moins une des interprétations qui fut très largement partagée par les marché et entraîné un (paradoxal) rebond des marchés actions américains. La publication plus tard dans l'après-midi d'une contraction record de l'activité du secteur privé américain en avril et d'une chute historique des ventes de maisons neuves en mars (-15,4% M/M) n'a pas eu de réelles répercussions sur les marchés des changes et l'orientation de la devise américaine. Le dollar garde la préférence des marchés et paraît toujours peu impactée par la situation économique aux Etats-Unis.
  • Le repli de la paire EUR/JPY aurait pu être plus important encore mais il fut freiné par l'annonce jeudi de la Banque du Japon qu'elle décidait d'emboiter le pas de ses homologues américaines et européennes et d'injecter autant de liquidités nécessaires pour maintenir les taux d'intérêt à un niveau bas (taux 10 ans autour de 0%). Au regard du fait que les taux obligataires au Japon sont déjà très bas et de l'assèchement de l'offre obligataire sur le marché secondaire, il est fort probable que la banque centrale n'ait pas besoin dans un premier temps d'augmenter massivement sa masse monétaire contrairement à la BCE ou la FED.
  • Sous couvert d'annonces de réduction anticipée de production de pétrole par certains membres de l'OPEP (Koweït) et nouvelles tensions politiques au Moyen-Orient, les cours du baril de brut ont enregistré une deuxième séance consécutive de gains. L'indice européen Brent a bondi de presque +5% à 21 $ tandis que son homologue américain le WTI a lui connu une journée plus faste et un rebond de presque +20% à 16,5 $. Les devises pétrolières en ont profité pour enregistrer un large rebond face à l'euro, un mouvement correctif dont l'ampleur fut intensifiée grâce à des pressions vendeuses hier sur la devise européenne. Le dollar canadien a bondi de 1,0% (1,5165 C$), la couronne norvégienne de +1,7% (11,46 NOK) et le rouble russe de +1,9% (80,5 RUB).
  • Le malheur des uns fait le bonheur des autres. C'est ainsi que l'on pourrait traduire la volatilité ces dernières 48 heures de la paire EUR/GBP qui après un rebond au-dessus de 0,88 £ mardi a depuis corrigé pour se retrouver vendredi matin à proximité de la barrière de 0,87 £ qui fait office de seuil "plancher" sur le cours de change depuis le début du mois d'avril. La publication jeudi d'enquêtes d'activité PMI montrant une contraction bien plus forte que prévu et historique de l'économie britannique en avril n'a pas eu de réels impacts sur la livre sterling, toutefois on peut légitimement penser que ces mauvais résultats ont limité toute tentative d'expansion de la devise britannique. L'annonce matin d'un recul de la confiance des ménages au Royaume-Uni à un plus bas depuis 8 ans (indice GfK) et d'une contraction historique des ventes au détail en mars (-5,1% M/M vs. cons. -4,0%) permettent à la paire EUR/GBP de stopper sa glissade et se stabiliser. Les pressions baissières sur la livre s'annihilent avec celles sur l'euro.
  • Au sein des marchés émergents, les devises sud-américaines tentent de rebondir après une semaine cauchemardesque. Le real brésilien a chuté jeudi à un plus bas historique (5,98 BRL), la veille c'était le peso argentin qui avait chuté à un creux historique (72 ARS) après que le gouvernement argentin a manqué une échéance de paiement sur sa dette et ainsi renforcé les peurs de banqueroute du pays. Le peso mexicain a chuté jeudi à son plus bas niveau depuis plus de deux semaines (26,8 MXN) sur fond de spéculations autour de possibles nouvelles baisses de taux après la chute jeudi de l'inflation au Mexique à un plus bas depuis quatre ans.

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