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avr. 22, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Les tensions sur le pétrole perdurent,  le dollar australien profite de ventes au détail record  

  • La chute des cours du pétrole en Europe (Brent) se prolonge ce mercredi et pèse sur l'appétit au risque des investisseurs. Les valeurs refuges traditionnelles telles que le dollar, le yen ou le franc suisse gardent une certaine cote auprès des investisseurs tandis que les devises liées au pétrole restent sur la défensive et accentue leurs pertes. On assiste ce matin à un beau rebond du dollar australien (A$ 1,72) après la publication de chiffres de ventes au détail en Australie meilleurs que prévu. La livre sterling rebondit légèrement ce matin après sa chute de la veille à un creux de 2 semaines face à l'euro (£0,8830).
  • L'évènement majeur de la nuit est l'accord trouvé aux Etats-Unis par le Sénat sur un nouveau plan d'aide de l'ordre de 484 Mds$ avec une tranche de 320 Mds$ dédiée à l'aide aux PME. Alors que le texte sera soumis ce mercredi au vote de la Chambre des représentants dominé par les démocrates pour une adoption officielle espérée jeudi, cette annonce n'a pas eu de réelles résonnances sur les marchés des changes qui semblent davantage préoccupés par les importantes tumultes subies par les cours pétroliers.
  • Le choc provoqué lundi par la chute des cours de pétrole américain (WTI) à un niveau négatif pour la première fois de son histoire a une résonnance sur l'ensemble des autres indices de prix de l'or noir à travers le monde, et notamment sur l'indice européen Brent qui a cédé plus de 20% mardi et recule encore ce mercredi de plus de 10% pour une perte cumulée de 40% depuis le début de la semaine. Le cours du Brent est actuellement à hauteur de 17$ ou son plus bas niveau depuis 1999. Les prix restent très largement pénalisés par l'important déséquilibre qui existe actuellement entre l'offre et la demande sur les marchés mais également par d'importantes pressions vendeuses émanant de la peur des investisseurs à détenir physiquement du pétrole sachant que les capacités de stockage dans le monde sont proches d'un niveau de saturation. Les devises de pays exportateurs de pétrole accusent le coup et se déprécient fortement depuis le début de la semaine. Le dollar canadien a chuté hier à un creux de 2 semaines face à l'euro à plus de 1,54 C$, tout comme le rouble russe qui s'échange désormais à plus de RUB 84,0 face à l'euro, tandis que la couronne norvégienne à un plus bas depuis 3 semaines à presque NOK 11,60.
  • L'euro a eu la bonne surprise hier de voir l'indice de sentiment des investisseurs en Allemagne (ZEW) bondir à un pic depuis 2015 (+28,2) en avril après avoir chuté le mois dernier à un plus bas depuis 8 ans (-49,5). Cela traduit un net regain d'optimisme des acteurs financiers à l'égard des perspectives économiques à horizon 6 mois au sein de la première économie européenne et intervient alors que le pays a amorcé depuis lundi son déconfinement avec la réouverture de certains magasins. Si la nouvelle a renforcé hier la demande en euro, cela n'a néanmoins eu aucune réelle incidence sur le taux EUR/USD qui reste coincé sous le seuil de $1,09. Outre les craintes liées au pétrole qui stimulent le dollar, l'euro semble pâtir d'une certaine prudence et attentisme des acteurs de marché en amont de la réunion de jeudi du Conseil européen à l'issue de laquelle les dirigeants des 27 membres de l'Union Européenne doivent statuer sur les outils financiers destinés à déployer l'aide financière aux pays les plus impactés par le coronavirus. Alors que l'Allemagne, via l'intervention lundi de la chancelière Angela Merkel, indique qu'elle jouera la carte de la solidarité ce qui suggère qu'une entente mutuelle est très probable, il existe néanmoins toujours un peu de doutes autour de la capacité des dirigeants européens à s'entendre sur une solution commune au regard des divergences entrevue ces dernières semaines de vision en matière de gestion de crise entre les pays du Nord de l'Europe et ceux du Sud . Après l'indice ZEW la veille, l'euro sera sensible ce mercredi à la publication d'un nouvel indice de sentiment, celui de la confiance des ménages en Zone Euro (16h00) que le consensus voit chuter à un plus bas depuis presque 7 ans (cons. -19,6 vs. -11,6 en mars) !
  • La livre sterling a cédé 1,1%  face à l'euro mardi, ce qui ne lui était plus arrivé depuis un mois, et chuté à un plus bas de 2 semaines au-dessus du seuil de £0,88. La bonne tenue hier de l'euro mêlée aux inquiétudes soulevées par l'annonce par l'Office Nationale de Statistiques britannique (ONS) d'un écart de plus de 40% par rapport  aux chiffres officiels du gouvernement dans le décompte des décès du Covid-19 en Angleterre et aux Pays de Galles à la date du 10 avril expliquent très certainement cette soudaine glissade de la livre. Cet écart statistique sous-entend un impact potentiellement plus important qu'on ne l'imagine de la crise sanitaire actuelle au Royaume-Uni, ce qui pourrait obliger le gouvernement, si cela se confirme, à durcir et prolonger dans le temps les mesures de confinement. Le cours EUR/GBP corrige très légèrement ce matin mais se maintient au-dessus de la barrière de £0,88 après la publication d'un ralentissement conforme aux attentes du consensus de l'inflation au Royaume-Uni en mars (de 1,7% à 1,5% pour l'indice de prix général).
  • Après deux séances consécutives de repli face à l'euro, le dollar australien se reprend et enregistre ce matin un rebond de plus de 0,5% grâce à l'appui de chiffres de ventes au détail en Australie qui selon les premières estimations publiées ce matin par l'Agence de statistiques australienne (ABS) auraient bondi de +8,2% en mars. Il s'agirait, si l'estimation est confirmée, d'un rebond historique qui pourrait venir atténuer la probable contre-performance de l'économie au premier trimestre.
  • Au sein des marchés émergents, la volatilité reste réduite et les mouvements correctifs très réduits à cause des turbulences du pétrole. Le peso mexicain (+0,3%, MXN 26,4) profite néanmoins du rebond de l'indice pétrolier américain (WTI) au-dessus des 10$ ce matin pour effacer une partie de ses larges pertes de la veille (-1,4% face à l'euro). Le yuan reste assez stable à hauteur de ¥7,70 face à l'euro malgré l'annonce ce matin d'une hausse du ratio de prêts non-performants au bilan des banques commerciales chinoises au 1er trimestre 2020 de 1,86% à 2,04%. De nouvelles mesures d'assouplissement monétaire de la part de la banque centrale chinoise pour soutenir le secteur bancaire pourrait s'observer dans les prochains jours/semaines.

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