Actualités du marché des devises

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déc. 09, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 9 décembre 2019 – Sommaire :

  • L’euro reprend quelques couleurs sur ce début de semaine grâce à l’appui de statistiques commerciales rassurantes en Allemagne. La livre sterling poursuit son ascension en cette semaine d’élection au Royaume-Uni (jeudi).
  • L’EUR/USD tente de relever la tête ce matin après la lourde chute de vendredi après la publication de bons chiffres de l’emploi aux Etats-Unis. La hausse surprise des exportations en Allemagne au mois d’octobre vient atténuer la défiance à l’égard de la devise européenne.
  • L’EUR/GBP n’en finit plus de chuter et teste ce matin le seuil de £0,84 alors que les sondages publiés tout au long du weekend au Royaume-Uni continuent de montrer une avance confortable des conservateurs sur les travaillistes.
  • Le cours EUR/JPY reste légèrement orienté à la baisse et teste le support de ¥120 alors que ce matin les chiffres de croissance au Japon au T3 ont été significativement révisés à la hausse de 0,1% à 0,4% T/T.
  • Les prix du pétrole corrigent ce matin après la hausse provoquée vendredi par l’Arabie Saoudite quant à de possibles réductions supplémentaires de production pétrolière. Les devises pétrolières et cycliques cèdent du terrain face à l’euro. 
  • Le cours EUR/AUD remonte ce matin à hauteur de A$ 1,62 et l’EUR/CAD reste orienté à la hausse en direction du seuil de C$ 1,47.
  • En l’absence de signes d’avancées tangibles dans les négociations sino-américaines, le cours EUR/CNH profite de la poussée ce matin de l’euro pour tenter de rejoindre le seuil de ¥7,80.

L’agenda de la semaine : Indices PMI de novembre à travers le monde / Audition de Lagarde au Parlement européen / Chiffres de l’emploi aux Etats-Unis / Décisions monétaires en Australie & au Canada / PIB au T3 en Australie & Afrique du Sud

EUR

Zone Euro (EUR) :

  •   Décision monétaire de la BCE (jeudi) : Il s’agira paradoxalement de la dernière réunion monétaire de l’année pour la banque centrale européenne mais de la première sous la présidence de Christine Largarde, ex-présidente du Fonds Monétaire International, qui a succédé à Mario Draghi, arrivé à la fin de son mandat de 8 ans, le 1er novembre dernier. Si aucun ajustement majeur n’est attendu de la part de la banque centrale qui a déjà opéré une baisse de taux cette année – taux de dépôt rabaissé à un nouveau plus bas historique de -0,5% - et redémarré un nouveau programme de rachat d’actif depuis le mois de novembre à hauteur de €20Mds d’actifs/mois, les investisseurs seront très attentifs à la communication du nouveau gouverneur central et la stratégie qu’il compte déployé pour amorcer un redressement de la conjoncture européenne. Lors de sa dernière intervention publique la semaine dernière devant les députés européens, Lagarde a reconnu que la croissance restait faible en Europe et que la banque centrale continuerait de faire son possible pour soutenir la croissance. Cela présuppose-t-il de nouvelles mesures accommodantes et des injections toujours plus abondantes de liquidité en 2020 ? Pas si sûr si l’on se réfère à la multiplication de critiques et inquiétudes qui émergent, notamment parmi les banquiers centraux européens (lien article Bloomberg), à l’égard des taux négatifs et ses effets néfastes à terme sur l’économie réelle. Si le communiqué officiel de la banque (13h45) pourrait être accueilli jeudi par un haussement d’épaule de la part des acteurs de marché, la conférence de presse de Christine Lagarde (14h30) pourrait être le théâtre de remous bien plus importants.

 

  • Indice ZEW en Allemagne (mardi) : Le consensus économique table sur une hausse au mois de décembre de l’indice de sentiment des investisseurs et analystes allemands en territoire positif pour la 1ière fois depuis 8 mois (cons. 0,3 vs. -2,1 en novembre). Les frictions commerciales observées la semaine dernière entre les Etats-Unis été l’Union Européenne, les très mauvaises performances du secteur industriel allemand la semaine dernière (forte contraction des commandes d’usine et de la production industrielle), les tensions politiques apparues également la semaine dernière au sein de la coalition allemande entre la CDU et le SPD ou encore les signes continus de faiblesse de l’économie chinoise (contraction surprise des exportations au mois de novembre d’après les statistiques commerciales publiées en Chine samedi) invitent à la prudence et font craindre un résultat pas forcément à la hauteur des espérances.

 

  • Note de crédit Fitch sur la France et l’Espagne (vendredi) : D’après les projections du FMI, la France devrait clôturer 2019 avec un déficit public supérieur au plafond de 3% du PIB annuel fixé par les critères de Maastricht (Projection 2019 = -3,25% du PIB), ce qui exposerait alors le pays à l’ouverture d’une procédure de sanctions pour non-respect des critères budgétaires européens. L’Espagne a amorcé une procédure d’assainissement de ses finances et devrait finir l’année 2019 avec un déficit public net de 2,16% du PIB. Dans un contexte actuel de réduction de la croissance en Zone Euro, la santé des finances publiques est scrutée de près par les investisseurs qui veulent éviter les région à risque, mais également par les banquiers centraux européens qui comptent sur un effort des gouvernements nationaux pour prendre le relais en matière de politique de soutien à la conjoncture en Zone Euro. Les rapports de crédit de l’agence de notation Fitch concernant la France et l’Espagne livreront un état des lieux sur les éventuels risques qu’encourent ces deux pays majeurs européens.

  Volatilité : L’euro a atteint la semaine dernière un pic d’un mois face au dollar à plus de $1,11 mais n’a dû son ascension, en partie, que grâce à de mauvais résultats de l’économie américaine, l’émergence de nouvelles frictions commerciales entre Washington et Bruxelles (menace de surtaxes de $2,4Mds qui pèse sur la France en janvier) et surtout les contreperformances inattendues et très significatives du secteur industriel allemand n’ont pas réellement été des éléments qui ont favorisé la devise européenne. Bien au contraire, les risques qui pèsent sur la conjoncture européenne dont les investisseurs questionnent si celle-ci a déjà atteint un plancher ou peut encore se détériorer davantage dans l’avenir (risque de récession ?) pèsent sur les achats d’euro et freinent toute tentative de redressement significatif à court terme. La santé de l’économie allemande qui a échappé de très peu à une récession au 3ième trimestre, mais surtout la stratégie monétaire de la BCE dont on ignore encore si elle est prête à procéder à de nouveaux ajustements monétaires pour soutenir la croissance européenne sont les deux facteurs majeurs à l’aune duquel un redressement de l’euro s’opèrera ou pas, de manière rapide ou bien très graduellement en 2020. De manière générale, les investisseurs semblent un peu plus optimistes que lors des précédents mois et voient dans le probable règlement de la question du Brexit et un redressement de la croissance européenne deux éléments qui devraient favoriser une revalorisation de l’euro l’année prochaine. Selon les deux enquêtes de projection réalisées en début de mois par les agences Reuters et Bloomberg, la médiane des anticipations des analystes table sur un taux EUR/USD à $1,15 à horizon 12 mois contre $1,14 le mois précédent. 

USD

Etats-Unis (USD) :

  •   Décision monétaire de la Fed (mercredi) : Les très bons chiffres de l’emploi publiés vendredi dernier aux Etats-Unis (+266k en novembre) tombent à pic et devraient offrir du crédit aux membres de la réserve fédérale américaine (Fed) pour justifier une pause momentanée de sa politique de baisse de taux après les trois réductions réalisées cette année. La question que se pose actuellement les marchés n’est pas de savoir si la Fed va baisser à nouveau son taux directeur principal (actuellement dans un couloir de 1,50-1,75%) mais quand celle-ci va agir. La solidité « apparente » du marché de l’emploi américain qui peut se targuer d’avoir en novembre un taux de chômage à un plus bas depuis 50 ans (3,5%) ne suffit pas à elle-seule à masquer les difficultés rencontrées cette année par l’économie américaine, et notamment le secteur manufacturier.  Au regard des positions actuelles sur les marchés à terme, aucune baisse de taux n’est attendue aux Etats-Unis d’ici le second semestre 2020, une période de pause relativement longue mis en parallèle avec l’activité monétaire soutenue de la Fed lors du second semestre 2019 où aux baisses de taux se sont également ajoutées d’importantes injections de liquidités sur les marchés monétaires américains où la hausse importante des taux interbancaires faisait craindre d’importants dommages pour les banques. La publication des nouvelles projections économiques et monétaires de la banque centrale américaine et leur analyse par le gouverneur central Jerome Powell durant sa conférence de presse (20h30) seront un moment fort de cette dernière réunion de l’année.

 

  • Inflation (mercredi) : Avant la réunion de la Fed, les Etats-Unis publieront les nouvelles statistiques d’inflation au mois de novembre. Le consensus économique table sur une accélération de la dynamique annuelle de l’indice de prix principal de 1,8% à 2,0%, soit l’objectif de long terme fixé par la banque centrale américaine, et un niveau stable à 2,3% de la dynamique annuelle de l’indice de base. Bien que la Fed ait une préférence claire pour les indices de prix PCE pour mesurer les dynamiques d’inflation dans le pays, un rebond de ces indices de prix, s’il se confirme, offrait un nouvel argument en faveur d’un choix de procéder à une pause sur ses taux.

 

  • Ventes au détail (vendredi)  : Après la réunion de la Fed, la publication des statistiques de ventes au détail aux Etats-Unis sera l’un de moments clés de la semaine pour le dollar. En effet, à l’aune de cet indicateur conjoncturel les acteurs de marché auront l’occasion d’évaluer la vigueur de la consommation domestiques aux Etats-Unis et juger si celle-ci est toujours aussi robuste pour compenser la contre-performance de secteurs en difficulté comme l’industrie. Le consensus table sur un rebond modeste de +0,4% M/M, soit une performance légèrement supérieure à celle du mois précédent (+0,3%) mais néanmoins inférieure à la moyenne de l’année (+0,54%). Toutefois si ce résultat se confirme, cela participera néanmoins à contenir les craintes de récession à court-terme aux Etats-Unis.

 

Volatilité : Le dollar sort d’une semaine très agitée où son attractivité s’est vivement craquelée au gré de résultats économiques très décevants, mais également de vives inquiétudes sur le volet commercial après les déclarations du président américain laissant  penser qu’il n’était pas pressé de conclure un accord avec la Chine et qu’il pourrait les faire durer jusqu’aux prochaines élections américaines programmées à la fin d’année prochaine (novembre 2020). Grâce à de très bons chiffres de l’emploi publiées vendredi, le dollar a néanmoins limité la casse et s’est offert un sursis. Celui-ci pourrait être de courte durée si le retour de craintes de récession à venir aux Etats-Unis faisait son retour cette semaine. L’inflation, les ventes au détail et surtout la réunion de la Fed feront office de juge de paix et devraient vivement influencer la direction de la devise américaine sur la fin d’année et le début d’année prochaine. En l’absence de catalyseurs en provenance des fondamentaux et de la part de la Fed, la volatilité du dollar pourrait se voir très vivement influencée par le volet monétaire et les derniers développements commerciaux entre la Chine et les Etats-Unis alors que se profile la date du 15 décembre où une nouvelle vague de taxes douanières sur près de $160Mds de produits chinois est censée entrer en vigueur aux Etats-Unis. De vives tensions commerciales et des craintes de rupture des négociations pourraient vivement impacter le dollar à la baisse, les investisseurs voyant dans la disputes commerciale un facteur qui pourrait accélérer le ralentissement de l’économie américaine en 2020.

GBP

Royaume-Uni (GBP)

  •  Elections générales (jeudi/vendredi) : Toute la semaine devrait être rythmé par la fin de la campagne électorale qui se clôturera jeudi avec l’ouverture des bureaux de vote toute la journée (7h-22h) dans les quatre pays membres du Royaume-Uni – Angleterre, Ecosse, Irlande du Nord & Pays de Galles – pour y désigner les 650 membres de la Chambre des Communes. Les premiers résultats officiels tomberont au compte-goutte dans la nuit de jeudi à vendredi et les premières estimations officielles devraient être connues dès vendredi matin. Malgré une légère poussée observée ces dernières semaines des travaillistes, les sondages publiés à ce jour sont unanimes et montrent le maintien d’une large avance du camp conservateur qui pourrait lui assurer le gain d’une majorité absolue dans la nouvelle composition des Communes. Les sondages publiés le weekend dernier au Royaume-Uni montrent en effet une avance entre 8 et 15pts de la formation de Boris Johnson sur le Labour de Jeremy Corbyn. Si une victoire finale des Tories parait quasi certaine, on peut redouter néanmoins un évènement similaire à celui entrevu en 2017 et une marge d’erreur conséquente de la part des instituts sondages par rapport au résultat final et un nouveau Parlement fragmenté qui pourrait, le cas échéant, causer quelques obstacles dans la procédure de ratification de l’accord de sortie qui doit permettre au Royaume-Uni de sortie de manière ordonnée de l’Union Européenne d’ici le 31 janvier prochain.

 

  • Croissance mensuelle du PIB, statistiques commerciales et industrielles (mardi) : Avant que ne vienne sonner l’heure des élections, on observera mardi matin la publication d’une large série d’indicateurs économiques tels que la croissance du PIB mensuel, les statistiques de balance commerciale et les statistiques de production industrielle et manufacturière au mois d’octobre. Ce sera l’occasion de jauger l’état de santé de l’économie britannique avant le scrutin national et potentiellement fournir des arguments aux acteurs de marché susceptibles de calmer ou nourrir leur enthousiasme à l’égard de la livre sterling.

Volatilité : La livre sterling poursuit une volatilité unilatérale et ne cesse de s’apprécier depuis des semaines au point qu’elle oscille actuellement à un plus haut depuis 2 ans ½ face à l’euro à hauteur de £0,84. Rien ne semble pouvoir stopper l’ascension de la livre tant les marchés semblent convaincus qu’une victoire finale des conservateurs et le gain d’une majorité absolue au Parlement sont quasiment certains au regard des anticipations réalisées depuis des semaines par les bookmakers et les instituts de sondages au Royaume-Uni. Le revers de la médaille est qu’aujourd’hui malgré l’orientation haussière de la devise britannique, les risques penchent clairement à la baisse car au regard de la hauteur de l’optimisme actuel des marchés il existe un risque important de déception des acteurs de marché si le résultat final n’est pas à la hauteur des attentes, voire même n’est pas aussi bon que prévu. La hausse des coûts des produits misant sur une baisse de la livre sur les marchés option soutient l’idée que les marchés s’inquiètent d’un risque de fort repli de la devise d’ici vendredi. En cas de mouvement de correction de la livre, on pourrait assister à un retour rapide de la paire EUR/GBP à hauteur de £0,86 d’ici la fin de semaine, voire un peu au-dessus. À l’inverse, une large victoire des conservateurs vendredi n’étonnerait pas grand monde tant ce résultat est vivement attendu, aussi le potentiel haussier de la devise britannique apparaît limité et l’on voit un support à court terme sur la paire EUR/GBP à £0,83. Celui-ci dépendra aussi de la teneur des chiffres économiques publiés en début de semaine au Royaume-Uni car une fois le scrutin national passé, la question des fondamentaux économiques et leur impact éventuel sur les futurs choix de la Banque d’Angleterre pourraient revenir un sujet majeur dans l’esprit des investisseurs.


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