Actualités du marché des devises

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déc. 03, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 3 décembre 2019 – Sommaire :

  • Après son impressionnant rebond de la veille l’euro consolide ses gains ce matin. La volatilité est dominée ce mardi matin par le rebond du dollar australien après le statu quo sur ses taux décidé par la RBA et le rebond correctif de la livre sterling.
  • L’EUR/USD reste stable et consolide ses gains de la veille. La paire reste pour le moment aux portes du seuil de $1,11 alors que l’apparition de frictions commerciales entre les Etats-Unis et l’UE semble freiner l’ascension de l’euro.
  • Après son rebond de la veille, le cours EUR/GBP corrige ce matin et retombe sous le seuil de £0,8550 sur fond d’accueil positif à l’égard d’un rebond des ventes au détail au Royaume-Uni (si l’on exclut les distorsions provoquées par le « Black Friday »).
  • Léger rebond de la paire EUR/JPY qui reste néanmoins coincé sous le seuil de ¥121.
  • Large rebond de plus de +0,5% du dollar australien après le statu quo sur ses taux (0,75%) décidé ce matin par la banque centrale (RBA) pour sa dernière réunion monétaire de l’année. Le cours plonge sous le seuil de A$ 1,62 pour la 1ière fois en deux semaines.
  • Après sa lourde chute de la veille (-0,8%), le dollar canadien se reprend légèrement. Le cours EUR/CAD reste valorisé à plus de C$ 1,47 à proximité de ses plus hauts niveaux observés au cours des 3 derniers mois.
  • Rebond des devises nordiques ce matin :  la couronne suédoise met fin à deux séances consécutives de recul face à l’euro et remonte à SEK 10,52 / La couronne norvégienne s’échange ce matin à moins de NOK 10,15.
  • Le rand sud-africain cède un peu de terrain ce matin face à l’euro à ZAR 16,14 en amont de la publication en milieu de matinée des chiffres de croissance au 3ième trimestre en Afrique du Sud.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de lundi : La Maison Blanche dégaine de nouveaux des tarifs douaniers et met les marchés en émoi / L’industrie et la construction américaine inquiètent les acheteurs de dollar / Petit craquèlement de l’optimisme des détenteurs de livre sterling sur fond de sondages et inquiétudes économiques / Les devises d’Europe de l’Est retrouvent quelques couleurs

La séance de lundi était destinée à être marquée du sceau des PMI manufacturiers alors que s’observait à travers le monde la publication des enquêtes d’activité de ce secteur au mois de novembre mais le président américain en a décidé autrement et semé le trouble à travers les marchés financiers en dégainant de nouvelles taxes douanières contre le Brésil et l’Argentine et en annonçant la prochaine mise en vigueur en janvier prochain de mesures douanières punitives contre la France en réponse à la taxe GAFA que celui-ci compte faire appliquer sur les géants américain du numérique.

Malgré une légère révision à la hausse des estimations de PMI manufacturier dans l’ensemble des économies européennes majeures (Allemagne, France, Italie), y compris dans celle agrégée de la Zone Euro (46,9 vs. 46,6), l’EUR/USD n’a pas réagi et ce n’est qu’en début d’après-midi, quelques heures avant l’audition lundi de Christine Lagarde devant les députés européens, que celui-ci a amorcé un rebond pour s’écarter de la barrière de $1,10 contre laquelle la paire reste collée depuis une semaine. Les pressions haussières se sont très vite intensifiées dans l’après-midi sous l’impulsion de chiffres économiques américains très décevants montrant à la fois une 4ième contraction mensuelle consécutive de l’industrie au mois de novembre et une performance toujours très proche de la plus faible dynamique de ces 10 dernières années entrevue au mois de septembre dernier, mais aussi une double contraction inattendue des dépenses dans le secteur de la construction au mois de septembre (initialement +0,5% M/M, révisé lundi à -0,3%) et octobre (-0,8% vs. cons. +0,4%). À la faveur d’un large repli du dollar, le cours EUR/USD a bondi lundi à un pic de 7 séances à $1,1089, échouant de peu à atteindre la barrière des $1,11 qui n’a plus été atteinte depuis le 5 novembre dernier, avant de retracer légèrement en fin de journée et clôturer sous le seuil de $1,1080.

Deux sondages publiés lundi ont légèrement altérer le large optimisme des investisseurs britanniques qui anticipent depuis la semaine dernière une large victoire des conservateurs aux élections générales du 12 décembre prochain et le gain probable par ces derniers d’une majorité absolue au gouvernement qui, si elle se matérialise, donnerait les mains libres au premier ministre Boris Johnson pour ratifier, à priori sans encombres, l’accord de sortie pour officialiser un divorce à la fin du mois de janvier 2020. Une enquête menée par l’institut Survation a montré lundi une réduction de 11 à 9pts de l’écart entre les conservateurs et les travaillistes, tandis qu’une autre enquête menée par l’institut ICM après les attentats de vendredi à Londres montre un écart stable de 7pts entre les deux principales formations politiques du pays. Si une victoire des Tories semble selon les sondages quasi certaine, des doutes ont émergé hier sur la composition du futur Parlement et la possibilité que l’on se retrouve dans la situation actuelle, c’est-à-dire avec une Chambre des communes dans lequel aucun parti n’a de majorité et est donc sous la menace de mouvements de rébellion lors de vote sur les textes de loi comme celui du Brexit. À ce bourgeonnement d’incertitudes se sont greffées des inquiétudes autour de l’économie britannique alors que l’enquête PMI publiée lundi a confirmé une récession de l’industrie britannique et un 7ième mois consécutif de contraction de ce secteur. Reste à savoir si les difficultés de l’industrie se répercutent sur les services, secteur qui représente plus de 70% du PIB du Royaume-Uni. Selon les premières estimations publiées fin novembre, une contraction de l’activité pourrait s’observer en novembre mais il faudra attendre mercredi et la publication des estimations finales pour avoir confirmation de cela. Après avoir clôturé le mois de novembre à un pic de plus de 6 mois tout proche du seuil de £0,85, la livre a cédé un peu moins de -0,5% face à l’euro et clôturé lundi à presque £0,8560. Une sortie du couloir de £0,85-£0,86 dans lequel la paire EUR/GBP circule depuis 3 semaines n’est pas remis en cause. Du moins pour le moment.

La Maison Blanche a annoncé lundi la réinstauration de taxes douanières sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance d’Argentine et du Brésil en guise de mesures de rétorsion après les fortes dévaluations subies récemment par les monnaies des deux plus importantes économies d’Amérique Latine. Dans la foulée, le bureau du représentant américain au Commerce a annoncé lundi qu’il envisageait de surtaxer $2,4Mds de produits français en représailles à la taxe sur les géants américains du numérique (taxe Gafa) que compte mettre en vigueur Paris et qu’il comptait ouvrir une enquête similaire contre l’Autriche, l’Italie et la Turquie. Alors qu’au cours des derniers mois, le volet commercial s’est surtout concentré sur la dispute entre Pékin et Washington, les évènements de la veille nous rappellent que le champ d’action de la Maison Blanche n’est pas unilatéral et surtout fait craindre davantage de pressions à venir contre l’Union Européenne en 2020 ; une période charnière aux Etats-Unis car année d’élection présidentielle ; à qui on pourrait reprocher de maintenir un euro à une valorisation très basse. Cela pourrait être un obstacle de plus pour la devise européenne dans sa quête de redressement sachant que dans les conditions actuelles l’économie européenne n’a pas les reins assez solides pour se lancer dans une « guerre commerciale » avec les Etats-Unis.

S’exprimant également sur la Chine, Donald Trump a donné hier peu de visibilité sur le déroulé des négociations sinon affirmer que de nouvelles taxes seraient mises en place sur les produits chinois si la « Phase 1 » d’un accord commercial échouait. Si on a cru un temps que le rebond de l’EUR/USD allait entraîner dans son sillage la paire EUR/JPY et l’emmener au-dessus du seuil de ¥121 (pic en séance à ¥121,01), les inquiétudes sur le volet commercial ont eu raison des velléités haussières de cette dernière qui a finalement clôturé la séance à un niveau quasi similaire de celui à l’ouverture, à un peu plus de ¥120,7. Le cours EUR/CNH a connu un autre destin et lui bondi de +0,7% pour clôturer pour la 1ière fois depuis près d’un mois au-dessus de la barrière de ¥7,80. Le dollar australien n’a pas été réellement endommagé par ces nouvelles « turbulences commerciales » et surfé au contraire sur le regain d’optimisme provoqué par un rebond surprise de l’industrie chinoise au mois de novembre. Le cours EUR/AUD a reculé lundi d’un peu moins de -0,3% et clôturé à hauteur de A$ 1,6250, les investisseurs préférant reporter leurs prises de décision avant la réunion de la banque centrale australienne (RBA) programmée mardi matin.

Handicapé à la fois par le retour de tensions commerciales, les difficultés de l’industrie américaine et les spéculations en amont de la réunion monétaire de la Banque du Canada ce mercredi, le loonie canadien s’est déprécié de presque -0,8% face à l’euro et chuté à un creux de 7 séances à plus de C$1,47. Au regard du maintien de fortes incertitudes internationales et de l’observation de signes tangibles de ralentissement de l’économie canadienne au 3ième trimestre, les marchés questionnent la possibilité que la banque centrale canadienne entre-ouvre sérieusement la porte à une possible première baisse de taux dans les prochains mois. La valorisation du taux n’est plus très éloignée du pic observé au cours des 3 derniers mois et atteint le 21 novembre dernier à C$ 1,4771.

Sous couvert d’une accélération de la croissance du secteur manufacturier en Hongrie au mois de novembre ; une dynamique peu commune dans le contexte actuel global ; le forint hongrois s’est apprécié de plus de +0,7% face à l’euro et clôturé lundi à un pic de plus de 3 semaines de HUF 332,1. Le zloty polonais s’est bien repris consécutivement à une contraction moins importante que prévu du secteur manufacturier polonais en novembre et très probablement sous l’influence d’une performance au-dessus des attentes de l’industrie chinoise (premier rebond depuis mars) et de l’industrie allemande (secteur néanmoins toujours en récession !) sur la même période. La devise polonaise a rebondi de +0,65% face à l’euro lundi et atteint un pic de 2 semaines à presque PLN 4,28.

Les annonces de taxes douanières américaines contre l’acier et l’aluminium en provenance du Brésil n’ont pas provoqué énormément de remous du réal, la devise brésilienne abandonnant hier « seulement » -0,2% face à l’euro et clôturant aux portes du seuil de BRL 4,68, non loin de ses plus bas de l’année touchés la semaine dernière à plus de BRL 4,71.

Volatilité sur les marchés des changes – Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD  :  Après avoir titillé pendant près d’une semaine la barrière de $1,10 et offert quelques frayeurs aux détenteurs d’euro de possible rechute de l’euro, le rebond significatif de la paire EUR/USD lundi (+0,6%) était aussi surprenant qu’inespéré. Il s’agit de la meilleure performance enregistrée par la paire de change en séance depuis le 18 septembre dernier, c’est dire si le mouvement est notable… ou nous rappelle tout simplement au combien la volatilité au cours des dernières semaines fut très réduite, pour ne pas dire quasi inexistante. Les mauvais chiffres publiés par l’industrie et le secteur de la construction aux Etats-Unis ont vivement fait réagir les marchés dont la confiance à l’égard de l’économie américaine s’était relativement renforcée la semaine dernière après la révision à la hausse des chiffres de croissance du 3ième trimestre aux Etats-Unis. Néanmoins, le déplacement des tensions commerciales vers l’Union Européenne après les menaces proférées hier par la Maison Blanche contre plusieurs pays européens, et en premier lieu la France qui pourrait voir d’ici mi-janvier l’instauration aux Etats-Unis d’une surtaxe sur $2,4Mds de produits français, fait office de nouveaux nuages potentiels venant obscurcir l’horizon européen. Si pour le moment, l’Union Européenne fut relativement épargnée par le président américain en matière de mesures de rétorsion, les critiques régulièrement proférées par ce dernier contre la politique commerciale « injuste » menée par les pays européens à l’égard des Etats-Unis et la faible valorisation de l’euro face au dollar qui pénalise lourdement l’attractivité des produits américains en Europe pourraient peu à peu se transformer en actes et mesures punitives au coût économique important. Au regard du contexte économique européen, actuellement dégradé où la croissance reste « faible » selon les propos tenus lundi par la présidente de la BCE, Christine Lagarde, lors de son audition devant les membres du Parlement européen, il serait probablement très préjudiciable pour les pays européens que de se lancer dans un bras de fer avec les Etats-Unis. L’euro pourrait être la principale victime collatérale d’un tel conflit et du coup voir sa capacité de redressement à moyen/long terme très réduite. Au regard du peu de chiffres publiés ce mardi aux Etats-Unis et en Zone Euro, le cours EUR/USD pourrait en profiter pour se stabiliser et consolider ses récents gains. Les marchés resteront néanmoins sur le qui-vive et scruteront d’éventuelles nouvelles annonces de la part du président américain qui sera ce mardi sur le continent européen, et plus précisément à Londres à l’occasion d’un Sommet de l’OTAN.

Niveaux/Sentiment : L’observation de nouvelles frictions entre américains et européens pourraient causer quelques turbulences sur l’EUR/USD et annihiler la tentative de retour à $1,11 entreprise par le cours de change. Les prochains jours risquent de ne pas être de tout repos alors que l’on attend la publication mercredi des indicateurs d’activité dans le secteur des services en Zone Euro et aux Etats-Unis, ce jeudi des statistiques de commandes industrielles en Allemagne et aux Etats-Unis et des ventes au détail en Zone Euro et vendredi des chiffres de l’emploi aux Etats-Unis et de production industrielle en Allemagne. L’Allemagne justement fait trembler l’euro alors que l’on observe actuellement quelques signaux de fracture de la coalition gouvernante actuelle entre la CDU et le SPD, laquelle pourrait imploser dans les prochains jours en cas d’annonce de départ des sociaux-démocrates du gouvernement. La perspective d’un nouveau scrutin en Allemagne pourrait effrayer les investisseurs européens et déclencher un nouveau mouvement baissier important de l’euro. Si cela se produit, la barrière de $1,10 pourrait cette fois se révéler impuissante pour maintenir à flot la paire de change et céder sous les coups de boutoir des pressions vendeuses sur la devise européenne.

Perf 2019 = -3,40% / Moyenne 2019 = $1,1199 / Point haut 2 décembre 2019 = $1,1089 / Point bas 2 décembre 2019 = $1,1001 / Clôture 2 décembre 2019 = $1,1077


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