Actualités du marché des devises

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déc. 02, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 2 décembre 2019 – Sommaire :

  • Large regain de confiance sur les marchés et rebond important des prix du pétrole provoqués par un retour de la croissance dans le secteur manufacturier chinois pour la 1ière fois depuis mars et les propos du ministre iraqien suggérant des réductions plus importantes des productions de pétrole par l’OPEP l’année prochaine.
  • Audition de C. Lagarde (BCE) au Parlement européen à surveiller cette après-midi (15h00).
  • L’EUR/USD fait toujours preuve d’inertie à hauteur de la barrière de $1,10 malgré les révisions à la hausse visibles ce matin des enquêtes d’activité PMI dans le secteur manufacturier en Allemagne, France & Zone Euro. Indices ISM manufacturier à suivre aux Etats-Unis ce lundi (16h00).
  • L’EUR/GBP s’écarte légèrement du support de £0,85 en amont de la publication ce matin des résultats de l’enquête PMI du secteur manufacturier au Royaume-Uni (10h30).
  • Poussée modeste de la paire EUR/JPY en direction de ¥121.
  • Repli de la paire EUR/AUD sous l’impulsion des bonnes nouvelles en provenance de Chine qui s’écarte du seuil de A$1,63 à la veille d’une nouvelle réunion de la RBA qui selon le consensus devrait se conclure sur un nouveau statu quo sur les taux.
  • Repli de la paire EUR/NOK de -0,4% à NOK 10,11 grâce à l’appui du pétrole. À l’inverse, le rouble russe (RUB 70,9) et le dollar canadien (C$ 1,46) restent de marbre face au rebond des cours du baril.
  • Le zloty polonais poursuit son rebond correctif après avoir chuté la semaine dernière à un creux de 7 semaines à plus de PLN 4,32.

L’agenda de la semaine : Indices PMI de novembre à travers le monde / Audition de Lagarde au Parlement européen / Chiffres de l’emploi aux Etats-Unis / Décisions monétaires en Australie & au Canada / PIB au T3 en Australie & Afrique du Sud

EUR

Zone Euro (EUR) :  

  • Audition de Christine Lagarde (BCE) au Parlement européen (lundi) : La nouvelle présidente de la Banque Centrale Européenne (BCE) passera un grand oral ce lundi après-midi devant les députés du Parlement européen durant lequel elle livrera sa vision et son programme pour procéder à une réévaluation des missions et objectifs monétaires  de la banque, une procédure qui n’a plus été réalisée depuis 16 ans. Durant cette audition, cette dernière sera amenée à expliquer comment elle compte amorcer un redressement en Zone Euro dans un contexte actuel de taux déjà négatifs en Europe et stimuler une inflation qui reste à l’heure actuelle très éloignée (1,0% en novembre d’après les premières estimations publiées vendredi dernier) de l’objectif de long terme de 2% que s’est fixé la banque centrale. 
  • Révision des indices PMI de novembre en Zone Euro (lundi & mercredi) : Les premiers résultats des enquêtes d’activité PMI de novembre en Zone Euro publiés il y a environ deux semaines n’ont guère rassuré mais au contraire montré un secteur manufacturier européen toujours en récession et d’inquiétantes faiblesses du secteur des services qui laissent à penser que le ralentissement dans la région ne se délimite plus à un seul champ d’activité mais commence à se généraliser. Les perspectives de la région sont toujours aussi peu rassurantes, ce qui explique une certaine prudence prolongée des investisseurs à  l’égard des actifs européens et un appétit mesuré envers l’euro. La révision des estimations du secteur manufacturier lundi et des services ce mercredi seront l’occasion de jauger si cette prudence est justifiée ou mérite au contraire d’être nuancée. L’enjeu est de savoir si l’économie européenne a atteint un point bas qui présuppose un redressement inévitable dans les prochains mois – c’est le pari à priori fait par de plus en plus d’investisseurs américains (lien Bloomberg) – ou si un ralentissement plus prononcé peut être encore observé dans les prochains mois. 
  • Activité de l’industrie allemande – commandes (jeudi) & production industrielle (vendredi) : L’Allemagne a échappé de peu à une récession technique (deux trimestres consécutifs de contraction de la croissance) au 3ième trimestre et a depuis montré des signes divergents, tantôt rassurants (rebond des indices de sentiment, baisse du nombre de chômeurs) et tantôt inquiétants (inflation stable à un creux de 3 ans, forte contraction des ventes au détail). La première économie européenne n’est pas tirée d’affaire et subi de plein fouet le ralentissement de l’économie mondiale dû à la dégradation des relations internationales et la montée du protectionnisme commercial. Le secteur de l’industrie reste toujours autant dégradé et en récession à en juger par les premiers résultats des indices PMI publiés à la fin du mois de novembre d’où une dynamique de redressement qui reste pour le moment difficile à enclencher. Si le climat global s’est quelque peu adouci cet automne au gré du rapprochement entre la Chine et les Etats-Unis et les progrès réalisés par les deux camps pour conclure un premier accord commercial (« Phase 1 ») celui-ci tarde à être finalisé et pourrait être remis en cause dans les prochains jours alors que se profile l’échéance du 15 décembre et la mise en vigueur de nouvelles taxes douanières américaines sur $160Mds de produits chinois actuellement non taxés. Dans ce contexte, il ne serait pas surprenant de voir une industrie allemande toujours à l’arrêt. Les statistiques d’octobre publiés en fin de semaine pourraient venir appuyer cette hypothèse.

  • Conférence annuelle du Parti Social-Démocrate allemand (vendredi à dimanche) : L’Allemagne pourrait connaître dans les prochains jours de nouvelles secousses politiques très importantes alors que l’on assistera en fin de semaine à une consultation interne parmi les sociaux-démocrates allemands du SPD sur un départ ou non du gouvernement actuel dans lequel il occupe un rôle de partenaire minoritaire aux côtés de la CDU d’Angela Merkel. La menace est réelle puisque le weekend dernier, un duo de dirigeants connus pour leurs critiques à l’égard de l’alliance gouvernementale actuellement formée avec la CDU et ayant déjà appelé à une séparation entre les deux principales formations du pays ont été élus à la tête du SPD, au nez et à la barbe du ministre actuel des Finances  Olaf Scholz dont on connaissait son ambition de maintenir le parti au sein du gouvernement jusqu’au prochaine élection de 2021. Une implosion de la « grande coalition » formée par le CDU et le SPD depuis 2013 pourrait marquer un grand tournant politique en Allemagne. Tout d’abord elle sonnerai la fin de règne pour Angela Merkel qui avait d’ores et déjà annoncé peu après le début de son 4ième mandat en 2017 qu’elle comptait se retirer de la vie politique à la fin de sa mission. De plus, la fin de cette alliance provoquerait très certainement l’organisation de nouvelles élections anticipées dont le résultat final apparaît aujourd’hui difficile à pronostiquer compte tenu de la perte de popularité des deux grands partis traditionnels (CDU & SPD) et à l’inverse la montée de l’extrême-droite et du parti AfD qui fait office aujourd’hui de 3ième force politique en Allemagne. À ne pas négliger non plus la popularité croissante des écologistes (die Grüne) qui ont obtenu un très bon score aux dernières élections européennes.

Volatilité : Le peu d’optimisme qui entoure les perspectives économiques européennes et les craintes de turbulences politiques en Allemagne sont peu propices à une vive reprise des achats en euro. Au contraire, l’impression d’une région toujours économiquement dégradée dans laquelle on voit pointer de nouveaux « nuages noirs » et un éventuel scrutin indécis au sein de la 1ière économie européenne pourrait donner lieu à quelques mouvements vendeurs. Pour le moment, l’EUR/USD s’accroche à la barrière de $1,10 mais les quelques mouvements de repli et tentatives vaines de cassure de cette barrière observés la semaine dernière suggèrent l’existence de pressions baissières sur la paire de change. Si ce seuil venait à céder alors le mouvement baissier se verrait renforcé et le taux pourrait alors se diriger rapidement en direction de ses plus bas niveaux de l’année sous $1,09 (point le plus bas en 2019 recensé à $1,0877).

USD

Etats-Unis (USD) :  

  • Indices d’activité ISM (lundi & mercredi) : Les indices d’activité publiés par l’institut ISM, lundi du secteur manufacturier et mercredi du secteur non-manufacturier, seront l’occasion de jauger de l’état de santé de l’économie américaine. Pour le moment, celle-ci fait mieux que résister aux vents contraires en provenance de l’extérieur et affiche une performance plutôt robuste comparativement à nombreux de ses pairs d’économies développés. On pense en premier lieu ici au Royaume-Uni et à la Zone Euro. L’observation au fil des mois de « craquelures », notamment dans le secteur manufacturier, invite néanmoins à la prudence car fait craindre un effet de ruissellement sur le secteur des services. La dissipation des tensions commerciales cet automne semblent avoir néanmoins favorisé un début de stabilisation. Mais encore faut-il que les statistiques le démontrent. 
  • Chiffres de l’emploi (vendredi) : Le marché de l’emploi reste toujours l’élément à l’aune duquel les investisseurs évaluent l’état de santé de l’économie américaine. Le niveau de créations d’emploi et la croissance des salaires sont en effet deux facteurs importants en marge desquels se mesure en amont la dynamique de la consommation domestique américaine, principal moteur de la croissance cette année aux Etats-Unis et plus gros contributeur de l’économie (2/3 du PIB américain). 

Volatilité : L’économie américaine ralentit mais à un rythme moins effréné que ses homologues, cela grâce à une consommation domestique qui reste robuste et une économie qui semble s’être stabilisée grâce à l’intermédiaire d’une baisse des tensions commerciales entre Pékin et Washington. Ce contexte confère aux Etats-Unis et au dollar une certaine attractivité et un avantage comparatif certain par rapport à l’euro. Le maintien d’une dynamique économique solide aux Etats-Unis donne en effet du crédit aux choix de la réserve fédérale américaine de poursuive une pause monétaire sur ses taux et du coup participe au maintien prolongé d’importantes divergences monétaires entre les Etats-Unis et la Zone Euro. D’où une capacité de redressement très réduite pour l’EUR/USD et une volatilité « encadrée » de la paire de change qui oscille depuis maintenant 4 mois dans un couloir de fluctuation de $1,09-$1,12 (+/-2,8%). Attention, toutefois aux mauvaises surprises et aux signaux d’essoufflement de l’économie américaine qui pourraient rapidement réanimer les craintes de récession à venir aux Etats-Unis et offrir des arguments aux investisseurs de réduire leur actuel haut niveau de positions à l’achat en dollar.

GBP

Royaume-Uni (GBP) 

  • Indices PMI de novembre (lundi, mardi & mercredi) : Comme au début de chaque mois, le Royaume-Uni publiera sur le début de semaine les trois indicateurs d’activité PMI du mois de novembre – dans les secteurs manufacturier, de la construction et des services - à l’aune desquelles les investisseurs évaluent l’état de santé de l’économie britannique. Les indicateurs préliminaires publiés il y a un peu moins de deux semaines ont mis en lumière une contraction de l’activité généralisée, aussi bien dans le secteur manufacturier (peu surprenant) que dans le secteur des services (un peu plus surprenant). La dégradation des fondamentaux pourraient peu à peu forcer les banquiers centraux britanniques à considérer sérieusement une première baisse de taux en 2020 pour stimuler une activité atone néanmoins la problématique incertaine du Brexit reste toujours un élément qui pèse dans les décisions et oblige, en attendant son dénouement final probablement en janvier, à rester patient. La livre sterling s’est montrée pour l’heure peu sensible aux données économiques et se nourrit au contraire des spéculations politiques qui présument une large victoire des conservateurs lors du scrutin du 12 décembre et le gain par ces derniers d’une majorité confortable. Le cas échéant, cela offrirait à Boris Johnson les mains libres pour ratifier l’accord de divorce négocié à Bruxelles cet automne et assurer une sortie ordonnée du Royaume-Uni hors de l’Union Européenne au 31 janvier prochain.

Volatilité : La livre sterling a approché la semaine dernière le seuil de £0,85 qui fait office de « plafond de verre » depuis plus de deux ans (mai 2017) sous l’élan de la publication par l’organisation YouGov de son rapport de projection du nombre de sièges au Parlement britannique, celui-là même qui avait justement prédit la perte de la majorité absolue par les conservateurs en 2017 contre l’avis général des autres instituts de sondage. La devise britannique a stoppé son ascension à l’approche de ce palier psychologique mais reste toujours pour le moment orientée à la hausse. Il est difficile de prédire si d’autres éléments qu’une réduction dans les sondages de l’écart entre les conservateurs et les travaillistes avant le scrutin du 12 décembre puissent faire vaciller la livre. De mauvais fondamentaux économiques au Royaume-Uni pourraient néanmoins légèrement effrité l’attractivité de la livre et conduire le taux EUR/GBP à revenir se rapprocher du seuil de £0,86. Au regard de la haute valorisation de la livre sterling et de la « robustesse » de la barrière de £0,85, on peut penser que son potentiel d’ici le scrutin de décembre pourrait rester réduit.

CAD

Canada (CAD) 

  • Décision de la Banque du Canada (mercredi) : Sans surprise, du fait de son modèle de croissance tourné à l’export, le Canada n’échappe pas à la dégradation de l’économie mondiale et des relations internationales, et en a directement subi les répercussions au 3ième trimestre.  Au regard de ces premiers craquèlements résonnent les mots tenus par le gouverneur central canadien mettant en garde sur le fait que l’économie canadienne serait « testée » par la montée des incertitudes mondiales. Si pour le moment, les risques apparaissent contenus et l’économie canadienne résiste plutôt bien, la question d’une première baisse de taux l’année pourrait peu à peu faire son chemin dans l’esprit des membres de la Banque du Canada. On devrait avoir un premier aperçu de l’état d’esprit et du positionnement de la banque centrale sur cette question à l’occasion mercredi de la dernière réunion monétaire de l’année de la BoC.

  • Réunion semestrielle de l’OPEP (jeudi-vendredi) : Les responsables des principaux pays exportateurs de pétrole (OPEP) se réuniront cette semaine à Vienne à l’occasion de leur réunion semestrielle pour y discuter d’une révision de leur politique de production pétrolière. Selon les premiers échos, l’organisation devrait annoncer cette semaine un prolongement en 2020 de sa politique de quota pétrolier destinée à soutenir les prix du pétrole et pourrait même annoncer une réduction plus importante de ses volumes de production si l’on en croit les propos tenus ce weekend par le ministre de l’énergie iraqien.

Volatilité : Si à priori la banque ne devrait pas procéder ce mois-ci à un ajustement de son taux directeur principal actuellement à 1,75%, un ajustement de sa communication montrant une multiplication des débats au sein de la banque sur l’éventualité de procéder prochainement à une première baisse de taux pourrait venir faire vaciller le dollar canadien et renvoyer la paire EUR/CAD s’installer au-dessus du seuil de C$ 1,47. Un mouvement de recul du loonie canadien pourrait néanmoins être annihilé, ou au contraire s’intensifier, selon les réactions des prix du pétrole déclenchées par les décisions prises par l’OPEP en fin de semaine. Un seuil de résistance est observé sur la paire EUR/CAD à hauteur de C$1,4710 et n’a été que très rarement franchi au cours des 3 derniers mois. En cas de mouvement de recul du taux EUR/CAD, les barrières de C$ 1,46 et C$ 1,4550 pourraient venir freiner la chute et permettre à la paire de se stabiliser.

Mais aussi cette semaine…

  • Réunion monétaire de la RBA (mardi) & croissance du PIB au T3 en Australie : Le consensus économique table sur un statu quo des taux directeurs en Australie en décembre à 0,75% néanmoins une nouvelle baisse surprise pourrait être considérée par les banquiers centraux australiens sachant que la question a été sérieusement abordée lors de la précédente réunion monétaire de novembre. La banque centrale pourrait néanmoins décider de repousser la décision et attendre d’avoir en main les nouveaux chiffres de croissance au T3 publiés le mercredi avant de considérer de nouveaux assouplissements monétaires.

  • Inflation en Suisse (mardi) : Le maintien d’un état de déflation en Suisse (contraction des prix à la consommation) pourrait pousser la Banque Nationale Suisse à sérieusement considérer de nouvelles mesures accommodantes pour stimuler les prix dans le pays lors de sa réunion monétaire programmée le jeudi 12 décembre.

  • Croissance du PIB au T3 en Afrique du Sud (mardi) : Une faible croissance dans le pays comme il l’est anticipé par le consensus (cons. +0,1% T/T en rythme annualisé vs. 3,1% au T2) pourrait conforter la banque centrale sud-africaine à poursuivre ses efforts monétaires et procéder dans les prochains mois à de nouvelles baisses de taux, mais aussi replacer l’Afrique du Sud sous les radars des agences de notation qui conservent un regard peu optimiste à l’égard des perspectives de croissance du pays.

Retour sur la séance de vendredi : Des prises de décision gelées par des inquiétudes sur le volet commercial / Un rebond de l’inflation en Zone Euro sans effet sur l’effet sur l’euro / La livre sterling maintient le cap / Des devises pétrolières et émergentes pénalisées par le nouveau recul des prix du pétrole / Le zloty stoppe l’hémorragie tandis que le réal brésilien retombe dans ses travers

C’est une bien morne séance très pauvre en volatilité que nous a offert la journée de vendredi où le retour de doutes autour du commerce mondial et la présence écourtée des acteurs de marché américains au lendemain de Thanksgiving ont lourdement pesé sur les prises de décision et totalement éclipsé le rebond un peu plus important que prévu de l’inflation en Zone Euro.

L’EUR/USD s’est fait une petite frayeur à la mi-journée en amorçant un repli sous $1,10 et enregistrant un creux de plus de 7 semaines à $1,0979 sous l’impulsion d’un retour sur les marchés des investisseurs américains après leur absence jeudi. Finalement, plus de peurs que de mal et le taux s’est rapidement redressé et clôturé la dernière séance de la semaine dans le vert à $1,1015, l’absence de signaux positifs sur le volet commercial au lendemain des menaces de rétorsion proférées par Pékin à l’encontre des Etats-Unis après la promulgation d’un texte de loi de soutien à Hong Kong ayant contribué à limiter les prises d’achat de dollar. Un peu plus tôt dans la journée, la Zone Euro avait publié ses premières estimations d’inflation du mois de novembre, lesquelles ont montré une croissance annuelle des prix de 0,7% à 1,0% contre 0,9% anticipé par le consensus, sans que cela provoque de vives réactions de l’euro. Malgré ce redressement, on reste toujours éloigné des standards recherchés par la Banque Centrale Européenne (objectif de 2%) et donc il semblerait que les investisseurs n’aient guère été impressionnés par ces chiffres qui offrent finalement « juste » une raison de ne pas accroître davantage les positions vendeuses en euro.

La livre sterling reste toujours orientée à la hausse mais voit néanmoins dans son ascension l’obstacle des £0,85 lui barrer pour le moment la route.  Il s’agit là d’un seuil psychologique qui fait office de support ou « plancher » sur le cours EUR/GBP depuis plus de 2 ans, d’où sa robustesse. La devise britannique reste plus que jamais connectée à l’actualité liée au scrutin de décembre et tire sa force actuelle des spéculations de large victoire avec gain d’une majorité absolue au Parlement du camp conservateur de Boris Johnson.

Le cours EUR/JPY est resté assez stable vendredi et s’est maintenu au-dessus du seuil de ¥120,5 en l’absence de nouveaux éléments sur le volet commercial et signes matériels de contre-mesures prises par Pékin dans le conflit qui l’oppose aux Etats-Unis. Malgré la nervosité ambiante et les frictions observées entre les deux parties autour de la situation politique à Hong Kong, les acteurs de marché restent pour l’heure globalement optimiste sur le fait que ce dossier ne devrait à priori pas mettre en péril les récents progrès réalisés en vue de la conclusion d’un premier accord commercial, ou « Phase 1 ». Pour le moment, l’actualité leur donne raison néanmoins la prudence règne sur ce dossier riche en rebondissement.

Le petit vent d’incertitude autour des futurs développements des relations entre la Chine et les Etats-Unis ont fait néanmoins quelques victimes vendredi, à savoir le dollar australien et la couronne suédoise, deux devises très sensibles à l’évolution de la croissance mondiale et donc très attentive à l’actualité relative au volet commercial. Le cours EUR/AUD a enregistré un rebond de +0,2% pour clôturer la semaine aux portes du seuil de A$1,63 quant au taux EUR/SEK, il a mis fin à la série de trois séances consécutives de baisse et rebondi vendredi lui-aussi d’un peu plus de +0,2% à SEK 10,55.

Le zloty a enregistré vendredi une petite bouffée d’air et mis fin à la série de quatre séances consécutives de pertes (perte cumulée de -0,6% sur cette période et de -1,6% sur les quatre dernières semaines) qui l’avait vu chuter jeudi à un creux de 7 semaines face à l’euro à plus de PLN 4,32.

L’autre moment fort de la séance de vendredi était la publication au Canada des chiffres de PIB du 3ième trimestre. Si la performance s’est révélée légèrement meilleure que prévu, l’économie canadienne enregistrant sur la période de juillet à septembre une croissance de 1,3% en rythme annualisé alors que le consensus tablait sur 1,2%, on est néanmoins bien loin des niveaux entrevus le trimestre précédent (croissance de 3,7% révisée à 3,5% vendredi). Le cours EUR/CAD a tenté de casser le seuil de C$1,46 en réaction immédiate à la publication des chiffres de PIB mais sans succès, les pressions baissières sur la paire de change se dissipant très rapidement sous l’effet d’un fort recul des prix du pétrole vendredi consécutivement à la démission du premier ministre iraqien (plus de -2% pour le Brent). Les investisseurs y ont vu là un possible signe de retour au calme dans le pays favorable à une hausse de l’offre en pétrole sur les marchés.

La chute du pétrole a pénalisé le rouble russe, lequel a chuté de -0,5% face à l’euro vendredi et clôturé la séance à son plus bas niveau depuis le 1er novembre dernier à presque RUB 71,0.

Parmi les devises refuges, globalement toutes en très large souffrance face à l’euro vendredi, l’une d’entre elle a réussi à sortir son épingle du jeu, il s’agit du rand sud-africain. Sous couvert entre autres de la publication en milieu de journée d’un surplus commercial non attendu par le consensus au mois d’octobre (ZAR 3,0Mds vs. Cons. -1,6Mds), la devise sud-africain fut l’une des rares devises émergentes à s’apprécier face à l’euro vendredi (+0,3%) et clôturé le mois de novembre à un pic depuis mi-septembre à moins de ZAR 16,15.

Le retour sur terre fut rude pour le real brésilien au lendemain de sa folle séance de jeudi durant laquelle la devise brésilienne a enregistré une de ses meilleures performances de l’année et un rebond de plus de +1,6% face à l’euro à BRL 4,61. Celle-ci est en effet retombée dans ses travers vendredi et enregistré une chute de -1,2% à BRL 4,67 sur fond de retour des doutes sur la stabilité financière du pays après la publication d’un ratio de dette nette sur PIB en progression au mois d’octobre et atteignant un nouveau pic de 16 ans de 55,9% (vs. 55,3% en septembre).


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