Actualités du marché des devises

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nov. 04, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 04 novembre 2019 – Sommaire :

  • Prolongement ce matin du vent d’optimisme sur les marchés des changes alimentés par l’espoir d’un accord tout proche entre la Chine et les Etats-Unis.
  • L’EUR/USD reste bloqué aux portes de $1,12 et ne semble pas profité ce matin des résultats économiques moins dégradés que prévu en Zone Euro (PMI manufacturier révisé à la hausse et contraction de l’indice Sentix moins importante).
  • L’EUR/GBP fait toujours preuve d’inertie et continue de naviguer dans la partie inférieure de son couloir de £0,86-£0,87. La réunion ce jeudi de la Banque d’Angleterre pourrait réveiller une devise britannique en pleine torpeur.
  • La paire EUR/JPY surfe sur l’optimisme générale des acteurs de marché et tente de revenir au-dessus du seuil de ¥121.
  • Après une correction observée en fin de semaine dernière, le cours EUR/CHF reprend sa marche en avant à plus de ₣1,10 alors que l’on voit réapparaître les spéculations de possible intervention de la BNS sachant que la déflation est de retour en Suisse.
  • La paire EUR/AUD fait une pause à proximité de son support de 6 semaines situé à A$1,61 à la veille de la décision monétaire de la banque centrale australienne (RBA).
  • La paire EUR/NOK poursuit sa correction sous NOK 10,15 après son repli de -1% observé vendredi dernier.
  • Fort repli de la paire EUR/ZAR de plus de -1,5% (ZAR 16,50) sur fond de soulagement des acheteurs de rand après la décision vendredi soir de l’agence de notation Moody’s de ne pas dégrader la note de crédit de l’Afrique du Sud.

Les moments clés de séance :  

  • EUR : Légère révision à la hausse de l’indice PMI manufacturier en Zone Euro de 45,7 à 45,9 et contraction de la confiance des investisseurs (Sentix) nettement moins importante que prévu (-4,5 vs. cons. -13,8)
  • GBP : Contraction un peu moins forte que prévu de l’activité dans le secteur de la construction (44,2 vs. cons. 44,0)

L’agenda de la semaine  : Décisions monétaires en Australie et au Royaume-Uni / Regards tournés vers la Fed et ses différents gouverneurs aux Etats-Unis / Premières sorties officielles de Christine Lagarde comme présidente de la BCE & chiffres industriels en Allemagne / Un optimisme général toujours porté par l’espoir d’un accord entre Pékin et Washington

GBP

GBP – Pas de Brexit, pas de baisse de taux ? – Décision monétaire de la Banque d’Angleterre (jeudi)  : Après la BCE, la Fed et la Banque du Japon avant elle, la Banque d’Angleterre est la dernière banque centrale du « BIG 4 » à réaliser sa réunion automnale et actualiser sa politique monétaire. Cette réunion monétaire, en marge de laquelle la banque publiera ses nouvelles projections économiques (Rapport sur l’inflation), avait été initialement inscrite au marqueur rouge à l’agenda des acteurs de marché car elle était censée intervenir seulement quelques jours après la sortie du Royaume-Uni hors de l’Union Européenne. Or depuis, le Brexit a été une nouvelle fois reporté et du coup automatiquement repousser dans son sillage les craintes affiliées au risque de sortie sans accord. Dans ce contexte et n’ayant pas pour le moment entre les mains d’éléments concernant la dynamique de l’économie britannique au 3ième trimestre (premières estimations de PIB au T3 publiées le 11 novembre), les banquiers centraux britanniques devraient très probablement opérer un statu quo de leur politique monétaire et maintenir le taux directeur inchangé à 0,75%. Si aucune annonce majeure ne n’est anticipée en novembre, cette réunion ne devrait pas en être moins importante à suivre, à commencer par l’évaluation par la banque centrale du contexte économique britannique qui, en plus des incertitudes persistantes du Brexit, s’apprête à accueillir en décembre une élection anticipée et un possible chamboulement du paysage politique britannique. Autre sujet brûlant, la succession de Mark Carney à la présidente de l’institution monétaire alors que son mandat arrive à son terme le 31 janvier prochain, date à laquelle le Royaume-Uni est censé quitter (au plus tard) l’Union Européenne. Si plusieurs entretiens préliminaires ont déjà été réalisés par le gouvernement, le choix du nouveau gouverneur central pourrait être reporté à l’approche des élections générales du 12 décembre prochain.

Orientation & Volatilité  : Très peu volatile depuis maintenant plus de 2 semaines, la livre sterling apparaît en position d’observation dans son couloir de fluctuation étroit de £0,86-£0,87 (+/-1,2%) et suit les développements sur le volet politique et ses répercussions potentielles sur le processus du Brexit. La Banque d’Angleterre sera-t-elle en mesure de réveiller la devise britannique de sa torpeur ? Possible si seulement l’institution monétaire entre-ouvre clairement la porte à une possible baisse de taux dans les prochains mois si de nouveaux éléments suggérant une forte dégradation du contexte économique au Royaume-Uni sont observés. En marge, de la réunion monétaire seront également surveillées les nouvelles projections publiées par l’institution gouvernementale indépendante OBR (Office for Budget Responsability) qui, en l’absence des chiffres officiels du gouvernement depuis le choix du ministre des Finances Savij Savid de reporter la publication du nouveau budget, feront office de « boussole » pour les investisseurs pour évaluer l’état de santé de l’économie britannique et ses perspectives. Une hausse des spéculations de baisse de taux au Royaume-Uni dans les prochains mois pourraient venir faire fléchir la livre et potentiellement conduire la paire EUR/GBP à tenter une sortie vers le haut de son couloir actuel.

EUR

EUR – L’euro tente de passer la seconde et vise les $1,12 -  Premiers pas de Christine Lagarde à la BCE (lundi) & chiffres industriels allemands (mercredi & jeudi) : Ce lundi (19h00), Christine Lagarde réalisera son premier discours public depuis sa prise de fonction au début du mois à la présidence de la Banque Centrale Européenne (BCE). Cette intervention sera davantage symbolique que riche en annonce, surtout elle sera  l’occasion pour l’ex-présidente du Fonds Monétaire International (FMI) de poser les premiers jalons de son mandat de 8 ans à la tête de l’institution monétaire alors que son arrivée intervient dans un contexte économique en Zone Euro particulièrement dégradé mêlant croissance modeste et inflation très faible, et de fortes divergences au sein du directoire de la banque sur la question de la réactivation en novembre d’un nouveau programme de rachats d’actif de €20Mds/mois moins d’un après l’arrêt du précédent. La banque centrale a déjà injecté €2,6Trn entre mars 2015 et décembre 2018 et très contribué à instaurer un environnement dans lequel une grande partie des taux européens, même de longue maturité, sont aujourd’hui négatifs. La nouvelle chef de l’institution monétaire pourrait également en profiter pour reformuler les dernières recommandations de son prédécesseur avec lesquelles elle semble être en phase et ainsi exhorter les gouvernements nationaux à prendre le relais de la banque en matière de soutien à la croissance et, pour ceux qui le peuvent, utiliser leurs excédents budgétaires pour le redistribuer dans l’économie réelle sous forme de dépenses publiques et investissement. L’Allemagne est particulièrement visée par ces recommandations qui arrivent à point nommé alors que s’observeront cette semaine les nouvelles statistiques de commandes d’usines (mercredi) et production industrielle (jeudi), secteur particulièrement dégradé qui souffre particulièrement des incertitudes émanant du Brexit et de la décélération des échanges commerciaux dans le monde. La publication vendredi des statistiques commerciales de la première économie européenne pourrait, si décevantes, encore accentuer la pression sur les épaules du gouvernement allemand pour réaliser des assouplissements fiscaux et accompagner une économie qui, aux yeux de nombreux observateurs, a probablement chuté en récession au 3ième trimestre. Pour avoir confirmation de cela, il faudra néanmoins attendre la semaine prochaine et plus particulièrement la date du 14 novembre où seront publiées les premières estimations de PIB au T3 2019 en Allemagne.  

Orientation & Volatilité : L’EUR/USD est clairement sur une pente ascendante mais cale au moment d’accélérer et franchir le cap des $1,12. Il s’agit là d’une barrière qui n’a plus été atteinte depuis la mi-août et constitue une barrière importante avant de se lancer vers le sommet de $1,14, plus haut niveau atteint par le cours de change depuis le mois de mars dernier. Pour cela, l’euro a besoin de catalyseurs forts, c’est-à-dire des garanties pour les investisseurs concernant soit 1) une stabilisation et un début de redressement de l’économie européenne, 2) une stabilisation du paysage politique européen ou 3) des capacités plus restreintes pour la BCE en matière d’intervention. Sur ce dernier point, l’existence de divergences au sein de la banque centrale et l’appel appuyé de la nouvelle présidente aux gouvernements pour réaliser davantage d’efforts de leurs côtés et utiliser le levier fiscal comme soutien aux nombreux efforts monétaires déjà réalisés semblent conforter l’hypothèse de leviers d’actions réduits pour la BCE. Au niveau politique, si l’épouvantail du Brexit a été écarté, il n’en demeure pas moins toujours présent et reste à l’esprit des marchés même si à court terme les investisseurs pourraient lorgner du côté de l’Espagne où le pays s’apprête à vivre en fin de semaine (10 novembre) une 4ième élection législative en 4 ans. Au niveau économique, les regards seront surtout tournés vers l’Allemagne et les statistiques des deux secteurs les plus endommagés par la montée des risques internationaux, à savoir l’industrie et le commerce. Une absence de signe de rebond, voire pire des résultats décevants mettant en lumière une contraction plus marquée de ces deux pans importants de l’économie allemande pourraient freiner l’ascension de l’euro et même lui faire perdre un peu de terrain. Même cas de figure en ce qui concerne la publication jeudi des nouvelles projections de la Commission Européenne qui pourraient venir endommager la valorisation de l’euro si une réduction importante des perspectives de croissance pour 2019 et 2020 est observée.

USD

USD – La Fed toujours dans l’actualité, tout comme la procédure de destitution et les négociations sino-américaines – Succession de discours de membres de la Fed (mardi à jeudi) après la nouvelle baisse de taux de la Fed  :   Deux mardi, quatre mercredi et deux jeudi, les membres d’antennes régionales de la réserve fédérale américaine (Fed) seront très actifs cette semaine, et pour le coup très suivis par les acteurs de marchés après la décision de la banque centrale de réaliser mercredi dernier une 3ième baisse de taux consécutives. Alors que le gouverneur centrale Jerome Powell a avoué à demi-mot qu’une pause du processus d’ajustement de milieu de cycle destiné à soutenir le cycle d’expansion actuel allait probablement être opérée dans les prochains mois à condition que l’économie américaine reste sur de bons rails, il sera intéressant et instructif de voir si ce positionnement est partagé par l’ensemble des membres de la banque centrale ou si des divergences existent et laissent entrevoir des débats sur une possible nouvelle baisse de taux à court terme. Potentiellement à l’occasion de la dernière réunion monétaire de l’année en décembre. D’après les positions actuelles sur les marchés à terme, une majorité n’attend pas de nouvelle réduction monétaire avant juin 2020 mais le vent pourrait vite tourner si la conjoncture américaine se craquelle à nouveau et que la consommation des ménages ; principal moteur de la croissance aux Etats-Unis en 2019 ; fléchit. Outre le volet monétaire, les acheteurs de dollar resteront attentifs à l’évolution de la procédure de destitution du président américain qui devrait encore occuper l’espace médiatique pendant les prochaines semaines puisque la Chambre des représentants, à majorité démocrate, a voté jeudi dernier pour une poursuite de l’enquête et l’ouverture d’auditions publiques. Autre thème majeur qui occupe l’esprit des acteurs de marché et influe sur leurs prises de décision, l’évolution du volet commercial et les négociations entre Pékin et Washington qui pourraient aboutir très prochainement sur la signature d’un premier accord partiel (« Phase 1 ») si l’on en croit les récentes déclarations optimistes des deux parties. Si la signature d’un premier accord officiel serait un pas important en vue d’une désescalade des tensions commerciales qui pèsent sur l’économie mondiale depuis 2018, les autorités chinoises restent prudentes et ont exprimé leurs doutes sur la possibilité d’un aplanissement sur le long terme des différents entre les deux géants économiques mondiaux, Pékin attendant toujours une garantie quant à une suppression des mesures douanières censées être appliquées le 15 décembre prochain sur près de $160Mds de produits chinois exportés annuellement aux Etats-Unis.

Orientation & Volatilité  : Après avoir dominé les marchés des changes sur la première moitié d’année, le dollar a perdu de sa superbe et souffre de la perte d’attractivité provoquée par les trois baisses successives réalisées par la réserve fédérale américaine cette année. Les débats monétaires risquent d’occuper l’espace médiatique et d’influencer les prises de décision cette semaine alors que le calendrier économique sera plutôt réduit cette semaine aux Etats-Unis, la publication ce lundi des statistiques de commandes d’usine et mardi de l’enquête d’activité ISM du secteur non-manufacturier demeurant les deux principaux éléments à suivre. Si une hausse de l’optimisme des marchés à l’égard d’un accord à venir entre la Chine et les Etats-Unis pourrait aider le dollar à reprendre quelques couleurs et effacer ses récentes pertes, tout nouveau grain de sable laissant suggérer une remise en cause de la trêve opérée entre les deux géants économiques pourrait avoir l’effet inverse et affaiblir le billet vert sur fond de craintes de répercussions des tensions commerciales sur la croissance américaine. Le processus de destitution du président américain est suivi du coin de l’œil par les marchés même si pour le moment il ne constitue pas une menace majeure. Principal catalyseur de la poussée de l’EUR/USD, la faiblesse de la devise américaine pourrait soit aider la paire à franchir la barrière de $1,12 qui obstrue son chemin ou à l’inverse se résorber et entraîner un mouvement de repli du cours de change en direction de $1,11.

Mais aussi cette semaine :

  • Décision monétaire en Australie (mardi) : La banque centrale australienne a déjà opéré trois baisses de taux cette année et pourrait choisir de conserver un statu quo sur ses taux directeurs, actuellement à 0,75%, afin de prendre le temps d’évaluer l’impact de conditions de crédit assouplies sur la conjoncture australienne. Comme lors des précédentes réunions, cette dernière pourrait conserver un ton accommodant et réaffirmer sa volonté à poursuivre ses efforts monétaires pour soutenir son économie si cela est nécessaire. Néanmoins avec un taux directeur désormais inférieur à 1%, les leviers d’action de la RBA apparaissent limités d’où l’apparition récente de premiers débats parmi les économistes des grandes banques d’investissement mondiales sur la possibilité d’un recours de  la banque australienne , pour la première fois de son histoire, à un programme de rachats d’actif (QE ou « assouplissement quantitatif ») similaire à celui opéré par la BCE entre 2015 et 2018. Si pour le moment cette option n’est pas officiellement discutée par les banquiers centraux australiens, les marchés restent très attentifs à tout changement de communication de leur part et signaux laissant entrevoir de possibles nouvelles mesures accommodantes dans les prochaines semaines/mois en Australie. Retombé à hauteur d’un support de plus de 6 semaines matérialisé par la barrière de A$1,61, le cours EUR/AUD subit un mouvement correctif haussier du dollar australien sur fond de regain d’appétit au risque des marchés face aux progrès des négociations sino-américaines qui laissent entrevoir la signature d’un premier accord officiel à court terme. La revalorisation de la devise australienne pourrait se stopper nette si l’ombre de la RBA et de nouvelles mesures accommodantes de sa part s’observent à l’horizon. En cas de rallye, une barrière située à A$1,63 pourrait assurer un plafonnement des gains de la paire EUR/AUD.
  • Emploi au Canada (vendredi) : La Banque du Canada a clairement fait savoir que les prochains mois seront décisifs et pourraient influer sa politique monétaire alors que l’économie canadienne devrait « être testée » par la montée des risques internationaux. Montrant de solides résultats lors des derniers mois, le marché de l’emploi canadien offre des gages de garantie et est un des étendards de la résilience de la conjoncture canadienne cette année. Utilisées comme une boussole indiquant le chemin emprunté par l’économie, les statistiques de l’emploi seront étroitement surveillées par les acteurs de marché qui scrutent désormais le moindre élément ouvrant le champ des spéculations d’une possible baisse de taux au Canada l’année prochaine. Après un rebond furtif à C$1,47 la semaine dernière (pic depuis août), la paire EUR/CAD corrige modestement sur ce début de semaine, le dollar canadien tirant bénéfice de son « attractivité » que lui procure les rendements obligataires canadiens qui sont parmi les plus hauts au sein de l’univers des économies développées. Toujours à relative proximité de ses plus bas niveaux depuis plus de 2 ans matérialisés par le support de C$1,44, la valorisation de l’EUR/CAD reste faible aussi la moindre mauvaise nouvelle au Canada pourrait servir de prétexte à un rebond plus important de l’EUR/CAD au-dessus de C$1,47.

Retour sur la séance de vendredi : Réactions mi-figue mi-raisin face à l’évolution de l’économie américaine / Un entretien « constructif » entre Pékin et Washington qui laisse entrevoir un possible accord / Une déflation en Suisse qui laisse entrevoir une action de la BNS / La couronne norvégienne reprend des couleurs / Le rand sud-africain s’évite une frayeur et un nouvelle dégradation de sa note de crédit

Nous avons assisté à des réactions mitigés de la part des acteurs de marché après la publication à quelques heures d’intervalle de chiffres de l’emploi aux Etats-Unis plus robustes que prévu (+128k vs. cons. 89k & estimations de septembre révisées à la hausse de 136k à 180k) et de l’enquête d’activité ISM montrant en octobre une 3ième contraction d’affilée du secteur manufacturier américain et une performance presque aussi décevante que celle du mois dernier qui demeurait la plus faible entrevue depuis 10 ans. Après avoir amorcé une correction vers $1,11 (point bas recensé à $1,1126), le cours EUR/USD s’est rapidement repris et effacé ses pertes pour finalement clôturer la semaine à $1,1165, tout proche de ses plus hauts niveaux depuis mi-août.

Le cours EUR/GBP a amorcé une tentative de repli sous le seuil de £0,86 en début de séance après l’annonce du leader du parti du Brexit, Nigel Farage, qu’il renonçait à présenter des candidats dans certaines localités, choix qui a été perçu comme un élément renforçant un scénario de large victoire des conservateurs lors des prochaines élections générales programmées le 12 décembre prochain. Néanmoins, ce mouvement haussier sur la livre n’a pas perduré faute de catalyseurs et très vite la paire EUR/GBP est revenu s’installer dans la partie inférieure du couloir de £0,86-£0,87 dans lequel elle est coincée depuis maintenant plus de deux semaines.

Un vent d’optimisme général a soufflé sur les marchés après l’échange téléphonique « constructif » réalisé entre les négociateurs commerciaux américains et leurs homologues chinois. Il n’en fallait pas plus pour que Donald Trump affiche devant les médias sa satisfaction à l’égard d’un accord « en bonne voie », du côté de Pékin le ton est un peu plus modéré et si le ministère au Commerce chinois évoque un « consensus de principe » trouvé avec la Maison Blanche, il souligne également que de nouvelles discussions de haut rang se poursuivront.  On ne sait pas précisément si les deux camps se sont entendus sur tous les domaines stratégiques sur lesquels un contentieux existe, bien que le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, indique qu’un accord est tout proche sur « plusieurs fronts », ni si Donald Trump compte définitivement annuler la série de droits de douane censée être appliquée le 15 décembre prochain sur près de $160Mds de produits chinois importés. Après un rebond jeudi sur fond de déceptions causées par le choix de la Banque du Japon de ne pas opérer de nouvelles mesures de soutien à l’économie, le yen a cédé du terrain face à l’euro vendredi et l’EUR/JPY est remonté à hauteur de ¥121.

Le cours EUR/CHF a été moins sensible à ce vent favorable sur le volet monétaire mais néanmoins réussi à éviter un repli sous le seuil de ₣1,10. Malgré un rebond des ventes au détail en septembre et une contraction bien moins importante que prévu du secteur manufacturier en octobre, l’économie helvète a accueillie la mauvaise nouvelle d’un retour de la déflation (inflation négative), phénomène qui n’avait plus été observé depuis début 2017 en Suisse. Cela pourrait renforcer le choix de la Banque Nationale Suisse de procéder à une nouvelle baisse de taux dans les prochains comme l’a suggéré le gouverneur central Thomas Jordan ce weekend, et potentiellement dès le mois de décembre à l’occasion de la prochaine réunion monétaire de la BNS.

Sous couvert d’un rebond bien plus important que prévu de l’activité manufacturière en Norvège au mois d’octobre – indice PMI ressorti à 54,9 vs. cons 50,2 – la couronne norvégienne a repris des couleurs et enregistré un rebond de +1% vendredi face à l’euro à NOK 10,15.

Après un recul de plus de 4% face à l’euro, le rand sud-africain a stoppé l’hémorragie et profité d’un certain attentisme des acteurs de marché en amont de la publication de la note de crédit de l’agence de notation Moody’s sur la dette souveraine sud-africaine pour se renforcer modestement face à l’euro. Finalement, l’agence n’a pas modifié sa notation et maintenu la dette sud-africaine au rang le plus bas de la classe des investissements à « haut rendement » d’où un effet de soulagement qui se matérialise ce lundi par un rebond de plus de +1,5% du rand face à l’euro et un retour de la paire EUR/ZAR au niveau de ZAR 16,50.

De manière générale, l’optimisme émanant du volet commercial et la désescalade des tensions entre la Chine et les Etats-Unis ont nourri une hausse des prises de risque et un appétit des marchés pour les devises émergentes. Les devises d’Europe restent clairement orientées à la hausse face à l’euro, et en premier lieu le zloty qui approche graduellement de ses plus hauts niveaux depuis mai 2018 et de la barrière de PLN 4,24.


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