Actualités du marché des devises

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oct. 21, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 21 octobre 2019 – Sommaire :

  • Volatilité réduite sur ce début de semaine. Les marchés retiennent leur souffle alors que l’avenir du Brexit reste suspendu à la décision des parlementaires britanniques.
  • De retour vendredi à un pic de 2 mois à plus de $1,1150, l’EUR/USD marque le pas en attendant le dénouement final du Brexit et la dernière réunion de la BCE sous la présidence de Mario Draghi (jeudi).
  • Modeste rebond de l’EUR/GBP (£0,86) après la décision samedi des députés de reporter leur décision sur l’accord de sortie et de réclamer au gouvernement une garantie de report de la date de sortie en 2020 si l’accord n’était pas ratifié d’ici la fin du mois.
  • Le cours EUR/JPY reste à hauteur de ses plus hauts depuis 3 mois à plus de ¥121. Les spéculations de mesure de soutien de la Banque du Japon à la fin du mois se renforcent après la publication ce matin d’une nouvelle contraction des exportations japonaises en septembre.
  • La paire EUR/CAD reste stable à C$1,4650 en position d’attente en marge d’une élection législative ce lundi au dénouement très incertain. De premiers résultats officiels devraient être dévoilés dans la nuit de lundi à mardi.
  • Repli de la paire EUR/AUD à A$1,6250 alors que des signes de détente s’observent entre la Chine et les Etats-Unis.
  • La paire EUR/CNH reste orienté à la hausse et tape à la porte du seuil de ¥7,90, seuil qui n’a été touché qu’à une seule reprise depuis septembre.

L’agenda de la semaine : Le sort du Brexit dans les mains des parlementaires britanniques / Dernière séance pour Mario Draghi à la tête de la BCE (jeudi) / Elections législatives indécises au Canada (lundi) / Premiers indices PMI d’octobre en Zone Euro et Etats-Unis (jeudi) / Décisions monétaires en Norvège et en Suède (jeudi)

GBP

GBP – Le sort du Brexit dans les mains du Parlement britannique – Vote de l’accord de sortie (mardi ?) : Comment le Brexit va-t-il se conclure ? Cette série à suspense qui tient en haleine les marchés depuis plus de trois ans pourrait connaître un nouveau rebondissement et une 4ième saison en 2020. À l’occasion d’une session parlementaire historique ce samedi, les députés britanniques ont voté un amendement obligeant le premier ministre à réclamer un report de la date de sortie au 31 janvier 2020 en guise de garantie en cas d’absence d’accord ratifié d’ici le 31 octobre prochain. Par ailleurs, ces derniers ont repoussé à la semaine prochaine le délibéré sur le nouvel accord de sortie négocié par Boris Johnson à Bruxelles. Si une sortie ordonnée reste toujours envisageable, l’absence de majorité absolue dont dispose le premier ministre au Parlement et surtout la succession de récent revers subit par ce dernier au sein de l’hémicycle, est problématique et laisse suspens la possibilité que le texte soit rejeté par les parlementaires. Un report de la date de sortie n’est pas automatique et nécessite l’accord des 27 membres de l’Union Européenne, un seul véto d’un des membres serait suffisant à faire rebouter la requête. Si pour de nombreux experts les européens seront toujours davantage tentés, même si ce n’est pas de bon cœur, de préférer un report de la date de sortie plutôt qu’un divorce brutal avec le voisin britannique dont personne ne connait les réelles répercussions, il existe là encore un risque que cette requête ne soit pas acceptée. Du côté de Londres, on a automatiquement rassuré qu’une sortie au 31 octobre allait se produire. Quand bien même si cela présuppose une entorse à la justice et à la loi britannique ? Le flou demeure complet et nul ne peut dire de quelle manière cette histoire va finir. Alors que l’on semblait se diriger vers une fin heureuse, cette histoire risque de finir en eau de boudin. Ce dont on est pratiquement certain c’est que le volet du Brexit devrait nous tenir en haleine jusque dans les derniers moments du mois d’octobre. Le président de la Chambre des communes étudiera ce lundi la requête du gouvernement de resoumettre l’accord de sortie au vote des députés et un nouveau scrutin pourrait être opéré au sein de l’hémicycle au plus tôt ce mardi. Du côté des européens, on a commencé les consultations sur un éventuel nouveau report de la date de sortie et les bruits de couloir entendus font état d’un possible délai de 3 mois si Londres n’est pas en mesure de faire ratifier l’accord d’ici le 31 octobre prochain.

Orientation & Volatilité  : Du côté des acheteurs de livre sterling, l’euphorie des derniers jours a laissé place à la prudence et à l’inquiétude. De nouvelles zones d’ombre refont surface et l’on craint désormais de revivre le même scénario cauchemardesque qu’au printemps dernier, c’est-à-dire un blocage de l’accord de sortie au Parlement et donc par conséquent un risque de « hard Brexit » à la fin du mois. Même si aux yeux des investisseurs cette menace a pris du plomb dans l’aile ces derniers jours au regard des efforts déployés par chacun des deux camps pour éviter à tout prix ce scénario, la livre sterling perd un peu de terrain face à ses pairs sur ce début de semaine et s’écarte de ses pics de 5 mois situés au niveau de la barrière de £0,86 face à l’euro. En marge de la question du Brexit se joue également le destin politique de Boris Johnson dont les revers successifs subis au Parlement ont fortement entamé sa légitimité en tant que gouverneur du pays. Le vent d’une nouvelle élection se fait ressentir de plus en plus fort et pourrait rapidement devenir la principale source de préoccupation des investisseurs si la question du Brexit était à nouveau reporter. Dans ce contexte, tous les scénarios sauf celui d’une sortie ordonnée obtenue à bout de bras par Boris Johnson au Parlement présupposent au mieux un plafonnement des gains de la livre sterling (résistance visible à £0,86 et autre seuil observé à £0,85 = pic de l’année face à l’euro), et au pire un risque de correction plus ou moins élevé de la livre sterling sur fond de maintien d’importantes incertitudes politiques (porte ouverte à un rebond correctif de l’EUR/GBP dans le couloir £0,88-£0,90).

EUR

EUR – La « der » de Mario Draghi – Réunion monétaire de la BCE  (jeudi) : Ce jeudi, Mario Draghi revêtira pour la dernière fois son costume de président de la Banque Centrale Européenne qu’il a occupé durant 8 ans entre 2011 et 2019.  Il restera à tout jamais le responsable monétaire qui a permis à la Zone Euro de ne pas imploser au moment de la crise de la dette souveraine, mais aussi celui qui a été le premier à adopter des mesures dites « non-conventionnelles » pour soutenir une économie européenne à l’agonie, avec notamment l’introduction dès 2014 de taux négatifs pour la 1ière fois en Europe et en 2015 le lancement d’un programme de rachats d’actifs destiné à redynamiser la consommation domestique et les investissements via des taux de crédit maintenus artificiellement bas. Mario Draghi passera la main à la fin du mois à Christine Lagarde, ex-président du FMI, non sans lui laisser un « cadeau empoisonné », c’est-à-dire une organisation foncièrement divisée en ce qui concerne les récentes mesures de soutien annoncées en septembre dernier, c’est-à-dire une réduction du taux de dépôt à un niveau encore plus négatif qu’il ne l’était déjà, mais surtout le recours à de nouveaux programme de rachats d’actifs dès novembre de €20Mds/mois moins d’un an après avoir stoppé le précédent. Ce dernier choix fait l’objet d’importantes dissensions au sein de la banque, lesquelles ont fait surface au grand jour, certains responsables monétaires ne manquant pas de critiquer cette décision. L’Allemagne, la France et les Pays-Bas, accompagné également de l’Autriche et de l’Estonie mènent la révolte et ont voté en septembre contre le recours à cet outils monétaire dont l’efficacité sur le long terme est sujet à débat. De quelle manière ces « guerres intestines » internes pourraient influer sur les futurs choix de la BCE et celles-ci préfigurent-elles de capacités d’intervention désormais très réduites ? La réunion d’octobre ne devrait pas réellement répondre à cette question, mais il est certain que les défis qui attendent Christine Lagarde sont grands et qu’il faudra trouver la bonne recette pour ramener de l’unité dans l’organisation tout en rassurant les marchés sur son soutien indéfectible à l’égard d’une économie européenne qui reste hautement fragilisée.

Orientation & Volatilité  : La dernière réunion de Mario Draghi devrait se révéler plus riche en émotions qu’en annonces. Compte tenu l’ampleur de la série de mesures monétaires dévoilée le mois dernier, le gouverneur central européen ne devrait pas faire trop de vagues sinon réaffirmer le soutien de la banque et très probablement délivrer quelques détails techniques sur les caractéristiques du nouveau programme d’assouplissement monétaire (QE) qui entrera en vigueur en novembre. Si cette réunion se profile donc comme un probable « non-évènement » pour les marchés, ces derniers seront tout de même attentifs au moindre élément suggérant d’importantes divergences entre les membres dans les débats et l’existence de deux fronts qui pourrait à termes handicaper la capacité d’action de la banque centrale. Si les investisseurs interprètent cela comme un frein potentiel à davantage d’actions accommodantes en Europe, dès lors cela pourrait se matérialiser par un raffermissement de l’euro en direction de $1,1250 qui constitue le plus haut niveau atteint au cours des 3 derniers mois.

CAD

CAD – Vers un changement de gouvernance au Canada ?  – Elections législatives (lundi) :   Malgré un bilan économique plutôt robuste, si on exclut tout de même la hausse significative des déficits ces quatre dernières années sous le gouvernement libéral,   la fin du mandat de Justin Trudeau aura été marquée par toute une série de scandales ayant fortement entaché sa popularité. Au point que les libéraux pourraient céder le pouvoir aux conservateurs lors des élections législatives qui se tiendront lundi 21 octobre. Les différentes enquêtes d’opinion publiées en amont du scrutin montrent que les deux formations politiques sont au coude à coude et cumulent chacune entre 31% et 34% d’intentions de vote. D’après l’indice de prédiction publié par le site CBC News, les conservateurs auraient un léger avantage avec 32,0% d’intentions de vote contre 31,6% pour les libéraux. Autant dire que cela se jouera dans un mouchoir de poche et que les premiers résultats publiés dans la nuit de lundi et mardi seront à prendre avec d’importante précaution.

Orientation & Volatilité  : L’issue de ce scrutin peut-elle influencer le dollar canadien ? Le repli du dollar canadien observé vendredi face à l’euro juste avant ces élections présuppose que les investisseurs n’y sont pas totalement insensibles. Un changement de gouvernance au Canada pourrait se révéler non-préjudiciable à la devise canadienne. Bien au contraire l’arrivée au pouvoir des conservateurs et leurs promesses de retour à un équilibre budgétaire serait très probablement bien accueillie par les marchés et pourrait occasionner un rebond du dollar canadien. À l’inverse, une victoire étriquée des libéraux de Justin Trudeau sans majorité au Parlement, l’obligeant à un possible jeu d’alliance avec la formation d’extrême-gauche du Nouveau Parti Démocratique (NDP), pourrait être interprétée comme un signal d’une probable hausse à venir des déficits publics et dégradation de la situation financière du Canada. Oscillant depuis deux semaines en ordre dispersé autour de la barrière de C$1,46, le cours EUR/CAD pourrait connaître quelques pics de volatilité cette semaine, à la hausse (résistance localisée au niveau de C$ 1,4720) ou à la baisse (support localisé à C$ 1,4440), selon le résultat final du scrutin qui ne devrait être officialisé que mardi.


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