Actualités du marché des devises

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oct. 14, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 14 octobre 2019 – Sommaire :

  • L’heure est à la correction sur ce début de semaine. Sur le Brexit, les européens réclament encore davantage d’efforts de Londres, et sur le front commercial c’est le scepticisme qui prime à la lecture des engagements pris vendredi par Pékin et Washington.
  • Les contractions plus importantes que prévu des exportations et importations chinoises en septembre réaniment les craintes autour d’un ralentissement marqué de l’économie chinoise et pèsent sur la confiance générale des acteurs de marché.
  • La paire EUR/USD cède du terrain mais se maintient toujours au-dessus de $1,10. Marchés américains fermés ce lundi (jour de C. Colomb).
  • Net rebond de la paire EUR/GBP après une perte cumulée de presque -3% en fin de semaine dernière. Le cours tente de rejoindre le seuil de £0,88.
  • Repli de la paire EUR/JPY vers ¥119, la barrière de ¥120 constituant une marche encore trop haute à gravir.
  • Rebond de la paire EUR/AUD à A$ 1,63 et de la paire EUR/SEK à SEK 10,86 (+0,3% pour les deux). Le scepticisme général à l’égard de l’accord partiel annoncé vendredi entre la Chine et les Etats-Unis se répercute sur les prises de décision des investisseurs.
  • Les menaces de sanctions américaines contre la Turquie envoient la livre turque à un plus bas depuis plus de 3 mois à plus de TRY 6,50.

L’agenda de la semaine : Semaine décisive dans la quête d’un accord sur le Brexit / L’Italie doit remettre son plan budgétaire à Bruxelles (mardi) / Nouvelles projections du FMI et de la Banque Mondiale (mardi) / Ventes au détail & Livre Beige de la Fed aux Etats-Unis (mercredi) / Chiffres de croissance chinoise au T3 (vendredi)

GBP

GBP – Semaine décisive sur le Brexit – Dernière ligne des négociations pour trouver un accord avant l’ouverture du Sommet européen (jeudi-vendredi) : L’entretien réalisé la semaine dernière entre Boris Johnson et son homologue irlandais Leo Varadkar a réanimé l’espoir qu’un accord de dernière minute trouvé afin d’assurer une sortie ordonnée du Royaume-Uni hors de l’Union Européenne le 31 octobre prochain était toujours possible. « Un chemin vers un compromis » était d’ailleurs évoqué jeudi sur la question de la frontière en Irlande, ou le principal point d’achoppement entre britanniques et européens qui bloque depuis des semaines les négociations et fait craindre aux marchés un risque de « hard Brexit ». Cet énième revirement de situation à une semaine du prochain Sommet européen (17-18 octobre), à l’issue duquel sera décidé par l’ensemble des dirigeants des 27 pays membres de l’UE si les conditions sont réunies pour conclure un nouvel accord de sortie avec le Royaume-Uni, a été favorablement accueilli par les acteurs de marché et les acheteurs de livre sterling. La devise britannique a ainsi bondi de presque +3% face à l’euro sur les séances de jeudi et vendredi et atteint en fin de semaine dernière un pic de quasiment 5 mois à moins de £0,87. Attention toute de même à ce que cet enthousiasme ne soit pas aussi vite douché qu’il n’a émergé. En effet, les négociateurs européens ont à nouveau suscité quelques crispations en appelant à la prudence ce weekend sachant que les propositions faites par Londres sont pour le moment insuffisantes pour servir de base à un accord. La livre sterling cède un peu de terrain ce lundi matin et l’EUR/GBP reprend la direction de £0,88. Rien n’est encore joué bien que le temps qui s’égrène ne joue pas en la faveur des britanniques en ce qui concerne l’obtention d’un accord de sortie qui puisse éviter au Royaume-Uni un divorce brutal qui serait très dommageable pour son économie. Les négociations vont se poursuivre à un rythme effréné tout au long de la semaine jusqu’à la conclusion du Conseil de l’Union Européenne qui viendra à priori clore plus de trois ans de négociations. Qui si les deux parties échouaient à obtenir un accord d’ici cette date ? La nouvelle législation votée par les députés britanniques en septembre dernier (Benn Act) indique que si Boris Johnson n’est pas en mesure de présenter au Parlement un accord d’ici le 19 octobre (samedi) dès lors les législateurs britanniques peuvent l’obliger à réclamer aux dirigeants européens une demande de report de la date de sortie au-delà de celle fixée actuellement au 31 octobre. Des doutes subsistent néanmoins sur le fait que cette requête puisse aboutir, le moindre véto d’un des 27 dirigeants de l’UE pouvant la faire échouer. Du côté britannique, Boris Johnson a toujours insisté sur le fait qu’il procéderait à une sortie coûte que coûte à la fin du mois, cela même après que le Benn Act a été promulgué. Bien malin est celui qui peut dire aujourd’hui quelle sera l’issue finale du Brexit, les éclaircies de la semaine dernière ne présageant pas de l’arrivée de possibles orages dans les prochains jours.

Orientation & Volatilité  : La livre sterling s’est fortement renforcée sur la fin de semaine dernière jusqu’à revenir sur des niveaux que l’on avait plus vu depuis le mois de mai dernier (point bas recensé vendredi sur l’EUR/GBP à £0,8693). Le mouvement haussier sur la livre dénote de la dissipation d’un certain nombre de mauvaises nouvelles hérités de la fin du printemps et de l’été au moment du changement de gouvernance au Royaume-Uni après la démission de Theresa May et de la montée d’un risque de « hard Brexit » relevant d’une absence de progrès dans les négociations de sortie. La livre pourrait accentuer encore davantage ses gains et rapidement se diriger vers ses plus hauts de l’année face à l’euro situés autour de £0,85 si d’aventure un accord était conclu d’ici la fin de semaine. Attention toutefois à ne pas revive un nouveau revirement de situation et une nouvelle déception si à l’inverse les négociations échouaient et ravivaient alors la crainte d’une éventuelle sortie sans accord à la fin du mois. Dans ce cas-là, la livre pourrait chuter aussi vite qu’elle s’est récemment redressée et nous pourrions assister à la fin de semaine à un retour de l’EUR/GBP sur les niveaux de £0,89-0,90. L’espoir d’un éventuel report assurerait un plafonnement des pertes sur la devise britannique d’où la faible probabilité de voir l’EUR/GBP repasser au-dessus de cette barrière de £0,90 qu’il n’a plus franchi depuis le mois d’août dernier. Si la volatilité de la livre devrait être quasi-exclusivement guidée cette semaine par les dernières négociations sur le Brexit, cette dernière ne sera pas totalement insensible à la série d’indices conjoncturels majeurs publiée tout au long de la semaine au Royaume-Uni tels que l’emploi (mardi), l’inflation (mercredi) et les ventes au détail (jeudi).

 

EUR

EUR – L’Italie et son budget, une histoire bien connue des marchés – Le gouvernement Conté II rend son ébauche de budget à Bruxelles (mardi) : C’est un sérieux casse-tête qui attend les dirigeants italiens lors des prochaines 48h à l’approche de l’échéance de mardi, date à laquelle chacun des gouvernements des 27 pays membres de l’Union Européenne doit remettre à Bruxelles une ébauche de son programme budgétaire incorporant notamment le détail de ses dépenses et ses projections de déficit. Pour rappel, l’année dernière les projections de déficit définies par Rome avaient été retoquées par la Commission Européenne, ce qui avait donné lieu à une sérieuse dispute entre l’ex-vice-premier ministre Matteo Salvini et les dirigeants européens qui s’était conclue par l’ouverture d’une procédure de sanctions contre l’Italie pour non-respect des règles européennes en matière de déficit public. Depuis, Salvini a quitté le gouvernement et une nouvelle coalition entre le Parti Démocrate et le parti antisystème le Mouvement 5 Etoiles a pris les rênes du pays. Si ce nouveau gouvernement, aussi appelé Conté II, sait qu’il doit rester dans les clous budgétaires pour éviter de s’attirer les foudres de Bruxelles, la réalité économique et l’absence de croissance dans le pays l’obligent également à réfléchir à des mesures de soutien pour stimuler la consommation domestique et relancer les investissements. En gros, l’Italie a besoin de mener des réformes couteuses pour relancer l’économie mais elle ne dispose pas pour cela de moyens démesurés eu égard à son niveau d’endettement déjà très élevé et étroitement surveillé par les responsables européens. Un sérieux casse-tête, il est vrai.

Orientation & Volatilité  : Les premiers échos entendus autour du nouveau budget italien et ses nouvelles projections en matière de déficit seront importants à surveiller car comme on a pu le voir dans le passé de nouvelles frictions entre Rome et Bruxelles sur cette question pourraient susciter quelques tensions sur les marchés obligataires italiens et alors susciter de nouveaux maux de tête à l’euro. L’automne 2018 avait été cauchemardesque pour la devise européenne notamment à cause de cette dispute budgétaire, on espère que l’histoire ne se répète pas. Revenue la semaine dernière au-dessus de $1,10, l’EUR/USD reste toujours très fragile et sujet à un nouveau décrochage vers ses plus bas de l’année situés sous $1,09 en cas de vents contraires forts.

USD

USD – Les regards tournés vers la Fed : une nouvelle baisse de taux envisagée en octobre ?  – Ventes au détail et Livre Beige de la Fed à suivre (mercredi) :   Les tensions commerciales atténuées depuis la fin de semaine dernière et l’obtention d’un accord partiel entre Pékin et Washington, les regards des investisseurs vont maintenant se concentrer sur la réunion de la Fed programmée à la fin du mois (29-30 octobre). Au regard des multiples signes de décélération de l’économie américaine à la fin de l’été, notamment observés aux travers des récentes enquêtes d’activité ou encore les dernières statistiques de l’emploi et d’inflation, une large majorité d’observateurs de marché ont commencé à intégrer sur les marchés un scénario de nouvelle baisse de taux d’ici la fin de l’année, cela potentiellement dès le mois d’octobre. Sur les marchés à terme américains, le scénario de réduction monétaire à la fin de ce mois est anticipé à 75%, une perspective qui n’a pour le moment jamais été évoquée officiellement par la réserve fédérale américaine qui, si l’on s’appuie sur les récents propos du gouverneur central Jerome Powell, reste optimiste sur l’état de l’économie américaine. Les indicateurs économiques publiés lors des deux prochaines semaines aux Etats-Unis seront donc attentivement scrutés par les investisseurs et le dollar américain sera très sensible aux spéculations monétaires provoquées par la teneur de ces statistiques. Cette semaine, l’attention se portera surtout sur la publication mercredi des statistiques de ventes au détail et du Livre Beige de la Fed décrivant les conditions économiques aux Etats-Unis lors des 6-7 dernières semaines.

Orientation & Volatilité  : Sachant que la croissance américaine est majoritairement guidée cette année par la consommation domestique, un fléchissement des ventes au détail observé cette semaine aux Etats-Unis pourrait signifier une accentuation de la dynamique de ralentissement de l’économie américaine au 3ième trimestre. Du coup, cela donnerait du grain à moudre aux investisseurs anticipant une nouvelle baisse de taux de la Fed en octobre. Le dollar sera sensible aux spéculations monétaires et la hausse des anticipations de réduction monétaire aux Etats-Unis offrirait probablement un peu d’élan à l’EUR/USD pour se rapprocher de la barrière de $1,11 qui fait office de « plafond » sur le cours de change depuis la fin du mois d’août.


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