Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

oct. 07, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 7 octobre 2019 – Sommaire :

  • L’euro amorce la semaine sur la pente descendante après la publication de nouveaux indicateurs décevants en Allemagne (contraction des commandes industrielles) et en Zone Euro (confiance des investisseurs à un plus bas depuis 6 ans !)
  • L’EUR/USD se replie et s’écarte du seuil de $1,10 qui fait figure de « plafond » temporaire sur le cours. Minutes de la Fed et de la BCE & inflation aux Etats-Unis à suivre cette semaine.
  • Le cours EUR/GBP reste sur une pente ascendante mais éprouve toujours autant de difficultés à s’éloigner du seuil de £0,89. Les négociations sur le Brexit se poursuivent ce lundi à Bruxelles alors que la France a réclamé à Johnson de revoir sa copie d’ici la fin de la semaine.
  • Repli de la paire EUR/JPY vers ¥117 après l’annonce ce weekend d’un échec des négociations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord et en amont des nouvelles négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine programmées jeudi et vendredi à Washington.
  • Correction et retour de la paire EUR/CHF sous ₣1,09 après l’annonce de nouveaux indicateurs décevants en Zone Euro.
  • Rebond de l’EUR/AUD en direction de A$1,63 en amont des négociations commerciales entre Pékin et Washington. Un rapport publié par Bloomberg ce weekend suggère que Pékin pourrait réduire le champ des discussions et du coup provoquer de potentielles nouvelles frictions.
  • Repli général des devises émergentes et pétrolières (couronne norvégienne à plus de NOK 10,0 et rouble à plus de RUB 71,0).

L’agenda de la semaine : Discours de Powell, Minutes de la Fed & inflation aux Etats-Unis / En Europe, les regards seront tournés vers l’Allemagne (production industrielle & statistiques commerciales) & les Minutes de la BCE / Les marchés des changes suspendues à la reprise des négociations entre la Chine et les Etats-Unis (jeudi-vendredi) / Les négociations sur le Brexit se poursuivent à Bruxelles dans la confusion générale 

USD

USD – Une nouvelle baisse de taux d’ici la fin de l’année est-elle envisageable/envisagée ? - Double discours de J. Powell (mardi & mercredi), Minutes de la Fed (mercredi soir) & statistiques d’inflation  : Au regard des mauvais indicateurs économiques publiés tout au long de la semaine dernière aux Etats-Unis – plus forte contraction depuis 10 ans du secteur manufacturier, net repli de l’activité dans le secteur des services à un plus bas depuis 3 ans & volume de créations d’emploi qui fléchit au fil de mois et était en septembre sous sa moyenne annuelle – il ne fait nul doute que l’économie américaine est, elle aussi, endommagée par la montée des risques internationaux et n’est pas totalement insensible aux mesures protectionnistes opérées en marge de la dispute commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Si la banque centrale américaine a déjà abaissé ses taux d’intérêt à deux reprises cette année, elle n’envisage plus pour le moment aucun ajustement monétaire d’ici la fin de l’année 2020 d’après la médiane des projections publiées en septembre dernier. Les marchés ont un tout autre regard sur la question et estiment que les banquiers centraux américains n’ont pas d’autres choix que de desserrer l’étau monétaire pour atténuer les vents contraires qui s’abattent sur l’économie américaine et pèsent sur la croissance. Ainsi sur les marchés à terme américains, un scénario de nouvelle baisse de taux en octobre est estimé à plus de 80% et un scénario de deux baisses de taux d’ici la fin de l’année à plus de 40% d’après les estimations recensées lundi sur l’indicateur FedWatch Tool publié par l’organisation américaine CME. Malgré des fondamentaux économiques plus faibles, le gouverneur central américain Jerome Powell ne semble pas pour autant inquiet, ce dernier réaffirmant d’ailleurs vendredi dernier que l’économie américaine était « à sa place » et progressait tant bien que mal dans un environnement de plus en plus risqué. Cette dichotomie de vision à l’égard des perspectives économiques du pays entre la banque centrale américaine et celle des acteurs de marché va-t-elle se prolonger ou bien se réduire au fil du temps ? On a tendance à pencher pour la seconde option sur l’environnement financier global se dégrade et l’économie américaine montre de nouveaux signes de décélération, néanmoins cette jonction d’opinion pourrait prendre un certain temps avant de se matérialiser. Sauf décrochage soudain de l’économie, les banquiers centraux américains devraient prendre le temps d’évaluer les effets bénéfiques ou non sur l’économie provoqués par les deux baisses successives de taux et ainsi prendre leur temps avant de considérer une nouvelle action. Néanmoins, quelques indices délivrés dans une des deux sorties publiques du gouverneur centrale Jerome Powell (mardi & mercredi), ou dans les Minutes de la Fed de la réunion du 17-18 septembre dernier montrant que la banque américaine n’est pas fermée à l’idée de procéder rapidement à de nouveaux ajustements monétaires si les conditions le nécessitent, pourraient donner du crédit aux anticipations actuellement visibles sur les marchés à terme. Si la date d’octobre apparaît peut-être prématurée, une action en décembre est très certainement envisageable et envisagée par la Fed. Autre élément qui pourrait venir alimenter les débats sur l’orientation future des taux de la banque centrale américaine, la publication ce jeudi des nouvelles statistiques d’inflation.

Orientation & Volatilité  : Le dollar a connu quelques secousses la semaine dernière qui l’ont fait vaciller de son piédestal et de son pic de plus de 2 ans face à un panier de devises sur lequel il reposait depuis quelques jours. Néanmoins, la devise américaine reste toujours hautement valorisé car les Etats-Unis constituent toujours au sein des économies développés, pour de nombreux investisseurs, un « havre de paix attractif » comparé à l’Europe, au Royaume-Uni ou encore l’Australie. La résilience de l’économie américaine et les taux d’intérêt élevés offerts dans le pays offrent en effet au dollar une attractivité sans égale par rapport à ses pairs. En tant que devise de réserve mondiale, il ne va pas sans dire que le dollar tire clairement bénéfice d’un contexte global d’aversion au risque pour asseoir un peu plus sa domination et consolider ses hauts niveaux de valorisation. Cette attractivité pourrait néanmoins prendre un coup dans l’aile si d’aventure l’économie américaine continue à montrer des signaux répétés et inquiétants d’essoufflement et si de nouvelles baisses de taux sont entrevues aux Etats-Unis. Par ailleurs, jusqu’alors peu sensible au volet politique et au battage médiatique actuel autour du lancement d’une procédure de destitution mené par les députés démocrates de la Chambre des représentants, le dollar pourrait finir par subir quelques turbulences si les marchés commençaient à intégrer un risque que ce scénario puisse aboutir. Ce weekend, un second lanceur d’alerte anonyme a confirmé une demande d’ingérence en marge des futurs élections présidentielles de 2020 réclamée par le président Donald Trump à son homologue ukrainien et une enquête contre son plus sérieux rival dans le camp Démocrate, Joe Biden. Une commission de la Chambre des représentants a vendredi assigné en justice la Maison Blanche afin d’obtenir des documents officiels relatifs à la discussion téléphonique du 25 juillet dernier entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky.

EUR

EUR – Les regards tournés vers l’Allemagne et la BCE – Commandes des usines, production industrielle & balance commerciale en Allemagne (lundi, mardi & vendredi) et Minutes de la BCE (jeudi) : L’euro n’a pas réellement profité la semaine dernière des défaillances du dollar, et pour cause les marchés n’ont pas réellement été rassurés par les indicateurs économiques publiés en Zone Euro, et notamment en Allemagne où le secteur manufacturier est au plus mal, l’inflation ne cesse de reculer et atteint en septembre, d’après les premières estimations, son plus bas niveau depuis 2016. Considérée comme la locomotive économique de la Zone Euro, l’Allemagne ne rugit plus mais envoie à l’inverse des signaux de détresse suggérant une très probable récession technique au troisième trimestre (deux trimestres consécutifs de croissance négative) et une performance cette année très loin de ses standards habituels. La semaine dernière, les principaux instituts économiques du pays ont très fortement réduit leurs projections de croissance à 0,5% et 1,1% en 2019 et 2020 contre 0,8% et 1,8% précédemment estimées en avril dernier. On craint du côté des acteurs de marché un effet de contagion sur l’ensemble de la région européenne et du coup le maintien pendant une période prolongée de temps d’une politique très accommodante de la part de la Banque Centrale Européenne. Malgré un arsenal monétaire encore plus réduit qu’il ne l’était déjà suite aux annonces monétaires faites en septembre (baisse du taux de dépôt et relance d’un programme QE), certains observateurs estiment que la banque centrale pourrait néanmoins considérer de nouveaux ajustements monétaires si les conditions étaient amenées à se dégrader davantage. Sans aucun doute, la semaine de l’euro sera très largement influencée par les réactions de marché provoquées par les nombreuses statistiques économiques publiées cette semaine en Allemagne. Parmi elles, on recense les commandes d’usine (contraction deux fois plus importantes que prévu de -0,6% M/M en août vs. cons. -0,3%), de la production industrielle (cons. +0,0% vs. -0,6% en juillet) et des statistiques commerciales. La semaine se ponctuera par la publication des estimations finales d’inflation en Allemagne qui pourrait confirmer la décélération des prix entrevue dans les chiffres préliminaires fin septembre. La publication jeudi en milieu de journée du compte rendu de la réunion monétaire de septembre de la BCE sera un autre moment fort de la semaine et permettra de jauger les moyens d’action à disposition des banquiers centraux européens pour contrer les pressions baissières qui s’exercent sur l’économie de la Zone Euro.

Orientation & Volatilité  : L’euro dispose toujours d’aussi peu de catalyseurs haussiers d’où ses difficultés à rebondir face au dollar américain, mais aussi face à nombreux de ses autres pairs comme la livre sterling, le franc suisse et le yen japonais. Les craintes de récession en Allemagne, la dégradation accentuée du contexte économique et financier européen, les taux négatifs ou encore le maintien d’un flou important autour de la question du Brexit sont de réels freins qui limitent les prises d’achat des investisseurs en euro. Sans éclaircies visibles en Allemagne ou signes perçus que la BCE est peut-être à son niveau de capacité maximal en termes de soutien monétaire, l’euro devra à nouveau compter sur les contre-performances de ses pairs pour espérer progresser. Face au dollar américain, le seuil de $1,10 est à portée de main néanmoins le manque de « ressort » de la paire EUR/USD l’empêche pour le moment de franchir ce cap psychologique, le sol se dérobant sous ses pieds à chaque fois que cette barrière fut approchée de près la semaine dernière. Profitant amplement des récentes défaillances du dollar, le cours EUR/USD n’est pas à l’abri d’une nouvelle rechute vers $1,09 en cas de mauvaises nouvelles en Europe ou de réduction des anticipations de baisse de taux aux Etats-Unis  

GBP

GBP – La livre sterling navigue en ordre dispersé et s’accroche aux espoirs d’accord ou report du Brexit  – Semaine décisive avant le Sommet européen du 17-18 septembre ponctuée par la publication du PIB mensuel et des statistiques industrielles au Royaume-Uni (jeudi) :   La semaine dernière, Boris Johnson a publié son « offre finale » ou un plan de mesures censées solutionner la question de la frontière en Irlande et ainsi débloquer des négociations qui restent depuis des semaines au point mort. Sa proposition de maintenir l’Irlande du Nord au sein de l’union douanière européenne pendant une période temporaire jusqu’en 2025 a été très franchement accueillie par Bruxelles qui a demandé au premier ministre britannique de revoir sa copie d’ici la fin de cette semaine alors qu’un scénario d’accord de sortie est toujours envisagé dans le camp européen. Du côté britannique c’est la confusion générale qui domine. En effet, alors que Boris Johnson répète depuis des semaines qu’il s’engage à quitter coute que coute l’Union Européenne d’ici le 31 octobre prochain cela malgré le projet de loi adopté par le Parlement en septembre – le Benn act – lui empêchant une sortie sans accord sans le consentement des députés, le gouvernement britannique a fourni à une cour de justice écossaise un document dans lequel il s’engage à respecter cette loi et réclamer un report de la date de sortie si aucun accord n’était trouvé d’ici le 19 octobre prochain.  Où se situe la vérité ? Nul ne le sait et on risque de devoir attendre jusqu’au derniers instants du mois d’octobre pour le découvrir. C’est donc une nouvelle semaine intense de négociations qui nous attend cette semaine avec le retour à Bruxelles dès lundi des négociateurs britanniques. Un report apparait pour l’heure le scénario le plus plausible, néanmoins un risque de sortie brutale sans accord ou même d’entente ne peut être totalement exclut à ce stade. Les marchés restent dans l’incertitude la plus totale d’où cette impression d’inertie visible sur la paire EUR/GBP depuis plusieurs semaines et la formation d’un couloir de fluctuation très étroit de £0,8800-£0,8950 (+/- 1,7%). Si l’absence de véritables avancées tangibles sur le Brexit assure un « plancher » sur la paire de change, des signaux de fléchissement inquiétant de l’économie britannique observés la semaine dernière à travers les enquêtes d’activité PMI se répercutent, pour le moment modestement, sur la livre sterling. La santé de l’économie britannique sera à nouveau attentivement observée du côté des acteurs de marché à l’occasion de la publication jeudi de l’indicateur mensuel de PIB du mois d’août ainsi que des statistiques du secteur industriel.

Orientation & Volatilité  : Les tentatives de percée au-dessus de la barrière de £0,89 se sont multipliées au cours des dernières séances, ce qui traduit un mouvement haussier de la paire EUR/GBP. Le franchissement de ce cap reste néanmoins toujours aussi difficile et le cours EUR/GBP éprouve des difficultés à décoller réellement et sortir par le haut du couloir de £0,8800-£0,8950 dans lequel il réside depuis la mi-septembre. Une absence de progrès sur le Brexit pourrait au fil des jours réveiller quelques craintes autour d’un risque de sortie sans accord et du coup presser la livre sterling, au même titre que de nouveaux indicateurs économiques décevants au Royaume-Uni. Les marchés semblent toutefois croire un accord entre britanniques et européens toujours possible aussi ils ne manqueront pas de réagir (positivement) au moindre indice donnant du crédit à ce scénario. Dans ce cas précis, cela sonnerait le coup d’envoi d’un nouveau rebond correctif de la livre dont la valorisation apparaît toujours dépréciée par rapport à ses pics de mai entrevus à £0,85.

CNY

CNY, JPY & USD – Vers une désescalade des tensions commerciales ? Nouveau cycle de négociation entre la Chine et les Etats-Unis (jeudi-vendredi) : Il s’agit de l’évènement majeur sur les marchés des changes cette semaine, la reprise officielle des négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis et la venue en fin de semaine à Washington d’une délégation chinoise menée par le vice-premier ministre Liu He. L’objectif de ces discussions de haut sera de désamorcer les tensions survenues cet été à travers l’annonce de nouvelles taxes américaines sur l’ensemble des produits chinois importés aux Etats-Unis et non-assujettis encore à des tarifs douaniers spécifiques. Alors que le président américain a laissé entendre qu’un accord global pouvait être acquis bien plus tôt que prévu, les nombreuses divergences qui ont éclos ces derniers mois entre les deux pays rendent néanmoins les discussions difficiles et suggèrent un processus long. Au gré des tensions des derniers mois, les marchés se satisferont amplement de discussions menées dans le calme et de déclaration d’intentions des deux camps à vouloir poursuivre les échanges et travailler en étroite collaboration pour tenter de dessiner un accord commun. L’apparition de nouvelles frictions et/ou une nouvelle rupture des discussions réveilleraient probablement de nouvelles turbulences sur les marchés des changes et craintes que la dynamique de décélération de l’économie mondiale s’intensifie dans les prochains mois.

Orientation & Volatilité  : Le yuan et le dollar seront vivement attentifs aux échos entendus en marge des nouvelles négociations commerciales réalisées en fin de semaine aux Etats-Unis. Les économies américaine et chinoise étant toutes deux impactées par les mesures protectionnistes imposées de part et d’autres, aussi une désescalade des tensions commerciales entre les deux principales économies mondiales serait accueillie avec soulagement par les acheteurs de dollar et de yuan. Une éclaircie dans les perspectives économiques des deux pays soutiendrait un rebond des deux devises. À l’inverse, de nouvelles tensions viendraient causer des dommages sur ces deux devises ; probablement de manière plus importante sur le yuan que sur le dollar ; et provoquerait en parallèle un nouvel afflux de demande en yen japonais, devise refuge de référence. Naviguant dans un couloir de ¥7,75-¥7,85 (+/-1,3%) depuis la mi-septembre, la paire EUR/CNH pourrait soudainement sortir de ce couloir, par le haut ou par le bas, selon les développements des discussions entre américains et chinois. De son côté, la paire EUR/JPY sera attentive à l’apparition de nouvelles tensions sur le front commercial et pourrait accentuer son repli en direction des ses plus bas de l’année situés autour de ¥116 si un point de rupture était observé. Aux portes de $1,10, l’EUR/USD pourrait recevoir le coup de pouce nécessaire pour franchir cette barrière en cas de repli du dollar provoqué par de nouvelles tumultes commerciales.


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.