Actualités du marché des devises

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oct. 03, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 3 octobre 2019 – Sommaire :

  • Imprégnés depuis deux jours par un large sentiment d’aversion au risque émanant d’une crainte de récession mondiale, les marchés des changes observent ce jeudi quelques mouvements correctifs. Le franc continue de chuter lourdement et se rapproche de ₣1,10.
  • L’EUR/USD reste en convalescence et se maintient au centre d’un couloir $1,09-$1,10. La paire sera sensible aux nombreux indicateurs publiés ce jeudi en Zone Euro (PMI des services & ventes au détail) et aux Etats-Unis (ISM non-manufacturier, commandes des usines).
  • Le cours EUR/GBP reste orienté à la hausse mais se heurte toujours à une forte résistance localisée au niveau de £0,89. Une contre-performance de l’indice PMI des services publié ce matin au Royaume-Uni (10h30) pourrait faire sauter ce verrou.
  • La paire EUR/CHF poursuit sa folle ascension amorcée mercredi et se rapproche à grand pas de la barrière de ₣1,10 qui ne fut touchée qu’à deux reprises lors des deux derniers mois.
  • Petite correction de la paire EUR/CAD sous C$ 1,46 et EUR/NOK sous NOK 10,0 après d’importants gains enregistrés la veille en réaction à un nouveau repli important des cours du pétrole.
  • Large repli de la paire EUR/ZAR ce matin (-0,8%) après avoir été aperçu la veille à un pic d’un mois à ZAR 16,8.
  • Rebond de la paire EUR/PLN en direction du seuil de PLN 4,37. La volatilité du zloty pourrait s’intensifier en cours de journée en marge de la décision de la Cour de justice européenne sur le litige concernant les banques polonaises et ses prêts hypothécaires libellés en franc suisse.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mercredi : Indicateurs économiques en berne,  feu vert donné par l’OMC aux Etats-Unis pour taxer des produits européens & « offre finale » de Boris Johnson sur le Brexit / Des marchés des changes imprégnés d’un regain de craintes à l’égard de l’économie mondiale / Le dollar, les devises cycliques et pétrolières en difficulté / La livre sterling reste sur la défensive

En dépit d’un calendrier économique plutôt réduit ce mercredi, les marchés financiers ont vu se prolonger hier un large sentiment d’aversion au risque causé la veille par la publication d’une série d’indicateurs d’activité montrant une large contraction du secteur manufacturier à travers le monde. En première ligne des craintes, on retrouve les Etats-Unis et son économie qui n’apparaît pas, ou du moins plus, totalement immunisée aux tensions commerciales et pressions externes. Ces tensions protectionnistes risquent de se prolonger, voire s’intensifier, et c’est bien ce qui inquiète les investisseurs. Hier, l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) a tranché en faveur des Etats-Unis dans le litige vieux de 15 ans opposant Boeing à Airbus et ainsi donné le feu vert à Washington pour mettre en place un plan de taxes douanières sur $7,5Mds de produits européens importés outre-Atlantique. Ces barrières douanières devraient être effectives à partir du 18 octobre prochain et concerneront les avions, à hauteur de 10%, et les produits industriels et agricoles, à hauteur de 25%. Si du côté de Bruxelles on milite pour un règlement de ce litige à l’amiable, comme l’a évoqué mercredi le ministre français de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire, des mesures de rétorsion pourraient s’appliquer si aucun terrain d’entente d’était trouvé.

Au lendemain de la publication d’une enquête signalant une large contraction – la plus forte en 10 ans – du secteur manufacturier américain au mois de septembre, le dollar fut à nouveau plombé mercredi par son économie. Le rapport ADP a en effet mis en lumière un volume de créations d’emploi dans le secteur privé un peu moins important que prévu au mois de septembre (135k vs. cons. 140k) et une révision à la baisse assez conséquente de l’estimation publiée au mois d’août, de 195k à 157k. Il n’en fallait pas plus pour réveiller les peurs de récession aux Etats-Unis, une véritable marotte à laquelle les investisseurs sont très sensibles. Wall Street a chuté de près de -2% mercredi, ce qui porte ses pertes à -3% en deux jours, et entraîné avec lui une devise américaine qu’on avait vu osciller ces derniers jours à un pic de 28 mois face à l’euro. La paire EUR/USD souffle et reprend un peu de latitude mais reste néanmoins toujours sous le seuil de $1,10 (clôture mercredi à $1,0960).

Le retour des craintes des marchés à l’égard d’une possible récession mondiale a fait les affaires du yen qui a bondi de +0,3% face à l’euro et clôturé à un pic de 4 semaines à ¥117,4, mais lourdement impacté les prix du pétrole qui ont chuté mercredi de -2%. L’indice Brent a fini la séance sous le seuil de $58, ou son plus bas niveau sur les 8 dernières semaines, et enregistre actuellement un repli de plus de -16% en un peu plus de deux semaines. Les devises pétrolières ont lourdement été impactées par ce nouveau repli des cours du baril de brut, et en premier lieu le dollar canadien qui subit en parallèle la montée des inquiétudes autour de l’économie américaine étant donné que les Etats-Unis demeurent le principal partenaire commercial du Canada et absorbent chaque année près de ¾ de ses exportations. Alors que l’on avait vu chuter ces derniers jours à un creux de 2 ans à proximité du seuil de C$ 1,44, le cours EUR/CAD a bondi mercredi de 1% et clôturé à un pic d’une semaine à C$ 1,46. La paire EUR/RUB a bondi à un pic de deux semaines mais a vu son ascension stoppée nette par la présence d’un seuil de résistance située au niveau de RUB 71,5. La paire EUR/NOK a fait son retour au-dessus du seuil de NOK 10,0 près d’un mois après sa dernière apparition sur ces niveaux et oscille désormais à nouveau tout proche de ses plus hauts niveaux de l’année et depuis 10 ans (pic recensé à NOK 10,10).

En tant que devise cyclique, le dollar australien a sans surprise souffert lui-aussi de cette vague d’aversion aux risques sur les marchés des changes et cédé environ -0,2% face à l’euro mercredi. Après son rebond de 1% observé mardi en marge de la décision de la RBA de réduire à nouveau ses taux d’intérêt, la paire EUR/AUD a consolidé mercredi sa position au-dessus de la barrière de A$1,63 et touché en séance un pic d’un mois à presque A$1,6370.

La livre sterling est restée toute la journée sur la défensive face à l’euro et a flirté avec ses plus bas depuis 2 semaines autour du seuil de £0,89 alors que les marchés attendaient avec une certaine appréhension le dévoilement par Boris Johnson de ses nouvelles propositions sur le Brexit censées débloquer l’impasse dans laquelle se trouve les négociations afin de conclure un accord de sortie avant le 19 octobre, date fixée par les députés britanniques pour que le chef du gouvernement présente un projet d’accord sinon quoi il se verrait imposer de réclamer un nouveau report de la date de sortie à Bruxelles. Le premier ministre britannique a prévenu qu’il s’agissait ici de son « offre finale », à prendre ou à laisser, sous peine de voir le Royaume-Uni potentiellement quitter brutalement l’Union Européenne le 31 octobre prochain. Car il n’en démord pas, une sortie cette automne est inévitable. Dans cette offre on retrouve une proposition d’instaurer un statut spécial à l’Irlande du Nord qui serait maintenu jusqu’en 2025 au sein du marché commun européen avant de subir les mêmes modalités de sortie que le reste du Royaume-Uni tout en assurant en parallèle la mise en place de contrôles douaniers de part et d’autre de la frontière en Irlande. Les premières réactions européennes font état de « point positifs » dans ce plan mais également «  quelques points problématiques » nécessitant des travaux supplémentaires. Les marchés restent globalement peu optimistes sur la capacité des deux camps à trouver un accord en un laps de temps aussi restreint toutefois un report n’est pas assuré au regard de l’inflexibilité de Johnson sur la question d’où l’observation d’un cours EUR/GBP évoluant en ordre dispersé depuis plus de 2 semaines au sein d’un couloir de prix de £0,88-£0,89. Cette barrière de £0,89 maintient pour le moment les envies d’ascension du cours de change mais pourrait être brisée à tout moment, notamment si l’économie britannique continue d’afficher un visage inquiétant. Les deux premières enquêtes d’activité PMI publiées cette semaine sont ressorties en contraction. Les regards se portent ce jeudi vers l’enquête PMI sur le secteur des services qui en cas de contre-performance viendrait réveiller les craintes de récession technique au Royaume-Uni au 3ième trimestre, et par effet boule de neige déclencher de possibles vives pressions baissières sur la livre sterling.

Le spectre de la déflation a fait sa réapparition en Suisse mercredi avec la publication d’un recul de la croissance annuelle de l’indice de prix général à un nouveau creux de 2 ans à 0,1%. Dans la foulée, un membre du directoire de la Banque Nationale Suisse (BNS), Andrea Maechler, a rappelé que les taux négatifs en Suisse étaient nécessaire dans un climat d’incertitude global. Le cours EUR/CHF a enregistré un large rebond de +0,6% mercredi et atteint un pic de 8 séances à plus de ₣1,09. Les pressions haussières se prolongent ce jeudi et la paire prend la direction du seuil de ₣1,10, barrière qui ne fut touchée qu’à deux reprises lors des deux derniers mois.

USD

EUR/USD  :  Le cours EUR/USD pousse un grand « ouf » de soulagement après ses déconvenues du début de semaine néanmoins, comme évoqué la veille, cela ne signifie pas que tous ces ennuies sont derrière lui. Le redressement reste très modeste car uniquement nourri par un mouvement de dépréciation du dollar et en aucun cas un réel renforcement de l’euro d’où une ascension qui donne l’impression d’être tronquée et susceptible d’être stoppée nette à tout moment. L’annonce mercredi du feu vert officiel donné par l’OMC aux Etats-Unis pour taxer les produits européens fait craindre un nouveau conflit commercial d’envergure entre les Etats-Unis et l’Union Européenne, lequel arrive au moment quand on sait dans quel état de fragilité se trouve la Zone Euro, et notamment son premier représentant l’Allemagne dont l’économie semble au bord de la récession. Il s’agit là d’un obstacle – un de plus – réfrénant tout mouvement de revalorisation rapide et significative de la devise européenne à court terme. En attendant, la volatilité de l’EUR/USD devrait lors des deux prochains jours être très largement dictée par les fondamentaux et les nombreuses statistiques économiques publiées en Zone Euro et aux Etats-Unis. Alors que les regards sont principalement tournés vers les chiffres de l’emploi publiés ce vendredi aux Etats-Unis, les marchés auront largement de quoi s’occuper aujourd’hui avec l’accueil ce matin de l’estimation finale des enquêtes PMI dans le secteur des services et les statistiques de ventes au détail du mois d’août en Zone Euro, puis cette après-midi des enquêtes d’activité ISM dans le secteur des services et des statistiques de commandes réalisées par les usines aux Etats-Unis.

Niveaux/Sentiment : Après deux séances consécutives de hausse, le cours EUR/USD marque une pause ce matin et oscille autour du seuil de $1,0950 en amont de la publication des estimations révisées des indicateurs d’activité PMI dans le secteur des services en septembre au sein de plusieurs européens. La paire de change reste en convalescence et le rebond des deux dernières séances n’y change rien. La défiance généralisée des marchés à l’égard d’un contexte économique hautement dégradé en Europe pèse lourdement sur l’euro et réfrène le début de dynamique haussière entre-aperçu depuis mardi sur la paire EUR/USD. Les investisseurs seront à nouveau très sensibles aux indicateurs conjoncturels publiés aux Etats-Unis alors que le dollar a très largement bénéficié ces dernières semaines du profil « résilient » de l’économie américaine par rapport à ses pairs. Un essoufflement marqué de l’activité aux Etats-Unis viendrait quelque peu fragmenter cette impression et la confiance placée par les investisseurs dans la capacité de l’économie américaine à naviguer dans cette mer d’incertitudes internationales. On surveille toujours un retour au-dessus de $1,10 qui pourrait donner un nouvel élan de confiance aux acteurs de marché et intensifier le rebond correctif de l’EUR/USD.

Perf 2019 = -4,52% / Moyenne 2019 = $1,1230 / Point haut 2 octobre 2019 = $1,0963 / Point bas 2 octobre 2019 = $1,0902 / Clôture 2 octobre 2019 = $1,0958


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