Actualités du marché des devises

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sept. 23, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 23 septembre 2019 – Sommaire :

  • L’euro commence mal cette nouvelle semaine et subit un nouveau « plongeon » après la publication d’indicateurs PMI très décevants en septembre.
  • L’EUR/USD chute sous $1,10 en réaction à la publication d’indicateurs PMI montrant un ralentissement plus marqué de l’économie européenne au mois de septembre. Premiers indicateurs PMI américains à surveiller cette après-midi.
  • La paire semble se stabiliser au niveau de £0,88 après un repli de -5% enregistré depuis la mi-août. Les marchés sont attentifs au jugement de la Cour de justice sur la suspension du parlement et le vote consultatif au sein du parti travailliste concernant la ligne directrice du parti sur le Brexit.
  • L’affaiblissement ce matin de l’euro presse la paire EUR/JPY en direction de ¥118 et la paire EUR/CHF sous le seuil de ₣1,09.
  • Résilience observée sur la paire EUR/CAD qui peine à repasser sous le seuil de C$ 1,46.
  • Pas de mouvement sur la paire EUR/NOK qui reste orientée à la hausse mais voit le seuil de NOK 10,0 freiner son ascension.
  • Mouvement baissier sur les devises d’Europe de l’Est après la publication d’indicateurs PMI décevants en Allemagne. Nouveau pic historique à HUF 335 pour l’EUR/HUF, l’EUR/PLN se rapproche de son pic de l’année à hauteur de PLN 4,40 et l’EUR/CZK s’approche du seuil de CZK 25,9.

L’agenda de la semaine : Plusieurs banquiers centraux américains sur le pont une semaine après la décision de la Fed & indicateurs de prix PCE aux Etats-Unis / Premières enquêtes PMI, indices de confiance et apparition de Mario Draghi au Parlement européen à surveiller cette semaine en Europe / La livre sterling plus que jamais sensible aux développements du Brexit : Convention du parti travailliste, décision de la Cour de justice de Londres sur la suspension du Parlement & Boris Johnson aux Nations Unies / Décisions monétaires en Europe de l’Est

USD

USD – La domination du dollar renforcé après la Fed ?  Les marchés attentifs à de nouveaux indices – Plusieurs banquiers sur le pont (lundi & jeudi), enquêtes préliminaires PMI (lundi), estimation finale du PIB au T2 (jeudi) & indices mensuels de prix PCE (vendredi)  : Malgré la baisse de taux opérée par la banque centrale américaine mercredi dernier – la seconde d’affilée – l’appétit des acteurs de marchés pour le dollar n’a pas pour autant fléchi, et on en veut pour cause la publication d’un calendrier monétaire qui sous-entend plus aucune intervention d’ici la fin d’année 2020. Malgré d’importantes divergences observées au sein du comité directeur sur la question de l’orientation des taux directeurs américains, pour l’heure le (fragile) consensus désigne aucun sentiment d’urgence à devoir se précipiter et abaisser de manière agressive les taux afin de dissiper les vents contraires qui freines l’économie américaine. Ce calendrier n’est pas pour autant marqué dans la marbre et la Fed pourrait ajuster son fusil d’épaule si les conditions économiques étaient amenées à se détériorer davantage aux Etats-Unis. Les banquiers centraux américains devraient ainsi rester très vigilants ces prochaines semaines à la teneur des statistiques économiques publiées aux Etats-Unis et l’observation d’éventuels signaux d’important essoufflement de la croissance. Du moins c’est ce qu’a laissé entendre le gouverneur central Jerome Powell lors de sa conférence de presse mercredi dernier. Les sorties publiques de nombreux membres de la réserve fédérales américaine cette semaine – notamment trois ce lundi et quatre ce jeudi – nous livreront davantage d’indices sur la sensibilité des banquiers centraux américains et ce qui motivent leurs choix en matière de politique monétaire. Outre l’aspect monétaire, la semaine à venir nous donnera l’occasion de prendre le pouls de l’économie américaines, notamment à travers la publication lundi après-midi des premières enquêtes PMI d’activité au mois de septembre qui permettront entre autre de faire une première évaluation sur l’impact potentiel des nouvelles taxes douanières mises en place aux Etats-Unis et en Chine au début du mois. Ce jeudi sera publié l’estimation finale du PIB au second trimestre, laquelle ne devrait pas selon toute vraisemblance faire l’objet du moindre ajustement mais au contraire être confirmée à 2,0%, ou la plus faible performance enregistrée par l’économie américaine depuis plus de deux ans (1er trimestre 2017). Vendredi, les marchés seront attentifs à la publication des indices mensuels de prix PCE, ou les indicateurs privilégiées par la banque centrale américaine pour mesure l’inflation dans le pays. Un nouveau ralentissement de la dynamique annuelle des prix dans le pays viendrait réanimer de nouveaux doutes sur les marchés à l’égard de la solidité de l’économie américaine et donc peser sur le dollar.

Orientation & Volatilité  : Le dollar reste pour le moment sur son piédestal et a réussi à passer le mois de septembre sans encombre, son attractivité n’étant finalement pas réellement remise en cause malgré le choix de la Fed d’abaisser ses taux directeurs. La devise américaine et ses taux toujours attractifs offrent toujours d’importantes garanties aux investisseurs, d’autant plus à l’aune de la contreperformance de nombreux de ses pairs comme l’euro. Si les marchés continuent de garder un œil attentif aux développements sur le front commercial et considèrent tout signe d’hostilité entre américains et chinois comme un risque potentiel pour l’économie américaine, la devise américaine devrait être sensible cette semaine aux discours des banquiers centraux de la Fed et aux potentielles précisions livrées sur leurs anticipations en matière de politique de taux, mais également aux fondamentaux économiques. À cet égard, les enquêtes PMI du début de semaine et les indices PCE attendues vendredi seront les éléments qui pourraient susciter le plus de réactions. De nouveaux signaux d’essoufflement de l’économie américaine et/ou indices sous-entendant que le calendrier monétaire de la Fed pourrait être ajusté très rapidement en cas de nouveau pic de volatilité pourraient offrir une petite correction au dollar et donner l’occasion à l’EUR/USD de revenir s’installer au-dessus de $1,11.

EUR

EUR – L’état de l’économie européenne surveillé très attentivement après les choix forts de la BCE en septembre – Premières enquêtes PMI & discours de Mario Draghi au Parlement (lundi), indices Ifo en Allemagne (mardi) & indices de sentiment économique en Zone Euro (vendredi) : Le rebond de l’euro à la sortie de la réunion de la BCE du jeudi 12 septembre aura été de (très) courte durée, car une fois la décision digérée les investisseurs ont bel et bien pu réaliser que les importantes annonces faites par la banque centrale ce mois-ci traduisent avant tout une situation économique très dégradée en Zone Euro. Les taux négatifs européens sont un véritablement fardeau pour l’euro et pourraient le rester pendant une période prolongée car à l’exception de la Fed, ni les banquiers centraux britannique, japonais et suisse (ou encore australien et canadien un peu plus tôt dans le mois) n’ont ajusté leurs taux et/ou annoncé des mesures de soutien en septembre. Aussi comparativement à ses pairs, l’euro va ressortir du mois de septembre avec un profil d’attractivité encore plus dégradé qu’avant. Les signaux contradictoires observés la semaine dernière quant aux réels progrès réalisés dans les négociations du Brexit pèsent également sur l’euro, la menace d’un « hard Brexit » étant toujours présente et pourrait créer le cas échéant d’importants dommages collatéraux à une économie européenne déjà hautement fragilisée. L’euro reste donc sur la défensive et menace de subir de nouvelles pertes face à ses pairs si d’aventure la situation économique en Zone Euro se détériorait davantage.  Surtout l’euro pourrait subir l’émergence de nouveaux risques de nouvelle action de la BCE dans les prochains mois, ou un scénario évoqué ce dimanche par le gouverneur central slovène et membre exécutif de la BCE Bostjan Vale. La présence du gouverneur Mario Draghi au Parlement européen ce lundi sera une nouvelle pierre apporter au débat autour de la capacité d’action de la banque centrale que beaucoup d’observateurs de marché estiment désormais épuisée, ou presque. L’euro devra donc compter sur quelques signes de redressement ou au moins stabilisation de l’économie européenne pour éviter de nouveaux maux de tête. En ce sens, l’attention se portera sur la publication ce lundi matin des premières enquêtes PMI d’activité au mois de septembre, ainsi que sur la série d’indices de confiance publiés en Allemagne (indices Ifo de climat des affaires mardi & indice Gfk de confiance des ménages jeudi), en France (confiance des entreprises mardi et des ménages mercredi) et en Zone Euro (vendredi).

Orientation & Volatilité  : Sur la défensive, il semblerait que le moindre coup de vent est susceptible de renvoyer l’euro dans ses travers et matériellement sous la barrière de $1,10. Coincée dans un couloir de $1,10-$1,11 depuis près de trois semaines, la paire EUR/USD manque de catalyseur pour se redresser mais profite néanmoins de la timidité des investisseurs à faire chuter l’euro plus bas. Les investisseurs pourraient finir par se lasser de cette inertie de l’EUR/USD et se saisir du moindre argument pour faire prendre à la paire une nouvelle direction, à la hausse comme à la baisse. Si le mouvement à priori le plus naturel semble être un rebond au regard de la faible valorisation de l’euro, les risques baissiers restent néanmoins importants et on n’est absolument pas à l’abri d’observer dans les prochains jours/semaines un nouveau décrochage en direction de $1,09, barrière qui pour le moment tient bon et freine les pressions baissières sur l’euro. Jusqu’à quand ? La situation politique en Europe reste étroitement surveillée par les marchés, notamment les développements sur le Brexit mais aussi en Espagne qui s’apprête à vivre en novembre une 4ième élection anticipée en 4 ans.  

GBP

GBP – Après un rebond de 5% de la livre, place à la stabilisation ? – Une volatilité plus que jamais connectée aux évènements politiques :   Le calendrier économique étant très réduit cette semaine au Royaume-Uni, la volatilité de la livre sterling devrait être clairement ; encore plus que d’habitude ; connectée aux développements politiques sur le Brexit. Cette semaine, on sera donc attentif au jugement final de la Cour de justice de Londres sur la légalité de la décision du gouvernement britannique de suspendre l’activité du Parlement britannique pendant cinq semaines juste en amont de la date de sortie supposée du Royaume-Unis hors de l’Union Européenne. La présence de Boris Johnson ce lundi aux Etats-Unis pour le sommet de l’ONU sur le climat sera l’occasion pour le chef d’Etat de croiser ses homologues européens et de discuter de modalités pour trouver un nouvel accord sur le Brexit. Ce dernier a néanmoins prévenu qu’il y avait peu de chances de voir de progrès significatifs s’opérer à cette occasion, aussi toute annonce favorable serait accueilli positivement par les marchés et donner lieu à un nouveau rebond de la livre. Autre évènement majeur cette semaine, la convention annuelle du parti travailliste qui a débuté le weekend dernier et qui clôturera ce mercredi. Ce sera surtout l’occasion pour le principal parti de l’opposition de clarifier sa position sur le Brexit, à savoir réclamer un maintien au sein de l’Union Européenne ou soutenir une sortie en douceur du pays. D’importantes divergences sur cette question secouent le parti, ce qui pourrait lui être préjudiciable en cas d’élections anticipées, le parti travailliste étant à la traîne dans les sondages d’après les dernières enquêtes d’opinion réalisées à cause notamment de l’absence d’une position claire sur un sujet aussi crucial que le Brexit.

Orientation & Volatilité  : Après un rebond naturel de 5% de la livre sterling face à l’euro relatif à une dissipation des risques baissiers autour du Brexit et notamment la réduction de la probabilité d’un scénario de divorce brutal sans accord le 31 octobre prochain, lequel avait été (trop ?) fortement intégré par les marchés au cours de l’été, la devise britannique pourrait se stabiliser quelque peu. Du moins, le mouvement de revalorisation de la devise britannique pourrait se voir freiné par une certaine forme d’attentisme des marchés face aux développements des négociations, lesquelles ne débouchent pour le moment sur aucun progrès tangible. La volatilité de la livre reste hautement incertaine et imprévisible, la livre sterling pouvant à tout moment aussi bien se replier que progresser de nouveau. Le seuil de £0,88 titillé la semaine dernière par l’EUR/GBP pourrait faire office de « seuil intermédiaire » sur laquelle la paire pourrait se reposer en attendant que la situation s’éclaircisse, ou à l’inverse s’obscurcisse. Si la paire venait à casser cette barrière alors les pressions baissières pourraient s’accentuer et très rapidement celle-ci pourrait faire son retour dans le couloir de £0,85-£0,87 qui fut le quotidien de l’EUR/GBP entre février et mai.

CZK

CZK, HUF & PLN  –  Réunions monétaires en Hongrie (mardi) et République Tchèque (mercredi)  : Le consensus économique table sur un statu quo de la part de la banque centrale hongroise et de son homologue tchèque cette semaine. Néanmoins, au regard de la montée des incertitudes au sein des économies d’Europe de l’Est, lesquelles paient à la fois le prix d’une défiance grandissante des investisseurs à l’égard des marchés émergents mais également de l’absence de réels signes de redressement de l’économie allemande et de signes de progrès dans les négociations sur le Brexit ; l’Allemagne et le Royaume-Uni étant deux partenaires commerciaux majeurs pour les économies de l’Est ; il n’est pas impossible que l’on perçoive en septembre de premiers signaux annonciateurs de baisses de taux et/ou mesures de soutien à venir. Si tel est le cas, cela pourrait encore davantage dégrader l’attractivité de ces devises qui sont déjà actuellement faiblement valorisées.

Orientation & Volatilité  : Le forint hongrois oscille depuis plusieurs jours maintenant sur ses plus bas historiques face à l’euro à plus de HUF 333,0 et un discours accommodant de la part des banquiers centraux hongrois cette semaine pourrait donner l’occasion d’observer de nouvelles pertes sur la devise hongroise. Ce matin s’observait un nouveau rebond de la paire EUR/HUF qui désormais approche le seuil de HUF 335.Le cours EUR/CZK est tout proche de ses plus hauts de l’année et pourrait venir tester le seuil de CZK 25,95 si d’aventure la CNB entre-ouvre la porte à une première baisse de taux dans les prochains mois. Le zloty polonais n’est pas en reste et subit les dommages collatéraux d’un faible intérêt des marchés pour les devises émergentes d’Europe de l’Est eu égard à des perspectives économiques amoindries par un ralentissement toujours très marqué de l’économie allemande. Ce matin, la paire EUR/PLN approche ses plus hauts niveaux de l’année à hauteur du seuil de PLN 4,40.


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