Actualités du marché des devises

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sept. 17, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 17 septembre 2019 – Sommaire :

  • Après la flambée de la veille, les cours du pétrole se stabilisent. L’euro tente de panser ses plaies de la veille tandis que le dollar australien plie après la publication des Minutes de la RBA.
  • Le cours EUR/USD menace ce matin de retomber sous le seuil de $1,10 alors que s’observe sur les marchés à terme américains l’intégration d’un risque de statu quo de la Fed ce mercredi (prob. > 30%).
  • Le cours EUR/GBP remonte légèrement mais reste sous £0,89 alors que la visite de la veille de B. Johnson au Luxembourg n’a débouché sur aucun progrès concret.
  • Les deux paires de change EUR/JPY (¥119) et EUR/CHF (₣1,0920) restent sur la défensive sur fond de craintes face à la montée de nouveaux risques géopolitiques au Moyen-Orient.
  • Le dollar australien plie ce matin et la paire EUR/AUD revient à hauteur de A$1,61 alors que la banque centrale australienne se dit prête à abaisser à nouveau ses taux si les conditions le nécessitent.
  • Les devises pétrolières (CAD, NOK & RUB) consolident leurs gains de la veille et sont relativement stables ce matin malgré la pause du rebond des prix du pétrole.
  • Les devises d’Europe de l’Est (PLN, HUF & CZK) sont sur la défensive ce matin face à l’euro en amont de la publication de l’indice de sentiment ZEW en Allemagne (11h00).
  • Le cours EUR/CNH amorce un rebond correctif en direction de ¥7,80 après avoir clôturé la veille à un creux de 6 semaines.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de lundi : Les attaques sur les installations pétrolières saoudiennes font flamber le pétrole / Destins croisés pour les devises pétrolières et les devises refuges / Une visite « stérile » de B. Johnson au Luxembourg    

On n’avait plus vu une telle hausse journalière des prix du pétrole depuis la Guerre du Golfe en 1991, preuve que les professionnels du secteur craignent que les attaques de ce weekend  en Arabie Saoudite sur les infrastructures du géant pétrolier Aramco aient d’importantes répercussions, cela de manière prolongée, sur la production mondiale de brut. Hier, les prix du barils se sont envolés lundi de presque 15% - Brent à $69 (pic de 3 & WTI américain à $63 – et atteint un pic de presque 4 mois après que les médias aient révélé que la capacité de production de l’Arabie Saoudite avait été réduite de moitié consécutivement à ces attaques et qu’un retour à la normale pourrait prendre plusieurs mois d’après une source anonyme proche d’Aramco. Conséquence directe de ce rebond, les devises pétrolières se sont fortement appréciées, au même titre que les devises refuges qui furent recherchés par des investisseurs craignant de nouveaux troubles au Moyen-Orient et un risque de conflit militaire dans la région.

La couronne norvégienne a ainsi bondi de +0,9% face à l’euro et est revenues à hauteur de la barrière de NOK 9,85 qui lui barre la route depuis le début du mois d’août. Le dollar canadien s’est apprécié d’un peu moins de +1,0% face à l’euro et est retourné sous le seuil de C$ 1,46 après avoir été aperçu vendredi dernier à un creux de 2 semaines à plus de C$1,47. Le rouble russe a lui bondi de +1,2% face à l’euro et atteint un pic de plus de 6 semaines à moins de RUB 70,5.

Après avoir chuté à un plus bas de plus de 6 semaines face à l’euro vendredi dernier à ¥120, le yen japonais a bondi lundi de plus de +0,6% et clôturé la séance sous le seuil de ¥119. Le franc suisse a engrangé presque +0,4% de gains face à l’euro et l’EUR/CHF a repris la direction du seuil de ₣1,09. À quelques jours d’une réunion monétaire de la réserve fédérale américaine, le dollar a progressé de près de +0,7% face à l’euro à $1,10 sous l’impulsion à la fois d’un regain d’appétit des marchés pour les devises considérées comme « refuge » mais également une renforcement des anticipations de possible statu quo surprise de la Fed ce mercredi. En effet, alors qu’un scénario de baisse du taux directeur de -25pbs ce mercredi avait la faveur d’une grande majorités des acteurs de marché, sa probabilité recensée lundi matin à plus de 80% est retombée sous le seuil de 70%.

La visite du premier ministre britannique au Luxembourg lundi n’a débouché sur aucun progrès majeur, pire encore ce dernier a causé l’irritation de son homologue luxembourgeois en décidant d’esquiver la conférence de presse commune qui était initialement programmé. La rencontre avec le désormais futur ex-président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, en présence du négociateur en chef européen sur la question du Brexit, Michel Barnier, n’a débouché sur aucun progrès concret, le camp européen restant toujours dans l’attente de solutions concrètes et juridiquement opérationnelles de la part de Londres sur la question de la frontière en Irlande. Boris Johnson a profité de ce voyage pour réaffirmer qu’il ne comptait pas demander un report de la date de sortie au-delà du 31 octobre prochain et que les négociations avec les européens allaient s’intensifier à raison d’une fréquence quotidienne d’ici le prochain Sommet européen programmé les 17 et 18 octobre prochain. La livre sterling a profité du regain d’intérêt dont elle fait l’objet depuis 2 semaines pour se renforcer légèrement face à l’euro (+0,1% à £0,8850) et consolider sa position à un pic de plus de 3 mois dans un contexte général d’aversion aux risques sur les marchés des changes.

Malgré les chiffres décevants publiés hier par l’économie chinoise – recul de la croissance de la production industrielle à son plus bas niveau depuis 2002 et des ventes au détail à un creux depuis avril – le yuan a néanmoins profité de la faiblesse générale de l’euro lundi pour s’apprécier de +0,5% face à la devise européenne et clôturé à un pic de 6 semaines sous le seuil de ¥7,80.

Le rand sud-africain est resté assez stable face à l’euro lundi et s’est maintenu au-dessus du seuil de ZAR 16,0, tandis que le forint hongrois a été sur la défensive et reste à proximité de ses plus bas historiques à plus de HUF 331,0 face à l’euro.

USD

On avait insisté la semaine dernière sur l’idée de ne pas céder à l’euphorie générale qui entourait le retour inattendu de l’EUR/USD à plus de $1,11 à la sortie d’une réunion de la Banque Centrale Européenne (BCE) qui s’était tout de même conclue par l’annonce d’une importante série de mesures de soutien. La paire a vu l’ensemble de ses gains s’effacer entre les séances de vendredi et lundi et pointe désormais à $1,10, dernier rempart qui le sépare de ses plus bas de l’année et depuis plus de 2 ans situés au niveau de $1,0925. L’euro a payé en partie hier les annonces faites par la BCE – baisse de taux en territoire négatif et nouveau QE pendant une période illimitée de temps – qui ont accentué un peu plus son déficit d’attractivité par rapport à ses autres pairs, lequel est fortement exacerbé lors de période d’aversion aux risques telle que l’on a vécu lundi. L’approche de la réunion de la Fed et la montée des craintes parmi les investisseurs d’un possible statu quo surprise de la part des banquiers centraux américains pèsent également sur la valorisation de la paire EUR/USD. Si celle-ci avait pu également compter sur des développements heureux ces dernières semaines sur le dossier du Brexit, le manque de progrès réalisés lundi lors de la visite de Boris Johnson au Luxembourg fait craindre le maintien prolongé d’une impasse jusqu’en octobre. Si la Fed est dans toute les têtes, les marchés seront tout de même sensibles à l’indicateur de sentiment ZEW publié en fin de matinée en Allemagne (11h00) qui pourrait venir, selon le résultat final, réveiller de nouvelles inquiétudes autour d’une possible récession en Allemagne et ainsi maintenir la tête de l’EUR/USD sous l’eau. Aux Etats-Unis, l’attention se portera sur les statistiques de production industrielle publiées en milieu d’après-midi (15h15).

Niveaux/Sentiment : Flirtant à nouveau avec la barrière de $1,10, l’EUR/USD « brille » à nouveau par sa fébrilité et reste sous la menace d’un nouveau repli sous cette barrière en cas de vents contraires trop violents. Cela pourrait se produire dès ce mardi, la publication d’indices ZEW  décevants en Allemagne étant susceptible de venir asséner un nouveau coup violent derrière la tête de l’EUR/USD. Un léger rebond de la confiance des acteurs financiers allemands, comme il l’est anticipé par le consensus, pourrait à l’inverse donner un peu de forces à l’EUR/USD pour se maintenir au-dessus de $1,10 avant d’affronter le verdict de la Fed mercredi soir. Il n’est pas impossible, voire même très probable, que la volatilité soit à nouveau influencer par les mouvements sur les marchés à terme américains en cas de fort réajustement des positions des investisseurs et intégration d’un risque renforcé de statu quo de la réserve fédérale américaine demain. Coincé dans un couloir de $1,09-$1,11 depuis la fin du mois d’août, la paire EUR/USD devrait y prolonger son séjour au moins un jour de plus, le plus gros des mouvements étant attendu mercredi soir et jeudi matin à la sortie de la réunion de la Fed.

Perf 2019 = -4,16% / Moyenne 2019 = $1,1245 / Point haut 16 septembre 2019 = $1,1091 / Point bas 16 septembre 2019 = $1,0992 / Clôture 16 septembre 2019 = $1,1000


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