Actualités du marché des devises

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sept. 16, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 16 septembre 2019 – Sommaire :

  • Large sentiment d’aversion au risque qui émane des marchés des changes suites aux attaques au drone de ce weekend en Arabie Saoudite sur deux installations pétrolières et la publication ce lundi de statistiques chinoises très en-dessous des attentes. *
  • Après avoir touché le seuil de $1,11 vendredi, le cours EUR/USD amorce la semaine sur la défensive. Le dollar profite d’un sentiment d’aversion au risque sur les marchés des changes avant la Fed ce mercredi.
  • Rebond correctif de la paire EUR/GBP après son recul vendredi à un creux de plus de 3 mois sous £0,89. Tous les regards sont tournés vers la rencontre ce lundi entre B. Johnson et J.C. Juncker en attendant l’inflation ce mercredi et la Banque d’Angleterre ce jeudi.
  • Le retour de risques géopolitiques au Moyen-Orient nourrit un rebond du yen ce matin. Le cours EUR/JPY se replie vers le seuil de ¥119.
  • Large rebond des devises pétrolières ce matin (CAD, NOK & RUB) sur fond de large renforcement des cours du pétrole de +9% alors que la production en pétrole de l’Arabie Saoudite devrait se voir impactée après les attaques de ce weekend.
  •  Le yuan reste stable face à l’euro à plus de ¥7,80 malgré les chiffres décevants de production industrielle (plus bas depuis 2002) et de ventes au détail publiés ce matin en Chine.

L’agenda de la semaine : La BCE devrait annoncer de nouvelles mesures de soutien (jeudi) / Boris Johnson prêt à contourner la loi pour assurer un Brexit cet automne… la livre sterling reste attentive aux signaux avant-coureur de récession au Royaume-Uni /  Inflation et ventes au détail aux Etats-Unis (jeudi & vendredi) avant la Fed la semaine prochaine

USD

USD – Décision monétaire de la réserve fédérale américaine (mercredi) – Une seconde baisse de taux consécutive ?  : Si l’on en croit les positions actuelles sur les marchés à terme américain, il y a une certaine unanimité de la part des acteurs financiers sur l’idée que la banque centrale devrait en effet procéder à une seconde baisse consécutive de taux au mois de septembre après celle opérée fin juillet. Le scénario de réduction d’un quart de point la fourchette actuelle de 2,00%-2,25% dans laquelle le taux directeur américain fluctue actuellement est évalué ce lundi matin à 84% d’après l’indice FedWatch publié par le groupe CME. Peut-il en être autrement ? Si l’on se base sur le discours officiel de la banque centrale qualifiant la baisse de taux de juillet d’ « ajustement de milieu de cycle », la bonne dynamique de la consommation domestique qui ne paraît pour le moment affecté par les taxes douanières américaines sur les produits chinois – effets des nouvelles taxes appliquées au 1er septembre sur près de $110Mds d’exportations en provenance de Pékin à suivre – et l’apaisement des tensions sur le front commercial alors qu’un nouveau cycle de négociation entre américains et chinois est évoqué pour octobre, on a des raisons d’émettre quelques craintes à l’égard de la réalisation d’un scénario à priori couru d’avance. En effet, procéder à une seconde baisse de taux d’affilée reviendrait pour la Fed à confesser l’existence d’une menace, actuellement sur tous les lèvres du côté des acteurs de marché, à savoir d’un risque de récession aux Etats-Unis. En ce sens, si les perspectives de croissance apparaissent sérieusement en danger – nouvelles projections économiques publiées par la banque en septembre – alors d’autres baisses de taux pourraient suivre dans les prochains mois, ce qui viendrait alors saper l’attractivité dont jouit actuellement le dollar face à nombreux de ses pairs et enclencher un mouvement correctif.

Orientation & Volatilité  : Jouissant d’un avantage comparatif indéniable sur les marchés des changes acquis par la relative résilience de l’économie américaine à la dégradation du contexte international et le maintien pour le moment des taux directeurs à des niveaux très attractifs par rapport à ceux d’autres pays développés, le dollar pourrait progressivement perdre de sa superbe en cas d’enclenchement par la Fed d’un cycle agressive de baisse de taux dans les prochains mois/trimestres. Outre la décision finale prise par la banque centrale américaine ce mercredi soir (communiqué officiel publié à 20h00), les marchés seront surtout attentifs aux nouvelles projections monétaires (« Dot plot » ou synthèse des projections de taux de chaque membre exécutif ou responsable d’antenne régionale de la Fed) publiées par la banque qui donneront le ton de son approche lors des prochains mois ainsi que le ton du discours du gouverneur central Jérôme Powell lors de sa conférence de presse (20h30), notamment concernant son évaluation de l’état de santé américaine et des risques externes susceptibles d’impacter la croissance. En cas de baisse de taux mais absence de signaux tangibles de la part de la banque à vouloir amorcer un cycle de réduction monétaire, les pertes sur le dollar pourraient être minimes, voire quasi nulles car les marchés ont déjà globalement intégré une réduction monétaire en septembre et attendent surtout d’en savoir un peu plus sur l’approche de la banque, à savoir le maintien d’une position modérément prudente ou un état d’urgence ressenti face à l’accentuation des risques mondiaux. Dans le second scénario, cela pourrait offrir l’occasion à l’EUR/USD de revenir se positionner à plus de $1,11 et potentiellement franchir la barrière de $1,1150 sous laquelle la paire oscille depuis un mois. En cas de statu quo et non baisse de taux, la surprise pourrait être telle que nous pourrions observer à cette occasion un important mouvement haussier sur le dollar susceptible de refaire replonger la paire EUR/USD sous le niveau de $1,10.

EUR

EUR – Indice de sentiment ZEW en Allemagne (mardi) & révision des chiffres d’inflation (mercredi) – Un euro davantage sensible au contexte extérieur ? Au regard du calendrier monétaire très chargé cette semaine – réunions monétaires notamment aux Etats-Unis, Japon, Royaume-Uni & Suisse – il est fort possible que l’actualité en Zone Euro passe au second plan et que la volatilité de l’euro face à ses pairs soit davantage influencée par le contexte hors-européen. Néanmoins sous couvert de fortes craintes autour d’une possible récession en Allemagne, les investisseurs européens suivront avec attention les résultats mardi matin des indices de sentiment ZEW au sein de la 1ière économie européenne. L’euro pourrait alors perdre quelques plumes si les inquiétudes des marchés se voient confortées. La révision des indicateurs d’inflation de la Zone Euro réalisée mercredi matin pourrait également en cas de surprises provoquer quelques secousses. Sinon de manière globale, la volatilité devrait être principalement marquée cette semaine par l’évaluation de l’évolution des divergences monétaires entre la Banque Centrale Européenne (BCE) et ses homologues après les réunions monétaires de septembre – le positionnement de la Fed par rapport à une BCE à nouveau très accommodante sera au centre des attentions des marchés – ainsi que par le développement des négociations sur le Brexit dont les récents progrès ont non seulement dissipé les craintes de « hard Brexit » mais également accompagné une dynamique de revalorisation de l’euro en direction de $1,11 face au dollar. Si pour le moment le cours a vu sa course stoppée à ce niveau (repli de l’EUR/USD observé ce lundi), cette barrière pourrait se voir à nouveau testé cette semaine en cas d’alignement des planètes favorable à l’euro.

GBP

GBP – Rencontre B. Johnson vs. J.C. Juncker (lundi) et réunion de la Banque d’Angleterre à suivre (jeudi)  – Une livre sterling raffermie par les espoirs d’accord entre britanniques et européens :   La livre sterling a clôturé la fin de semaine le vent en poupe et atteint un nouveau pic de plus de 3 mois face à l’euro à moins de £0,89 – barrière qui avait fait office de niveau support sur le cours EUR/GBP durant tout l’été – sous couvert d’une nouvelle dissipation des craintes de « hard Brexit » nourries par les échos plutôt optimistes entendus du côté britannique sur d’importants progrès réalisés dans le cadre d’une renégociation d’un accord avec l’Union Européenne. D’après les médias britanniques, un début de piste pouvant mener au déblocage de l’impasse actuelle autour de la clause de sauvegarde de la frontière irlandaise, inscrite dans l’accord initial signé par Theresa May en novembre dernier mais rejetée en bloc par l’exécutif actuel, serait entrevu. Le journal The Times laissait entendre en effet que du côté nord-irlandais on serait favorable au maintien de certains règles européennes après le Brexit à condition néanmoins que celles-ci puissent être choisies en amont par les députés britanniques. Le Sunday Telegraph évoquait lui dans son édition de dimanche que plusieurs députés grandement partisans d’une sortie seraient prêts à soutenir un accord de sortie en cas de fortes concessions des européens sur la problématique transfrontalière en Irlande. L’optimisme du camp britannique tranche quelque peu avec la défiance exprimée par les européens qui se montrent pour le moment très circonspects sur les alternatives proposées par Londres. Où se situe la vérité ? Difficile à dire pour le moment, néanmoins à environ un mois du prochain Sommet européen (17-18 octobre) qui apparaît aujourd’hui comme le point de passage final qui doit valider (ou invalider) un nouvel accord avant la date officielle de sortie actuellement fixée au 31 octobre, la rencontre programmée ce lundi au Luxembourg entre Boris Johnson, le futur ex-président de la Commission Européenne ; Jean-Claude Juncker ; et le négociateur en chef européen sur le Brexit ; Michel Barnier ; se montre déjà décisive. Selon ce qui ressort de ces discussions, les investisseurs sauront si leurs récents espoirs placés en un futur nouvel accord sont justifiés ou bien exagérés à ce stade. Outre l’aspect Brexit qui se révèle toujours très influent sur la volatilité de la livre sterling, la devise britannique aura une semaine des plus chargée et sera amenée à réagir aux nouvelles statistiques d’inflation (mercredi), de ventes au détail (jeudi) et aux conclusions de la nouvelle réunion monétaire de la Banque d’Angleterre (jeudi) qui devraient selon toute vraisemblance se conclure sur un statu quo et le maintien des taux directeurs à un niveau inchangé de 0,5%.

Orientation & Volatilité  : Après avoir subie d’importantes pertes entre mai et août, la livre sterling souffle un peu et profite de la dissipation graduelle des craintes de sortie sans accord – d’abord provoquée par le vote par le Parlement britannique d’une loi empêchant un risque de sortie sans accord fin octobre puis par les échos entendus de progrès tangibles dans les négociations entre britanniques et européens – pour se renforcer. Le potentiel haussier de la livre apparaît néanmoins réduit compte tenu des craintes qui entourent l’économie britannique après la contraction de la croissance survenue au second trimestre et le maintien d’un certain niveau de risque quant à l’issue finale du Brexit. Les échos de la réunion entre Johnson et Juncker ce lundi donneront le ton de la semaine, à savoir un dégonflement possible des pressions haussières sur la livre ou un accentuation du mouvement haussier sous £0,89. De bons résultats de l’économie britannique ; disons plus rassurants et venant atténuer les craintes de récession technique au 3Ième trimestre ; pourraient venir soutenir la dynamique haussière de la livre avant la réunion de la Banque d’Angleterre dont on attend peu d’annonces sinon une confirmation de son état d’alerte avant le Brexit. Si le franchissement du seuil de £0,89 se confirme, le prochain niveau psychologique sur la paire se situe à £0,88, un niveau plus atteint depuis le mois de mai dernier.

JPY

JPY –  Appétit au risque réduit avant la réunion monétaire de la Banque du Japon (jeudi)  : Après avoir glissé sur ce début du mois de septembre sur des plus bas depuis plus de 2 ans à moins de ¥116, le cours EUR/JPY s’est fortement redressé depuis un peu plus d’une semaine sur fond principalement de regain d’appétit au risque des marchés face au dégonflement des craintes relative au Brexit et aux tensions commerciales entre Pékin et Washington. Celui-ci a même touché le seuil de ¥120 vendredi dernier pour la 1ière fois depuis 6 semaines. Ce rebond se voit stoppé ce lundi à cause d’un retour d’un sentiment d’aversion aux risques des acteurs de marché en réponse aux attaques au drone intervenues ce weekend sur plusieurs installations pétrolières en Arabie Saoudite et à la publication ce lundi de statistiques de production industrielle et de ventes au détail très décevantes en Chine (bien en-dessous des attentes). Faut-il y voir l’existence d’un plafond ou bien une simple pause momentanée ? La semaine à venir devrait nous offrir quelques réponses à cette question alors que se profile des réunions monétaires aux Etats-Unis et au Japon (jeudi) et d’importants développements sur la dossier du Brexit.  

Orientation & Volatilité  : Après la BCE la semaine dernière, les marchés seront attentifs aux décisions prises en septembre par les banquiers centraux japonais et américains. La Banque du Japon a laissé entendre à plusieurs reprises ces dernières semaines qu’elle pourrait venir au soutien de l’économie en procédant à de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire de forte ampleur sans toutefois donner d’indications précises sur son calendrier. La perspective d’une baisse de taux au Japon – en septembre ou dans les prochains mois – pourrait venir endommager temporairement la valorisation du yen même si celle-ci reste globalement très influencée par le contexte de marché global et le degré d’appétit aux risques des investisseurs. Une dissipation renforcée des risques liés à un scénario de « hard Brexit » pourrait également venir soutenir une dynamique corrective sur le yen, tout comme un éventuel statu quo de la réserve fédérale américaine. L’actualité sur le volet commercial reste également à surveiller alors qu’aucune date de rencontre officielle n’a encore été fixée entre les autorités américaines et chinoises. Le seuil de ¥120 constitue pour l’heure un seuil de résistance important sur le cours de change et un obstacle majeur en vu d’un retour au-dessus du seuil de ¥121 qui a fait office de seuil support au mois de juin-juillet. En cas de mouvement de repli, la paire pourrait très vite retomber vers son niveau support de ¥117.


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