Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

sept. 09, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 9 septembre 2019 – Sommaire :

  • Volatilité relativement stable ce matin. L’appétit au risque amorcé vendredi après l’annonce de mesures de soutien de la banque centrale chinoise se dissipe un peu après la révision à la baisse des chiffres de PIB au Japon au T2 et la publication ce weekend d’une contraction des exportations chinoises.
  • L’EUR/USD est stable ce matin à $1,1030. Les statistiques commerciales allemandes ont laissé une impression mitigées (rebond surprise des exportations mais forte contraction des importations). L’approche ce jeudi de la réunion de la BCE et l’annonce de nouvelles mesures de soutien semblent peser sur l’euro.
  • Léger rebond de la paire EUR/GBP qui reste néanmoins à la porte du seuil de £0,90 avant la publication ce matin de chiffres mensuels du PIB et de production industrielle au Royaume-Uni (10h30). B. Johnson tentera ce lundi de convoquer de nouvelles élections anticipées en octobre mais cela semble voué à l’échec.
  • L’EUR/JPY se heurte au seuil de ¥118 tandis que la paire EUR/CHF accentue son rebond et fait son retour ce matin au-dessus du seuil de ₣1,09. Faut-il y voir une action de la BNS ou le produit d’une simple atténuation des risques en Europe ?
  • La paire EUR/CAD se stabilise au-dessus du seuil de C$1,45 - tout près de ses plus bas niveaux depuis 2 ans – mais ne montre aucun signe de redressement.
  • La paire EUR/AUD accentue son repli sous A$1,61 et cumule désormais une perte de -3% depuis le pic touché mi-août à plus de A$1,66.
  • Le yuan corrige après son rebond de vendredi et l’EUR/CNH remonte au-dessus du seuil de ¥7,85. La contraction des exportations chinoises en août semble avoir sapé l’optimisme nourri par l’annonce vendredi de mesures de soutien de la banque centrale chinoise

L’agenda de la semaine : La BCE devrait annoncer de nouvelles mesures de soutien (jeudi) / Boris Johnson prêt à contourner la loi pour assurer un Brexit cet automne… la livre sterling reste attentive aux signaux avant-coureur de récession au Royaume-Uni /  Inflation et ventes au détail aux Etats-Unis (jeudi & vendredi) avant la Fed la semaine prochaine

EUR

EUR – Décision monétaire de la Banque Centrale Européenne (jeudi) – Des mesures de soutien attendues, mais de quelle ampleur ?  : Au regard du ralentissement marqué de l’économie européenne ces derniers mois et de la dégradation des perspectives de croissance de la région compte tenu de l’accroissement des facteurs de tension externes (disputes commerciales, troubles géopolitiques, Brexit, instabilité politique en Zone Euro,…), les banquiers centraux européens ont déjà préparé les marchés depuis le début de l’été que des mesures de soutien seraient prises en septembre afin de soutenir l’activité et éviter à tout prix le spectre d’une récession qui menace l’Europe, et tout particulièrement sa locomotive économique, l’Allemagne. Les différents échos entendus ci et là ces dernières semaines et les récentes enquêtes d’opinion menées auprès d’économistes suggèrent une baisse du taux de dépôt d’au moins -10pbs (actuellement à -0,4%) comme un scénario inévitable. Concernant l’annonce d’un prochain programme d’assouplissement quantitatif (« QE »), ou plus simplement l’injection de liquidités à travers le rachat massif d’actifs européens dont principalement des obligations souveraines des principales économies de la région, maintes fois évoqué dans les médias financiers ces dernières semaines, des doutes demeurent. Si du côté des experts de marché on s’accorde à penser que la BCE pourrait être tentée de frapper fort tout de suite afin d’éviter que la situation ne se dégrade davantage – une enquête Bloomberg menée début septembre auprès d’économistes montre que plus de 80% d’entre eux voient la BCE annoncer un QE en septembre pour un démarrage officiel du programme en octobre – on dénote néanmoins une certaine frilosité parmi certains responsables européens quant au recours prématuré de cet outil monétaire. Par ailleurs, le précédent QE mis en place entre 2015 et 2018 et qui a vu le rachat de plus de €2,0Trn d’actifs sur cette période a totalement asséché la liquidité sur les marchés obligataires, aussi pour être efficace un tel programme requiert que la banque centrale réfléchisse à un ajustement des règles et relève les plafonds de détention de certains actifs à son bilan, dont ceux de dettes allemandes et françaises. Le mandat du président Mario Draghi arrivant à son terme le 31 octobre, il est aussi possible que ce dernier décide de ne pas déployer un large panel de mesures de soutien et laisse son successeur ; Christine Lagarde ; mains et pieds liés avec un pouvoir d’intervention très limité.   

Orientation & Volatilité  : Sur fond d’anticipation d’une annonce d’une baisse de taux et de possibles autres ajustements monétaires destinés à stimuler la croissance européenne, l’euro s’est significativement déprécié ces dernières semaines jusqu’à atteindre un creux de plus de 2 ans face au dollar américain (sous $1,10), au franc suisse (F1,08) et au yen japonais (¥116). L’anticipation en effet d’une baisse d’un des principaux taux directeurs européen en territoire encore plus négatif vient accroître l’écart avec les taux avec nombreux de ses voisins et donc réduire l’attractivité de l’euro par rapport à ses pairs. Si la contre-performance de l’euro face au yen et au franc tient davantage au contexte international et aux vives tensions commerciales qui poussent les investisseurs à se tourner vers les actifs dits « refuges » pour se prémunir contre un risque de forte volatilité sur les marchés financiers, la perte de valeur de l’euro face au dollar américain et au dollar canadien repose ces dernières semaines sur l’anticipation d’un accroissement des divergences monétaires entre la Zone Euro où les taux sont nuls et négatifs et les Etats-Unis et le Canada où les taux directeurs avoisinent les 2%. Sachant que les investisseurs ont déjà totalement intégré une baisse de taux ce jeudi dans la valorisation actuelle de l’euro, ces derniers seront davantage sensibles aux mesures « complémentaires » potentiellement annoncées ce jeudi. Si une intervention de forte ampleur de la BCE et l’annonce d’un prochain QE et/ou réduction monétaire plus importante que prévu sont susceptibles d’entrainer de nouvelles pertes significatives à la devise européenne – seuil de $1,09 pourrait être à nouveau testé – à l’inverse des mesures jugées « timides » par les marchés pourraient déclencher un effet inverse et un rebond correctif de l’euro sur fond d’abandon de certaines positions vendeuses sur les marchés à terme. Comme à son habitude, la banque centrale publiera son communiqué officiel à 13h45 ce jeudi et le gouverneur central Mario Draghi tiendra une conférence de presse à partir de 14h30.  

USD

USD – Coup de projecteur sur l’inflation (jeudi) et les ventes au détail (vendredi) aux Etats-Unis – Un critère influant sur les décisions monétaires de septembre ?   Les récents chiffres de l’emploi publiés vendredi dernier aux Etats-Unis sont ressortis moins bons que prévu et ont offert un nouvel argument aux marchés venant soutenir un scénario de baisse de taux par la réserve fédérale américaine (Fed) en septembre. Il s’agirait alors de la seconde réduction monétaire consécutive après celle opérée fin juillet, un choix auquel la banque centrale américaine ne nous a pas habitué dans le passé sauf lors de périodes de fortes turbulences. Mais aux yeux des acteurs de marché, il ne fait nul doute qu’une nouvelle baisse de taux est nécessaire pour venir contenir les signes d’essoufflement de l’économie américaine dont la croissance a décéléré au second trimestre sous le poids des tensions commerciales et de la contre-performance notable du secteur manufacturier. Du côté de la banque centrale américaine, la communication officielle est assez floue car si le gouverneur central américain, Jerome Powell, a une nouvelle fois répété vendredi dernier lors d’un évènement à Zurich auquel il assistait qu’il agirait de manière appropriée pour préserver le cycle de croissance actuel et contenir tout risque de récession, il maintient néanmoins le mystère sur les velléités de la banque à réduire une nouvelle fois ses taux à l’occasion de la réunion monétaire qui se tiendra les 17 et 18 septembre prochains. La publication en fin de semaine des nouvelles statistiques officielles d’inflation (jeudi) et de ventes au détail (vendredi) seront des éléments clés qui viendront appuyer les choix de la banque, à savoir assouplir les conditions ou bien procéder à un statu quo et une approche attentiste.  

Orientation & Volatilité  : La forte dégradation cet été du climat international matérialisé par le regain de tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis qui a donné lieu à l’annonce de part et d’autre de nouvelles mesures de rétorsion (tarifs douaniers américains sur environ $300Mds de produits chinois vs. tarifs douaniers chinois sur $75Mds de produits américains), ainsi que le ralentissement de l’économie américaine au second trimestre offrent ici deux sérieux arguments à une nouvelle baisse de taux aux Etats-Unis. Les marchés ont déjà intégré ce scénario et questionnent plutôt la possibilité ou non que la banque centrale puisse considérer une réduction de plus forte ampleur de -50pbs en septembre. Outre une baisse de taux en septembre, les marchés à terme anticipent une nouvelle baisse de taux d’ici la fin d’année 2019. Aussi en fonction de la teneur des indicateurs conjoncturels publiés en fin de semaine, les marchés évalueront 1) la possibilité d’une baisse de taux plus importante que prévu de la Fed en septembre, et 2) l’éventualité d’une prolongation d’un cycle de baisses de taux dans les prochains mois. Selon, les décisions prises jeudi par la banque centrale européenne, de bons indicateurs aux Etats-Unis pourraient venir intensifier un peu plus le déficit d’attractivité du dollar face à l’euro et alors déclencher de nouvelles pertes importantes à la paire EUR/USD.

GBP

GBP –  Nouvel appel à des élections anticipées au Royaume-Uni (lundi), chiffres mensuels du PIB (lundi) et de l’emploi (mardi) surveillés : La semaine dernière fut rude pour Boris Johnson qui a vu coup sur coup la perte de sa majorité au Parlement, l’adoption au Parlement d’un texte de loi faisant obstacle à un scénario de sortie sans accord et le refus des députés de soutenir son appel à des élections anticipées le 15 octobre prochain. Comme si cela ne suffisait pas, le premier ministre britannique voit sa gouvernance et sa gestion du Brexit vivement critiqués parmi ses proches collaborateurs. Son propre frère Jo Johnson a remis sa démission vendredi, un choix qui fut imité samedi par la ministre du travail Amber Rudd en guise protestation contre la stratégie de sortie menée par le chef du gouvernement qui ne laisse aucune place à une possible tentative de nouvel accord avec les européens pour éviter un divorce brutal cet automne. Fortement affaibli, Boris Johnson n’entend néanmoins pas relâcher d’efforts pour respecter sa promesse de sortie « coûte que coute » du Royaume-Uni hors de l’Union Européenne au 31 octobre prochain, et plusieurs journaux évoquaient ce weekend une intention de sa part de défier la loi et tenter un recours de dernière minute en octobre auprès de la Cour suprême pour éviter tout report. En attendant, ce dernier tentera à nouveau sa chance ce lundi au Parlement pour déclencher des élections anticipées, une requête qui semble néanmoins vouée à l’échec sachant que le camp de l’opposition n’entend pas soutenir l’organisation d’un nouveau scrutin sans garantie contre une exécution d’une sortie sans accord de l’UE cet automne. Boris Johnson se rendra ce lundi en Irlande pour discuter de possibles solutions pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouve le pays mais il y a fort à douter que sa visite n’aboutisse sur aucune annonce majeure. Outre les rebondissements sur le thème du Brexit, les investisseurs seront attentifs sur ce début de semaine aux indicateurs conjoncturels au Royaume-Uni qui donneront quelques indices importants sur l’état de santé de l’économie britannique dont on craint une entrée en récession technique au 3ième trimestre. La publication ce lundi des indicateurs de PIB en juillet et des statistiques de production industrielle et manufacturière, puis ce mardi des statistiques sur l’emploi seront donc des éléments marquants cette semaine pour la livre sterling. 

Orientation & Volatilité  : La livre sterling a bondi de presque +4% face à l’euro depuis son creux atteint mi-août à plus de £0,93. Le cours EUR/GBP a d’ailleurs chuté à un creux de 5 semaines en fin de semaine dernière sous £0,90 après l’annonce de l’adoption au Parlement du texte de loi obligeant le gouvernement à réclamer un report de la date de sortie de l’UE au 31 janvier 2020 en cas d’absence d’accord trouvé avec l’UE au 19 octobre prochain, date de lendemain du Conseil de l’UE programmé les 17 et 18 octobre prochain. Le potentiel correctif de la livre sterling (à la hausse) reste encore très important compte tenu des récents points bas observés néanmoins les craintes qui émanent actuellement de l’économie britannique après sa contraction au second trimestre et les incertitudes qui demeurent toujours importantes autour de l’issue finale du Brexit – les rebondissements ne manquant pas sur ce sujet – freinent pour le moment un rebond plus important de la devise britannique. Un support important existe au niveau du seuil de £0,89 et fait office en ce moment de « plancher » sur la paire de change.  


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.